L'affaire du CPE "est très mal emmanchée"
Apr 04, 2006
"L'affaire est très mal emmanchée", estime vendredi le cardinal Philippe Barbarin, pour qui "notre pays risque d'aller vers un grand désordre social" si le gouvernement "ne reprend pas le dialogue" sur le contrat première embauche (CPE).
(AP, 31/03/06) "Si le gouvernement ne reprend pas le dialogue avec les jeunes et les partenaires sociaux, notre pays risque d'aller vers un grand désordre social", affirme Mgr Barbarin dans un entretien au "Parisien/Aujourd'hui en France". Pour lui, "on ne peut pas négliger le temps de la concertation, sinon les gens se sentent blessés et ils se cabrent."
Le cardinal dit qu'il "comprend" les inquiétudes des jeunes opposés au CPE et que "nous en connaissons les causes profondes". "Les jeunes savent qu'ils ne connaîtront pas la prospérité de leurs parents", décrit-il. "Cette inquiétude se cristallise contre une loi dont les intentions (lutter contre le chômage des jeunes) sont bonnes mais dont les modalités sont défectueuses."
Sans vouloir se prononcer directement sur une solution politique au conflit, Mgr Barbarin estime que "le gouvernement sent qu'il doit revoir sa copie". "Il n'y aurait aucune honte à ce que Dominique de Villepin dise: 'les choses sont mal enclenchées, donc je modifie le CPE", dit-il.