Conditions à la pleine communion avec les traditionalistes de la Fraternité St-Pie X
Oct 07, 2005
La pleine communion avec les lefebvristes pourra être atteinte seulement si la Fraternité St-Pie X "se soumet à l'autorité légitime du pape" et reconnaît les résolutions adoptées par le Concile Vatican II "comme des actes doctrinaux". Cette ferme mise au point a été faite par le cardinal Mario Francesco Pompedda.
Rome, 30 août 2005 (Apic) Le cardinal Pompedda, préfet émérite du Tribunal suprême de la signature apostolique, était interrogé par La Stampa le 30 août 2005, au lendemain de la rencontre entre Benoît XVI et Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité St-Pie X.
"La pleine communion avec les lefebvristes pourra seulement être atteinte si la Fraternité St-Pie X se soumet à l'autorité légitime du pape, reconnaît les résolutions adoptées par le Concile Vatican II comme des actes doctrinaux de renouveau et d'ouverture de l'Eglise au monde", a déclaré le cardinal Pompedda. "La validité des élections papales advenues depuis la mort de Pie XII jusqu'à aujourd'hui" doit être également reconnue. En effet, la Fraternité schismatique met en cause "les élections papales de Jean XXIII, Paul VI et Jean Paul II (…) parlant (…) de siège vacant continu commencé avec la mort de Pie XII".
La messe en latin n'est pas le vrai problème
"Si ces points sont acceptés, alors la messe en latin ne sera plus un problème, d'autant que Jean Paul II l'a déjà concédée", ajoute le cardinal italien. La Fraternité St-Pie X demande la libéralisation de la messe selon le rite dit de "saint Pie V" comme condition pour le dialogue avec l'Eglise catholique. Pour le cardinal Pompedda, "le vrai problème n'est pas la messe en latin", puisqu'"elle existe déjà". En revanche, "une des prémices auxquelles on ne peut renoncer est que la Fraternité sorte de cette attitude de condamnation du Concile Vatican II, comme ce qu'elle a fait jusqu'ici".
Interrogé sur la rencontre entre Benoît XVI et Mgr Fellay, dont les échos ont été positifs, le préfet émérite du Tribunal de la Signature apostolique a répondu qu'il ne parlerait "pas d'un climat nouveau entre les deux parties, d'autant que ce n'est pas le Saint-Siège qui a créé la rupture et, par conséquent, a rompu les rapports". "Je parlerais plutôt d'un climat qui peut indubitablement ouvrir à l'espoir que la Fraternité puisse vraiment faire des pas lui permettant d'être insérée dans l'Eglise catholique", a-t-il affirmé.
Concernant les quatre évêques illégalement ordonnés en 1988 par Mgr Lefebvre et excommuniés par Jean Paul II, le cardinal Pompedda a expliqué que "ces quatre monseigneurs furent ordonnés validement, parce que Lefebvre était un évêque, mais illégitimement parce que sans l'accord du pape".
"C'est une question sur laquelle seule le pape peut intervenir", a-t-il alors précisé. Quoi qu'il en soit pour leur réintégration dans l'Eglise catholique, il est fondamental qu'il y ait de leur part la proclamation d'obéissance au pontife, a-t-il estimé.