Le cardinal Ouellet veut freiner l’intégrisme laïciste
Nov 01, 2007
«Le désarroi de la jeunesse, la chute vertigineuse des mariages, le taux infime de natalité, le nombre effarant d’avortements et de suicides, les conditions précaires des aînés et de la santé publique sont les effets d’un peuple qui, du jour au lendemain, s’est vidé de sa foi catholique», a déclaré le cardinal Marc Ouellet du Diocèse de Québec devant la Commission Bouchard-Taylor qui se tenait aujourd’hui à l’hôtel Delta de Québec.
(Canoë, 30/10/2007) Selon le cardinal Ouellet, le vrai problème du Québec n’est pas la présence de signes religieux ou l’apparition de nouveaux signes religieux envahissant l’espace public, c’est le vide spirituel créé par une rupture religieuse et culturelle.
L'homme d'Église croit qu’il faut freiner l’intégrisme laïciste imposé à même les fonds publics et qu’on retrouve un meilleur équilibre au Québec entre la tradition et l’innovation créatrice au service du bien commun.
«Le Québec devrait réapprendre le respect de toutes les religions sans céder à la pression des intégristes laïcs qui réclament l’exclusion de la religion de l’espace public», estime le cardinal Ouellet.
Religion à l’école
Selon le prélat, il ne faut pas passer outre le changement radical que le gouvernement québécois vient d’introduire à l’école en implantant le cours Éthique et Culture des religions dès septembre 2008 à la place des cours d’enseignement moral et religieux.
«Ce changement provoque le désarroi et la colère de beaucoup de parents qui se voient privés de leurs droits acquis», a-t-il déploré.
Charles Taylor a dit avoir trouvé très intéressant que le Cardinal ait relevé le vide spirituel et religieux dans son mémoire. Or, il s’est dit en désaccord avec le point de vue du Cardinal concernant le cours d’éthique.
«Ce qui peut nous faire sortir de cette crise serait que chacun prenne un sentier spirituel et retrouve des assises très profondes. Je crois tout de même qu’il ne faut pas bannir quelque religion que ce soit. En ce sens, je trouve que le cours d’éthique est nécessaire», a-t-il affirmé.
«Ce qui sème la méfiance, c’est qu’il soit imposé en démontrant qu’on souhaite neutraliser toutes les religions. Si on offrait de façon libre ce programme, il en serait autrement», a répondu le cardinal Ouellet.
Ce dernier admet qu’il existe certaines déviances dues à des poussées récurrentes, mais limitées de fanatisme religieux. Or, il croit tout de même que la religion demeure une source d’inspiration et une force de paix pour tous.