Le cardinal Ouellet dénonce les manoeuvres politiques dans le choix du pape
Apr 19, 2005
A l'occasion de son dernier sermon avant le conclave qui décidera de l'identité du prochain pape, le cardinal Marc Ouellet a dénoncé dimanche les manoeuvres politiques de certains catholiques qui répandent de vilaines rumeurs sur certains de ses confrères.
(Presse Canadienne, 17 avril 2005) Dans son ultime déclaration publique avant le début du processus d'élection secrète, lundi, l'archevêque de Québec a rappelé que celle-ci était supposée se dérouler au-dessus des considérations bassement politiques du monde séculier.
"Le choix que les cardinaux font n'est pas un acte politique basé sur des calculs humains, a dit Mgr Ouellet aux paroissiens d'une église voisine de la place Saint-Pierre, à Rome. C'est un acte de foi, d'écoute profonde de l'esprit divin, afin de chercher la personne que Dieu souhaite voir comme évêque de Rome et chef de l'Eglise universelle."
Les cardinaux ne sont pas censés faire campagne, mais un lobbying intense sévit à Rome, où des journaux italiens ont publié divers comptes rendus de tractations de coulisses et des révélations surprenantes sur différents favoris, notamment sur leur santé physique et mentale, leurs relations politiques et même, dans certains cas, leurs activités criminelles.
Alors que les rumeurs voulant que le cardinal Joseph Ratzinger soit déjà assuré de 50 des 77 votes requis pour remporter l'élection, des renseignements ont commencé à circuler au sujet de problèmes de santé de cet homme de 78 ans. Un journal a par ailleurs déterré des détails du passé du cardinal allemand, qui aurait fait partie, à contrecoeur, des jeunesses hitlériennes.
Des rumeurs accusent certains cardinaux latino-américains d'avoir entretenu des liens avec des trafiquants de drogue ou d'ex-dictateurs, ou même, dans un cas, d'avoir pris part à un enlèvement.
Les 115 cardinaux ayant le droit de voter au conclave se sont engagés à ne plus parler aux médias la semaine dernière, mais les cardinaux prononçaient quand même leurs sermons et leurs partisans continuaient à alimenter la presse vaticane.
L'assistant de Mgr Ouellet à Rome, l'abbé Jean Picher, a affirmé qu'il vaudrait mieux ne pas tenir compte des rumeurs.
Le cardinal québécois a lui-même été mentionné comme un candidat peu probable à la papauté, mais dont la carrière pourrait ultérieurement profiter de sa participation au conclave. Sa réputation n'a jusqu'à présent fait l'objet d'aucune rumeur négative, outre l'opinion largement répandue qu'il partage les mêmes valeurs, associées à la ligne, du cardinal Ratzinger.