Abus sexuels
Apr 16, 2007
L'archevêque de Florence admet avoir réglé un cas en secret.
ROME, 15 avr 2007 (AFP) - L'archevêque de Florence (centre de l'Italie), le cardinal Ennio Antonelli, a reconnu dans une lettre que le cas d'un prêtre de son diocèse "coupable d'abus sexuels" avait été réglé en secret par l'Eglise, une semaine après la révélation de l'affaire.
Dimanche dernier, La Repubblica avait publié des accusations d'anciens paroissiens contre le prêtre Lelio Cantini, transmises à l'archevêché de Florence en 2004 puis au Vatican en mars 2006, qui dénonçaient des abus sexuels et des pressions psychologiques remontant aux années 70-80.
"Don Lelio a été reconnu coupable d'abus sexuels sur des jeunes femmes entre 1973 et 1987 et de manipulation des consciences", a écrit le cardinal Ennio Antonelli dans une lettre en partie reproduite dimanche par la presse.
Selon La Repubblica, certaines victimes étaient mineures au moment des faits.
L'archevêque a expliqué qu'il avait décidé "après l'été 2005" de faire retirer "toute fonction pastorale" à Lelio Cantini, mais qu'après avoir rencontré des victimes, il avait jugé nécessaires des mesures plus importantes.
"La Congrégation pour la doctrine de la foi, comme souvent dans les cas graves et clairs, a autorisé un procès" selon les normes vaticanes, a ajouté le cardinal.
En vertu du droit canon, le prêtre, octogénaire aujourd'hui, a notamment été condamné à l'interdiction de confesser des fidèles, de célébrer la messe en public et d'assumer toute fonction écclésiastique pour cinq ans, a indiqué Ennio Antonelli.
Il doit également verser pendant cinq ans son obole à une oeuvre de charité et réciter chaque jour pendant un an le psaume 51 (implorant le pardon des péchés commis).
"J'ai lu dans la presse des reproches parce que l'affaire n'a pas été réglée ouvertement, en public, depuis le début. Je ne crois que ce soit une manière évangélique de traiter les personnes, aussi graves que soient leurs péchés", explique le cardinal, pour qui les faits étaient "anciens et juridiquement prescrits".
La révélation de l'affaire a conduit le parquet de Florence à ouvrir une enquête pour "abus sexuels" sur mineurs et annoncé son intention de se faire communiquer les lettres des victimes.