Walter Cardinal Kasper Walter Cardinal Kasper
Function:
President of Promoting Christian Unity, Roman Curia
Title:
Cardinal Deacon of Ognissanti in Via Appia Nuova
Birthdate:
Mar 05, 1933
Country:
Germany
Elevated:
Feb 21, 2001
More information:
www.catholic-hierarchy.org
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French Le fondateur de Taizé était-il protestant ou catholique? Un cardinal résout l'énigme
Aug 25, 2008
Rome, le 25 août 2008  - E.S.M. - Le fondateur de Taizé était-il protestant ou catholique? Un cardinal résout l'énigme. Le frère Roger Schutz a été l'un et l'autre. Il a adhéré à l'Église de Rome tout en restant un pasteur calviniste. Jean-Paul II et Benoît XVI lui ont donné la communion. Le cardinal Kasper explique comment et pourquoi.

Dans une interview publiée le jour de l’Assomption dans “L’Osservatore Romano”, le cardinal Walter Kasper, président du conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a résolu une énigme concernant le fondateur de la communauté œcuménique multiconfessionnelle de Taizé, le frère Roger Schutz.

L’énigme concernait le rapport de Schutz avec l’Église catholique. Schutz était un pasteur protestant, de tradition réformée et de matrice calviniste. Après sa mort – il fut assassiné le 16 août 2005 par une déséquilibrée pendant la prière du soir, en présence de 2 500 fidèles – la communauté de Taizé a démenti que Schutz se soit converti en secret au catholicisme. Mais plusieurs faits ont fait penser à une conversion: Schutz avait reçu à plusieurs reprises la communion des mains de Jean-Paul II; il communiait chaque matin dans l’église de Taizé, au cours de la messe célébrée selon le rite catholique; enfin, le cardinal Joseph Ratzinger lui-même lui avait donné la communion, au cours de la messe des funérailles de Jean-Paul II, place Saint-Pierre.

Le 19 août 2005, à Cologne, lors d’une rencontre avec des représentants des Églises et des communautés chrétiennes non catholiques, Joseph Ratzinger, devenu pape sous le nom de Benoît XVI, a commenté avec des mots touchants la mort de Schutz, survenue trois jours avant à Taizé, le présentant comme un exemple lumineux d’"œcuménisme intérieur et spirituel", fait surtout de prière. Il a rappelé qu’il avait eu avec lui "un rapport d’amitié cordiale" et d’avoir reçu, le jour même de sa mort, une lettre où Schutz lui manifestait son soutien en tant que pape.

Benoît XVI entretient aussi d’excellents rapports avec le successeur de Schutz, le frère Aloïs Leser, 54 ans, Allemand et catholique. Il le reçoit en audience privée au moins une fois par an. La signature du frère Aloïs apparaît fréquemment dans "L’Osservatore Romano", dont le directeur, Giovanni Maria Vian, a lui aussi beaucoup d’estime pour la communauté de Taizé depuis de nombreuses années.

Mais comment Kasper a-t-il résolu l’énigme? Il nie le fait que Schutz ait "formellement" adhéré à l’Église catholique et qu’il ait abandonné le protestantisme dans lequel il était né. Il affirme en revanche que Schutz a progressivement "enrichi" sa foi avec les fondements de la foi catholique, en particulier le rôle de Marie dans l’histoire du salut, la présence réelle du Christ dans l’eucharistie et le "ministère d’unité qu’exerce l’évêque de Rome". En réponse, l’Église catholique a accepté qu’il reçoive l’eucharistie.

D’après ce que dit Kasper, c’est comme s’il y avait eu entre Schutz et l’Église de Rome un accord non écrit, "dépassant certaines frontières confessionnelles" et canoniques.

Mais laissons au cardinal le soin d’expliquer avec précision l’œcuménisme "spirituel" que représente le frère Schutz. Qui, un jour, a dit de lui-même: "J’ai trouvé mon identité de chrétien en réconciliant en moi-même la foi de mes origines avec le mystère de la foi catholique, sans rupture de communion avec qui que ce soit".

Voici le texte intégral de l’interview parue dans "L’Osservatore Romano" du 15 août 2008:

Roger Schutz, le moine symbole de l’oecuménisme spirituel

Interview avec Walter Kasper

Q. – Trois ans se sont écoulés depuis le tragique décès de frère Roger, le fondateur de Taizé. Vous êtes allé vous-même présider ses obsèques. Qui était-il pour vous ?

R. – Sa mort m’a beaucoup ému. J’étais à Cologne pour la Journée Mondiale de la Jeunesse, quand nous avons appris le décès du prieur de Taizé, victime d’un acte de violence. Sa mort me rappelait les paroles du prophète Isaïe sur le Serviteur du Seigneur : « Brutalisé, il s’humilie ; il n’ouvre pas la bouche, comme un agneau traîné à l’abattoir, comme une brebis devant ceux qui la tondent » (Is. 53,7). Pendant toute sa vie, frère Roger a suivi la voie de l’Agneau : par sa douceur et son humilité, par son refus de tout acte de grandeur, par sa décision de ne dire du mal de personne, par son désir de porter dans son propre cœur les douleurs et les espérances de l’humanité. Peu de personnes de notre génération ont incarné avec une telle transparence le visage doux et humble de Jésus Christ. En une époque turbulente pour l’Église et pour la foi chrétienne, frère Roger était une source d’espérance reconnue par beaucoup, y compris moi-même. Comme professeur de théologie puis comme Évêque de Rottenburg-Stuttgart, j’ai toujours encouragé des jeunes à faire pendant l’été un bref séjour à Taizé. Je voyais combien ce séjour proche de frère Roger et de la communauté les aidait à mieux connaître et à vivre la Parole de Dieu, dans la joie et la simplicité. Tout cela, je l’ai senti davantage au moment de présider la liturgie de ses obsèques dans la grande église de la Réconciliation à Taizé.

Q. – Quelle est à vos yeux la contribution propre de frère Roger et de la communauté de Taizé à l’œcuménisme ?

R. – L’unité des chrétiens était certainement l’un des plus profonds désirs du prieur de Taizé, tout comme la division des chrétiens a été pour lui une véritable source de douleur et de regret. Frère Roger était un homme de communion, qui supportait mal toute forme d’antagonisme ou de rivalité entre personnes ou communautés. Quand il parlait de l’unité des chrétiens et de ses rencontres avec des représentants de différentes traditions chrétiennes, son regard et sa voix faisaient comprendre avec quelle intensité de charité et d’espérance il désirait que « tous soient un ». La recherche de l’unité était pour lui comme un fil conducteur jusque dans les décisions les plus concrètes de chaque jour : accueillir joyeusement toute action qui puisse rapprocher des chrétiens de différentes traditions, éviter toute parole ou tout geste qui puisse retarder leur réconciliation. Ce discernement, il le pratiquait avec une attention qui confinait à la méticulosité. Dans cette recherche de l’unité, toutefois, frère Roger n’était pas pressé ou nerveux. Il connaissait la patience de Dieu dans l’histoire du salut et l’histoire de l’Église. Jamais il ne serait passé à des actes inacceptables pour les Églises, jamais il n’aurait invité des jeunes à se dissocier de leurs pasteurs. Plutôt qu’à la rapidité de développement du mouvement œcuménique, c’est à sa profondeur qu’il visait. Il était convaincu que seul un œcuménisme nourri de la Parole de Dieu et de la célébration de l’Eucharistie, de la prière et de la contemplation serait capable de rassembler les chrétiens dans l’unité voulue par Jésus. C’est dans ce domaine de l’œcuménisme spirituel que je voudrais situer l’importante contribution de frère Roger et de la communauté de Taizé.

Q. – Frère Roger a souvent décrit son cheminement œcuménique comme une « réconciliation intérieure de la foi de ses origines avec le mystère de la foi catholique, sans rupture de communion avec quiconque ». Ce parcours n’appartient pas aux catégories habituelles. Après sa mort, la communauté de Taizé a démenti les rumeurs d’une conversion secrète au catholicisme. Ces rumeurs étaient nées, entre autres, parce qu’on avait vu frère Roger communier des mains du Cardinal Ratzinger lors des obsèques du Pape Jean-Paul II. Que penser de l’expression selon laquelle frère Roger serait devenu « formellement » catholique ?

R. – Issu d’une famille réformée, frère Roger avait fait des études de théologie et était devenu pasteur dans cette même tradition réformée. Quand il parlait de « la foi de ses origines », c’était à ce bel ensemble de catéchèse, de dévotion, de formation théologique et de témoignage chrétien reçus dans la tradition réformée, qu’il se référait. Il partageait ce patrimoine avec tous ses frères et sœurs d’appartenance protestante, avec qui il s’est toujours senti profondément lié. Depuis ses jeunes années de pasteur, toutefois, frère Roger a également cherché à nourrir sa foi et sa vie spirituelle aux sources d’autres traditions chrétiennes, en franchissant de ce fait certaines limites confessionnelles. Son désir de suivre une vocation monastique et de fonder à cette intention une nouvelle communauté monastique avec des chrétiens de la réforme, en disait déjà long sur cette recherche.

Au fil des années, la foi du prieur de Taizé s’est progressivement enrichie du patrimoine de foi de l’Église catholique. Selon son propre témoignage, c’est bien en référence au mystère de la foi catholique qu’il comprenait certaines données de la foi, comme le rôle de la Vierge Marie dans l’histoire du salut, la présence réelle du Christ dans les dons eucharistiques et le ministère apostolique dans l’Église, y compris le ministère d’unité exercé par l’Évêque de Rome. En réponse, l’Église catholique avait accepté qu’il communie à l’eucharistie, comme il le faisait chaque matin dans la grande église de Taizé. Frère Roger a reçu également la communion à plusieurs reprises des mains du Pape Jean-Paul II, qui s’était lié d’amitié avec lui depuis le temps du Concile Vatican II et qui connaissait bien son cheminement dans la foi catholique. En ce sens, il n’y avait rien de secret ou de caché dans l’attitude de l’Église catholique, ni à Taizé ni à Rome. Au moment des funérailles du Pape Jean-Paul II, le Cardinal Ratzinger n’a fait que répéter ce qui se faisait déjà avant lui dans la Basilique Saint-Pierre, du temps du défunt Pape. Il n’y avait rien de nouveau ou de prémédité dans le geste du Cardinal.

Dans une allocution au Pape Jean-Paul II, dans la Basilique Saint-Pierre, lors de la rencontre européenne de jeunes à Rome en 1980, le prieur de Taizé décrivit son propre cheminement et son identité de chrétien par ces mots : « J’ai trouvé ma propre identité de chrétien en réconciliant en moi-même la foi de mes origines avec le mystère de la foi catholique, sans rupture de communion avec quiconque ». En effet, frère Roger n’avait jamais voulu rompre « avec quiconque », pour des motifs qui étaient essentiellement liés à son propre désir d’union et à la vocation œcuménique de la communauté de Taizé. Pour cette raison, il préférait ne pas employer certains termes comme « conversion » ou adhésion « formelle » pour qualifier sa communion avec l’Église catholique. Dans sa conscience, il était entré dans le mystère de la foi catholique comme quelqu’un qui grandit, sans devoir « abandonner» ou « rompre » avec ce qu’il avait reçu et vécu avant. On pourrait discuter longuement du sens de certains termes théologiques ou canoniques. Par respect du cheminement dans la foi de frère Roger, toutefois, il serait préférable de ne pas appliquer à son sujet des catégories qu’il jugeait lui-même inappropriées à son expérience et que d’ailleurs l’Église catholique n’a jamais voulu lui imposer. Là encore, les paroles de frère Roger lui-même devraient nous suffire.

Q. – Voyez-vous des liens entre la vocation œcuménique de Taizé et le pèlerinage de dizaines de milliers de jeunes dans ce petit village bourguignon ? A votre avis, les jeunes sont-ils sensibles à l’unité visible des chrétiens ?

R. – Selon moi, le fait que chaque année des milliers de jeunes trouvent encore le chemin vers la petite colline de Taizé est vraiment un don du Saint-Esprit à l’Église d’aujourd’hui. Pour beaucoup d’entre eux, Taizé représente le premier et principal lieu où ils peuvent rencontrer des jeunes d’autres Églises et Communautés ecclésiales. Je suis heureux de voir que les jeunes qui remplissent chaque été les tentes et chapiteaux de Taizé viennent de divers pays d’Europe occidentale et orientale, certains d’autres continents, qu’ils appartiennent à différentes communautés de tradition protestante, catholique et orthodoxe, qu’ils sont souvent accompagnés par leurs propres prêtres ou pasteurs. Nombre de jeunes qui arrivent à Taizé viennent de pays qui ont connu la guerre civile ou de violents conflits internes, souvent dans un passé encore récent. D’autres viennent de régions qui ont souffert pendant plusieurs décennies sous le joug d’une idéologie matérialiste. D’autres encore, qui forment peut-être la majorité, vivent dans des sociétés profondément marquées par la sécularisation et l’indifférence religieuse. A Taizé, dans les moments de prière et de partage biblique, ils redécouvrent le don de communion et d’amitié que seul l’Évangile de Jésus Christ peut offrir. En écoutant la Parole de Dieu, ils redécouvrent également la richesse unique qui leur a été donnée par le sacrement du baptême. Oui, je crois que beaucoup de jeunes se rendent compte du véritable enjeu de l’unité des chrétiens. Ils savent combien le fardeau des divisions peut peser encore sur le témoignage des chrétiens et sur la construction d’une nouvelle société. A Taizé ils trouvent comme une « parabole de communauté » qui aide à dépasser les fractures du passé et à regarder un avenir de communion et d’amitié. De retour à la maison, cette expérience les aide à créer des groupes de prière et de partage dans leur propre contexte de vie, pour nourrir ce désir de l’unité.

Q. – Avant de présider le Conseil Pontifical pour l’Unité des Chrétiens, vous avez été évêque de Rottenburg-Stuttgart et, à ce titre, vous avez accueilli en 1996 une rencontre européenne de jeunes animée par la communauté de Taizé. Qu’apportent ces rencontres de jeunes à la vie des Églises ?

R. – Cette rencontre a été en effet un moment de très grande joie et de profonde intensité spirituelle pour le diocèse et surtout pour les paroisses qui ont accueilli les jeunes provenant de différents pays. Ces rencontres me semblent extrêmement importantes pour la vie de l’Église. Beaucoup de jeunes, comme je le disais, vivent dans des sociétés sécularisées. Ils trouvent difficilement des compagnons de route dans la foi et dans la vie chrétienne. Les espaces où approfondir et célébrer la foi, dans la joie et la sérénité, sont rares. Les Églises locales ont quelquefois du mal à bien accompagner les jeunes dans leur cheminement spirituel. C’est là que les grandes rencontres comme celles organisées par la communauté de Taizé répondent à un véritable besoin pastoral. La vie chrétienne a certes besoin de silence et de solitude, comme le disait Jésus : « Ferme ta porte et adresse ta prière à ton Père, qui est là dans le secret » (Mt 6,6). Mais elle a également besoin de partage, de rencontre et d’échange. La vie chrétienne ne se vit pas dans l’isolement, au contraire. Par le baptême, nous appartenons au même et unique corps du Christ ressuscité. L’Esprit est l’âme et le souffle qui anime ce corps, qui le fait grandir en sainteté. D’ailleurs, les évangiles parlent régulièrement d’une grande foule de personnes qui étaient venues, souvent de très loin, pour voir et écouter Jésus, et pour être guéries par lui. Les grandes rencontres d’aujourd’hui s’inscrivent dans cette même dynamique. Elles permettent aux jeunes de mieux saisir le mystère de l’Église comme communion, d’écouter ensemble la parole de Jésus et de lui faire confiance.

Q. – Le pape Jean XXIII a qualifié Taizé de « petit printemps ». De son côté, frère Roger disait que le Pape Jean XXIII était l’homme qui l’avait le plus marqué. Selon vous, pourquoi le Pape qui a eu l’intuition du Concile Vatican II et le fondateur de Taizé s’appréciaient-ils autant ?

R. – Chaque fois que je rencontrais frère Roger, il me parlait beaucoup de son amitié avec le Pape Jean XXIII d’abord, puis avec le Pape Paul VI et le Pape Jean-Paul II. C’était toujours avec gratitude et avec une grande joie qu’il me racontait les nombreuses rencontres et conversations qu’il avait eues avec eux, au fil des années. D’une part, le prieur de Taizé se sentait très proche des Évêques de Rome dans leur souci de conduire l’Église du Christ sur les voies du renouveau spirituel, de l’unité des chrétiens, du service aux pauvres, du témoignage de l’Évangile. D’autre part, il se savait profondément compris et appuyé par eux dans son propre cheminement spirituel et dans l’orientation que prenait la jeune communauté de Taizé. La conscience d’agir en harmonie avec la pensée de l’Évêque de Rome était pour lui comme une boussole dans toutes ses actions. Jamais il n’aurait entrepris une initiative qu’il savait être contre l’avis ou la volonté de l’Évêque de Rome. Une même relation de confiance se poursuit d’ailleurs aujourd’hui avec le Pape Benoît XVI qui a prononcé des paroles très touchantes à la mort du fondateur de Taizé, et qui reçoit chaque année frère Alois en audience privée. D’où venait cette estime réciproque entre frère Roger et les Évêques successifs de Rome ? Elle s’enracinait certainement dans l’humain, dans les riches personnalités des hommes concernés. En définitive, je dirais qu’elle venait de l’Esprit Saint qui est cohérent dans ce qu’il inspire au même moment à différentes personnes, pour le bien de l’unique Église du Christ. Quand parle l’Esprit, tous comprennent le même message, chacun dans sa propre langue. Le véritable artisan de la compréhension et de la fraternité entre disciples du Christ, c’est lui, l’Esprit de communion.

Q. – Vous connaissez bien frère Alois, le successeur de frère Roger. Comment voyez-vous l’avenir de la communauté de Taizé ?

R. – Bien que je l’aie déjà rencontré précédemment, c’est surtout depuis la mort de frère Roger que j’ai appris à mieux connaître frère Alois. Quelques années avant, frère Roger m’avait confié que tout était prévu pour sa succession, le jour où cela s’avèrerait nécessaire. Il était heureux à la perspective que frère Alois allait prendre la relève. Qui aurait pu imaginer que cette succession allait devoir s’effectuer en une seule nuit, après un acte de violence inouïe ? Ce qui m’étonne depuis lors, c’est la grande continuité dans la vie de la communauté de Taizé et dans l’accueil des jeunes. La liturgie, la prière et l’hospitalité se poursuivent dans le même esprit, comme un chant qui n’a jamais été interrompu. Cela en dit long, non seulement sur la personne du nouveau prieur, mais aussi et surtout sur la maturité humaine et spirituelle de toute la communauté de Taizé. C’est la communauté dans son ensemble qui a hérité du charisme de frère Roger qu’elle continue à vivre et à rayonner. Connaissant les personnes, j’ai pleinement confiance dans l’avenir de la communauté de Taizé et dans son engagement pour l’unité des chrétiens. Cette confiance me vient également du Saint-Esprit, qui ne suscite pas des charismes pour les abandonner à la première occasion. L’Esprit de Dieu, qui est toujours nouveau, œuvre dans la continuité d’une vocation et d’une mission. C’est lui qui va aider la communauté à vivre et à développer sa vocation, dans la fidélité à l’exemple que frère Roger lui a laissé. Les générations passent, le charisme reste, puisque qu’il est don et œuvre de l’Esprit. Je voudrais terminer en redisant à frère Alois et à toute la communauté de Taizé ma grande estime pour leur amitié, leur vie de prière et leur désir d’unité. Grâce à eux, le doux visage de frère Roger nous reste familier.

Source : Eucharistie Sacrement de la Miséricorde- La chiesa.it
Italian Il cardinale Kasper ricorda frère Roger a tre anni dalla scomparsa
Aug 17, 2008
“Poche persone della nostra generazione hanno incarnato con tale trasparenza il volto mite e umile di Gesù Cristo”.

(Radio Vaticana, 16/08/2008) È con parole cariche di riconoscenza e commozione che il cardinale Walter Kasper ricorda frère Roger Schutz, “fonte di speranza riconosciuta da molti, compreso me stesso”, nel terzo anniversario della sua scomparsa. Aveva 90 anni il fondatore della comunità di Taizé, “monaco simbolo dell’ecumenismo spirituale”, quando, durante la preghiera della sera, venne assassinato da una squilibrata. In un’intervista all’Osservatore Romano, il presidente del Pontificio Consiglio per la promozione dell'unità dei cristiani, ne tratteggia così il profilo e l’opera: “Durante tutta la sua vita, frère Roger ha seguito la via dell'Agnello: con la sua dolcezza e la sua umiltà, con il suo rifiuto per ogni atto di grandezza, con la sua decisione di non dire male di nessuno, con il suo desiderio di portare nel proprio cuore i dolori e le speranze dell'umanità”. Al centro dei suoi desideri e delle sue preghiere – continua il cardinale – l’unità dei cristiani, “un filo conduttore sino nelle decisioni più concrete di ogni giorno: accogliere gioiosamente ogni azione che possa avvicinare tradizioni differenti, evitare ogni parola o gesto che possa ritardare la loro riconciliazione”. Una meta, questa perseguita, senza essere mai “frettoloso o nervoso”, fin dagli anni della Seconda Guerra Mondiale quando a Taizé, terra di confine, iniziò ad accogliere i rifugiati di tutte le religioni. “Nato in una famiglia riformata, Roger Schutz aveva fatto degli studi di teologia ed era diventato pastore in quella stessa tradizione”, ricorda oggi il cardinale Kaper. Tuttavia, sin dagli anni in cui era un giovane pastore, frère Roger ha pure cercato di nutrire la sua fede e la sua vita spirituale alle fonti di altre tradizioni cristiane, oltrepassando in questo modo certi limiti confessionali”. E “lungo gli anni, la fede del priore di Taizé si è progressivamente arricchita del patrimonio di fede del Cattolicesimo”, tanto che la Chiesa di Roma “aveva accettato che egli comunicasse all'Eucaristia, come faceva ogni mattina nella grande chiesa di Taizé”. Il porporato sottolinea, infine, il ruolo fondamentale, oggi, di Taizé “parabola di comunità che aiuta i giovani a superare le fratture del passato e a guardare un avvenire di comunione e amicizia” e dedica parole di profonda stima e amicizia per il successore di frère Roger, Fratel Alois.
German Kardinal Walter Kasper macht in Laupheim Station
Aug 12, 2008
Kardinal Walter Kasper besucht die Stadt Laupheim. Der Schwabe, der sich für den Vatikan um die Ökumene kümmert, kommt am Mittwoch, 20. August, auf Einladung zweier Freundeskreise.

LAUPHEIM (Schwäbische Zeitung, 12.08.2008) Am Mittwoch, 20. August, empfängt Bürgermeisterin Monika Sitter den Kirchenmann gegen 16.30 Uhr im Rathaus. Dort wird sich Kasper ins Goldenen Buch der Stadt eintragen. Anschließend geht es hinauf zum Kirchberg. Gegen 18 Uhr beginnt in der Stadtpfarrkirche Sankt Peter und Paul ein Pontifikalamt. Der Kardinal wird gemeinsam mit mehreren Geistlichen die Messe feiern. Pfarrer Franz Schäffold organisiert den Gottesdienst. Neben anderen Priestern werden der frühere Dekan Otto Mack und der ehemalige Laupheimer Pfarrer Bernhard Löffler erwartet. Mit ihm hat Kasper seinerzeit Theologie studiert. Das ließ der Kardinal durchblicken, als Andreas Maier und Dr. Nikolaus Rentschler ihn vergangene Woche in Wangen besuchten, um ihn nach Laupheim einzuladen.

Bekanntermaßen verbringt der frühere Bischof der Diözese Rottenburg-Stuttgart stets seinen Urlaub bei seiner Familie in Oberschwaben. Zu Andreas Maier, dem Inhaber der Hörenhauser Firma HAM, verbindet Kasper seit Jahren eine Freundschaft. Maier, der auch zum Freundeskreis für das Museum zur Geschichte von Christen und Juden gehört, sitzt auch dem Förderverein der "Unità dei Christiani" vor. Letztere ist eine Initiative Kaspers für die Ökumene. Großes Ziel ist das gemeinsame Abendmahl der Konfessionen, erklärt Maier. Damit das eines Tages möglich ist, spielt der Dialog eine wichtige Rolle. Dialog ist das Thema, das Maiers Förderverein mit dem Freundeskreis für das Museum eint. Darum haben sich Rentschler und Maier zusammengetan.
Beziehungen zum Judentum

Bei einem nicht-öffentlichen Abendessen in Schwendi wird Walter Kasper in einem Kurzreferat über das Judentum sprechen. Als päpstlicher Rat für die Einheit der Christen ist der Kardinal auch verantwortlich für die Beziehungen zwischen Katholischer Kirche und Judentum. Zuletzt hatte es Kontroversen wegen der Karfreitagsfürbitte für die Juden in der lateinischen Messe, die Papst Benedikt XVI neu formuliert hatte, gegeben.

Nikolaus Rentschler hofft, dass Kasper womöglich schon nächstes Jahr auch für die Öffentlichkeit und dann ausführlich über das Thema spricht.
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Kardinal Walter Kasper macht in Laupheim Station

LAUPHEIM (ka) Am Mittwoch, 20. August, empfängt Bürgermeisterin Monika Sitter den Kirchenmann gegen 16.30 Uhr im Rathaus. Dort wird sich Kasper ins Goldenen Buch der Stadt eintragen. Anschließend geht es hinauf zum Kirchberg. Gegen 18 Uhr beginnt in der Stadtpfarrkirche Sankt Peter und Paul ein Pontifikalamt. Der Kardinal wird gemeinsam mit mehreren Geistlichen die Messe feiern. Pfarrer Franz Schäffold organisiert den Gottesdienst. Neben anderen Priestern werden der frühere Dekan Otto Mack und der ehemalige Laupheimer Pfarrer Bernhard Löffler erwartet. Mit ihm hat Kasper seinerzeit Theologie studiert. Das ließ der Kardinal durchblicken, als Andreas Maier und Dr. Nikolaus Rentschler ihn vergangene Woche in Wangen besuchten, um ihn nach Laupheim einzuladen.

Bekanntermaßen verbringt der frühere Bischof der Diözese Rottenburg-Stuttgart stets seinen Urlaub bei seiner Familie in Oberschwaben. Zu Andreas Maier, dem Inhaber der Hörenhauser Firma HAM, verbindet Kasper seit Jahren eine Freundschaft. Maier, der auch zum Freundeskreis für das Museum zur Geschichte von Christen und Juden gehört, sitzt auch dem Förderverein der "Unità dei Christiani" vor. Letztere ist eine Initiative Kaspers für die Ökumene. Großes Ziel ist das gemeinsame Abendmahl der Konfessionen, erklärt Maier. Damit das eines Tages möglich ist, spielt der Dialog eine wichtige Rolle. Dialog ist das Thema, das Maiers Förderverein mit dem Freundeskreis für das Museum eint. Darum haben sich Rentschler und Maier zusammengetan.
Beziehungen zum Judentum

Bei einem nicht-öffentlichen Abendessen in Schwendi wird Walter Kasper in einem Kurzreferat über das Judentum sprechen. Als päpstlicher Rat für die Einheit der Christen ist der Kardinal auch verantwortlich für die Beziehungen zwischen Katholischer Kirche und Judentum. Zuletzt hatte es Kontroversen wegen der Karfreitagsfürbitte für die Juden in der lateinischen Messe, die Papst Benedikt XVI neu formuliert hatte, gegeben.

Nikolaus Rentschler hofft, dass Kasper womöglich schon nächstes Jahr auch für die Öffentlichkeit und dann ausführlich über das Thema spricht.
English At Lambeth, Cardinal Kasper Calls for Another Newman
Aug 06, 2008
He was the most famous of the converts to the Church of Rome. The pope's representative at the conference of Anglican bishops asks them to return to the model of the apostolic Church. No to women bishops, and to gay bishops. The complete text of the address

by Sandro Magister (chiesa.espresso.repubblica.it)

ROMA, July 31, 2008 – The Lambeth Conference, the meeting held once every ten years among the bishops of the Anglican Communion from all over the world, heard yesterday from Cardinal Walter Kasper, president of the pontifical council for promoting Christian unity.

The complete text of his address is presented further below. Kasper highlighted the growing distance between the Catholic Church and the Anglican Communion, especially since some of the Anglican provinces began ordaining women to the priesthood in 1974, and to the episcopate beginning in 1989.

Another reason for the estrangement emphasized by Kasper concerns the authorization to bless homosexual unions, and the ordination as bishops of persons in same-sex relationships.

But apart from relations with the Church of Rome, these decisions have created dramatic divisions above all within the Anglican Communion itself. The strongest opposition comes from the developing world, especially from Africa. Of the 44 provinces that make up the Anglican Communion – Kasper noted – 28 ordain women to the priesthood, and 17 allow the ordination of women to the episcopate as well. The others do not. Each province decides for itself, and opposes those that decide differently. To such an extent that – in Kasper's words – "we now need to take account of the decision of a significant number of Anglican bishops not to attend this Lambeth Conference."

The fragmentation within the Anglican Communion is so serious that Casper asks:

"In such a scenario, [...] who will our dialogue partner be? Should we, and how can we, appropriately and honestly engage in conversations also with those who share Catholic perspectives on the points currently in dispute, and who disagree with some developments within the Anglican Communion or particular Anglican provinces?"

In effect, those in the Anglican Communion who do not accept the ordination of women and the legitimization of homosexuality often enter the Catholic Church.

But the attraction to Catholicism is also of a more general nature. It has to do with an overall understanding of the Church and of Christian tradition since apostolic times until today, which some see as being more faithfully realized in the Catholic Church.

In his address, Cardinal Kasper recalled the "ecclesiological arguments" that convinced the most famous of the 19th century converts, Cardinal John Henry Newman, to embrace Catholicism. And he expressed the hope that there might emerge in the Anglicanism of today a new Oxford Movement, the movement of return to the tradition of the apostolic Church inspired by Newman.

Since 1980, when the Church of Rome established rules for men ordained to the priesthood or episcopate in the Anglican Communion to enter the Catholic Church, it is calculated that more than 80 of them have taken this step, often followed by large portions of their respective dioceses and parishes.

The latest ceremony to welcome an Anglican minister into the Catholic Church took place privately, last December 1 in Rome, in the papal basilica of St. Mary Major.

On one side was the American cardinal archpriest of the basilica, Bernard Law. On the other was the former Anglican (or Episcopalian, as they are usually called in the United States) Jeffrey Steenson, former bishop of the diocese of Rio Grande, which covers New Mexico and part of Texas, accompanied at the ceremony by the Catholic archbishop of Santa Fe, Michael J. Sheehan.

Steenson, 55, married with three children, was ordained a priest in the Catholic Church, which does not recognize Anglican orders as valid. He will teach patristics at the seminary, a subject in which he is an expert.

About a dozen other Episcopalian ministers from the United States are waiting to be welcomed as priests into the Catholic Church. Three of them are bishops emeritus: John Lipscomb, of the diocese of southeast Florida, Clarence Pope, of Fort Worth, and Daniel Herzog, of Albany.

But within the Anglican Communion, there are many more who are sympathetic toward the Catholic Church than those who "cross the Tiber" and convert.

For example, these Anglo-Catholic sentiments were expressed in Sydney by the Anglican bishop Robert Forsyth, who last July 18, welcoming Benedict XVI to his city, described the Church of Rome as "a rock in the rapids." And he explained:

"Were it not for Rome's strong insistence upon Christ as the only Saviour of the world, upon the 'Catholic faith', the nature of the Triune God, the divinity of Christ, the importance of sacred Scripture and of the objectivity of Christian morality, then the life of other Christian churches would have been so much more difficult, certainly for us here in the West."

Another Australian, Archbishop John Hepworth, is primate of the Traditional Anglican Communion, a branch of Anglicanism that has made the formal proposal to the Holy See to enter into a "corporate reunion" with the Catholic Church. On July 25, the apostolic nuncio in Australia, Giuseppe Lazzarotto, delivered to Hepworth a letter from Cardinal William Levada, prefect of the congregation for the doctrine of the faith, pledging that the Holy See will examine the proposal with "serious attention." The Traditional Anglican Communion numbers about 400,000 members, in many countries.

Here follows the address from Cardinal Kasper to the Lambeth Conference, delivered on July 30, 2008:

Roman Catholic Reflections on the Anglican Communion

by Walter Kasper

It is my privilege to bring to the Archbishop of Canterbury, Dr Rowan Williams, to each of you here present, and to all the participants of this highly significant Lambeth Conference, the greetings of Pope Benedict XVI and of the whole staff of the Pontifical Council for Promoting Christian Unity. All of us are with you in these days; we are with you in our thoughts and in our prayers, and we want to express our deep solidarity with your joys, and with your concerns and sorrows as well.

Permit me to begin by extending my thanks to the Archbishop of Canterbury, and to the staff coordinating ecumenical relations at Lambeth Palace and at the Anglican Communion Office, for the invitation to take part in this important gathering and for the opportunity to offer some reflections on our common concerns. It is a strength of Anglicanism that even in the midst of difficult circumstances, you have sought the views and perspectives of your ecumenical partners, even when you have not always particularly rejoiced in what we have said. But rest assured, what I am about to say, I say as a friend.

When I saw what you proposed as subject, "Roman Catholic Reflections on the Anglican Communion", I thought that you could have chosen an easier one. This is a wide open title encompassing many aspects of history and doctrine, and I can only touch upon some of them. But it seems to me that there is a hidden question in the title, asking not so much what Catholics think about the Anglican Communion, but about the Anglican Communion in its present circumstances. I could imagine a less uncomfortable question.

My paper will be divided into three sections: an overview of our relations in recent years; ecclesiological considerations in light of the current situation within Anglicanism; and a brief reflection on underlying questions beneath current controversies and points of dispute within Anglicanism, especially those which have also had an effect on your relations with the Catholic Church. In the conclusion, I will offer a response to a quite unexpected question posed to me a few months ago by the Archbishop of Canterbury, which puzzled me a great deal, namely, what kind of Anglicanism do you want? – what a question! I hope that you yourself know the right answer – and what are the hopes of the Catholic Church for the Anglican Communion in the months and years ahead? Here the answer is easier: We hope that we will not be drawn apart, and that we will be able to remain in serious dialogue in search of full unity, so that the world may believe.

I. Overview of Relations in Recent Years

Let me in this first section refresh our memories, lest we forget what and how much we have already achieved in the last 40 years. When the Second Vatican Council, in its Decree on Ecumenism, turned its attention to the “many Communions (which) were separated from the Roman See” in the 16th century, it acknowledged that “among those in which Catholic traditions and institutions in part continue to exist, the Anglican Communion occupies a special place” (Unitatis redintegratio §13). This statement is grounded in an ecclesiological understanding that from the Catholic perspective, the Anglican Communion contains significant elements of the Church of Jesus Christ. In their 1977 Common Declaration, Archbishop of Canterbury Donald Coggan and Pope Paul VI identified some of those ecclesial elements when they wrote:

"As the Roman Catholic Church and the constituent Churches of the Anglican Communion have sought to grow in mutual understanding and Christian love, they have come to recognize, to value and to give thanks for a common faith in God our Father, in our Lord Jesus Christ, and in the Holy Spirit; our common baptism into Christ; our sharing of the Holy Scriptures, of the Apostles’ and Nicene Creeds, the Chalcedonian definition, and the teaching of the Fathers; our common Christian inheritance for many centuries with its living traditions of liturgy, theology, spirituality and mission."

In this text, we can hear Archbishop Coggan and Paul VI pointing to what is the common ground, the common source and centre of our already existing but still incomplete unity: Jesus Christ, and the mission to bring Him to a world that is so desperately in need of Him. What we are talking about is not an ideology, not a private opinion which one may or may not share; it is our faithfulness to Jesus Christ, witnessed by the apostles, and to His Gospel, with which we are entrusted. From the very beginning we should, therefore, keep in mind what is at stake as we proceed to speak about faithfulness to the apostolic tradition and apostolic succession, when we speak about the threefold ministry, women’s ordination, and moral commandments. What we are talking about is nothing other than our faithfulness to Christ Himself, who is our unique and common master. And what else can our dialogue be but an expression of our intent and desire to be fully one in Him in order to be fully joint witnesses to His Gospel.

It has often been said, and is worth restating, that the dialogue was dynamized by the desire to be faithful to Christ’s expressed will that His disciples be one, just as He is one with the Father; and that this unity was directly linked to Christ’s mission, the Church’s mission, to the world: may they be one so that the world may believe. Our witness and mission have been seriously hampered by our divisions, and it was out of faithfulness to Christ that we committed ourselves to a dialogue, based on the Gospel and the ancient common traditions, which had full visible unity as its goal. Yet full unity was not and is not an end in itself, but a sign of and instrument for seeking unity with God and peace in the world.

With this in mind, when we can look back at what the Anglican-Roman Catholic International Commission (ARCIC) has accomplished over the past nearly four decades, we can say with confidence that it has indeed borne good fruit. The first phase of ARCIC (1970-1981) addressed "Eucharistic Doctrine" (1971) and "Ministry and Ordination" (1973), and in each instance, claimed to have reached substantial agreement.

The official Catholic response (1991), while requesting further work on both subjects, spoke of these texts as “a significant milestone” which witnessed “to the achievement of points of convergence and even of agreement which many would not have thought possible before the Commission began its work”. The "Clarifications on Eucharist and Ministry" (1993) produced by members of the Commission were seen to “have greatly strengthened agreement in these areas” according to Catholic authorities. The first phase of ARCIC also produced two statements on the subject of "Authority in the Church" (1976, 1981), the theme at the heart of the divisions of the 16th century.

While the texts of the second phase of ARCIC (1983-2005) have not been put forward for a formal response in either the Catholic Church or the Anglican Communion, and have not led to a conclusive resolution or to a full consensus on the issues addressed, they have each suggested a growing rapprochement. "Salvation in the Church" (1986) resonates, in many ways, with the Joint Declaration on the Doctrine on Justification signed by the Catholic Church and the Lutheran World Federation in 1999. Building on the understanding of the Church as koinonia which was first set forward in the introduction of ARCIC I’s Final Report, ARCIC II offered the Commission’s most mature work on ecclesiology in The "Church as Communion" (1991).

"Life in Christ" (1994) was able to identify a shared vision and a common heritage for ethical teaching, despite differing pastoral applications of moral principles. "The Gift of Authority" (1999) returned to the theme of authority, and made important progress on the need for a universal ministry of primacy in the Church. "Mary: Grace and Hope in Christ" (2005) took important and unexpected strides towards a common understanding of the Blessed Virgin Mary.

As you well know, the ordination of women to the priesthood in several Anglican provinces, beginning in 1974, and to the episcopate, beginning in 1989, have greatly complicated relations between the Anglican Communion and the Catholic Church. I will return to this subject in due course. With this obstacle in mind, and seeking to determine what was nonetheless possible in furthering our relations, an important initiative was carried out not long after the last Lambeth Conference. In May of 2000, my predecessor, Cardinal Edward Idris Cassidy, and Archbishop George Carey, invited 13 Anglican Primates and the corresponding Presidents of Catholic Episcopal Conferences, or their representatives, to Mississauga, Canada, in order to assess what had been achieved in the ARCIC dialogue, and in light of both those achievements and the difficulties which marked our relations, to offer recommendations for possible steps forward.

I have been to many ecumenical meetings in my life, and I am happy to say that this was one of the best meetings I have ever attended. The spirit of prayerfulness and friendship, the serious reflection not only on the work of ARCIC but also on ecumenical relations in each particular region represented, and the profound desire for reconciliation which pervaded the Mississauga gathering, renewed hope for significant progress in relations between the Anglican Communion and the Catholic Church. One of the fruits of the Mississauga meeting was the establishment of the International Anglican-Roman Catholic Commission for Unity and Mission (IARCCUM), a commission principally composed of bishops. During the past week of this Lambeth Conference, you have studied IARCCUM’s statement, Growing Together in Unity and Mission. Synthesizing the work of ARCIC, this document offers the Commission’s assessment of how far we have come in our dialogue, and identifies remaining questions needing to be addressed.

Over the past 40 years, we have not only engaged jointly in theological dialogue. A close working relationship between Anglicans and Catholics has grown, not only on an international level, but also in many regional and local contexts. As Pope Benedict XVI and Archbishop Rowan Williams noted in their Common Declaration of November, 2006, “As our dialogue has developed, many Catholics and Anglicans have found in each other a love for Christ which invites us into practical co-operation and service. This fellowship in the service of Christ, experienced by many of our communities around the world, adds a further impetus to our relationship.”

Indeed, it is not at all a small thing that we have achieved and that was given to us through the years of dialogue in ARCIC and IARCCUM. We are grateful for the work of these commissions, and we Catholics do not want those achievements to be lost. Indeed we want to continue on this path and bring what we started 40 years ago to its final goal.

This leaves me all the more saddened as I have now, in fidelity to what I believe Christ requires – and I want add, in the frankness which friendship allows – to look to the problems within the Anglican Communion which have emerged and grown since the last Lambeth Conference, and to the ecumenical repercussions of these internal tensions. In the second section of this paper, I would like to address a series of ecclesiological issues arising from the current situation in the Anglican Communion, and to raise some difficult and probing questions. But before doing so I want to reiterate what I said when in November 2006 the Archbishop of Canterbury came to Rome to visit Pope Benedict: “The questions and problems of our friends are also our questions and problems.” So I raise these questions not in judgement, but as an ecumenical partner who has been deeply discouraged by recent developments, and who wishes to offer you an honest reflection, from a Catholic perspective, on how and where we can move forward in the present context.

II. Ecclesiological considerations

What I want to say in this second section is – of course – not a magisterial treatise on ecclesiology. Again I only want to remind you of some common insights of the last decades which can be or should be helpful in finding a way – hopefully a common way – forward.

Ecclesiological questions have long been a major point of controversy between our two communities. Already as a young student I studied all of the ecclesiological arguments raised by John Henry Newman, which moved him to become a Catholic. His main concerns revolved around apostolicity in communion with the See of Rome as the guardian of apostolic tradition and of the unity of the Church. I think his questions remain and that we have not yet exhausted this discussion.

Whereas Newman dealt with the Church of England of his time, today we are confronted with additional problems on the level of the Anglican Communion of 44 regional and national member churches, each self-governing. Independence without sufficient interdependence has now become a critical issue.

Two years ago, the IARCCUM statement "Growing Together in Unity and Mission" addressed the situation within the Anglican Communion, and its ecumenical implications, as follows: “Since this (Mississauga) meeting, however, the Churches of the Anglican Communion have entered into a period of dispute occasioned by the episcopal ordination of a person living in an openly-acknowledged committed same-sex relationship and the authorisation of public Rites of Blessing for same-sex unions. These matters have intensified reflection on the nature of the relationship between the churches of the Communion... In addition, ecumenical relationships have become more complicated as proposals within the Church of England have focussed attention on the issue of the ordination of women to the episcopate which is an established part of ministry in some Anglican provinces” (§ 6). In addition to developments in relation to this latter point, we now need to take account of the decision of a significant number of Anglican bishops not to attend this Lambeth Conference, and of proposals from within Anglicanism which are challenging existing instruments of authority within the Anglican Communion.

In the next section, I will address some of these issues more directly, but here I intend to focus specifically on the ecclesiological dimension of these current problems, making reference to what we have said together about the nature of the Church, and to initiatives of the Anglican Communion to address these internal disputes.

In March, 2006, the Archbishop of Canterbury invited me to speak at a meeting of the Church of England’s House of Bishops, addressing the mission of bishops in the Church. While the backdrop of that address was the possible ordination of women to the episcopate, the central argument about the nature of the episcopal office as an office of unity is relevant to all of the points of tension in the Anglican Communion identified above.

In brief, I argued that unity, unanimity and koinonia (communion) are fundamental concepts in the New Testament and in the early Church. I argued: “From the beginning the episcopal office was “koinonially” or collegially embedded in the communion of all bishops; it was never perceived as an office to be understood or practised individually.” Then I turned to the theology of the episcopal office of a Church Father of great importance for Anglicans and Catholics alike, the martyr bishop Cyprian of Carthage of the third century.

His sentence “episcopatus unus et indivisus” is well known. This sentence stands in the context of an urgent admonition by Cyprian to his fellow bishops: “Quam unitatem tenere firmiter et vindicare debemus maxime episcopi, qui in ecclesia praesidimus, ut episcopatum quoque ipsum unum atque indivisum probemus.” [“And this unity we ought firmly to hold and assert, especially those of us that are bishops who preside in the church, that we may also prove the episcopate one and undivided.”] This urgent exhortation is followed by a precise interpretation of the statement “episcopatus unus et indivisus”. “Episcopatus unus est cuius a singulis in solidum pars tenetur” [“The episcopate is one, each part of which is held by each one for the whole.”] (De ecclesiae catholicae unitate I, 5).

But Cyprian goes even one step further: he not only emphasises the unity of the people of God with its own individual bishop, but also adds that no one should imagine that he can be in communion with just a few, for “the Catholic Church is not split or divided” but “united and held together by the glue of the mutual cohesion of the bishops” (Ep. 66,8)... This collegiality is of course not limited to the horizontal and synchronic relationship with contemporary episcopal colleagues; since the Church is one and the same in all centuries, the present-day church must also maintain diachronic consensus with the episcopate of the centuries before us, and above all with the testimony of the apostles. This is the more profound significance of the apostolic succession in episcopal office.

The episcopal office is thus an office of unity in a two-fold sense. Bishops are the sign and the instrument of unity within the individual local church, just as they are between both the contemporary local Churches and those of all times within the universal Church.

This understanding of episcopal office has been set forward in the agreed statements of ARCIC, most especially in Church as Communion and in ARCIC’s statements on authority in the Church. Church as Communion (§45) states that:

"For the nurture and growth of this communion, Christ the Lord has provided a ministry of oversight, the fullness of which is entrusted to the episcopate, which has the responsibility of maintaining and expressing the unity of the churches (cf. §§ 33 & 39; Final Report, Ministry and Ordination). By shepherding, teaching and the celebration of the sacraments, especially the eucharist, this ministry holds believers together in the communion of the local church and in the wider communion of all the churches (cf. § 39). This ministry of oversight has both collegial and primatial dimensions. It is grounded in the life of the community and is open to the community's participation in the discovery of God's will. It is exercised so that unity and communion are expressed, preserved and fostered at every level — locally, regionally and universally."

The same agreed statement communicates the understanding of both Anglican and Roman Catholic Communions that bishops carry out their ministry in succession to the Apostles, which is “intended to assure each community that its faith is indeed the apostolic faith, received and transmitted from apostolic times” (Church as Communion, 33).

ARCIC’s "The Gift of Authority" developed this further in stating: "There are two dimensions to communion in the apostolic Tradition: diachronic and synchronic. The process of tradition clearly entails the transmission of the Gospel from one generation to another (diachronic). If the Church is to remain united in the truth, it must also entail the communion of the churches in all places in that one Gospel (synchronic). Both are necessary for the catholicity of the Church (§26)."

The text adds that each bishop, in communion with all other bishops, is responsible to preserve and express the larger koinonia of the church, and “participates in the care of all the churches” (§39). The bishop is therefore “both a voice for the local church and one through whom the local church learns from other churches” (§38). "The Gift of Authority" (§37) also underlines the role played by the college of bishops in maintaining the unity of the Church: "The mutual interdependence of all the churches is integral to the reality of the Church as God wills it to be. No local church that participates in the living Tradition can regard itself as self-sufficient... The ministry of the bishop is crucial, for his ministry serves communion within and among local churches. Their communion with each other is expressed through the incorporation of each bishop into a college of bishops. Bishops are, both personally and collegially, at the service of the communion."

While there is not time here to draw out more of the ecclesiology of ARCIC, suffice it to say that in our dialogue, we have been able to set forward a strong vision of episcopal ministry, within the context of a shared understanding of the Church as koinonia.

It is significant that the Windsor Report of 2004, in seeking to provide the Anglican Communion with ecclesiological foundations for addressing the current crisis, also adopted an ecclesiology of koinonia. I found this to be helpful and encouraging, and in response to a letter from the Archbishop of Canterbury inviting an ecumenical reaction to the Windsor Report, I noted that “(n)otwithstanding the substantial ecclesiological issues still dividing us which will continue to need our attention, this approach is fundamentally in line with the communion ecclesiology of the Second Vatican Council. The consequences which the Report draws from this ecclesiological base are also constructive, especially the interpretation of provincial autonomy in terms of interdependence, thus ‘subject to limits generated by the commitments of communion’ (Windsor n.79). Related to this is the Report’s thrust towards strengthening the supra-provincial authority of the Archbishop of Canterbury (nn.109-110) and the proposal of an Anglican Covenant which would ‘make explicit and forceful the loyalty and bonds of affection which govern the relationships between the churches of the Communion’ (n.118).”

The one weakness pertaining to ecclesiology that I noted was that “(w)hile the Report stresses that Anglican provinces have a responsibility towards each other and towards the maintenance of communion, a communion rooted in the Scriptures, considerably little attention is given to the importance of being in communion with the faith of the Church through the ages.” In our dialogue, we have jointly affirmed that the decisions of a local or regional church must not only foster communion in the present context, but must also be in agreement with the Church of the past, and in a particular way, with the apostolic Church as witnessed in the Scriptures, the early councils and the patristic tradition. This diachronic dimension of apostolicity “has important ecumenical ramifications, since we share a common tradition of one and a half millennia. This common patrimony – what Pope Paul VI and Archbishop Michael Ramsey called our ‘ancient common traditions’ – is worth being appealed to and preserved.”

In light of this analysis of episcopal ministry as set forward in ARCIC and the koinonia ecclesiology found in The Windsor Report, it has been particularly disheartening to have witnessed the increasing tensions within the Anglican Communion. In several contexts, bishops are not in communion with other bishops; in some instances, Anglican provinces are no longer in full communion with each other. While the Windsor process continues, and the ecclesiology set forth in the Windsor Report has been welcomed in principle by the majority of Anglican provinces, it is difficult from our perspective to see how that has translated into the desired internal strengthening of the Anglican Communion and its instruments of unity. It also seems to us that the Anglican commitment to being ‘episcopally led and synodically governed’ has not always functioned in such a way as to maintain the apostolicity of the faith, and that synodical government misunderstood as a kind of parliamentary process has at times blocked the sort of episcopal leadership envisaged by Cyprian and articulated in ARCIC.

I know that many of you are troubled, some deeply so, by the threat of fragmentation within the Anglican Communion. We feel profound solidarity with you, for we too are troubled and saddened when we ask: In such a scenario, what shape might the Anglican Communion of tomorrow take, and who will our dialogue partner be? Should we, and how can we, appropriately and honestly engage in conversations also with those who share Catholic perspectives on the points currently in dispute, and who disagree with some developments within the Anglican Communion or particular Anglican provinces? What do you expect in this situation from the Church of Rome, which in the words of Ignatius of Antioch is to preside over the Church in love? How might ARCIC’s work on the episcopate, the unity of the Church, and the need for an exercise of primacy at the universal level be able to serve the Anglican Communion at the present time?

Rather than answer these questions, let me remind you of what we stated at the Informal Talks in 2003, and have reiterated on several occasions since then: “It is our overwhelming desire that the Anglican Communion stays together, rooted in the historic faith which our dialogue and relations over four decades have led us to believe that we share to a large degree.” Therefore we are following the discussions of this Lambeth Conference with great interest and heartfelt concern, accompanying them with our fervent prayers.

III. Reflections on particular questions facing the Anglican Communion

In this final section, I would like to briefly address two of the issues at the heart of tensions within the Anglican Communion and in its relations with the Catholic Church, questions pertaining to ordination of women and to human sexuality. I it is not my intent to take up these points of dispute in detail. This is not necessary because the Catholic position, which understands itself to be consistent with the New Testament and the apostolic tradition, is well known. I want only offer a few thoughts from a Catholic perspective and with an eye to our relations – past, present and future.

The Catholic Church’s teaching regarding human sexuality, especially homosexuality, is clear, as set forth in the Catechism of the Catholic Church, nn. 2357-59. We are convinced that this teaching is well founded in the Old and in the New Testament, and therefore that faithfulness to the Scriptures and to apostolic tradition is at stake. I can only highlight what IARCCUM’s "Growing Together in Unity and Mission" said: “In the discussions on human sexuality within the Anglican Communion, and between it and the Catholic Church, stand anthropological and biblical hermeneutical questions which need to be addressed” (§86e). Not without reason is today’s principal theme at the Lambeth Conference concerned with biblical hermeneutics.

I would like briefly to draw your attention to the ARCIC statement "Life in Christ", where it was noted (nn. 87-88) that Anglicans could agree with Catholics that homosexual activity is disordered, but that we might differ in the moral and pastoral advice we would offer to those seeking our counsel. We realise and appreciate that the recent statements of the Primates are consistent with that teaching, which was given clear expression in Resolution 1.10 of the 1998 Lambeth Conference. In light of tensions over the past years in this regard, a clear statement from the Anglican Communion would greatly strengthen the possibility of us giving common witness regarding human sexuality and marriage, a witness which is sorely needed in the world of today.

Regarding the ordination of women to the priesthood and episcopate, the Catholic Church’s teaching has been clearly set forward from the very beginning of our dialogue, not only internally, but also in correspondence between Pope Paul VI and Pope John Paul II with successive Archbishops of Canterbury. In his Apostolic Letter “Ordinatio sacerdotalis” from May 22, 1994, Pope John Paul II referred to the letter of Paul VI to Archbishop Coggan from November 30, 1975, and stated the Catholic position as follows: “Priestly ordination… in the Catholic Church from the beginning has always been reserved to men alone”, and that “this tradition has also been faithfully maintained by the Oriental Churches.” He concluded: “I declare that the Church has no authority whatsoever to confer priestly ordination on women and that this judgment is to be definitively held by all the Church's faithful.” This formulation clearly shows that this is not only a disciplinary position but an expression of our faithfulness to Jesus Christ. The Catholic Church finds herself bound by the will of Jesus Christ and does not feel free to establish a new tradition alien to the tradition of the Church of all ages.

As I stated when addressing the Church of England’s House of Bishops in 2006, for us this decision to ordain women implies a turning away from the common position of all churches of the first millennium, that is, not only the Catholic Church but also the Oriental Orthodox and the Orthodox churches. We would see the Anglican Communion as moving a considerable distance closer to the side of the Protestant churches of the 16th century, and to a position they adopted only during the second half of the 20th century.

Since it is currently the situation that 28 Anglican provinces ordain women to the priesthood, and while only 4 provinces have ordained women to the episcopate, an additional 13 provinces have passed legislation authorising women bishops, the Catholic Church must now take account of the reality that the ordination of women to the priesthood and the episcopate is not only a matter of isolated provinces, but that this is increasingly the stance of the Communion. It will continue to have bishops, as set forth in the Lambeth Quadrilateral (1888); but as with bishops within some Protestant churches, the older churches of East and West will recognise therein much less of what they understand to be the character and ministry of the bishop in the sense understood by the early church and continuing through the ages.

I have already addressed the ecclesiological problem when bishops do not recognize other’s episcopal ordination within the one and same church, now I must be clear about the new situation which has been created in our ecumenical relations. While our dialogue has led to significant agreement on the understanding of ministry, the ordination of women to the episcopate effectively and definitively blocks a possible recognition of Anglican Orders by the Catholic Church.

It is our hope that a theological dialogue between the Anglican Communion and the Catholic Church will continue, but this development effects directly the goal and alters the level of what we pursue in dialogue. The 1966 Common Declaration signed by Pope Paul VI and Archbishop Michael Ramsey called for a dialogue that would “lead to that unity in truth, for which Christ prayed”, and spoke of “a restoration of complete communion of faith and sacramental life”. It now seems that full visible communion as the aim of our dialogue has receded further, and that our dialogue will have less ultimate goals and therefore will be altered in its character. While such a dialogue could still lead to good results, it would not be sustained by the dynamism which arises from the realistic possibility of the unity Christ asks of us, or the shared partaking of the one Lord’s table, for which we so earnestly long.

Conclusion

Anyone who has ever seen the great and wonderful Anglican cathedrals and churches the world over, who has visited the old and famous Colleges in Oxford and Cambridge, who has attended marvellous Evensongs and heard the beauty and eloquence of Anglican prayers, who has read the fine scholarship of Anglican historians and theologians, who is attentive to the significant and long-standing contributions of Anglicans to the ecumenical movement, knows well that the Anglican tradition holds many treasures. These are, in the words of Lumen Gentium, among those gifts which, “belonging to the Church of Christ, are forces impelling toward catholic unity” (§ 8).

Our keen awareness of the greatness and remarkable depth of Christian culture of your tradition heightens our concern for you amidst current problems and crises, but also gives us confidence that with God's help, you will find a way out of these difficulties, and that in a new and fresh manner we will be strengthened in our common pilgrimage toward the unity Jesus Christ wills for us and prayed for. I would reiterate what I wrote in my letter to the Archbishop of Canterbury in December, 2004: In a spirit of ecumenical partnership and friendship, we are ready to support you in whatever ways are appropriate and requested.

In that vein, I would like to return to the Archbishop’s puzzling question what kind of Anglicanism I want. It occurs to me that at critical moments in the history of the Church of England and subsequently of the Anglican Communion, you have been able to retrieve the strength of the Church of the Fathers when that tradition was in jeopardy. The Caroline divines are an instance of that, and above all, I think of the Oxford Movement. Perhaps in our own day it would be possible too, to think of a new Oxford Movement, a retrieval of riches which lay within your own household. This would be a re-reception, a fresh recourse to the Apostolic Tradition in a new situation. It would not mean a renouncing of your deep attentiveness to human challenges and struggles, your desire for human dignity and justice, your concern with the active role of all women and men in the Church. Rather, it would bring these concerns and the questions that arise from them more directly within the framework shaped by the Gospel and ancient common tradition in which our dialogue is grounded.

We hope and pray that as you seek to walk as faithful disciples of Jesus Christ, the Father of all mercies may bestow upon you the abundant riches of His grace, and guide you with the Holy Spirit’s abiding presence.
French Le cardinal Kasper à la conférence des évêques anglicans de Lambeth
Aug 03, 2008
Rome, le 03.08.08 - E.S.M. - L'envoyé du pape Benoît XVI à la conférence des évêques anglicans leur demande de revenir au modèle de l'Eglise apostolique. Inacceptable l'épiscopat aux femmes et aux homosexuels. Voici le texte intégral de son discours :

Début du texte : Le card. Kasper, envoyé de Benoît XVI à la conférence de Lambeth - 31.07.08

I. Description de nos relations au cours des dernières années

Cette première partie vise à nous rafraîchir la mémoire, pour que nous n’oubliions pas nos succès des 40 dernières années et ce qu’ils représentent. Quand Vatican II a évoqué, dans son décret sur l’œcuménisme, les “nombreuses Communions qui se sont séparées du Siège de Rome” au XVIe siècle, il a reconnu que “parmi celles où des traditions et institutions catholiques subsistent partiellement, la Communion anglicane occupe une place particulière ” (Unitatis Redintegratio n°13). Cette affirmation est fondée sur une interprétation ecclésiologique selon laquelle, pour les catholiques, la Communion anglicane contient des éléments significatifs de l’Église de Jésus-Christ. Dans leur Déclaration Commune de 1977, Donald Coggan, archevêque de Canterbury, et le pape Paul VI ont indiqué quelques uns de éléments ecclésiaux quand ils ont écrit:

"Dès lors que l’Église catholique romaine et les Églises de la Communion anglicane ont cherché à progresser dans la compréhension mutuelle et la charité chrétienne, elles en sont arrivées à reconnaître et apprécier, dans un sentiment d’action de grâces, une foi commune en Dieu notre Père, en Jésus-Christ notre Seigneur et en l’Esprit Saint; notre baptême commun dans le Christ; le fait que nous avons en commun les Saintes Écritures, le Symbole des Apôtres et celui de Nicée, la définition de Chalcédoine et l’enseignement des Pères; l’héritage chrétien qui nous a été commun pendant de nombreux siècles, avec ses traditions vivantes quant à la liturgie, la théologie, la spiritualité et la mission."

Dans ce texte, l’archevêque Coggan et Paul VI soulignent le terrain commun, source commune et centre de notre unité, déjà existante mais encore incomplète: Jésus-Christ et la mission de L’apporter à un monde qui en a un besoin si désespéré. Ce dont nous parlons, ce n’est pas une idéologie, une opinion personnelle que l’on peut partager ou non; c’est notre fidélité à Jésus-Christ dont les apôtres ont été les témoins, et à son Évangile qui nous a été confié. Dès le départ nous devons donc nous souvenir de ce qui est en jeu quand nous nous mettons à parler de fidélité à la tradition et à la succession apostoliques, quand nous parlons du triple ministère, de l’ordination des femmes et des commandements moraux. Ce dont nous parlons c’est uniquement de notre fidélité au Christ Lui-même, notre maître unique et commun. Et que peut être notre dialogue, sinon une expression de notre intention et de notre désir de ne faire qu’un en Lui, afin d’être totalement unis dans le témoignage de Son Évangile ?

On l’a souvent dit, mais cela vaut la peine de le répéter : le dialogue est dynamisé par le désir d’être fidèles à la volonté exprimée par le Christ que ses disciples soient un comme il est un avec le Père; et cette unité est directement liée à la mission du Christ et de l’Église vis-à-vis du monde: qu’ils soient un pour que le monde croie. Notre témoignage et notre mission ont été gravement perturbés par nos divisions et c’est par fidélité au Christ que nous nous sommes engagés dans un dialogue, fondé sur l’Évangile et les anciennes traditions qui nous sont communes, avec l’unité complète et visible comme objectif. Pourtant l’unité complète n’était et n’est pas une fin en soi, mais un signe et un moyen de recherche de l’unité avec Dieu et de la paix dans le monde.

A partir de là, nous pouvons dire avec confiance, en voyant ce que l’Anglican-Roman Catholic International Commission (ARCIC) a réalisé en près de 40 ans, qu’elle a vraiment donné de bons fruits. Dans une première phase (1970-1981), l’ARCIC s’est occupée de la Doctrine Eucharistique (1971) et du Ministère et de l’Ordination (1973); dans les deux cas elle a affirmé avoir obtenu un accord substantiel. La réponse officielle catholique (1991), bien qu’elle ait demandé un travail supplémentaire sur ces deux sujets, a dit que ces textes constituaient “une étape significative” témoignant “que des points de convergence et même d’accord avaient été trouvés, ce que beaucoup de gens n’auraient pas cru possible avant le début des travaux de la Commission”. Les Clarifications (1993) apportées par les membres de la Commission ont été considérées par les autorités catholiques comme “ayant grandement renforcé l’accord dans ces domaines”. La première phase du travail de l’ARCIC a aussi abouti à deux documents sur la question de l’Autorité dans l’Église (1976, 1981), thème qui fut au cœur des divisions du XVIe siècle.

Les textes de la deuxième phase du travail de l’ARCIC (1983-2005) n’ont pas été présentés pour recevoir une réponse formelle de l’Église Catholique ou de la Communion anglicane et ils n’ont pas conduit à une résolution définitive ou à un consensus complet sur les sujets traités, mais chacun d’eux a suggéré un rapprochement croissant. Salvation in the Church (1986) est en harmonie, de bien des façons, avec la Déclaration Conjointe sur la Doctrine relative à la Justification que l’Église Catholique et la Fédération Luthérienne Mondiale ont signée en 1999. Partant de l’interprétation de l’Église comme koinonia qui avait été présentée pour la première fois dans l’introduction du Rapport Final de l’ARCIC I, l’ARCIC II a proposé le travail plus abouti de la Commission en matière d’ecclésiologie dans The Church as Communion (1991). Life in Christ (1994) a réussi à dégager une vision partagée et un héritage commun pour l’enseignement de l’éthique, malgré des différences dans les applications pastorales des principes moraux. The Gift of Authority (1999) est revenu sur le thème de l’autorité et a nettement progressé sur la nécessité d’un ministère universel de primauté dans l’Église. Mary: Grace and Hope in Christ (2005) a progressé de manière importante et imprévue vers une perception commune de la Vierge Marie.

Comme vous le savez, l’ordination de femmes à la prêtrise dans plusieurs provinces anglicanes, à partir de 1974, et à l’épiscopat, à partir de 1989, a beaucoup compliqué les relations entre la Communion anglicane et l’Église catholique. J’y reviendrai le moment venu. Alors que cet obstacle était présent dans nos esprits et que nous cherchions ce qu’on pouvait faire malgré tout afin de poursuivre nos relations, une importante initiative a été mise en œuvre peu après la dernière Conférence de Lambeth. En mai 2000, mon prédécesseur, le cardinal Edward Idris Cassidy, et l’archevêque George Carey ont invité 13 primats anglicans et les présidents des conférences épiscopales catholiques correspondantes, ou leur représentants, à Mississauga, au Canada, pour évaluer ce qui avait été réalisé dans le cadre du dialogue de l’ARCIC et, à la lumière des réussites et des difficultés qui marquaient nos relations, proposer des recommandations tendant à d’éventuels progrès.

Ayant assisté à beaucoup de réunions œcuméniques dans ma vie, je suis heureux de dire que c’est l’une des meilleures auxquelles j’aie jamais assisté. L’esprit de prière et d’amitié, la réflexion sérieuse non seulement sur le travail de l’ARCIC mais aussi sur les relations œcuméniques dans chaque région représentée, et le profond désir de réconciliation qui imprégnait cette réunion de Mississauga, ont renouvelé l’espoir de progrès significatifs dans les relations entre la Communion anglicane et l’Église catholique. L’un des fruits de la réunion de Mississauga a été la création de l’International Anglican-Roman Catholic Commission for Unity and Mission (IARCCUM), une commission principalement composée d’évêques. La semaine dernière, cette Conférence de Lambeth a étudié le document de l’IARCCUM, Growing Together in Unity and Mission. Ce document, qui fait la synthèse du travail de l’ARCIC, donne l’évaluation par la Commission des progrès que nous avons accomplis dans notre dialogue et identifie les questions restant à traiter.

Pendant les 40 dernières années, nous ne nous sommes pas seulement engagés ensemble dans le dialogue théologique. D’étroites relations de travail se sont développées entre anglicans et catholiques, au niveau non seulement international, mais aussi, bien souvent, régional et local. Comme le pape Benoît XVI et l’archevêque Rowan Williams l’ont indiqué dans leur Déclaration Commune de novembre 2006, “Avec le développement de notre dialogue, beaucoup de catholiques et d’anglicans ont trouvé, les uns chez les autres, un amour du Christ qui nous incite à coopérer et à nous rendre service concrètement. Cette fraternité dans le service du Christ, qu’ont ressentie beaucoup de nos communautés dans le monde, donne un élan supplémentaire à nos relations.”

Vraiment, ce que nous avons réalisé n’est pas peu de choses et nous l’avons obtenu grâce aux années de dialogue à l’ARCIC et à l’IARCCUM. Nous sommes reconnaissants à ces commissions pour leur travail et nous, catholiques, ne voulons pas laisser perdre ces succès. Nous voulons vraiment continuer dans cette voie et conduire à son terme la tâche entreprise il y a 40 ans.

C’est pourquoi je suis d’autant plus triste de devoir maintenant – dans la fidélité à ce que je crois être la volonté du Christ et avec la franchise que permet l’amitié – étudier les problèmes qui ont surgi et grandi au sein de la Communion anglicane depuis la dernière Conférence de Lambeth ainsi que les répercussions de ces tensions internes sur l’œcuménisme. Dans la deuxième partie de cet exposé, je voudrais aborder plusieurs problèmes ecclésiologiques qui résultent de la situation actuelle de la Communion anglicane et soulever des questions difficiles et profondes. Mais avant de le faire, je voudrais répéter ce que j’ai dit en novembre 2006 quand l’archevêque de Canterbury est venu à Rome voir le pape Benoît XVI : “Les questions et les problèmes de nos amis sont aussi les nôtres”. C’est pourquoi je soulève ces questions non pas comme un juge, mais comme un partenaire œcuménique qui a été profondément découragé par les évènements récents et qui souhaite vous apporter une réflexion honnête, dans une perspective catholique, sur cette question: comment et où pouvons-nous aller de l’avant dans le contexte actuel.

II. Considérations ecclésiologiques

Ce que je veux dire dans cette deuxième partie ne constitue bien sûr pas un cours magistral d’ecclésiologie. Encore une fois, je souhaite simplement vous donner un aperçu de quelques faits bien connus des dernières décennies qui pourraient ou devraient nous aider à trouver un chemin – dont j’espère qu’il nous soit commun – pour avancer.

Longtemps les questions d’ecclésiologie ont été un important point de controverse entre nos deux communautés. Lorsque j’étais étudiant, j’ai étudié tous les arguments ecclésiologiques soulevés par John Henry Newman et qui l’ont amené à devenir catholique. Ses préoccupations principales portaient sur l’apostolicité en communion avec le Saint-Siège en tant que gardien de la tradition apostolique et de l’unité de l’Église. Je pense que ses questions restent actuelles et que nous n’avons pas encore épuisé cette discussion.

Newman avait affaire à l’Église d’Angleterre de son temps. Aujourd’hui nous sommes confrontés à des problèmes supplémentaires au niveau de la Communion anglicane qui comporte 44 églises régionales et nationales, chacune étant autonome. L’indépendance sans une interdépendance suffisante est désormais un problème critique.

Il y a deux ans, le document Growing Together in Unity and Mission de l’IARCCUM présentait la situation au sein de la Communion Anglicane et ses implications sur l’œcuménisme de la manière suivante : “Toutefois, depuis cette réunion à Mississauga, les Églises de la Communion anglicane sont entrées dans une phase de disputes due à l’ordination épiscopale d’une personne engagée dans une relation homosexuelle publiquement assumée et par l’autorisation de cérémonies publiques de bénédiction pour les unions homosexuelles. Ces questions ont intensifié la réflexion sur la nature de la relation entre les églises de la Communion anglicane [...] De plus, les relations œcuméniques sont devenues plus compliquées parce que des propositions formulées au sein de l’Église d’Angleterre ont concentré l’attention sur la question de l’ordination de femmes à l’épiscopat qui est une partie bien établie du sacerdoce dans certaines provinces anglicanes” (n° 6). En plus des développements liés à ce dernier point, nous devons maintenant tenir compte de la décision d’un nombre significatif d’évêques anglicans de ne pas assister à cette Conférence de Lambeth, et de propositions émanant de l’intérieur même de l’anglicanisme et qui défient les organes d’autorité existant au sein de la Communion anglicane.

Dans la partie suivante, j’étudierai plus directement quelques unes de ces questions, mais pour l’instant je vais me concentrer spécifiquement sur la dimension ecclésiologique des problèmes actuels, en me référant à ce que nous avons dit ensemble de la nature de l’Église et aux initiatives de la Communion anglicane pour traiter ces querelles internes.

En mars 2006, l’archevêque de Canterbury m’a invité à prendre la parole à une réunion de la Chambre des Évêques de l’Église d’Angleterre, sur la mission des évêques dans l’Église. L’arrière-plan de cette intervention était la possible ordination de femmes à l’épiscopat, mais la discussion centrale sur la nature du ministère épiscopal comme ministère d’unité est liée à tous les points de tension au sein de la Communion anglicane que nous avons identifiés précédemment.

En résumé, j’ai déclaré que l’unité, l’unanimité et la koinonia (communion) sont des concepts fondamentaux dans le Nouveau Testament et l’Église primitive. J’ai déclaré: “Dès l’origine, le ministère épiscopal était “koinonialement” ou collégialement intégré dans la communion de tous les évêques; il n’était jamais perçu comme un ministère à comprendre ou à pratiquer individuellement”. Puis j’ai abordé la théologie du ministère épiscopal d’un Père de l’Église très important pour les Anglicans et pour les Catholiques, Cyprien de Carthage, évêque martyr au IIIe siècle.

Sa formule “episcopatus unus et indivisus” est bien connue. Elle apparaît dans le contexte d’une adjuration pressante de Cyprien à ses confrères évêques: “Quam unitatem tenere firmiter et vindicare debemus maxime episcopi, qui in ecclesia praesidimus, ut episcopatum quoque ipsum unum atque indivisum probemus.” [“Cette unité, nous devons la retenir et la revendiquer fermement, surtout nous, les évêques, qui présidons dans l’Église, afin de prouver que l’épiscopat est également un et indivisible”. […] Cette exhortation pressante est suivie d’une interprétation précise de la formule “episcopatus unus et indivisus”. “Episcopatus unus est cuius a singulis in solidum pars tenetur” [“L’épiscopat est un tout que chaque évêque reçoit dans sa plénitude”.] (De ecclesiae catholicae unitate I, 5).

Mais Cyprien va plus loin: non seulement il insiste sur l’unité du peuple de Dieu avec son évêque, mais il ajoute aussi que personne ne peut imaginer qu’il soit en communion avec quelques évêques seulement, parce que “l’Église Catholique n’est pas en plusieurs morceaux séparés” mais “elle ne forme qu’un tout dont l’union des évêques est le lien” (Ep. 66,8)... Cette collégialité n’est bien sûr pas limitée à la relation horizontale et synchronique de l’évêque avec ceux qui sont évêques en même temps que lui; puisque l’Église est une et la même dans tous les siècles, l’Église d’aujourd’hui doit aussi conserver un consensus diachronique avec l’épiscopat des siècles précédents et surtout avec le témoignage des apôtres. C’est là le sens le plus profond de la succession apostolique dans le ministère épiscopal.

Le ministère épiscopal est donc un ministère d’unité dans un double sens. Les évêques sont signe et instrument d’unité au sein de chaque Église locale, comme ils le sont entre les Églises locales d’une époque donnée et entre les Églises de tous les temps au sein de l’Église universelle.

Cette interprétation du ministère épiscopal a été mise en avant dans les déclarations communes de l’ARCIC, tout spécialement dans Church as Communion et dans les déclarations de l’ARCIC sur l’autorité dans l’Église. Church as Communion (n° 45) affirme que :

"Pour la formation et le développement de cette communion, Notre Seigneur Jésus-Christ a établi un ministère de supervision, dont la plénitude est confiée à l’épiscopat, qui a la responsabilité de maintenir et d’exprimer l’unité des Églises (cf. n° 33 & 39; Rapport Final, Ministry and Ordination). En les guidant, en les instruisant, en célébrant les sacrements, notamment l’eucharistie, ce ministère garde les croyants unis dans la communion de l’Église locale et dans la communion plus large de toutes les Églises (cf. n° 39). Ce ministère de supervision a une dimension collégiale et une dimension primatiale. Il est enraciné dans la vie de la communauté et il est ouvert à la participation de celle-ci à la découverte de la volonté divine. Il est exercé de manière à ce que l’unité et la communion soient exprimées, préservées et encouragées à tous les niveaux — local, régional et universel."

Le même déclaration commune donne l’interprétation des Communions anglicanes et catholiques selon laquelle les évêques accomplissent leur ministère dans la succession apostolique, qui est “destinée à assurer à chaque communauté que sa foi est vraiment la foi apostolique, reçue et transmise depuis les temps apostoliques” (Church as Communion, 33).

Le document de l’ARCIC intitulé The Gift of Authority a développé cette idée en affirmant :

"Il y a deux dimensions - diachronique et synchronique - de la communion dans la Tradition apostolique. Le mécanisme de la tradition implique clairement la transmission de l’Évangile d’une génération à une autre (diachronique). Si l’Église doit rester unie dans la vérité, il doit aussi impliquer la communion des Églises, partout, à cet unique Évangile (synchronique). Les deux dimensions sont nécessaires pour la catholicité de l’Église (n° 26)".

Le texte ajoute que chaque évêque, en communion avec tous les autres évêques, a la responsabilité de préserver et d’exprimer la plus large koinonia de l’église, et qu’il “participe au soin de toutes les églises” (n° 39). L’évêque est donc “à la fois une voix pour l’église locale et une personne à travers laquelle l’église locale apprend des autres églises” (n° 38). Gift of Authority (n° 37) souligne aussi le rôle joué par le collège des évêques dans le maintien de l’unité de l’Église :

"L’interdépendance mutuelle de toutes les Églises est une partie intégrante de la réalité de l’Église selon la volonté de Dieu. Aucune église locale qui participe à la Tradition vivante ne peut se considérer comme autosuffisante. Le ministère de l’évêque est essentiel, parce qu’il sert la communion à l’intérieur des églises locales et entre elles. Leur communion mutuelle s’exprime par l’incorporation de chaque évêque dans un collège d’évêques. Les évêques sont, à la fois personnellement et collégialement, au service de la communion."

N’ayant pas le temps de tirer davantage de l’ecclésiologie de l’ARCIC, je me limiterai à dire que, dans notre dialogue, nous avons su présenter une conception forte du ministère épiscopal, dans le contexte d’une interprétation partagée de l’Église comme koinonia.

Il est significatif que le Rapport de Windsor de 2004, en cherchant à fournir à la Communion anglicane des bases ecclésiologiques lui permettant de traiter la crise actuelle, ait aussi adopté une ecclésiologie de koinonia. Cela m’a paru utile et encourageant. C’est pourquoi, en réponse à une lettre de l’archevêque de Canterbury qui demandait une réaction œcuménique au Rapport de Windsor, j’ai indiqué que “même si les importantes questions ecclésiologiques qui nous divisent encore vont continuer à solliciter notre attention, cette façon de voir est fondamentalement en ligne avec l’ecclésiologie de communion de Vatican II. Les conséquences que le Rapport tire de cette base ecclésiologique sont également constructives, notamment l’interprétation de l’autonomie provinciale en termes d’interdépendance, et donc ‘soumises aux limites créées par les engagements de communion’ (Windsor n.79). Cela a un lien avec la volonté que manifeste le Rapport d’un renforcement de l’autorité supra-provinciale de l’archevêque de Canterbury (nn.109-110) et avec la proposition d’un Pacte Anglican qui ‘rendrait explicites et puissants la loyauté et les liens d’affection qui régissent les relations entre les églises de la Communion’ (n.118).”

La seule faiblesse que j’aie notée en matière d’ecclésiologie est que “alors que le Rapport insiste sur le fait que les provinces anglicanes ont une responsabilité les unes envers les autres et envers le maintien de la communion, une communion enracinée dans les Écritures, très peu d’attention est donnée à l’importance d’être en communion avec la foi de l’Église à travers les âges”. Dans notre dialogue, nous avons affirmé conjointement que les décisions d’une église locale ou régionale doivent non seulement favoriser la communion dans le contexte spécifique, mais aussi être en accord avec l’Église du passé et notamment avec l’Église apostolique telle que nous la connaissons par les Écritures, les premiers conciles et la tradition patristique. Cette dimension diachronique de l’apostolicité “a d’importantes ramifications œcuméniques, puisque nous partageons une tradition commune de 1 500 ans. Ce patrimoine commun – ce que le pape Paul VI et l’archevêque Michael Ramsey ont appelé nos ‘anciennes traditions communes’ – mérite que l’on y fasse appel et qu’on le préserve.”

A la lumière de cette analyse du ministère épiscopal tel qu’elle a été présentée à l’ARCIC et de l’ecclésiologie de koinonia que l’on trouve dans le Rapport de Windsor, il a été particulièrement désolant de constater les tensions croissantes au sein de la Communion anglicane. Dans certains contextes, des évêques ne sont pas en communion avec d’autres évêques; dans certains cas, des provinces anglicanes ne sont plus en pleine communion les unes avec les autres. Alors que le processus de Windsor se poursuit et que l’ecclésiologie proposée dans le Rapport de Windsor a reçu une approbation de principe de la part de la majorité des provinces anglicanes, on perçoit mal, de notre point de vue, comment cela a donné lieu au renforcement interne recherché de la Communion anglicane et de ses outils d’unité. Il nous semble aussi que la volonté des anglicans d’être ‘guidés par les évêques et gouvernés par les synodes’ n’a pas toujours permis de maintenir l’apostolicité de la foi et que le gouvernement synodal, considéré à tort comme une sorte de mécanisme parlementaire a parfois bloqué le type de direction épiscopale envisagé par Cyprien et détaillé par l’ARCIC.

Je sais que vous êtes nombreux à être troublés, profondément pour certains, par la menace d’éclatement au sein de la Communion anglicane. Nous nous sentons en pleine solidarité avec vous, parce que, nous aussi, nous sommes troublés et attristés quand nous demandons : dans une telle situation, quelle forme prendra la Communion anglicane de demain, et avec quel partenaire dialoguerons-nous ? Devons-nous aussi, et comment le faire, engager le dialogue, convenablement et honnêtement, avec ceux qui partagent les points de vue catholiques sur les questions qui font actuellement l’objet de controverses, et qui sont en désaccord avec certaines évolutions au sein de la Communion anglicane ou de provinces anglicanes particulières ? Dans cette situation, qu’attendez-vous de l’Église de Rome, qui, pour reprendre l’expression d’Ignace d’Antioche doit présider l’Église dans l’amour ? Comment le travail de l’ARCIC sur l’épiscopat, l’unité de l’Église et la nécessité d’un exercice de la primauté au niveau universel pourrait-il servir la Communion anglicane en ce moment ?

Au lieu de répondre à ces questions, je voudrais vous rappeler ce que nous avons affirmé lors des Conversations Informelles de 2003 et que nous avons redit plusieurs fois depuis lors: “Notre grand désir est que la Communion anglicane reste unie et enracinée dans cette foi historique qui nous est largement commune, comme notre dialogue et nos relations depuis plus de quarante ans nous ont conduits à le croire”. Nous suivons donc les débats de cette Conférence de Lambeth avec beaucoup d’intérêt et une sincère préoccupation, et nous les accompagnons de nos prières ferventes.

III. Réflexions sur des questions particulières que doit traiter la Communion anglicane

Dans cette dernière partie, je voudrais aborder rapidement deux des sujets qui sont au cœur des tensions qui perturbent la Communion anglicane et ses relations avec l’Église catholique, questions qui touchent à l’ordination de femmes et à la sexualité humaine. Je n’ai pas l’intention de traiter ces points de controverse en détail. Ce n’est pas nécessaire parce que la position catholique, que nous estimons cohérente avec le Nouveau Testament et la tradition apostolique, est bien connue. Je veux seulement vous proposer quelques réflexions dans une perspective catholique et en tenant compte de nos relations - passées, présentes et futures.

L’enseignement de l’Église catholique en ce qui concerne la sexualité humaine, en particulier l’homosexualité, est clair, tel qu’il est formulé dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique, n° 2357-59. Nous sommes convaincus que cet enseignement est bien fondé sur l’Ancien et le Nouveau Testament et que c’est donc la fidélité aux Écritures et à la tradition apostolique est en jeu. Je ne peux que souligner ce que le document de l’IARCCUM Growing Together in Unity and Mission affirmait : “Dans les discussions sur la sexualité humaine qui ont lieu au sein de la Communion anglicane ou entre elle et l’Église catholique, il y a des questions herméneutiques anthropologiques et bibliques qui doivent être traitées” (n° 86e). Ce n’est pas sans raison que, aujourd’hui, le principal thème de la Conférence Lambeth est lié à l’herméneutique biblique.

Je voudrais attirer, un instant, votre attention sur la déclaration de l’ARCIC Life in Christ, dans laquelle il a été indiqué (n° 87-88) que les Anglicans pouvaient s’accorder avec les Catholiques sur le fait que la conduite homosexuelle est déréglée, mais que nous pourrions différer quant aux conseils moraux et pastoraux que nous donnerions à ceux qui viennent nous consulter. Nous avons constaté avec satisfaction que les récentes déclarations des Primats sont en cohérence avec cet enseignement, qui avait été clairement formulé dans la Résolution 1.10 de la Conférence de Lambeth de 1998. A la lumière des tensions qui se sont manifestées ces dernières années à ce sujet, une déclaration claire de la Communion anglicane augmenterait beaucoup nos possibilités de donner un témoignage commun sur la sexualité humaine et le mariage, témoignage dont le monde d’aujourd’hui a le plus grand besoin.

A propos de l’ordination de femmes au sacerdoce et à l’épiscopat, l’Église catholique a présenté son enseignement avec clarté dès le début de notre dialogue, pas seulement à l’intérieur de l’Église, mais aussi dans la correspondance entre les papes Paul VI et Jean-Paul II et les archevêques de Canterbury qui se sont succédé. Dans sa lettre apostolique “Ordinatio sacerdotalis” du 22 mai 1994, le pape Jean-Paul II, se référant à la lettre de Paul VI à l’archevêque Coggan du 30 novembre 1975, indiquait la position catholique de la manière suivante: “l’ordination sacerdotale […] dans l’Église catholique a toujours été, depuis le début, réservée aux hommes”, ajoutant que “cette tradition a aussi été fidèlement conservée par les Églises orientales.” Il concluait: “j’affirme que l’Église n’a aucune autorité pour conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que ce jugement doit être définitivement accepté par tous les fidèles de l’Église”. Cette formulation montre clairement qu’il ne s’agit pas seulement d’une prise de position disciplinaire mais d’une expression de notre fidélité à Jésus-Christ. L’Église catholique est liée par la volonté de Jésus-Christ et elle ne s’estime pas libre de créer une nouvelle tradition, étrangère à celle de l’Église de tous les temps.

Comme je l’ai dit lors de mon intervention à la Chambre des Évêques de l’Église d’Angleterre en 2006, cette décision d’ordonner des femmes implique pour nous une rupture avec la position commune de toutes les églises du premier millénaire, c’est-à-dire, non seulement l’Église catholique mais aussi les églises Orthodoxes Orientales et Orthodoxes. Nous verrions la Communion anglicane se rapprocher considérablement des églises protestantes du XVIe siècle et d’une position que celles-ci n’ont adoptée que dans la seconde moitié du XXe siècle.

Actuellement, 28 provinces anglicanes ordonnent des femmes prêtres; 4 provinces seulement ont ordonné des femmes évêques, mais 13 autres ont adopté une législation autorisant l’ordination épiscopale de femmes. L’Église catholique doit donc désormais tenir compte de la réalité suivante: l’ordination de femmes prêtres et évêques n’est plus seulement le fait de provinces isolées, mais c’est de plus en plus la prise de position de la Communion. Celle-ci continuera à avoir des évêques, conformément aux décisions de la Lambeth Quadrilatéral (1888); mais, comme pour les évêques de certaines églises protestantes, les églises plus anciennes de l’Est et de l’Ouest y reconnaîtront beaucoup moins de ce qu’elles estiment être la nature et le ministère de l’épiscopat au sens que leur donnait l’église primitive et qui s’est conservé au fil du temps.

J’ai déjà traité le problème ecclésiologique qui se pose quand des évêques ne reconnaissent pas l’ordination épiscopale d’un autre évêque au sein d’une seule et même église. Je dois maintenant vous apporter des éclaircissements quant à la nouvelle situation qui a été créée dans nos relations œcuméniques. Alors que notre dialogue a abouti à un accord significatif quant à l’interprétation du ministère, l’ordination de femmes à l’épiscopat empêche réellement et définitivement une possible reconnaissance des ordres sacrés anglicans par l’Église catholique.

Nous espérons que le dialogue théologique entre la Communion et l’Église catholique va se poursuivre, mais cette évolution a un impact direct sur l’objectif et change le niveau de ce que nous recherchons dans le dialogue. La Déclaration Commune signée en 1966 par le pape Paul VI et l’archevêque Michael Ramsey demandait un dialogue qui “conduise à cette unité dans la vérité, pour laquelle le Christ a prié”, et elle parlait du “rétablissement d’une communion complète de foi et de vie sacramentelle”. Il semble maintenant que la pleine communion visible soit devenue un but plus lointain pour notre dialogue, que celui-ci aura des objectifs plus modestes et que sa nature en sera donc modifiée. Un tel dialogue pourra encore produire de bons résultats, mais il ne sera pas soutenu par le dynamisme que donne la possibilité réaliste de l’unité que le Christ attend de nous, du repas pris en commun à la table de l’unique Seigneur, que nous espérons si ardemment.

Conclusion

Tous ceux qui ont vu les grandes et superbes cathédrales et églises anglicanes du monde entier, visité les célèbres bâtiments anciens des universités d’Oxford et Cambridge, assisté aux merveilleux offices du soir et perçu la beauté et l’éloquence des prières anglicanes, lu les ouvrages d’érudition des historiens et théologiens anglicans, prêté attention aux contributions significatives et anciennes des Anglicans au mouvement œcuménique, savent que la tradition anglicane est riche de nombreux trésors. Ils font partie, pour reprendre une expression de Lumen Gentium, de ces dons qui, “appartenant à l’Église du Christ, sont des forces qui poussent vers l’unité catholique” (n° 8).

Étant très conscients de la grandeur de votre tradition et de sa très profonde culture chrétienne, nous sommes d’autant plus préoccupés par les problèmes et les crises que vous connaissez actuellement. Mais, en même temps, cela nous fait penser que vous réussirez, avec l’aide de Dieu, à surmonter ces difficultés et que nous trouverons des forces nouvelles et différentes pour reprendre ensemble notre pèlerinage vers l’unité que Jésus-Christ veut pour nous et pour laquelle il a prié. Je voudrais redire ce que j’avais écrit, en décembre 2004, dans ma lettre à l’archevêque de Canterbury: « Dans un esprit de partenariat œcuménique et d’amitié, nous sommes prêts à vous soutenir de toutes les manières appropriées et nécessaires ».

Dans le même ordre d’idées, je voudrais revenir à l’embarrassante question de l’archevêque qui me demandait quelle sorte d’anglicanisme je voulais. Je remarque que, dans les moments critiques de l’histoire de l’Église d’Angleterre et donc de la Communion anglicane, vous avez su retrouver la force de l’Église des Pères quand cette tradition était en danger. On peut citer comme exemples ces théologiens anglais du XVIIe siècle qu’on appelle les Caroline Divines et surtout le Mouvement d’Oxford. Peut-être, à notre époque, pourrait-on imaginer un nouveau Mouvement d’Oxford, une redécouverte des richesses qui se trouvent chez vous. Ce serait un nouvel accueil, un nouveau recours à la tradition apostolique dans une nouvelle situation. Ce ne serait pas une renonciation à votre profonde attention aux défis et aux combats humains, à votre soif de dignité humaine et de justice, à votre souci d’assurer un r&oc