Zenon Cardinal Grocholewski Zenon Cardinal Grocholewski
Function:
Prefect of Catholic Education, Roman Curia
Title:
Cardinal Deacon of San Nicola in Carcere
Birthdate:
Oct 11, 1939
Country:
Poland
Elevated:
Feb 21, 2001
More information:
www.catholic-hierarchy.org
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French Entretien avec Son Éminence le Cardinal Zenon Grocholewski
Mar 15, 2008
Rome, le 15 mars 2008 - E.S.M. - Le Pape Benoît XVI - a insisté à plusieurs reprises sur le fait que, dans la société actuelle, il y a une urgence liée à l’éducation. Notre société est une société où il est toujours plus difficile d’éduquer. Pourquoi, d’après vous ? Entretien avec le Cardinal Zenon.

Entretien avec Son Éminence le Cardinal Zenon Grocholewski, Préfet de la Congrégation pour l’Éducation Catholique

Éminence, vous êtes à la tête de la Congrégation pour l’Éducation Catholique. Un des « ministères les plus importants du Saint-Siège. Pouvez-vous nous dire quelles sont les tâches les plus importantes de votre travail ?

Notre Congrégation, comme chaque Congrégation de la Curie Romaine, est un organe de gouvernement qui agit au nom et en vertu de l’autorité du Saint-Père. Le but de la Congrégation pour l’Éducation Catholiques est d’exprimer et de mettre en pratique la sollicitude du Saint-Père pour ce qui concerne ceux qui sont appelés aux Ordres sacrés, ainsi que la promotion et l’organisation de l’enseignement catholique à tous les niveaux : des Écoles catholiques jusqu’aux Universités catholiques.

Notre Congrégation comprend trois Sections. La première Section – celle qui est la plus importante pour nous – concerne les séminaires, et donc la formation du Clergé de l’Église Latine. Nous sommes responsables de la formation du clergé de tous les séminaires du monde, à l’exception de ceux qui se trouvent dans les Territoires de Mission, et ceux des Instituts de Vie Consacrée. Pour ce qui concerne ces deux dernières catégories de séminaires, notre compétence concerne seulement la formation intellectuelle de ceux qui s’apprêtent à recevoir les Ordres Sacrés ; en revanche, pour tout le reste, sont compétentes, respectivement, la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples, et celle des Instituts de Vie Consacrée et des Sociétés de Vie Apostolique. Comme on peut facilement le comprendre, notre travail dans ce domaine est très vaste et très prenant, parce que nous travaillons avec des séminaires qui se trouvent dans le monde entier, et qui sont plongés dans les cultures et dans les traditions les plus différentes.

La deuxième Section de notre activité, ce sont les Universités Ecclésiastiques et Catholiques. Là, la compétence, au niveau du Saint-Siège, nous revient totalement, y compris dans les Territoires de Mission et vis-à-vis des Institutions académiques des Instituts de Vie Consacrée, ainsi que pour ce qui concerne les Institutions d’études supérieures des Églises Orientales.

La double dénomination indique qu’il y a une différences entre Universités et Facultés « ecclésiastiques », et Universités et Facultés « catholiques ». Les Universités ou Facultés ecclésiastiques sont celles qui, dans la recherche et dans l’enseignement, se fondent sur la Révélation et, en conséquence, on y étudie toutes les disciplines qui sont unies avec la Mission propre de l’Église (comme la théologie, le droit canon, le philosophie chrétienne, l’histoire de l’Église, la musique sacrée, etc.). Ces Universités ou Facultés ecclésiastiques peuvent être fondées exclusivement par notre Congrégation. Autrement – si elles ne sont pas érigées ni approuvées par la Congrégation – elles ne peuvent conférer les grades académiques valables dans l’Église, c’est-à-dire qui aient des effets canoniques dans l’Église. Ces Universités ou Facultés ont comme base la Constitution Apostolique « Sapientia Christiana » de 1979, un des premiers documents canoniques de Jean Paul II. A cette Constitution apostolique, Jean Paul II a travaillé quand il était encore Cardinal, au sein de la Commission chargée de préparer cet important Document. Selon « Sapientia Christiana », le travail de notre Congrégation est très important : il nous revient d’ériger ou d’approuver les Facultés, d’examiner et d’approuver les Statuts, de donner le « nihil obstat » à l’acceptation de chaque professeur stable, etc. Nos Universités Ecclésiastiques confèrent en effet des titres académiques au nom du Saint-Siège.

Les Universités Catholiques sont une autre chose, car elles ont des Facultés de toutes sortes : économie, philosophie, loi, sciences politiques, médecine, etc. Ces Universités ont comme base la Constitution Apostolique de Jean Paul II, « Ex Corde Ecclesiae » de 1990 (qui indique que les Universités sont nées « du cœur de l’Église). Elles peuvent être crées non seulement par notre Congrégation, mais aussi par les Conférences Épiscopales, par chaque Évêque, par les Ordres religieux, par des laïcs. Évidement, pour pouvoir rentrer au nombre des Universités Catholiques, elles doivent être approuvées par l’autorité respective de l’Église. Ces Universités sont très nombreuses ; on en compte en effet 1.300. Il y a des Universités Catholiques prestigieuses, même dans les Territoires de Mission, et même dans les Nations où les Catholiques sont une toute petite minorité. A Taiwan, par exemple, un Pays où les catholiques ne représentent que 1,3% de la population, il y a trois Universités Catholiques. Pour les visiter, j’ai été invité personnellement par le Gouvernement de Taïwan, qui ne comprend aucun membre catholique. L’Université Catholique « Fu Jen » de Taïpeh, s’est accrue dernièrement au rythme de mille étudiants chaque année ? Elle compte actuellement 25.000 étudiants. Le Ministre de l’Éducation de Taiwan, un non-chrétien, lors d’une Séance académique à « Fu Jen » a déclaré qu’il était rempli d’admiration devant les idéaux de l’Université Catholique, et a demandé d’élargir plus encore cette activité. Récemment aussi, je suis allé en Thaïlande. Les catholiques y représentent 0,5%. L’Université Catholiques « Assumption University » de Bangkok, avec 20.000 étudiants, est une des Universités les plus belles que j’aie jamais visitées. Les étudiants catholiques ne sont que 1%, au maximum 2%, et pourtant, l’Université est très estimée. En outre, dans le centre de Bangkok, il y a une autre Université prestigieuse catholiques, la « Saint John’s University ».

Et le troisième secteur de l’activité ?
Le troisième secteur de notre Congrégation, ce sont les Écoles catholiques. Il ya dans le monde 200.000 écoles catholiques, pour un total de 45 millions d’élèves. Nombre de ces écoles se trouvent dans les territoires de Mission. Là-bas, même si les catholiques sont une minorité, nos écoles sont fréquentées par de très nombreux élèves. En Thaïlande, par exemple, même s’il n’y a que 300.000 catholiques, l’s écoles catholiques comptent 465.000 élèves. J’ai visité personnellement deux écoles en Thaïlande, une qui a 2.500 élèves, dont seulement 300 catholiques, les autres étant bouddhistes. L’autre a 6.000 élèves, presque tous bouddhistes.

Il y a donc dans le monde de très nombreux élèves qui fréquentent les écoles catholiques. Dans de très nombreux Pays, c’est l’État qui subventionne ces écoles. Même dans les Pays post-communistes , où, auparavant, il n’y avait aucune possibilité d’avoir des écoles catholiques – Pologne, Slovaquie, Croatie, Slovénie, Roumanie, etc. c’est à présent l’État qui finance l’école catholique (ou les écoles d’autres religions), en donnant aux parents la possibilité du choix. Même dans des Pays très libéraux, comme la Belgique et la Hollande, c’est l’État qui finance. Ce n’est pas la même chose en Italie, malheureusement, et, en Europe, aussi en Grèce. Il s’agit simplement de la mise en pratique des principes fondamentaux de la démocratie et d’une saine laïcité, où tous sont respectés de la même manière. Plusieurs Conventions internationales proclament le droit des parents à éduquer leurs enfants selon leurs propres convictions religieuses. L’État, qui n’est pas compétent en matière de religion, respecte simplement ce droit. Il respecte la volonté des parents, la volonté des ses propres citoyens. Si, en revanche, est en vigueur la règle selon laquelle l’école catholique est exclusivement réservée à ceux qui paient, ce droit n’est pas pleinement respecté. Nous regrettons le fait que dans ces cas, ce sont surtout les personnes les plus pauvres qui sont touchées. D’ailleurs, je n’ai jamais entendu dire que l’école catholique formais les pires citoyens ; mais, au contraire, j’ai entendu dire à de nombreuses reprises, de la bouche même de non chrétiens combien ils appréciaient la qualité de la formation qu’ils trouvaient dans les écoles catholiques.

Cela vaut la peine de noter que nos institutions éducatives – séminaires, Universités, et autres formes d’études supérieures, ainsi que les écoles catholiques – travaillent dans le monde entier, et qu’elles ont ainsi contact avec toutes situations possibles, sociales, culturelles, politiques, ethniques, ; linguistiques, religieuses. Ceci rend notre travail très intéressant, mais d’autre part, très exigeant pour nous.

La Congrégation s’occupe-t-elle aussi des vocations sacerdotales ?
Oui! A notre Congrégation est étroitement unie l’Oeuvre Pontificale des Vocations Sacerdotales. Le Préfet de la Congrégation pour l’Éducation Catholique est en effet Président de Cette Œuvrer Pontificale, et le Secrétaire en est le Vice-président. Nous avons une personne qui est Directeur de l’Oeuvre. Il s’occupe à temps plein de recueillir des statistiques dans le monde entier , il maintient le contact avec les organismes internationaux compétentes en cette matière, et avec les Conférences épiscopales ; il collabore à l’organisation de différents Congrès sur les vocations, et, dans différents autres domaines, sous la direction du Président et du Vice-président, il suscite et encourage l’engagement en faveur de la promotion des vocations sacerdotales au plan de l’Église tout entière.

En plus de ces quatre domaines de travail – séminaires, Facultés ecclésiastiques et Universités catholiques, Ecoles catholiques et Oeuvre Pontificale pour les Vocations – y a-t-il d’autres secteurs de travail ?
Nous sommes en train de créer une nouvel organisme prévu par le Processus de Bologne, qui vise à unifier les études au plan universitaire en Europe, ou plutôt, à rendre possible la reconnaissance des équivalences entre les diplômes académiques de différentes Nations. C’est un processus à caractère européen que l’on se propose de réaliser, d’ici 2010, un domaine Européen de l’Instruction Supérieure, à laquelle regardent de nombreux autres Pays dans le monde. Il s’agit en substance d’un grand effort de convergence des systèmes universitaires des Pays participants, qui implique directement toutes les Institutions européennes. Nous, étant du Saint-Siège, nous avons adhéré à ce Processus en 2003, avec tous nos Centres d’études ecclésiastiques. Dans le cadre de cet engagement, nous avons organisé » en 2006 un Congrès International qui s’est tenu dans la Salle du Synode, et qui a suscité un grand intérêt. En plus de nous, l’UNESCO elle aussi a publié les actes de cette manifestation académique. Le nouvel organisme que le Saint-Siège est en train de créer est, en pratique, une Agence chargée de vérifier la qualité de nos études. On nous a déjà promis des locaux qui ont été pensés en fonction de leur utilité. L’intention est de vérifier si nos études si nos Facultés ecclésiastiques remplissent toutes les exigences requises pour ce qui concerne le niveau académique et les autres exigences nécessaires pour tout centre sérieux d’études. Notre système des études, en vérité, répond déjà depuis longtemps à) tout ce que requiert le Processus de Bologne. Mais, avec ce nouvel effort, nous pouvons avoir une possibilité efficace de vérification. Si ce nouvel organisme constatait que, dans certains cas, les exigences nécessaires ne sont pas remplies, nous pourrions intervenir en prenant les moyens pour répondre aux exigences, et donc, aussi, de ne plus accorder la possibilité de donner les grades académiques. Je considère que le Processus de Bologne est important pour l’Église : L’Église, en effet, tient beaucoup au niveau des études et de l’enseignement dans ses centres académiques.

Le Pape Benoît XVI a insisté à plusieurs reprises sur le fait que, dans la société actuelle, il y a une urgence liée à l’éducation. Notre société est une société où il est toujours plus difficile d’éduquer. Pourquoi, d’après vous ? Quels sont les points principaux pour que l’on puisse réaliser une éducation adéquate ?
Un des problèmes de l’éducation, qui se présente aujourd’hui aux jeunes, c’est que, souvent, l’on transmet presque exclusivement le savoir et les capacités techniques, c’est-à-dire que l’éducation est orientée principalement en vue de l’exercice futur de la profession. En revanche, il y manque souvent l’éducation de la personne, c’est-à-dire l’éducation intégrale de la personne, qui est nécessaire. L’éducation partielle, c’est à dire seulement intellectuelle et technique, n’est pas suffisante pour former les bâtisseurs d’un monde meilleur. Le savoir peut être utilisé également pour le mal. En réalité, nous le savons bien, certaines conquêtes de la science et de la technique ont été utilisées pour les guerres les plus terribles, pour le terrorisme, pour les injustices au détriment des plus faibles et des innocents. Il est alors nécessaire d’aider l’homme à devenir responsable de ce qu’il fait, de former les personnes qui s’engageront en faveur du bien, d’assurer une éducation intégrale.

De nos jours, une éducation intégrale rencontre plusieurs difficultés. La première se rencontre dans le milieu familial. La famille est souvent divisée, elle connaît des crises, et cela rend beaucoup plus difficile une véritable éducation. Souvent les parents travaillent tous les deux et donc, n’ayant pas beaucoup de temps, ils sont tentés de remettre la tâche éducative exclusivement à l’école. Mais l’on oublie que l’école doit travailler de pair avec les parents, être à ; leur service. Toute seule, elle peut difficilement remplir de manière adéquate sa tâche éducative.

Une autre difficulté vient des moyens de communication, la télévision, Internet, les journaux, ne laissent souvent pas une juste place à la réflexion, à la création d’une jugement adéquat sur la réalité, bombardent l’esprit des jeunes de nouvelles et d’images innombrables, qui produisent un effet contraire à celui de l’éducation, en particulier si vient à manque un accompagnement de l’éducateur, pour leur réception.

Et puis, i y a dans la société actuelle, une forte dérive relativiste pour ce qui concerne les principes moraux. Mais si ces principes manquent, comment peut-on éduquer ? Sur quelles bases ? Sur quels fondements ? Le relativisme ne touche pas seulement au domaine moral, mais souvent aussi plus général et plus profond: on nie la capacité de reconnaître l’existence de n’importe quelle vérité objective concernant le sens de notre vie. Et ainsi, on voit s’écrouler une formation constructive intégrale de la personne, et une motivation constructive pour les enseignants.

Nos écoles catholiques repoussent ce relativisme, et sont estimées précisément pour leur projet d’éducation intégrale. De nombreux Ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège et appartenant à d’autres religions, m’ont exprimé leur estime pour le modèle éducatif parce qu’il aide à la formation de la personne tout entière. L’éducation, en résumé, doit avoir quatre dimensions : elle doit être humaine (former une personne sérieuse, responsable, sur laquelle on peut compter, qui sache se dominer elle-même), spirituelle (qui renforce certainement la dimension humaine et la couronne), intellectuelle (dans le sens capacité critique, d’avoir un jugement mûr) et, enfin, professionnelle. Cette dernière dimension sera d’autant plus constructive pour le bien de la société qu’elle sera soutenue par les trois précédentes. Ces quatre exigences, cela est sûr, doivent aller de pair et ne peuvent être séparées.

L’éducation, et donc la formation, pour ceux qui se préparent au sacerdoce, est fondamentale. A votre avis, les Facultés Ecclésiastiques, et, en général,, les séminaire dans le monde, parviennent-ils à répondre à ces nécessités ? En quoi excellent-ils et que devraient-ils améliorer ?
Dans les territoires de Mission, nous veillons seulement à la formation intellectuelle. En tout cas, pour nous, l’éducation des prêtres est la plus importante, parce que, de ces prêtres, dépendront l’avenir de l’Église, et l’efficacité de leur mission bénéfique dans le monde. L’apostolat des laïcs dépend aussi des prêtres, mais aussi la réalisation de la vie consacrée. Il est vrai, la formation sacerdotale, actuellement, n’est pas facile parce que le monde fait souvent sentir son influence sur la vie des gens, et même les candidats au sacerdoce sont souvent peu habitués à la prière et au silence.

Quoi qu’il en soit, l’éducation des prêtres, est au sommet de nos préoccupations. Quand les Évêques viennent à Rome en visite « ad limina », la première préoccupation que nous voulons leur communiquer est toujours celle de l’éducation du clergé : ce thème occupe la plus grande partie du temps lors de nos entretiens.

Je pense que, en suivant les documents publiés par l’Église à e sujet, et principalement la Déclaration du Concile Vatican II « Optatam Totius » sur la formation sacerdotale (1965) ; la Constitution Apostolique « Sapientia Christiana » (1979), le Code de Droit Canon (1983), la « Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis » de notre Congrégation (1985), l’Exhortation Apostolique Post-synodale de Jean-Paul II « Pastores Dabo Vobis » (1992), et de nombreux autres documents publiés par la Congrégation pour l’Éducation Catholique sur cette matière, la formation sacerdotale a toutes les possibilités d’être fructueuse et adaptée aux besoins du monde actuel.

De toute façon, dans les circonstances actuelles caractérisées par de nombreuses distractions, par l’activisme et la lassitude du travail sacerdotal, je mettrais au premier plan, parmi les priorités, une solide formation spirituelle, qui est d’une importance extrême et qui, du reste, est le cœur de toute la formation sacerdotale. Sans une union avec le Christ, les tâches importantes du prêtre ne peuvent être fructueuses. Jésus a été clair à ce sujet : « Demeurez en moi et moi en vous. Comme le sarment ne peut donner du fruit par lui-même s’il ne reste pas dans la vigne, de même, vous aussi, si vous ne demeurez pas en moi. Qui demeure en moi et moi en lui, porte beaucoup de fruit, parce que, sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 4-5). Du point de vue intellectuel, en revanche, on doit donner au candidat au sacerdotal, une bonne préparation théologique de base. Actuellement, c’est partout la mode de charger les études des séminaristes, ou le premier cycle de théologie, de nombreux cours monographiques intéressants, mais, malheureusement, au détriment de la solide formation théologique de base, qui n'est nécessaire pour répondre aux problèmes de la pastorale, et pour des études ou des approfondissements ultérieurs. Les fidèles demandent à juste titre au prêtre d’être un expert dans les questions de la foi et de la vie spirituelle

Pour ce qui concerne l’éducation à a la foi des jeunes générations, le Pape Benoît XVI a fait, quelques mois après son élection, un geste significatif avec  les enfants de la Première Communion. Il les a invités Place Saint-Pierre, et a fait avec eux une demi-heure d’Adoration eucharistique. Considérez-vous que la liturgie, et plus en général, la prière, puissent être une action efficace d’éducation à al foi des jeunes générations ?
La prière est un aspect fondamental dans l’éducation des jeunes. Les enfants, en particulier, doivent être introduits à la prière dès leurs toutes premières années. Il n’est pas vrai, en effet, que les enfants ne savent pas prier. Bien au contraire. Dieu est pour tous, et il sait « s’incarner » efficacement dans la vie de chaque personne, pour l’enrichir, de tout âge et de toute condition de vie.

L’aide la plus puissante pour augmenter la foi et pour comprendre les vérités de la foi, c’est précisément la prière. Jean Paul II dans « Novo Millennio ineunte » (n° 20) par le de l’épisode de Césarée de Philippe quand, à la question de Jésus : « Les gens que disent - ils que je suis ? », Pierre répond en disant : « Tu es le Fils du Dieu Vivant ». Jésus répliqua à Pierre que celui qui le lui avait révélé, ce n’étaient « ni la chair, ni le sang, mais le Père qui est dans les Cieux ». Jean Paul II explique alors que l’expression « chair et sang » évoque la manière commune d’acquérir la connaissance. Mais cette manière commune, dans le cas de Jésus, ne suffit pas. Il y faut la Révélation. Et donc, déclare encore Jean Paul II, « seule l’expérience du silence et de la prière offre l’horizon adéquat dans lequel peut mûrir et se développer la connaissance la plus vraie » des vérités de la foi. Cette réalité est prouvée en abondance par les faits. Il suffit, par exemple, de penser à Sainte Catherine de Sienne : elle ne savait ni lire ni écrire, mais elle a dicté les choses les plus surprenantes. Elle a fait preuve d’une connaissance extraordinaire des choses divines, et d’une grande sagesse acquise précisément par la contemplation, par un contact constant, profond et intime avec le Seigneur. L’expérience du contact avec Dieu est fondamental pour comprendre à fond les vérités de la foi : c’est là une constatation pleinement acquise par la saine théologie. Je pourrais citer à ce sujet de nombreux autres exemples. Le Pape Benoît XVI l’a fait remarquer à plusieurs reprises. Par exemple, dans son message à l’occasion du centenaire de la naissance de Hans von Balthasar (6 octobre 2005), il a écrit notamment : « La spiritualité n’atténue pas la puissance scientifique, mais imprime à l’étude théologique la méthode correcte pour pouvoir arriver à une interprétation cohérente ». En un mot : il n’y a pas de christianisme sans dialogue avec le Christ, il ne peut y avoir une compréhension, profonde des vérités de foi sans la contemplation ; la prière est un soutien puissant de l’éducation et de l’auto-éducation.

Dans le monde, il y a de très nombreux missionnaires qui sont appelés à une importante oeuvre “d’inculturation » de la foi, et, en même temps, à un travail fondamental de catéchisme pour de nombreuses personnes. Quels instruments, pensez-vous, sont-ils nécessaires pour ces missionnaires pour accomplir leur tâche ?
Le missionnaire doit connaître la culture du Pays où il va, ainsi que les usages et les traditions du Pays où il est envoyé. Il est nécessaire aussi qu’il ait le soutien matériel. Mais, le moyen le plus important dont il doit se pourvoir, est la foi et l’amour du christ et des gens auxquels il est envoyé. L’histoire nous enseigne que les missionnaires les plus grands et les plus féconds, ce sont les saints. Voyez par exemple Mère Teresa de Calcutta. Benoît XVI, dans le Message pour le Carême de cette année 2008, parle de l’aumône. Il y a différentes formes d’aumône, différentes formes de don : on peut donner de l’argent, des biens matériels, mais on peut donner beaucoup plus, c’est-à-dire, soi-même, son propre amour le soin l’assistance, son propre temps, l’écoute, etc. ; mais le "don les plus grand que nous puissions offrir aux autres est l’annonce et le témoignage du Christ, le témoignage de son amour" (n° 6). Il n’y a pas de don plus grand qu’un missionnaire puisse apporter aux hommes.

Dans les quelques cas où j’ai été témoin direct du travail de nos missionnaires, j’ai toujours admiré leur dévouement total au service des nécessiteux, leur abnégation personnelle, leur amour désintéressé et généreux. Ils ne sont pas de ceux qui parlent beaucoup de l’aide que l’on doit apporter, qui s’agitent ou qui font du tapage, mais ils aident réellement, en payant de leur propre vie, en se donnant eux-mêmes avec simplicité, ils tendent la main au nécessiteux, ils servent avec coeur par amour du Christ.

A propos de l’inculturation, elle ne veut certainement pas dire qu’il faut écraser les usages des populations auxquelles ils sont envoyés. Mais elle veut sire que, dans le plein respect des différentes cultures, on doit incarne en elles la foi du Christ. Seul ce qui contredit à la vérité du Christ doit être éliminé ; mais il y a , dans les différentes cultures, de nombreuses choses qui aideront, dans des endroits concrets, à intérioriser et à vivre authentiquement cette vérité. La perversion de l’inculturation de la foi, c’est lorsque l’on voudrait plier la foi chrétienne en faveur des éléments qui sont inconciliables avec elle.
(Source: Eucharistie Sacrement de la Miséricorde )

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