Le Cardinal Etsou: “la reprise des combats à l’Est fait mal”
Mar 21, 2005
Au cours de la messe de Noël à Saint Michel, le Cardinal Frédéric Etsou, Archevêque de Kinshasa et Président de la Conférence Episcopale nationale du Congo, a évoqué la situation de guerre que traverse le pays, particulièrement en Ituri et au Sud-Kivu.
(Le Phare, 26.12.2002) Kinshasa - Les chrétiens catholiques ont célébré le 25 décembre la naissance du Seigneur Jésus-Christ. Comme d’habitude, il y a eu une messe dans la nuit du 24 au 25 décembre. Pour cette année, le Cardinal Frédéric Etsou Zabi Bamungwabi. Archevêque de Kinshasa et Président de la Conférence Episcopale nationale du Congo, a dit la messe à la paroisse Saint Michel, dans la commune de Bandalungwa. La situation que traverse le pays a été évoquée dans une homélie basée sur l’Evangile de Saint Luc 2 :1-14.
L’Archevêque de Kinshasa a commencé par donner le sens qu’il faut accorder aujourd’hui à la naissance de Jésus-Christ. Noël, a-t-il dit, est donc un jour de fête, de joie, de la rencontre entre Dieu et les hommes. Dans l’incarnation du Fils de Dieu. La nature humaine est régénérée et célébrer Noël, c’est reconnaître que l’amour de Dieu est invincible.
Que vient nous dire aujourd’hui l’enfant Jésus? Le Cardinal a affirmé qu’il est un messager qui nous annonce la paix dans un monde rempli de conflits. Il est le messager qui donne la joie dans le cśur des affligés, qui apporte la consolation à ceux qui pleurent, à ceux qui éprouvent la désolation.
Il a alors conclu que s’il y avait de l’amour dans ce pays, on ne tuerait pas les hommes comme on ne sait pas se permettre de tuer les poules ou les chèvres. Le cardinal a ensuite informé l’assistance qu’il a consacré beaucoup de temps à la prière sur les négociations politiques de Pretoria. Comme la signature de l’accord a eu lieu quelques jours avant Noël, que cela soit un acte posé d’une façon sincère. Apprendre que les combats ont repris à l’Est, a-t-il dit, est une information qui fait mal.
A Saint Michel, l’Archevêque de Kinshasa n’était pas seul. Il était accompagné par Mgr Jacques MBALI, évêque émérite de Buta, Mgr Joseph KESENGE, évêque de Molegbe, l’abbé Biko. Coordonnateur diocésain des écoles conventionnées catholiques. Outre quelques diacres qui étaient dans la suite du Cardinal, il y avait aussi le curé de St Michel, Abbé Matiti, et son vicaire, abbé Michel Ndaya. Durant cette messe, le cardinal a béni huit mariages. Pendant l’homélie, il a fait ressortir à l’intention des couples l’importance que l’Eglise accorde au sacrement de mariage. Il leur a recommandé de veiller sur le vśu qu’ils allaient prononcer.
La chorale qui avait la particularité de rassembler les meilleures voix de la paroisse a été à la hauteur de l’événement. Au point que lors d’un chant de Noël exécuté avant la bénédiction nuptiale, le cardinal, un mouchoir blanc à la main et marchant dans les allées de l’église, est descendu de l’autel pour communier avec les fidèles et partager avec eux la joie de la naissance du Christ. Et c’est dans cette ambiance de fête que les commissions paroissiales, les groupes et les fidèles ont remis à l’évêque plusieurs cadeaux.