Le Cardinal Etsou déroute les politiciens
Feb 19, 2005
A l’occasion de la commémoration du massacre des chrétiens survenu le 16 février 1992, l’épiscopat catholique renonce à la marche qui avait été prévue ce mercredi matin en raison de la politisation de cette marche par les politiciens
(Digitalcongo.net, 16.02.2005) L’archidiocèse de Kinshasa n’entend organiser aucune marche ce mercredi 16 février. C’est ce qui ressort de la déclaration faite par le Vicaire judiciaire de l’Eglise catholique de Kinshasa. En dehors des célébrations eucharistiques, le cardinal Etsou n’a autorisé aucune autre activité. C’est seulement à travers les messes que nous penserons aux victimes de la marche du 16 février 1992.
Même tonalité au Collectif des mouvements du 16 février où on précise que le Collectif n’organise pas de marche ce mercredi. Les curés sont plutôt conviés à organiser des messes dans des différentes paroisses en mémoire des chrétiens tombés pour la défense de la Conférence nationale souveraine. Le Collectif a même souligné qu’il a toujours mobilisé dans un esprit de non-violence. Et à l’adresse des politiciens tentés d’organiser des manifestations, le Collectif leur conseille de requérir les autorisations nécessaires.
On l’aura compris, l’Eglise catholique de Kinshasa décline toute implication dans l’une ou l’autre manifestation populaire pour ce 16 février 2005. Cette attitude de l’Archidiocèse de Kinshasa risque bien de couper l’herbe sous les pieds de bien d’acteurs politiques. Lesquels comptaient notamment sur le poids moral et spirituel de l’église pour réussir leurs « actions ».
Dans ce contexte de surenchère généralisée, l’Eglise de la capitale a, sans doute, refuse de voir son mot d’ordre exploité à des fins politiciennes. L’Archidiocèse semble aussi avoir redouté d’être coresponsable d’éventuels dérapages que pourrait connaître une éventuelle marche. D’autant que l’Eglise catholique a vu le 10 janvier certaines paroisses de la capitale pillées à l’occasion des manifestations populaires.
Reste que par devoir de mémoire, la date du 16 février devrait être marquée en lettres d’or dans l’histoire politique de la Rdc. Car, le 16 février 1992 avait vu toute une ville (ou presque) descendre dans la rue pour réclamer, rameaux à la main, la réouverture de la Cns, symbole d’antichambre à l’accession à un Etat de droit.