Les Kinois acceuillent dans les larmes la dépouille mortelle du Cardinal Etsou
Jan 12, 2007
Les Kinois ont accueilli dans la consternation la dépouille mortelle du Cardinal Frédéric Etsou décédé en Belgique, dépouille rapatriée ce jeudi à Kinshasa où s’organisent de grandioses pompes funèbres pour honorer la mémoire de l’illustre disparu.
(digitalkongo.net, Kinshasa, 12/01/2007) Les Kinois ont acceuilli ce jeudi dans les larmes la dépouille mortelle de leur Archêveque, le Cardinal Fréderic Etsou, décédé dans la nuit de samedi à dimanche derniers à la Clinique universitaire de Leuwen à Bruxelles en Belgique où le primat de l’Eglise catholique en Rdc était admis en soins. Le Boeing 227 BM de la compagnie Hewa Bora affrêté par le chef de l’Etat pour rapatrier le corps du défunt a attéri à l’aéroport de N’Djili sous le coup de 8 heures 17 minutes avec à son bord, la délégation officielle partie de Kinshasa en vue de concrétiser dans la capitale belge les formalités de rapatriement concerné. Il s’agit notamment du Gouverneur de la ville de Kinshasa, l’Amiral Liwanga, de Mgr Daniel Landu, Evêque auxilliaire de Kinshasa ainsi que d’autres religieux.
Mgr Kisonga, un autre évêque auxilliaire de l’archidiocèse admis lui aussi en soins en Europe se trouvait également dans le même avion. Au bas de la passerelle, attendait un comité d’acceuil restreint présidé par le ministre de l’Intérieur, le Général-major Denis Kalume, de Mgrs Monsengwo Pasinya et Bulamatari, respectivement Président de la Conférence Episcopale nationale du Congo (Cenco) et Evêque auxilliaire de Kinshasa ainsi que le sécrétaire du Nonce apostolique absent, lui aussi, éprouvé par la mort d’un des membres de sa famille.
Les autres évêques membres de la Cenco et une partie de ceux de la Conférence épiscopale du Congo-Brazzaville (Cec) dont Mgr Louis Portella, Evêque de Pointe Noire, étaient aussi au tarmac à l’éaroport.
Il en est de même des chefs des autres confessions religieuses établies en Rdc comme les Protestants représentés leur président et président du Sénat de la transition, Mgr Marini Bodho, les Kimbanguistes par leur Secrétaire général, le pasteur Luntadila, les Eglises de Réveil du Congo (Erc) par leur président, le bishop Kankienza Muana Mbo.
Après la prière et la bénédiction par Mgr Bulamatari du cerceuil posé sur un catafalque roulant, le corps du Cardinal qui était aussi Aumonier des Forces armées et de la Police congolaise, a eu droit à des honneurs militaires lui présentés par le Détachement d’honneur de la Garde Républicaine (Gr).
Le climat était lourd aussi bien du côté des laïcs qui pleuraient celui qui était pour eux un père et un pasteur partant de l’aéroport à la cathédrale Notre-Dame du Congo dans la commune de Lingwala où il sera inhummé le lundi 15 janvier 2007.
Avant d’atteindre la paroisse Notre Dame du Congo dans la commune de Lingwala, le cortège funèbre a fait escale au centre Lindonge (le bureau et la résidence officiciels du Cardinal) dans la commune de Limete après une brève prière en passant par la place Victoire envahie par des foules en pleurs.
Pour la même journée du 11 janvier, un autre temps fort des funérailles aura été le cérémonial fort significatif du dépôt sur le cerceuil du défunt de ses signes épiscopaux, d’une bougie et de sa croix.
Puis s’en est suivi le reccueillement avec les membres du Gouvernement en commençant par le Général-major Denis Kalume qui fut rejoints par ses collègues Marie-Madeleine Kalala, Nzuzi wa Mbombo, Gérard Kamanda wa Kamanda, respectivement des Droits Humains, de la Solidarité et de la Recherche scientifique. Il en fut de même du Gouverneur de la ville de Kinshasa.
En attendant la messe présidée par le Légat du Pape Léon XVI, le cardinal camerounais Toumi, et qui sera célébrée dimanche au Stade des Matyrs et un autre culte d’adieu pour la mise en terre devant intervenir comme prévu dans la même cathédrale, aux côtés de son successeur, le Cardinal Joseph-Albert Malula décédé lui en 1989, les cérémonies d’hommages suivront leur cours normal avec le défilé devant la dépouille de l’illustre disparu de différentes personnalités officielles dont le chef de l’Etat, les membres du gouvernement et les députés ainsi que les forces vives de la capitale.
Tout ce qui est protocole et sécurité de la ville de Kinshasa a été mis en branle en vue de la réussite des obsèques du Cardinal Etsou. Par ailleurs, un point de presse est organisé chaque jour à 12 heures pour fixer l’opinion sur les différentes questions se rapportant au bon déroulement de ces obsèques.
Le Président Joseph Kabila a transmis une importante contribution pour les obsèques du Cardinal Etsou
Le Chef de l’Etat s’est impliqué dans l’organisation des funérailles du Cardinal Etsou dont la dépouille vient d’être rapatriée ce jeudi à Kinshasa. La contribution présidentielle a été remise à l’archevêché de Kinshasa par le ministre de l’Intérieur.
Pour permettre à l’archevêché de Kinshasa d’organiser des funérailles dignes de l’illustre disparu, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation du territoire a, au nom du président de la République, Joseph Kabila Kabange, remis hier mercredi de gros moyens financiers à Mgr Mbulamatari, évêque auxiliaire, lesquels sont mis à la disposition de l’archevêché de Kinshasa. L’événement s’est déroulé au Centre Lidonge situé sur la première rue Limete en présence des têtes couronnées du clergé catholique.
Après ce geste symbolique, le ministre de l’intérieur, Denis Kalume, a fait part à ses interlocuteurs des sincères condoléances du président de la République adressées à la communauté catholique toute entière ainsi qu’à la famille de l’illustre disparu.
« Le pays est en deuil, il vient de perdre l’un de ses meilleurs et dignes fils en la personne du cardinal Frédéric Etsou », a déclaré le patron de l’administration du territoire national. Aussitôt après avoir appris la triste nouvelle, le chef de l’Etat avait adressé un message de condoléances au pape Benoît XVI et à l’église catholique de la RDC.
« Le gouvernement dans un élan de solidarité nationale est prêt à préparer les obsèques du défunt cardinal », a-t-il ajouté. C’est dans ce cadre que Joseph Kabila a affrété un avion et a mis des moyens à la disposition de l’archevêché pour permettre l’organisation des funérailles dignes en mémoire de l’illustre disparu.
Prenant la parole à son tour, Mgr Bulamatari, un des évêques auxiliaires du cardinal a commencé par remercier le président de la République pour l’attention particulière qu’il accorde en la mémoire du cardinal Frédéric Etsou et à l’Eglise catholique toute entière. Il s’est déclaré, par conséquent, très honoré du geste du gouvernement. « Il se fait que maintenant, le cardinal vient de nous quitter et il est normal que le gouvernement fasse honneur au cardinal », a-t-il déclaré en substance.
L’heure n’est pas encore à la succession
A l’archidiocèse de Kinshasa, les fidèles catholiques du pays sont invités d’enterrer l’archevêque dans la sérénité. Car, « L’heure n’est pas encore pour la succession du cardinal. Il convient d’abord de l’enterrer. Quant à la façon dont s’organise la succession épiscopale au sein de l’Eglise catholique, laissons d’abord le temps à l’enterrement de son éminence. L’Eglise est organisée. Elle a des mécanismes, nous pouvons vous en parler en long et en large. Ce n’est pas encore le moment ». Tels sont les propos d’un abbé interrogé par la presse pour couper court aux spéculations qui se feraient déjà autour de la succession du cardinal Etsou.
Selon lui, la succession du cardinal Etsou passe par la désignation par Vatican d’un administrateur de l’archidiocèse de Kinshasa. Et d’ajouter : L’Eglise catholique suit une procédure particulière de désignation des successeurs de ses dignitaires. Pour le vide laissé par feu cardinal Etsou, Vatican désignera à titre d’intérimaire, un administrateur de l’archidiocèse dirigé par le défunt.
Pour la succession du Cardinal Etsou, le chancelier Esika a fait savoir que le Vatican désignera, après les funérailles, un administrateur en attendant son remplaçant.
Les protestants de la RDC s’associent à la douleur des chrétiens catholiques
Le Président de l’Eglise du christ au Congo « ECC » et président du Sénat, Mgr Pierre Marini Bodho, a invité le lundi dernier, lors du culte matinal au siège de l’ECC, les fidèles de son Eglise à s’associer aux chrétiens catholiques dans le malheur qui les frappe à la suite du décès du cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamungwabi, archevêque de Kinshasa et à s’impliquer dans les préparatifs de ses obsèques. Il a qualifié le défunt prélat catholique de grand pasteur et de serviteur de Dieu que le pays vient de perdre, rappelant la solidarité qui toujours caractérisait les relations entre lui et le chef religieux disparu dans l’œuvre de l’Eternel et de lutte pour la recherche de la paix en RDC.
En outre, Il a déclaré que plusieurs fois lui et le cardinal défunt se sont retrouvés au centre Lindonge où résidait le cardinal afin de réfléchir en commun. Mgr Marini a souligné l’humilité qui a toujours caractérisé le cardinal Etsou et la vie de prière qu’il a menée tout au long de son sacerdoce.
Le président de l’ECC a demandé à ses fidèles d’être attentifs au programme des funérailles du cardinal Etsou afin que les chrétiens protestants « s’associent à leurs frères catholiques dans ce triste événement ».
Mgr Pierre Marini Bodho a salué le dévouement du cardinal Frédéric Etsou à son œuvre pastorale et son combat pour la paix, la réconciliation et l’unité nationale, qu’il a mené tout au long de sa vie pour le bien-être spirituel, moral, intellectuel et social des congolais. Au nom du Sénat il a présenté les condoléances les plus attristées et les plus sincères à la famille de l’Eglise catholique du Congo en général et de Kinshasa en particulier, à la conférence épiscopale nationale du Congo, à ses proches et à ceux qui lui sont chers.
La population congolaise, la famille chrétienne du Congo et tous les hommes de bonne volonté garderont en mémoire de l’illustre disparu ses grandes qualités, a-t-il déclaré. Il a conclu son adresse en demandant au tout puissant d’accorder à son illustre serviteur, le cardinal Frédéric Etsou, le repos éternel.