L’Eglise catholique est-elle sortie divisée de la période électorale ?
Dec 20, 2006
Le post-scriptum du Cardinal Etsou
(digitalcongo.net) Kinshasa, 20/12/2006 / Politique - Schisme au sein de l’Eglise catholique romaine de la République démocratique du Congo ? « A mon frère, Son Excellence Mgr Melchisédech Sikuli, à qui je porte l’estime et du respect et qui connaît mon engagement personnel pour la libération de notre frère Mgr Emmanuel Kataliko, d’illustre mémoire, à qui il a succédé à Beni-Butembo, je dis ma désolation sur les propos que l’Abbé Malu Malu a tenus à mon endroit sur le plateau de la RTNC. J’en profite pour demander à l’Assemblée Plénière de la CENCO d’envisager à partir de l’an 2007 et dans le futur de ne concéder à aucun prêtre congolais l’autorisation de travailler dans les structures politiques au niveau national ou provincial. Il serait mieux de confier cette responsabilité directement à la CENCO et si cela est nécessaire de désigner, à l’unanimité, des évêques qui peuvent en faire partie et qui seront redevables d’abord à l’Assemblée Plénière, ensuite aux organes de l’Etat qui nous sollicitent ».
Extrait de la lettre du Cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamungwabi adressée à ses collègues Evêques, de Bruxelles, le 30 novembre 2006. Schisme au sein de l’Eglise catholique romaine de la RD Congo ? Alors que l’Archevêque de Kinshasa pressait ses collègues de ne pas avaliser les résultats de la présidentielle publiés par la Cour Suprême de Justice, la Conférence Episcopale nationale de la principale et puissante Eglise chrétienne de la RDC décidait d’adopter un ton mi-figue mi-raisin.
Conséquence : Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, en personne, Président en exercice de la CENCO, bénissait le mandat de Joseph Kabila Kabange, le jour de l’investiture le 06 décembre, moyennant quelques critiques qui ont paru de pure forme aux observateurs politiques.
Volée de bois vert
Justement, ces critiques semblaient être en deçà des observations formulées par le Cardinal sur le travail de l’Eglise. « Nous, pasteurs du peuple de Dieu, avons une mission délicate et difficile, écrit Frédéric Etsou : celle d’être serviteurs du Logos, serviteurs du Verbe Incarné, serviteurs de la vérité et non du mensonge. Et cela, avec courage (…) Ouvrons les yeux dans nos diocèses pour voir la misère de notre peuple, ouvrons nos cœurs devant plus de 4 millions de Congolais tués par la guerre inutile d’occupation ».
Et de signer : « Comme tout le monde, nous disposons des informations sur les vrais résultats électoraux (…). Ces résultats diffèrent de loin de la mascarade politique que nous venons de vivre le mercredi 15 novembre par la déclaration de la CEI, et du verdict de la Cour Suprême de Justice du lundi 27 novembre 2006. Nous ne devons pas entrer dans cette grande comédie.
Extraits
L’Archevêque de Kinshasa est également dur à l’égard de la Communauté internationale. « Nous devons fermement condamner la logique dans laquelle la Communauté internationale avec la complicité de quelques congolais nous a enfermés (...) Le message que cette communauté internationale nous flanque est non seulement fallacieux, mais également subtil et dangereux et contribue à l’hypothèque de notre pays ».
D’où cette exhortation à la CENCO : « Dans les eaux troubles, les Congolais qui n’aiment pas le Congo se plaisent dans la corruption et dans un enrichissement scandaleux en dépit de la misère de nos populations. Nous, comme pasteurs, nous sommes avec le « peuple » et au service de la vérité. On ne peut pas, au nom de la violence et du mensonge, museler la bouche des serviteurs de la Parole qui ont le « souci réel » des populations congolaises si paupérisées ! »
Conclusion du Cardinal Etsou : « Malgré les astuces de certains, moi je continuerai à parler au nom des millions d’habitants qui constituent l’archidiocèse de Kinshasa ! »