Rentrée scolaire : Les enseignants disent non au cardinal Etsou
Oct 11, 2005
Le Conseil de syndicat des services publics comprenant en son sein le Syeco a rejeté dimanche 09 octobre l’appel du cardinal Etsouqui a invité les enseignants à reprendre les cours ce lundi 10 octobre 2005.
Kinshasa (La Tempête des Tropiques, 10.10.2005) Au cours de son point de presse, animé au siège de ce regroupement syndical, il a été rappelé à l’autorité de l’Eglise Catholique de ne pas se dédire mais de continuer « à accompagner l’enseignant dans sa lutte pour le recouvrement de sa dignité et de sa place dans la société en conseillant l’autorité suprême de la nation ».
Concrètement, il est demandé à l’Archevêque de Kinshasa le cardinal Frédéric Etsou de ne pas se jeter tête baissée dans ce dossier, alors qu’est bien connu le rôle joué par l’Eglise qu’il dirige en Rdc dans la suppression du système avilissant de la prise en charge des enseignants par les parents.
Toujours dimanche, le chef de l’Etat a été invité de reprendre l’initiative en dégageant des moyens supplémentaires susceptibles de ramener l’enseignant au point d’une concession et sauver ainsi l’année scolaire 2005-2006. A ce propos, il faut indiquer que le secrétaire général du Synecat bien que n’ayant pas été dimanche à la conférence de presse au siège du Syncass avec son collègue du Syeco, a été de communion de cœur en intervenant sur les ondes de Radio Okapi. M. Jean Bosco Puna attend le geste de bonne volonté de la part du gouvernement d’accepter même le premier palier de Mbudi fixé à $Us 69 pour le huissier. Cette manifestation est importante pour ce syndicaliste en ce qu’elle peut mettre les enseignants en confiance et permettre la reprise des activités dans les différentes écoles du pays. Les appels entendus à longueur des journées sans proposition concrète risquent de continuer à se solder par de cuisants échecs.
En attendant le geste de bonne volonté, les enseignants qui sont prêts à toute concession ont, à travers le Cossep, demandé aux parents de garder leurs enfants à la maison pour ne pas les exposer. Ce regroupement syndical en appelle à un sit-in ce lundi 10 octobre au Palais du peuple. Par cette manifestation au siège des deux chambres du Parlement, il compte bien sensibiliser les autorités congolaises à la cause de l’enfant de la Rd Congo. Autant l’intérêt supérieur de l’enfant est à préserver, autant la dignité de l’enseignant, dont les conditions décentes de travail influent positivement sur l’éducation de l’écolier, doit faire partie des préoccupations des dirigeants, argumente-t-on au niveau du Cossep comprenant outre le Syeco, le Syncass, Fic, le Snpp et le Synamac. Ayant comme secrétaire général Kibiswa Kwabene Naupess, le Cossep compte en son sein les enseignants, les professionnels de santé, les fonctionnaires, les professionnels de presse et les magistrats.
La reprise des cours dans les écoles publiques toujours incertaines
La semaine dernière s’est terminée sur de nombreux appels essentiellement peu convaincants et lancés par des personnages peu convaincus, pour le retour des classes des le vendredi dernier 7 octobre 2005.
En effet, que ce soit l’appel fait par Zénon Kipulu de l’Association des parents d’élèves des écoles Catholiques (Apec), celui lancé par Thadée Onokoko Okende de l’Association nationale des élèves et étudiants du Congo (Anapeco) ou d’autres venus des autorités religieuses des écoles conventionnées catholiques, aucun n’a ému les enseignants outre mesure.
L’appel des syndicats autres que le Syeco et le Synecat, n’a fait qu’accroître la colère des enseignants grévistes qui, de toute évidence, attendent un mot de la part des désormais célèbres Jean-Bosco Puna et Jean-Pierre Kimpuya.
Mais ces derniers, marqués par les réactions inattendues des enseignants lors de la dernière assemblée générale tenue à Notre Dame du Congo et apparemment entre le marteau et l’enclume, ont préféré consulter « les délégués » en lieu et place de la base. Mais pour quel résultat face au slogan « Mbudi ou rien »?
Certaines personnes dont certainement Kipulu et Onokoko, ont trop vite fait de croire qu’en poussant les parents à se remettre encore la corde de la prise en charge des enseignants au cou, les grévistes allaient se précipiter de reprendre le travail. Certains chefs d’établissement des écoles conventionnées catholiques qui avaient réunis leurs enseignants en fin de semaine, a-t-on appris, se sont vus dire que la crise qui secoue l’Epsp oppose l’employeur (Etat congolais) aux travailleurs (enseignants). L’Eglise et les parents d’élèves n’ont aucune solution à apporter, soutiennent les enseignants. Et d’ajouter : « Si les parents veulent payer les enseignants, qu’ils ajoutent ce qui manque pour faire 208 $ au huissier ».
Tous ces faits ne rassurent pas quant à la reprise du travail dans les écoles publiques en grève depuis plus d’un mois déjà. Pendant ce temps, les enfants en ont marre de se tourner les pouces à la maison à cause d’une guerre sans merci que se livrent le gouvernement et les enseignants. Quant aux parents, dont la majorité ne se reconnaît pas dans la position prise par l’Apec-Kipulu et l’Anapeco-Onokoko, ils vivent dans la hantise d’une année blanche qui ne profiterait à personne, mais laisserait des traces indélébiles dans l’histoire de la nation congolaise toute entière.