Bernard Cardinal Agré Bernard Cardinal Agré
Function:
Archbishop Emeritus of Abidjan, Côte dIvoire
Title:
Cardinal Priest of San Giovanni Crisostomo a Monte Sacro Alto
Birthdate:
Mar 02, 1926
Country:
Ivory Coast
Elevated:
Feb 21, 2001
More information:
www.catholic-hierarchy.org
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French L’homélie de trop
Dec 06, 2004
Le cardinal Bernard Agré fait, encore, parler de lui. Dans la crise ivoirienne. Le prélat ivoirien qui a, le 24 avril dernier, refusé de s’associer à la journée ścuménique, au Parc des Sports de Treichville, en mémoire des victimes de mars 2004 (au moins 200 manifestants proches du G7 tombés sous les balles des forces nationales de défense et de sécurité) affirme, dans un entretien sur Radio Vatican, ‘’avoir vu dans les hôpitaux d’Abidjan, les corps de jeunes gens décapités par l’armée française’’.

(Le Front, 3 Décembre 2004) Un aveu qui, malgré sa dénégation plus tard, trahit le parti pris de l’autorité religieuse. Pas plus que son appel à la mise en place d’une commission d’enquête ‘’ pour rétablir la vérité’’ lors des événements de début novembre.

Qui est donc ce cardinal qui stratifie les morts ? Les victimes de la barbarie des 25, 26 et 27 mars ne sont-elles pas des créatures de Dieu comme celles pour lesquelles Agré fait des gorgées chaudes ? Si l’on peut qualifier le chef de l’église catholique ivoirienne de "modéré" (il a dénoncé l’ivoirité comme un concept "à bannir" et refuse l’opposition Nord musulman -Sud chrétien), il ne demeure pas moins un cas pathologique pour la communauté catholique. Tant ses sorties, si elles n’irritent pas l’opinion, interrogent la conscience collective.

Dès 2000, il justifie l’éviction des candidats de la course aux élections par des raisons constitutionnelles. Un homme d’église qui se penche si profondément sur des textes païens, c’est surprenant.

Ensuite, Agré tentera d’organiser une médiation entre Gueï et Gbagbo à la suite de la contestation de l’élection d’octobre 2000. Il ne manquera pas de signaler plus tard que Gueï "refusait le verdict des urnes". Si c’est incontestable, ce n’est pas à un médiateur de dire cela.

Ses rapports avec le "paroissien" Gueï n’ont pas toujours été simples. Sordide signe de l’histoire, c’est dans sa cathédrale que la garde républicaine viendra chercher Gueï le 19 septembre 2002 au matin. Le cardinal était absent, et ses déclarations sur les circonstances de cet acte barbare ont laissé plus d’un sur sa faim. Il a des opinions politiques sur les causes du retard au développement en Afrique. Ses propos souvent durs sur le système bancaire européen sont là pour en témoigner.

Quand le 24 avril 2004, Agré refusa de s’associer à la journée ścuménique, prétextant d’étendre les prières aux victimes de septembre 2002, le prélat venait de choisir son camp. Et pourtant, les représentants des autres confessions, à cette cérémonie, ont prié eux aussi pour les victimes du 19 septembre. Dans tous les cas, il est étonnant qu’un homme d’église choisisse ses prières pour les morts.

D’autant plus qu’en novembre 2000, il ne s’était pas fait prier pour embrasser Laurent Gbagbo lors de la journée d’hommage aux martyrs, organisée par le pouvoir, au stade Félix Houphouet-Boigny.

Pas plus tard que le 11 novembre dernier, dans un courrier, le cardinal Lustiger lui rappelle "l’amitié entre la France et la Côte d’Ivoire". En parlant de décapitation, il assimile les actes des soldats français à la barbarie envers les otages occidentaux en Irak et les compare sans doute à des terroristes islamistes. S’il y a certainement eu des morts, et des personnes touchées par balle à la tête, on est loin de la décapitation à l’irakienne.
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