“La paix en Côte d’Ivoire, c’est pour demain”
Jan 07, 2006
Comme chaque année, les Chrétiens ont célébré, dans la joie et la ferveur, la naissance de l’enfant Jésus
(Le Patriote No. 1872 du Lundi 26 Décembre 2005) «Joyeux Noël à tous, partez en paix, que l’année 2006 soit celle de la réunification de la Côte d’Ivoire». C’est avec ce vœu que le Cardinal Bernard Agré, Archevêque d’Abidjan a conclu sa célébration liturgique de la messe du 24 décembre 2005, veille de la naissance de Jésus-Christ.
Cette année, comme depuis trois ans déjà, les chrétiens de Côte d’Ivoire ont célébré la fête de la nativité dans un pays divisé en deux, suite à une crise politico-militaire. C’est donc eu égard à cette situation que l’homélie du Cardinal a porté sur «la libération et la paix». Dans une cathédrale Saint Paul du Plateau bondée de monde, l’Archevêque d’Abidjan a prié afin que «le peuple de Côte d’Ivoire sorte des ténèbres et marche vers la lumière».
Convaincu que «le Messie» ne peut laisser le peuple blessé, piétiné et précipiter la descente de celui-ci aux enfers, l’homme de Dieu a déclaré: «La paix en Côte d’Ivoire c’est pour demain (…) Et maintenant, aucune raison, aucune puissance négative ne doit arrêter notre marche vers la réconciliation et la paix». Après avoir tout essayé, ballottée, ridiculisée, frustrée dans tant de capitales, la Côte d’Ivoire, a poursuivi le Cardinal Agré, a besoin que le Sauveur organise, avec toutes les âmes de bonne volonté d’ici et d’ailleurs, l’opération ‘’espoir’’. Ceci, afin que, dès le début de l’an 2006, le peuple de Côte d’Ivoire reprennent souffle et vie.
Cette paix ne peut se faire sans les hommes politiques. «Quelles que soient leurs références, libère nos décideurs locaux de leur manie mortifère de tout freiner, de tout bloquer, simplement pour le plaisir de tester leur capacité de nuisance et de démontrer ainsi leur puissance, leur poids, spécifique sur l’ensemble des rouages nationaux», a demandé le prélat. Pour le peuple ivoirien, le Cardinal a imploré le Tout puissant afin qu’il touche les cœurs endurcis. «Délivre-nous, Seigneur, de la fâcheuse idée de couvrir, de déformer le visage des autres avec des malveillantes étiquettes du genre ‘’c’est un voleur, un menteur, un loyaliste, un assaillant, un intégriste, un terroriste», a-t-il dénoncé. Le guide religieux a aussi stigmatisé un certain nombre de pratiques qui, a l’en croire, rendent l’atmosphère lourde, irrespirable et engendrent des provocations inutiles.
Notamment, des procès hâtifs, aux verdicts sans appel, infligés aux honnêtes gens. Pour finir, l’Archevêque a déclaré que la naissance de l’enfant Jésus montre deux réalités prodigieuses. A savoir, Dieu transcendant (immatériel) et au-dessus de toute réalité (limitée) et Dieu immanent, acceptant de devenir d’Emmanuel, vrai fils de Dieu. Aussi a-t-il exhorté les Chrétiens à donner la main à leurs frères de l’Islam et des autres religions traditionnelles expurgées de scories- culturelles.