Kardinal Agré besuchte Heimbach
Apr 14, 2008
Hohen Besuch empfing Bürgermeister Bert Züll am Samstagmorgen am Heimbacher Bahnhof. Um exakt 11.06 Uhr entstieg Bernard Kardinal Agré aus Abidjan (Elfenbeinküste) der Rurtalbahn. Der 82-jährige Geistliche stattet derzeit Düren und der Region einen einwöchigen Besuch ab.
(ksta.de, 13.04.08) Heimbach - Erste Kontakte kamen durch die Fußballweltmeisterschaft 2006 zustande. Damals war Düren offizieller Fanstützpunkt für die Fußballanhänger der Elfenbeinküste. In diesem Zusammenhang reiste seinerzeit eine Dürener Delegation in das afrikanische Heimatland Agrés. Nun kam der Kardinal zum Gegenbesuch. Hans Doncks, Pfarrer von Heimbach, hatte aus diesem Anlass ein feierliches Glockengeläut für 11.15 Uhr bestellt, was auch weit über die Grenzen der kleinen Stadt hinweg zu vernehmen war.
Nach der Besichtigung des Nationalparktores führte der Weg des Gastes durch die Straßen des bunt geschmückten Burgortes an der Rur. Just an diesem Tag feierten die Heimbacher ihr Frühlingsfest. Ziel des Kardinals war gegen Mittag dann die Abtei Mariawald. Nicht zum ersten Mal erhielt die Abtei Besuch von einem Kardinal. Auch Joachim Kardinal Meisner konnte in diesem Kloster schon mehrfach begrüßt werden. Sogar Papst Benedikt XVI., am 14. September 1991 noch als Joseph Kardinal Ratzinger unterwegs, war einst bei einer feierlichen Priesterweihe in der Abtei zugegen. Am Konklave, bei dem Joseph Kardinal Ratzinger zu Benedikt XVI. gewählt wurde, nahm Bernard Kardinal Agré 2005 teil. (kli)
«Barrage infranchissable»
Mar 18, 2008
Afrique: le cardinal Agré dénonce le système bancaire.
ROME, vendredi 21 mai 2004 (www.zenit.org) Nous publions ci-dessous le discours prononcé par le cardinal Agré, cardinal d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, lors du congrès organisé à Rome par le Conseil pontifical justice et paix sur le développement économique et social en Afrique, qui a eu lieu les 21 et 22 mai, 2004.
Eminence Cardinal Martino, Président du Conseil,
Mesdames et Messieurs, Honorables Participants,
Développer l’Afrique, continent oublié, continent saturé de mauvaises nouvelles, comme l’on dit, constitue un problème d’une rare complexité. Et cependant, les ressources naturelles ne manquent pas: produits abondants du sol et du sous-sol, présence d’une élite intellectuelle et économique très appréciable…
Cette élite provient des universités et grandes écoles locales, elle provient également des universités et grandes écoles de l’Occident. Et plusieurs de ses membres se sont illustrés en Europe et en Amérique par leur compétence et leur créativité.
Ces Africains compétents et motivés sont prêts, très souvent, à entreprendre des actions de développement en terre africaine. Mais outre les problèmes de marchés qui freinent souvent leur élan à cause d’une concurrence extérieure très forte, aggravée par les lois sacro-saintes de la mondialisation, ces développeurs africains se heurtent le plus souvent à un système bancaire qui constitue un barrage infranchissable. Il est de bonne coutume d’accuser les Africains de leur mauvaise gestion financière. Mais il y a, comme dans tous les continents, des exceptions encourageantes. Aujourd’hui, en Afrique, il se trouve de bons gestionnaires, de bons entrepreneurs. Mais comment peuvent-ils avoir accès aux crédits qui sont partout dans le monde un levier important de l’entreprise et du développement? Les banques sont en général basées en Europe et font la politique de leur nation. Et même lorsque les entrepreneurs africains présentent des dossiers fiables aux succursales de ces banques qui se trouvent dans nos pays, ils peuvent essuyer un refus catégorique ou poli à cause des intérêts nationaux prioritaires.
Il faut aussi noter que les taux pratiqués en Côte d’Ivoire, par exemple, pour ne citer que ce pays que je connais bien, sont fort élevés. On ne prête pas à moins de 17, voire 20 % du capital. Qui peut faire face à de tels taux qui font que le capital double tous les cinq ans? Cela n’est pas du tout encourageant de forcer l’accès à ces crédits. Il est à noter aussi que les banques ne prennent très souvent aucun risque car avant de prêter, elles exigent de telles garanties que celles-ci couvrent déjà le capital emprunté. Ce système-là doit être revu et corrigé si nous voulons donner des chances à des personnes valables pour transformer sur place les matières premières, dont on se vante d’être les premiers ou deuxièmes producteurs au monde, et leur assurer une plus-value. L’Afrique semble être fatiguée de n’être que productrice de matières premières.
J’invite tous ceux qui peuvent contribuer à apporter une solution plus humaine, plus rentable à cet état de chose, à se donner la main et à aider l’Afrique à se prendre en charge.
Il serait bon, en parlant de l’Afrique, de dépasser le discours idéologique pour passer à l’engagement concret. Le discours maintient l’Africain dans son sous-développement et même le fait reculer. L’engagement véritable le libère et fait de lui un vrai partenaire. Ainsi, l’Occident et l’Afrique n’auront plus de rapports de cheval à cavalier - l’Afrique étant toujours le cheval - mais des rapports de respect mutuel et d’amitié effective.
Je vous remercie.
Bernard Cardinal AGRE
Archevêque d’Abidjan
Cet article a paru dans le numéro d'août-septembre 2004 de Vers Demain
The banking system: “An impassable barrier”
Mar 18, 2008
On May 21, 2004, a symposium organized by the Pontifical Council for Justice and Peace took place in Rome, with the theme “The Social and Economic Development of Africa in the Era of Globalization”. Here is the speech given on that occasion by Bernard Cardinal Agré, Archbishop of Abidjan, Ivory Coast, and member of the Pontifical Council for Justice and Peace:
Your Eminence Cardinal Martino, President of the Council, ladies and gentlemen,
Developing Africa, the forgotten continent, a continent saturated with bad news as they say, constitutes a problem of rare complexity. And yet, the natural resources are not lacking: abundant products from the earth and from under the earth, the presence of an intellectual elite, and a noticeable economy...
This elite comes from universities and local high schools, and also from universities and important schools from the West. Many of its members won fame in Europe and America through their abilities and creativity.
These skilled and motivated Africans are ready, very often, to undertake developments in Africa. But, besides marketing problems that often act as a brake on their spirits because of very strong foreign competition, aggravated by the sacrosanct laws of globalization, these African developers usually come up against a banking system that constitutes an impassable barrier. It is customary to accuse the Africans of bad financial management, but there are, as in every continent, encouraging exceptions. Today, in Africa, there are good administrators, good entrepreneurs. However, how can they have access to credits, which are, everywhere in the world, an important lever of entrepreneurship and development? Banks are generally based in Europe, and are primarily at the service of these nations. Even when African entrepreneurs present trustworthy projects to the branches of these banks in our countries, they can still meet with polite or categorical refusal because of priority national interests.
One must also notice that the interest rates in force in Ivory Coast, for instance — to use the example of a country that I know well — are very high. Capital is never loaned below a rate of 17 or 20%. Who can cope with such rates, which cause the principal to double every five years? To force people to borrow credit in such conditions is not at all encouraging. One must also note that most often, banks take no risk at all, for before lending money, they demand such guarantees that cover the capital borrowed. This system must be reviewed and corrected if one wants to give good people the chance of transforming on the spot, in our own country, raw materials that we pride ourselves of being the first or second producers in the world, and give them an increase in value. Africa seems tired of being only a producer of raw materials.
I invite all those who can contribute to bring to this state of affairs a more humane and profitable solution, to give one another a helping hand, to help Africa take charge of itself.
When one talks about Africa, it would be a good thing to go beyond ideological talks, and move to concrete commitments. Talks keep the Africans in underdevelopment, and even make them downgrade. Real commitments free them and make them true partners. This way, western nations and Africa will no longer have the relationship of a horse and a rider — Africa always being the horse — but relationships of mutual respect and effective friendship. Thank you.
Bernard Cardinal Agré
This article was published in the May-June-July, 2004 issue of “Michael”.
Le cardinal Agré soulage les malades
Aug 09, 2006
Le cardinal Bernard Agré a fait don d'un important lot de matériels médicaux d'une valeur de 50 millions au CHU de Yopougon, le 3 août dernier. Ce don est composé entre autres d'un lit d'auscultation, d'un lit électrique, de deux chaises gynécologiques.
Notre Voie (Abidjan, 8 Août 2006) "Nous avons quelques peu mesuré vos besoins à l'occasion de plusieurs visites des malades ; aussi lorsque nous rencontrons à l'extérieur des âmes de bonne volonté, c'est volontiers que nous leur présentons la situation difficile de nos hôpitaux et centres de santé", a dit le cardinal. "C'est de la France que cette fois-ci des amis donateurs ont mobilisé le matériel médical, des médicaments pour nos malades", a-t-il affirmé. A l'en croire, 750 lits d'hôpitaux seront bientôt offerts. Pour le ministre de la santé et de l'hygiène publique, M. Alla Kouadio Remi, l'église catholique a toujours agi de tous temps dans les domaines de la santé. Mais au-delà de ce don, l'église catholique apporte beaucoup aux populations, a-t-il dit. "Il est clair que l'Etat à lui tout seul ne peut pas faire face à tous les besoins des populations et qu'il faut mobiliser toutes les composantes de la société", a-t-il souligné. Il a souhaité qu'une utilisation rationnelle des dons pour aider l'Etat. Pour ce faire une direction de gestion a été mise en place pour tirer le meilleur profit de ces dons.
"Si Dieu lui-même met la main à la pâte, c'est que nous sortirons très vite de la situation que nous traversons", a dit Dr. Kanga Miésan Jean-Baptiste, directeur du CHU.
“Témoin de son temps” de Bernard Cardinal Agré
Jul 31, 2006
Itinéraire d’un prêtre à la retraite
(Le Patriote, 19 Juillet 2006) L’homme de Dieu aujourd’hui à la retraite, Mgr Bernard Agré, ancien archevêque d’Abidjan, vient de publier chez CEDA-NEI, un livre-interview qui retrace sa vie depuis l’enfance. M. Venance Kacou, PDG du Centre d’édition et de diffusion africaines a convié la presse, le vendredi 14 juillet dernier, au centre culturel de la cathédrale Saint-Paul du Plateau pour une cérémonie de dédicace de cet ouvrage qui s’intitule : « Bernard Cardinal Agré : Témoin de son temps ». Natif de Monga dans la sous-préfecture d’Alépé et ayant passé plus d’un demi siècle de vie sacerdotale (ordonné prête le 20 juillet 1953), le Cardinal Agré exprime dans ce livre toute la joie qu’il a eue à passer toute sa vie à lutter pour que le message de Jésus-Christ soit annoncé et vécu. L’équipe qui a réalisé ce livre-interview ne rate aucune occasion de recevoir les bénédictions du prélat. Lisons plutôt la première loléance faite à l’émérite homme de Dieu, le mercredi 26 novembre 2003 : « Eminence, avant de commencer l’élaboration de cet opuscule, nous voulons vous demander de nous bénir, afin que nos langues ne soient pas fourchues et que nos cœurs soient unis au vôtre et à celui du Christ pour que cet entretien se déroule dans une atmosphère d’amour, de vérité et de considération filiale ». Et Monseigneur Agré de dire cette prière « Seigneur notre Dieu, c’est toi qui nous as créés, c’est toi qui nous donne le pouvoir de communiquer. Sois présent à notre rencontre, inspire nos pensées, nos questions, nos réponses. Reste avec nous. Envoie ton Esprit Saint pour que nous puissions voir juste, aujourd’hui et demain. Que notre regard, en toi, scrute l’avenir et unisse les hommes d’aujourd’hui et les générations à venir. C’est la grâce que nous te demandons, par Jésus-Christ, notre frère et notre compagnon de route. Amen ».
A la fin de la conférence de presse, l’assistance a encore sollicité une prière du Cardinal Agré. Le serviteur de Dieu a souhaité que l’espérance en Dieu fasse que plus personne ne soit exclu.
Titulaire d’un Doctorat en théologie, option Droit Canonique, Mgr Agré sait mieux que quiconque, que c’est en mourant qu’on ressuscite à la vie par Jésus-Christ.
Le Cardinal Agré se raconte
Jul 31, 2006
“Temoin de son temps”. L’ancien Archevêque d’Abidjan a dédicacé la semaine dernière son livre entretien.
(Fratmat, 19 Julliet 2006) Le cardinal Bernard Agré, c'est toute une histoire. L'histoire d'une vie. Celle du deuxième cardinal ivoirien depuis le 21 février 2001, après Bernard Yago qui l'a ordonné prêtre en 1953. Il y a 53 ans. Il a été fait évêque par le Pape Paul VI en 1968. Cela fait exactement 38 ans. Agé aujourd'hui de 82 ans, toujours robuste, respirant la pleine forme et s'exprimant avec éloquence, Mgr Agré est un témoin averti de son temps. Les éditions CEDA et NEI ont voulu le faire connaître à leurs lecteurs. A travers les éditions " rencontres ". Au cours d'une conférence de presse de présentation de l'ouvrage, qui a eu lieu la semaine dernière à la cathédrale Saint-Paul, M. Venance Kacou, PDG des CEDA, a indiqué aux journalistes que ce livre a été réalisé pour permettre au prélat de dire son témoignage sur la Côte d'Ivoire, les hommes, les événements douloureux et heureux.
L'ouvrage réalisé sous forme d'interview aurait, selon lui, dû être publié depuis 2002. Mais, les conditions n'étaient pas réunies. Il fallait aussi avoir l'accord du cardinal qui était réticent au départ… Et qui, finalement, s'est laissé "violer ". Mais, ce n'est qu'un commencement. Car les CEDA veulent tirer le maximum de cet homme, très riche en expériences et en enseignements. M. Venance Kacou a, cependant, déploré les coquilles. En parcourant le livre, en effet, on a l'impression qu'il a été fait dans la précipitation, les légendes des photos ne sont pas précises. La formulation des questions n'est pas non plus faite dans le style journalistique. Mais, n'empêche qu'en lisant l'ouvrage, avec les réponses du cardinal, on en sort avec une certaine satisfaction.
" Aussitôt que ce premier stock de 3000 ouvrages sera épuisé, le livre sera réédité ", a indiqué l'éditeur aux journalistes … A ce moment-là, on en fera certainement un bouquin à la dimension du cardinal Agré. Un cardinal de qui beaucoup gardent l'image d'un père souriant, qui invite ses fidèles à sourire au moins 10 fois par jour et qui les invite également à aimer trois catégories de personnes : " Les personnes qui vous aiment. Les personnes qui vous ignorent et celles qui vous détestent. Quand on a la possibilité d'aimer ces trois catégories de personnes, la vie, même si elle connaît des turbulences, au bout, il y a la sérénité ", déclare-t-il.
Concernant l'ouvrage, il a fait savoir qu'il ne lui a pas été facile de "se livrer comme cela ". En plus de ses différentes missions à Man, à Yamoussoukro et Abidjan, il évoque également le souvenir de son enfance et de ses parents : son père, le vieux Jean Mandah, et sa mère Yomin Jeanne. Les deux époux ont vécu ensemble 62 ans et ont eu douze enfants : six filles et six garçons. Il y avait 20 ans d'âge entre le cardinal et sa défunte mère et ils étaient très proches. On apprend aussi que le nom " Agré ", qu'il porte, est celui de son grand-père paternel. Quand ses frères et sœurs portent le nom du père . Les raisons sont expliquées dans le livre. Mgr Agré parle aussi dans l'ouvrage de ses deux grands amis musulmans : Tidiane Bâ, un homme transcendant, un théologien. Et Hampaté-Bâ, qui a écrit un livre intitulé " un nouveau regard sur l'islam ". Un ouvrage que le prélat recommande à tous les chrétiens qui veulent approfondir leur foi en Jésus-Christ et avoir un nouveau regard sur l'islam. Le cardinal invite, par ailleurs, les Ivoiriens à lire cet autre livre dont l'auteur est Rachid : " Chrétiens et musulmans, nous avons tant de choses à nous dire ". " Bernard cardinal Agré, Témoin de son temps " est à lire. Le lecteur se laisse instruire. A participé à la réalisation de l'ouvrage : M. Anney Kablan Norbert consultant, Mme Gyna Dick, écrivain, et les Abbé Augustin Obrou, responsable de la communication à l'archevêché d'Abidjan, et Jean Sinsin Bayo, doyen de la faculté de théologie de l'Université catholique de l'Afrique de l'Ouest (UCAO).
"Temoin de son temps"
Jul 30, 2006
L'ancien Archevêque d'Abidjan a dédicacé la semaine dernière son livre entretien.
Fraternité Matin (Abidjan, 18 Juillet 2006) L'histoire d'une vie. Celle du deuxième cardinal ivoirien depuis le 21 février 2001, après Bernard Yago qui l'a ordonné prêtre en 1953. Il y a 53 ans. Il a été fait évêque par le Pape Paul VI en 1968. Cela fait exactement 38 ans. Agé aujourd'hui de 82 ans, toujours robuste, respirant la pleine forme et s'exprimant avec éloquence, Mgr Agré est un témoin averti de son temps. Les éditions Ceda et NEI ont voulu le faire connaître à leurs lecteurs. A travers les éditions " rencontres ". Au cours d'une conférence de presse de présentation de l'ouvrage, qui a eu lieu la semaine dernière à la cathédrale Saint-Paul, M. Venance Kacou, PDG des Ceda, a indiqué aux journalistes que ce livre a été réalisé pour permettre au prélat de dire son témoignage sur la Côte d'Ivoire, les hommes, les événements douloureux et heureux.
L'ouvrage réalisé sous forme d'interview aurait, selon lui, dû être publié depuis 2002. Mais, les conditions n'étaient pas réunies. Il fallait aussi avoir l'accord du cardinal qui était réticent au départ Et qui, finalement, s'est laissé "violer ". Mais, ce n'est qu'un commencement. Car les Ceda veulent tirer le maximum de cet homme, très riche en expériences et en enseignements. M. Venance Kacou a, cependant, déploré les coquilles. En parcourant le livre, en effet, on a l'impression qu'il a été fait dans la précipitation, les légendes des photos ne sont pas précises. La formulation des questions n'est pas non plus faite dans le style journalistique. Mais, n'empêche qu'en lisant l'ouvrage, avec les réponses du cardinal, on en sort avec une certaine satisfaction.
" Aussitôt que ce premier stock de 3000 ouvrages sera épuisé, le livre sera réédité ", a indiqué l'éditeur aux journalistes A ce moment-là, on en fera certainement un bouquin à la dimension du cardinal Agré. Un cardinal de qui beaucoup gardent l'image d'un père souriant, qui invite ses fidèles à sourire au moins 10 fois par jour et qui les invite également à aimer trois catégories de personnes : " Les personnes qui vous aiment. Les personnes qui vous ignorent et celles qui vous détestent. Quand on a la possibilité d'aimer ces trois catégories de personnes, la vie, même si elle connaît des turbulences, au bout, il y a la sérénité ", déclare-t-il.
Concernant l'ouvrage, il a fait savoir qu'il ne lui a pas été facile de "se livrer comme cela ". En plus de ses différentes missions à Man, à Yamoussoukro et Abidjan, il évoque également le souvenir de son enfance et de ses parents : son père, le vieux Jean Mandah, et sa mère Yomin Jeanne. Les deux époux ont vécu ensemble 62 ans et ont eu douze enfants : six filles et six garçons. Il y avait 20 ans d'âge entre le cardinal et sa défunte mère et ils étaient très proches. On apprend aussi que le nom " Agré ", qu'il porte, est celui de son grand-père paternel. Quand ses frères et soeurs portent le nom du père . Les raisons sont expliquées dans le livre. Mgr Agré parle aussi dans l'ouvrage de ses deux grands amis musulmans : Tidiane Bâ, un homme transcendant, un théologien. Et Hampaté-Bâ, qui a écrit un livre intitulé " un nouveau regard sur l'islam ".
Un ouvrage que le prélat recommande à tous les chrétiens qui veulent approfondir leur foi en Jésus-Christ et avoir un nouveau rega rd sur l'islam. Le cardinal invite, par ailleurs, les Ivoiriens à lire cet autre livre dont l'auteur est Rachid : " Chrétiens et musulmans, nous avons tant de choses à nous dire ". " Bernard cardinal Agré, Témoin de son temps " est à lire. Le lecteur se laisse instruire. A participé à la réalisation de l'ouvrage : M. Anney Kablan Norbert consultant, Mme Gyna Dick, écrivain, et les Abbé Augustin Obrou, responsable de la communication à l'archevêché d'Abidjan, et Jean Sinsin Bayo, doyen de la faculté de théologie de l'Université catholique de l'Afrique de l'Ouest (Ucao).
Le Pape Benoît XVI soutient l’opération
Jun 14, 2006
300 déplacés de guerre ont regagné leurs villages, dans l’ouest du pays avec les encouragements de l’Église.
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(Fraternité Matin, 14 Juin 2006) Le Cardinal Agré a assisté au départ des déplacés.
Il y avait de l’émotion samedi à la salle des fêtes de la cathédrale Saint -André de Yopougon. 300 déplacés de guerre y ont reçu les encouragements du cardinal Bernard Agré, administrateur apostolique de l’archidiocèse d’Abidjan, avant d’emprunter les cars qui les attendaient dans la cour de l’Eglise pour rejoindre leurs villages respectifs : Bangolo, Kouibly et Facobly. M. Sea Christian planteur à Diéouzon et porte- parole des déplacés, a déclaré avant leur départ que ses pairs et lui étaient heureux de retourner sur leurs terres. “ Nous retournons sans aucun esprit de vengeance ”, a-t-il soutenu. Ils espèrent seulement que le désarmement sera effectif et qu’ils n’auront plus à fuir de nouveau leur région.
Le nonce Apostolique empêché a dit dans un courrier lu par le Père Carlos Orduna, responsable des Clercs de Saint-Viateur, que le Pape Benoît XVI a soutenu l’opération avec une aide de deux millions de F. Il a souhaité que cet effort de solidarité renforce les liens entre la Côte d’Ivoire et les pays amis, et particulièrement l’Espagne. Plus de 300 autres familles ont selon lui, manifesté le désir de retourner à Bouaké, Katiola et Korhogo.
Le cardinal Bernard Agré qui présidait la cérémonie a exhorté les déplacés à ne pas garder rancune. Et à faire de la Côte d’Ivoire un nouveau pays…
Ces déplacés de guerre retournent chez eux dans le cadre de la deuxième phase du projet “ retour espoir ” initié par la congrégation Saint-viateur qui, par l’intermédiaire de l’Ong viatorienne “ serso ” (service de solidarité), a obtenu du gouvernement basque espagnol un financement de 66.000 .000F pour le retour dans leur village d’une centaine de familles de l’Ouest. Le transport et la nourriture ont été entièrement pris en charge. Ils ont reçu en plus une aide financière de 50.000F comme argent de poche, ainsi que des vivres pour six mois, et le nécessaire pour reconstruire faire leurs vies familiale et agricole.
La première phase de ce projet a eu lieu le 22 mai dernier avec le retour de 65 familles. L’évêque de Yopougon, Mgr Laurent Mandjo, qui était présent à cette cérémonie a félicité les clercs Saint-Viateurs, en indiquant que c’est dans le malheur que l’on reconnaît ses vrais amis.
“Être sous la tutelle de l’ONU, un grand malheur”
May 17, 2006
Le plus grand malheur pour un pays, c’est d’être mis sous la tutelle de l’ONU”, a déclaré, hier, le Cardinal Bernard Agré, Archevêque d’Abidjan.
(fratmat.net 09.05.2006) C’était à la paroisse Saint-Jacques des II Plateaux, à l’occasion de la célébration de la 43ème journée mondiale de prière pour les vocations; une messe qu’il a présidée dans cette église pour également témoigner sa compassion aux prêtres de cette paroisse qui ont été agressés récemment, pour la deuxième fois.
Le chef de l’Archidiocèse d’Abidjan a commencé par s’étonner de la bizarrerie des Ivoiriens qui ne se rendent “pas compte qu’ils ont un pays en or”. Un “pays extraordinaire, riche en milliards, où tout pousse en abondance”, comme ont d’ailleurs témoigné auprès de lui certains de “ceux qui sont venus nous aider”. Malheureusement, a déploré Mgr Agré, “on laisse la situation pourrir” pour des considérations partisanes. Le prélat a alors rappelé que la résolution 1633 du Conseil de sécurité de l’ONU a donné un an aux Ivoiriens pour organiser les élections; il a aussi fait allusion, sans le nommer, aux propos sibyllins tenus récemment par le secrétaire général de l’ONU qui affirmait que si l’élection présidentielle n’était pas organisée en octobre, le mandat du Président de la République ne serait pas renouvelé. “Qu’est-ce que cela veut dire? Qu’on va mettre le pays sous la tutelle de l’ONU”, s’est inquiété le Cardinal.
Poursuivant sa supplique aux Ivoiriens afin qu’ils se ressaisissent rapidement, Mgr Agré dira: “Aucun homme normal, aucun intellectuel ne peut souhaiter qu’on mette son pays sous la tutelle de l’ONU. C’est, à rebours, un raisonnement d’analphabète. On croit faire du mal à un tel ou à un tel. Mais, c’est à nous-mêmes que nous faisons du mal! On se dit que personne ne va gouverner, donc l’ONU va venir gouverner…Ce n’est pas normal”, s’est indigné le prélat. L’Archevêque d’Abidjan, qui a précisé avoir “du respect pour l’ONU”, a néanmoins soutenu qu’une telle éventualité n’était ni souhaitable, ni tolérable.
“Nous avons été colonisés par la France, mais la France avait un visage, on pouvait faire des manifestations contre elle. L’ONU n’a pas de visage. Contre qui allez-vous manifester? Le Bangladesh? Le Sénégal? Contre personne! Vous n’aurez rien que des sanctions!”, a martelé le Cardinal. Rappelant aux Ivoiriens que “nous n’avons pas deux pays”, il les a exhortés en ces termes: “Faites tout pour que la Côte d’Ivoire ne soit pas mise sous tutelle”. Et, pour éviter ce qu’il a qualifié de “grand malheur”, le Cardinal Agré a demandé à ses compatriotes de prier et de travailler pour que “octobre soit octobre” et que les élections puissent se tenir à cette date. Puis, l’archevêque d’Abidjan de déclarer, sous un tonnerre d’applaudissement, de l’assemblée: “Allez-le dire dehors! Dites que c’est moi qui l’ai dit, celui qui n’est pas content…”.
Enfin, le Cardinal a demandé aux chrétiens et aux Ivoiriens de “prier fort”, avant d’indiquer: “Je pars à Rome, je prierai et je reviendrai”. Le chef de l’Archidiocèse d’Abidjan cédera son “trône”, le 18 juin à son successeur désigné, Mgr Jean-Pierre Kutwan, actuel évêque du diocèse de Gagnoa. Mgr Agré devait quitter hier Abidjan pour Rome où il doit participer aux travaux de la commission pour la famille.
Le Cardinal Agré rappelle Gbagbo à l’ordre
May 09, 2006
La présence, hier, de certains cadres de la Présidence et du Secrétaire général de la FESCI à l’UCAO n’était pas fortuite. Dès qu’il a appris la nouvelle de l’agression, le chef de l’Eglise catholique de Côte d’Ivoire a appelé le Président Laurent Gbagbo. Selon des indiscrétions, le Cardinal Bernard Agré a demandé, au chef de l’Etat, de retenir ses partisans.
(Le Patriote, 28 Avril 2006) La colère de l’Archevêque d’Abidjan est d’autant justifiée que le même jour se tenait, dans l’enceinte de l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest, un Colloque international qui regroupe tous les pays d’Afrique et de Madagascar. Le guide de la communauté catholique de Côte d’Ivoire n’a pas du tout apprécié la violation de l’enceinte d’un établissement qui a signé un accord de siège avec l’Etat ivoirien. Cet accord, par conséquent, accorde à l’UCAO, le même statut que les institutions internationales et les chancelleries. En clair, avec l’accord de siège, l’UCAO est considérée comme une ambassade, le prolongement du territoire du Vatican, dont elle dépend, en Côte d’Ivoire. L’Université catholique d’Afrique de l’Ouest n’est donc pas un établissement supérieur comme les autres et ne peut être associée à la crise qui prévaut actuellement dans le supérieur. Le comportement de la FESCI, hier, peut amener les autres Etats membres à décider de la délocalisation de l’UCAO en faveur d’un autre pays du fait de l’insécurité. Cela est d’autant plus plausible que l’agression des éléments de la FESCI s’est faite sous les yeux du président de la Fédération internationale des Universités catholiques venu prendre part au colloque et qui a été véritablement choqué par tout ce qu’il a vu.
Paques 2006 comme “la résurrection de notre chère Côte d’Ivoire”
May 09, 2006
«Christ est ressuscité. Dieu est Amour, alléluia». Ces paroles du Cardinal Agré Bernard, archevêque de la Cathédrale Saint Paul d’Abidjan, traduisent toute l’émotion et la joie qui animent les fidèles chrétiens qui ont pris d’assaut ce lieu saint le samedi 15 avril 2006.
(Le Patriote No. 1966 du Mardi 18 Avril 2006) Venus fêter la rédemption de l’humanité par Jésus, ces fidèles ont été longuement évangélisés par le Cardinal Agré sur l’Amour et la patience de Dieu, à travers la résurrection du Christ. «Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son fils unique pour le salut des hommes. Non seulement, Il est amoureux de l’homme, Il en donné des preuves éclatantes (…). Il sait attendre, pour que les hommes aillent jusqu’au bout, soit dans leur méchanceté, soit dans leur désir de bien faire. Il est tellement plein d’amour qu’Il a laissé son fils boire le calice de la souffrance jusqu’à la lie», a indiqué le prélat. Il a souhaité que cette fête de Pâques soit la dernière dans la grisaille de la guerre, et la première d’une paix totale, juste et immédiate. Pâques selon le Cardinal Agré peut se traduire par la résurrection de «notre chère Côte d’Ivoire». Une Côte d’Ivoire qui a-t-il ajouté, a souffert du manque de cohérence et de solidarité de ses fils. «Ils se sont laissés emporter par leur colère et aujourd’hui, ils ont installé notre pays dans des contradictions récurrentes. Personne ne veut céder ou ne cède que du bout des lèvres», a accusé l’archevêque d’Abidjan. Pour lui, le salut de la Côte d’Ivoire, réside dans la capacité de ses fils à réussir «le pari du siècle : désarmement, recensement, réunification de tout le territoire. Le vent nouveau qui s’emparera de la Côte d’Ivoire, ne permet plus, a-t-il poursuivi, que «l’on s’installe dans le doute, ni de faire semblant ou de jouer double jeu». Faire confiance à tous ceux qui détiennent la moindre parcelle de l’autorité nationale sur le plan politique comme religieux, la résurrection au village, dans les quartiers, au bureau, dans le commerce, dans le transport ainsi que le regret des maux commis au Sud, au Nord, au Centre, seront selon le Cardinal Agré les éléments fédérateurs de cette paix retrouvée».
Le Cardinal Agré livre les secrets de sa longévité
May 09, 2006
Le dimanche 23 avril dernier, à l'occasion de son 80ème anniversaire célébré à la Cathédrale St Paul du Plateau, le cardinal Agré a livré les secrets de sa longévité.
Notre Voie (Abidjan, 27 Avril 2006) "L'amour est l'explication profonde de tout. Si tu hais, tu détruits la qualité et diminues la longueur de ta vie. Mais si tu aimes, tu sanctifies la qualité de ta vie et tu rallonges ta vie. Ainsi tu vivras longtemps", a-t-il expliqué avant de demander aux fidèles chrétiens de prier pour lui.
"Car j'ai envie de vivre avec vous. Tout ce que je fais dans ma vie, c'est admirer le Seigneur pour vivre avec lui et être au service de mes frères", a-t-il confié.
A propos de la crise ivoirienne, le serviteur de Dieu a dit sans ambages.
"N'ayez pas peur, le Seigneur veille au grain. Il donnera, j'en suis, sûr la paix à la Côte d'Ivoire", a prophétisé le cardinal tout en exhortant les uns et les autres à être justes dans leurs engagements pour la recherche de la paix durable en Côte d'Ivoire. "Faites-vous confiance et faites confiance à Dieu. Désarmez vos coeurs pour une véritable paix et une réelle réconciliation", a ensuite conseillé le patron de l'église catholique dont l'anniversaire a été célébré dans la ferveur religieuse où les cantiques "Gloria", "Sanctus" "Kérié" et même la prière de l'offertoire ont été chantés en grégorien par toute l'assistance.
Le Cardinal Agré est né le 2 mars 1926 à Monga (Alépé). Il a été baptisé le 2 septembre 1932 à Memni, toujours dans la région d'Alépé. Après 33 ans d'épiscopat, il a été créé Cardinal par le Pape Jean-Paul II, le 21 janvier 2001, à Rome (Vatican).
Le Cardinal Bernard Agré prend sa retraite
May 07, 2006
Le Vatican a accepté la démission de Son Eminence le Cardinal Bernard Agré, archevêque d'Abidjan.
Notre Voie (Abidjan, 3 Mai 2006) Il sera remplacé par l'archevêque de Gagnoa, Mgr. Jean-Pierre Kutwa. L'information a été donnée, hier, à la Cathédrale Saint-Paul, au Plateau, par le Nonce apostolique en Côte d'Ivoire, Mgr Mario Roberto Cassari.
"Le Saint père Benoît XVI a accepté la démission de Son Eminence le Cardinal Bernard Agré qui avait demandé d'être relevé de la charge pastorale de l'archidiocèse d'Abidjan, conformément au Canon 401, chapitre 1 du Code de droit canonique. Le Saint père Benoît XVI a nommé Archevêque métropolitain d'Abidjan, SEMgr Jean-Pierre Kutwa, jusqu'ici Archevêque métropolitain de Gagnoa", a déclaré Mgr Mario Roberto Cassari.
Le cardinal Bernard Agré part à la retraite à partir du 18 juin prochain, date à laquelle sera intronisé son successeur. "L'annonce me libère parce que je vais me consacrer à la prière mais aussi avoir un temps de repos après avoir fondé les diocèses de Man et de Yamoussoukro. Je me réjouis de pouvoir souffler un peu. Il y a des choses que je peux faire et celles que je refuserai de faire", a indiqué le Cardinal Agré, avant d'exhorter les prêtres, les religieux et les laïcs à aider son successeur dans sa tâche.
Le nouvel archevêque d'Abidjan, Mgr Jean-Pierre Kutwa est né le 22 décembre 1945 à Blockhauss. Il a été ordonné prêtre le 11 juillet 1971 à Abidjan. Nommé archevêque de Gagnoa le 15 mai 2001, il a été le délégué de l'Espiscopat ivoirien au Synode des évêques au Vatican en octobre 2005. Il est membre permanent des évêques de Côte d'Ivoire et président de la Commission épiscopale pour l'oecuménisme et l'aspotolat biblique. Monseigneur Jean-Pierre Kutwa est vice-président de la Conférence épiscopale régionale de l'Afrique de l'Ouest (CERAO) depuis février dernier. Il est compositeur de musique.
« Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, l’espoir est raisonnablement permis »
Apr 27, 2006
« Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, l’horizon s’éclaire et l’espoir est raisonnablement permis », a affirmé le cardinal Bernard Agré, archevêque d’Abidjan, qui a présidé ce soir à Rome, en l’église Saint-Louis des Français, une messe pour la paix en Côte d’Ivoire, en présence du cardinal Francis Arinze, Nigérian, préfet de la congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, des évêques de Côte d’Ivoire en visite ad limina, des ambassadeurs de Côte d’Ivoire en Italie et au Vatican, et des ambassadeurs de France et de Belgique près le Saint-Siège.
ROME, Jeudi 6avril 2006 (ZENIT.org) – Le message de Benoît XVI aux évêques en visite ad limina a en effet appelé les catholiques à se montrer « responsables » pour construire la paix et la réconciliation dans leur Nation (cf. Zenit 3 avril). Le pape aurait lui-même souhaité la célébration d’une messe à cette intention.
Le miel des marbres jaunes résonnaient au son des tambours et des voix chaleureuses du chœur. Les danseurs en habits couleur or portaient les offrandes en une procession joyeuse. L’assemblée ondulait peu à peu au même rythme: la joie de la célébration manifestait l’espérance entrevue pour une « paix juste et durable », comme le soulignait le cardinal Agré dont l’homélie était plutôt une longue prière d’intercession et une méditation à partir de la Béatitude des artisans de paix: « Ils seront appelés fils de Dieu » (Matthieu 5, 9).
Il faisait notamment remarquer deux tentations à l’heure historique actuelle : celle du repli déçu improductif ou celle d’une trop grande confiance inactive.
« D’un côté, disait-il, les découragés qui partagent la complainte de Jérusalem: « Le Seigneur m’a abandonnée, le Seigneur m’a oubliée » (Isaïe 49, 14). Ils sont nombreux en effet les Ivoiriens et les Ivoiriennes qui sont tentés de baisser les bras, qui trouvent leur Chemin de Croix trop long et trop éprouvant. Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ils sont presque animés des mêmes sentiments et enclins aux mêmes attitudes que les Juifs d’autrefois: « Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions » (Psaume 136, 1) ».
« De l’autre côté, ajoutait le cardinal Agré, se tiennent ceux et celles qui, déçus ou désespérés des dirigeants actuels, ne comptent plus que sur Dieu seul pour les délivrer. Le pays n’a-t-il pas conclu une alliance permanente avec son Dieu qui l’aime et le protège ? N’est-il pas la « nouvelle patrie du Christ », comme le proclamait Son Eminence le cardinal Poupard, légat de Sa Sainteté le pape Jean-Paul II, à l’occasion du 1er centenaire de l’Eglise catholique en Côte d’Ivoire, en octobre 1995 ? »
Le cardinal Agré indiquait une troisième voie en ces termes: « Réfugiés dans un découragement démobilisateur, ou campés dans une confiance attentiste en la Providence divine, ces deux premières catégories de citoyens oublieraient trop facilement de se retrousser les manches et de s’impliquer, comme le fait la majorité actuelle dans la recherche obstinée et finalement payante d’une paix juste et durable ».
Il n’hésitait pas à souligner les freins au progrès de la situation en disant: « N’étaient les incohérences de l’intérieur et certains gros intérêts de l’extérieur, comme cela se produit en pareilles circonstances dans tous les pays en difficultés, selon les enseignements de l’histoire universelle, nous serions déjà, irrésistiblement, près du bout du tunnel ».
Et d’expliquer en effet : « Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, l’horizon s’éclaire et l’espoir est raisonnablement permis ».
Il priait: « Seigneur, accorde-nous la paix, une paix rapide et définitive, exauce-nous au-delà de nos désirs et de notre expression pour une nouvelle dynamique plus cohérente politiquement, et socialement plus participative de tous à la construction nationale. Seigneur, hâte le temps, rapproche le temps de la reconstruction nationale comme l’ont vécue tant de pays après leurs épreuves historiques ».
Mais le pasteur intercédait pour un changement de mentalité en disant: « Infuse en nous le mental fort des gagneurs, des pionniers qui transcendent toutes les peurs. Voilà pourquoi nous te demandons de faire de nous des témoins et des promoteurs de la concorde et de la paix ».
Il en appelait à la « fraternité » retrouvée, et à la « solidarité », mais au-delà même des frontières de la Côte d’Ivoire: « Seigneur, apprends-nous à comprendre tous nos compatriotes ballottés par tant de sentiments contradictoires. Que notre amour fou de toi, notre Dieu, nous ouvre à toute l’Afrique avec une disponibilité accrue pour la cause de ce vaste continent. Ce soir et les jours à venir, nous voulons te dire combien nous sommes heureux et fiers d’appartenir à l’Afrique, certes chargée de mauvaises nouvelles, mais porteuse d’espérances inouïes ».
La célébration s’est achevée par la prière de la conférence épiscopale ivoirienne pour la paix: des paroles bouleversantes qui ont noué quelques gorges et fait verser des larmes.
L’eucharistie avait été organisée pour la communauté ivoirienne de Rome et ses amis, par l’ambassadeur de Côte d’Ivoire près le Saint Siège, M. Benjamin Konan Kouamé et le Premier conseiller d’ambassade, M. Joseph Tebah-Klah.
Dans son discours, à la fin de la célébration, avant d’inviter à un rafraîchissement dans le cloître de Saint-Louis, M. Konan a remercié les participants et en particulier les représentants de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, Mgr Dossena, représentant le substitut, Mgr Leonardo Sandri, et Mgr Betancour, représentant du Secrétariat chargé des relations avec les Etats, Mgr Giovanni Lajolo.
Ce faisant il a souligné le soutien jamais démenti du Saint-Siège au peuple ivoirien en difficulté, en particulier du fait le pape Jean-Paul II a continué à donner des pasteurs – deux archevêques, et deux évêques en trois ans et demi - , et par les appels de Jean-Paul II puis de Benoît XVI – encore en janvier dernier et lors de la visite ad limina - en vue du retour à la paix dans le pays.
« Il n’y a pas d’alternative à la paix, avant tout don de Dieu », déclarait l’ambassadeur, en soulignant en même temps « l’importance des actes posés en faveur de la paix ».
« Nous croyons, affirmait le diplomate, que les prières ferventes pour la paix porteront leur fruit afin que la Côte d’Ivoire redevienne le pays d’une vraie fraternité ».
En anglais, il adressait quelques paroles de remerciements au cardinal Arinze pour sa présence, mais aussi au Prélat de l’Opus Dei, et à Mgr Robert Sarah, originaire de Guinée Konakry et secrétaire de la congrégation romaine pour l’Evangélisation des Peuples.
Enfin, après avoir remercié les diplomates de différents pays présents à la célébration, M. Konan adressait ses chaleureux remerciements au recteur de Saint-Louis des Français, Mgr Pierre-Étienne Pillot, pour son accueil.
"Le soleil se lèvera sur la Côte d'Ivoire"
Apr 27, 2006
La paroisse Sainte Marie d'Agoueto d'Abobo Pk 18 a eu le privilège de commémorer le dimanche des Rameaux avec SEM Bernard Cardinal Agré, archevêque d'Abidjan, après son long mois de travail et de pélérinage en Italie.
Notre Voie (Abidjan, 10 Avril 2006) C'est dans la joie, la ferveur, les chants et danses, rameaux en main, que les fidèles ont accueilli le Cardinal Agré à l'image de l'accueil des disciples de Jésus à l'entrée de Jérusalem. "Vous êtes très importants parce que je vous visite après Rome. C'est avec beaucoup de joie que je viens passer la fête de rameaux avec vous après mon séjour en Italie où le Pape Benoit XVI vous salue", a-t-il déclaré.
Dans sont homélie à l'issue des textes bibliques du jour, le Cardinal Agré a décelé trois phases à savoir l'acclamation de Jésus, sa passion et sa crucifixion. Il a déploré le fait que les justes soient condamnés dans les textes et les malfaiteurs blanchis. "Le monde a-t-il changé depuis l'histoire de Jésus?" s'est-il interrogé. L'orateur a pris l'exemple des bienfaiteurs qui sont jugés en monnaie de singe dans la société.
Il n'a pas manqué de faire un rapprochement avec l'histoire de la Côte d'Ivoire qui a connu la gloire et est aujourd'hui cloué au pilori depuis le 19 septembre 2002. "La Côte d'Ivoire est méconnaissable. Les étrangers nous crachenrt là-dessus. Elle porte sa lourde croix. Pâques viendra, la paix aussi et la Côte d'Ivoire ressuscitera. Portons notre croix. N'ayons pas peur. Jésus a dit de porter notre croix. La soleil se lève et se lèvera sur la Côte d'Ivoire", a-t-il promis.
Le Cardinal Agré voudrait que les familles de Côte d'Ivoire connaissent la joie et vivent une semaine sainte pleine, axée sur le pardon et la solidarité. "Il faut aller vers les autres. Que vos oeuvres attirent vos prochains. Ne repoussez personne", a-t-il conseillé à la paroisse.
Le curé de la paroisse Ste Marie d'Agoueto, l'abbé Aimé Malan, a, pour sa part ,expliqué que sa paroisse est composée en majorité de jeunes et de retraités sans grands moyens. L'église, inaugurée en 1992, a été érigée en paroisse en 2005.
Les chrétiens catholiques dans la semaine sainte
Apr 24, 2006
La fête des rameaux, dernière phase du jeûne, a été célébrée hier dans la ferveur religieuse.
(Fraternité Matin, 10-4-2006) La fête des rameaux va permettre aux chrétiens de se remémorer la résurrection du christ à pâques.
Avec la fête des rameaux, les chrétiens catholiques sont entrés hier dans la semaine sainte. Dernière phase du carême qui va aboutir dimanche prochain à la fête de pâques.
Arrivé la veille de Rome, le cardinal Bernard Agré a célébré la messe à la paroisse Sainte Marie d’Agouéto, à Abobo PK18. Une paroisse très vivante, avec des fidèles joyeux qui ne se sont pas lassés de danser du début à la fin de la célébration.
Dans son homélie, le cardinal a fait remarquer que la fête des rameaux est marquée par trois phases : l’acclamation de Jésus, de bon cœur, lors de la procession qui fait penser à son entrée triomphale à Jérusalem. Ensuite l’écoute de l’évangile de la passion du Christ. On y constate que, poussées par les grands prêtres, les mêmes personnes qui avaient ovationné Jésus crient à mort. Et réclament qu’il soit crucifié. C’est la tragédie. L’incohérence des gens. Et du jugement des hommes : les justes condamnés, et les malfaiteurs blanchis. Dimanche, la fête sera belle lorsque le Christ ressuscitera. Jésus est, selon le cardinal, notre modèle. Chacun à son tour passe par les trois phases : la joie, la passion et la résurrection. Ainsi la vie des êtres humains et des pays est aussi marquée par ces trois étapes : Jusqu’à l’âge de 12 ans, l’enfant idéalise ses parents. Ils sont ceux qui savent tout. De 15 à 30 ans, ils rejettent l’autorité parentale et veulent s’affirmer. Mais lorsqu’ils ont connu des échecs et fait l’expérience de la vie, ils reviennent plus tard vers les parents pour leur demander conseil. Souvent le père, ou la mère ne vit malheureusement plus. Et aux funérailles les parents sont de nouveau acclamés pour tout ce qu’ils ont fait. C’est leur résurrection.
Mgr Agré a par ailleurs fait allusion au père-fondateur de la Côte d’Ivoire. Félix Houphouet-Boigny, qui a été traité de voleur, et qui est aujourd’hui magnifié. Il en sera de même selon lui pour la Côte d’Ivoire qui vit sa passion depuis 2002. Qui est méconnaissable. Mais qui finira par ressusciter. Et son soleil resplendira.
Agré célébré par la communauté du divin Amour
Apr 21, 2006
Au cours d’une soirée qui lui était dédiée, l’Archevêque d’Abidjan a dédicacé ses œuvres.
(Fraternité Matin, 21 Avril 2006) La communauté mère du divin Amour a, de manière formidable, rendu hommage au cardinal Bernard Agré lors du concert de Pâques qu’elle a organisé dimanche dernier, au Palais des congrès de l’hôtel Ivoire. Les fidèles, qui avaient effectué le déplacement en grand nombre, ont ovationné Dieu pour ce grand homme qu’il a donné à l’Eglise de Côte d’Ivoire. C’est avec des ovations nourries qu’ils ont accueilli dans la salle, “celui qui a vu naître cette communauté et qui l’a enfanté selon son désir”. Le modérateur de la communauté, le frère Clément Akobé, a salué les mérites de cet homme de Dieu nommé évêque du diocèse de Man à 42 ans, où il a laissé ses empreintes avant de servir à Yamoussoukro et ensuite à Abidjan.
Le point culminant de la soirée a été la dédicace des ouvrages du Cardinal Bernard Agré. Les tomes 1, 2 et 3 du sistre de la parole ; à savoir le premier intitulé : “ une parole qui met debout ”, le deuxième : “pour une Afrique renouvelée” et le troisième : “Clergé et religieux du troisième millénaire”, ont été assez bien vendus. Mais, l’ouvrage, dont le stock a été épuisé, est celui intitulé : “ l’eucharistie, sacrifice, nourriture et présence amicale ”. Le rang était long pour la dédicace. Malheureusement, tous ceux qui espéraient avoir un mot du cardinal dans leur bouquin n’ont pu l’obtenir. Il fallait poursuivre le concert de louange et d’adoration qui célébrait la résurrection du Christ. Concert qui a été interrompu tout juste après le temps de l’intercession par une coupure de courrant.
Bien avant la dédicace, le père Bernard Tondé, auteur des tomes, en a fait une présentation. Ce sont au total cinq ouvrages qu’il a rédigés à partir des homélies du cardinal Bernard Agré. Les deux autres sont : “Parole de vie pour une Afrique assoiffée d’espérance” et “Célébrer la vie”.
"Les vrais guides et libérateurs seront ceux qui se distinguent par leur foi"
Apr 20, 2006
Les chrétiens ont célébrés la résurrection du Christ dans la ferveur et la foi religieuse.
Fraternité Matin (Abidjan, 17 Avril 2006) Les chrétiens catholiques ont célébré dimanche, dans la joie, la résurrection de Jésus-Christ. La paroisse Sainte famille de la riviera était dans l'ambiance de la fête. Et le père Wilfrid Traoré, qui a fait l'homélie a donné la grande nouvelle de ce jour pascal, en ces termes: " la vie ne peut mourir. La vérité n'a pas de tombe. L'amour ne peut être phagocyté par la haine et le bien être assassiné par le mal ". Pâques, selon le prêtre, transforme l'hiver de nos désespoirs, en printemps de joie et d'espérance. Car Jésus est allé dans le camp de la mort, et il est revenu victorieux.
Pour le cardinal Bernard Agré, qui a annoncé la résurrection du Christ la veille, à la cathédrale Saint-Paul avec le feu nouveau, Pâques est le jour, la saison où l'optimisme doit s'installer et ne plus laisser planer le doute dans les coeurs, même affligés. Pâques peut selon lui se traduire aussi par la résurrection de la Côte d'Ivoire. Un pays dont les fils et filles ont manqué de cohérence, de solidarité, et se sont laissés emporter par leur colère, laissant aujourd'hui le pays dans des contradictions récurrentes.
" Personne ne veut céder, ou ne cède que du bout des lèvres, oubliant que seul l'amour libère et que les vrais guides et les vrais libérateurs de leur pays seront d'abord ceux qui se distinguent par leur foi, leur espérance sans limite et leur amour qui dépasse tous les évènements, toutes les capacités de nuisance des hommes", à déclaré le cardinal. Convaincu que par la qualité de ses fils, ceux d'ici et d'ailleurs, la Côte d'Ivoire réussira le pari du siècle : l e désarmement, le recensement, la réunification de tout le territoire ivoirien, ainsi que l'amorce d'une ascension économique. Mgr Agré a par ailleurs souhaité que cette fête de Pâques soit la dernière dans la grisaille, de ni paix, ni guerre.
Puis, il a ajouté après la prière de renvoi : " Nous qui avons fait du mal, regrettons un peu. Il faut nous confesser, demander pardon à Dieu et changer de vie ". La fête a été également marquée par des baptêmes d'adultes dans toutes les paroisses durant la veillée pascale.
"Nous portons les intentions du peuple ivoirien sur les tombes des apotres Pierre et Paul"
Apr 03, 2006
Le Cardinal Bernard Agré, Archevêque d'Abidjan faisait partie de l'assemblée des cardinaux \(consistoire\) tenue le 23 mars dernier au Vatican. Notre collaborateur à Rome l'a rencontré au lendemain du consistoire et à quelques jours du pèlerinage de tous les évêques de Côte d'Ivoire sur les tombes des Apôtres Pierre et Paul.
(Fraternité Matin (Abidjan, 28 Mars 2006) Eminence, quels ont été les thèmes importants de l'Eglise abordés par les cardinaux durant le dernier consistoire du 23 Mars ?
En fait il n'y a pas de grand secret. Le consistoire est une réunion de famille, le collège cardinalice étant une grande famille qui assiste le Saint Père dans son action de promotion de l'unité. C'est tout à fait normal que de temps en temps il rencontre les cardinaux pour les entendre sur certains problèmes qu'ils rencontrent et aussi leur faire part de ses préoccupations, de tout ce que vit le monde, pour la paix, et la comment .
Par exemple le dialogue avec l'Islam
Il y a cela, il y a aussi d'autres sujets, comment l'Eglise va vivre sa mission, tous ces problèmes ont été évoqués. C'était un peu un feu roulant d'interventions. Chacun a évoqué ce qu'il avait sur le coeur et on a partagé ça de manière très fraternelle. Après, le Saint Père a fait une synthèse, démontrant sa très grande capacité de synthèse en retenant l'essentiel dans se chassé croisé de questions.
C'était quoi donc l'essentiel?
Son encyclique le disait très bien. (ndr Deus Caritas Est, première encyclique programme de Benoît XVI ). Il parlait de l'Amour qui est l'essentiel aujourd'hui, amour de Dieu pour les hommes, amour des hommes pour Dieu et aussi pour le prochain, c'est ça l'essentiel. Le jour que le monde comprendra cela, le monde sera viable.
Il a été également question de l'âge de la retraite des évêques.
Oui, l'âge de la retraite des évêques a été évoqué. Vous savez, dans le droit canonique, il est dit qu'à 75 ans, l'évêque résidentiel ou pas doit donner sa démission au Saint Père qui gère. Soit il accepte tout de suite. D'autres fois, il peut refuser, à la grande impatience de certains. Et on rentre dans la grande sérénité. Certains Cardinaux ont donc parlé de 75 ans à maintenir, d'autres ont demandé s'il n'était pas possible d'aller à un certain âge, par exemple 80 ans . 75 ans déjà c'est beaucoup.
Quel a été finalement l'âge arrêté pour la retraite des évêques?
Oui, le Saint Père a pris tous les avis, il va le dire au moment venu. Certaines choses ne se décident pas à la légère. Lors du dernier consistoire, 15 nouveaux cardinaux ont été crées. De ceux-ci aucun africain électeur. Le nouveau cardinal Ghanéen a plus de 80 ans.
Est-ce une déception pour l'Eglise Africaine?
Vous voyez, dans l'Eglise, il ne faut rien demander. Et dans l'Eglise, il ne faut jamais rien refuser. C'est important. Ceux qui s'agitent et qui veulent être curé, évêque et cardinaux dans l'Eglise, ils se trompent. On ne demande pas. Ça vient. Quand ça vient, on ne refuse pas non plus. Un prêtre doit savoir qu'il ne doit pas refuser, mais il ne doit pas demander. Voila que l'Eglise d'Afrique a un seul élu , c'est un homme de très grand mérite, qui a dépassé 80 ans.
Le Pape est allé le chercher pour lui dire, tu va être mon conseiller, mon consultant. L'évêque Dery de Navrango au Ghana est un homme de grande culture, de très grand mérite. Nous avons été très heureux que le Saint Père ait fait ce prêtre cardinal. Il ne sera pas électeur, il ne sera pas non plus éligible, mais cela dépend de la volonté du Saint Père. Il peut lui demander des services, il peut lui demander des conseils. L'Eglise est honorée, l'Eglise d'Afrique est honorée en attendant que d'autres circonstances se présentent. Parce que ce ne sont pas les derniers cardinaux. Il y a encore d'autres qui viendront. Les cardinaux se renouvellent. La mort vient en chercher quelques uns, il y a des cardinaux de curie, d'autres sont ailleurs. C'est une grande famille.
Un cardinal même émérite a toujours le devoir de prêcher, de défendre l'Eglise, même jusqu'à la mort. Il a le devoir d'être le représentant du Pape là où il est.
Parlons de la visite Ad limina des évêques de Côte d'ivoire au Saint Siège du 29 Mars au 06 Avril prochain. Quel est le sens et la portée d'une telle visite?
Je crois que c'est une excellence occasion de montrer au peuple de Dieu, aux églises familles que nous ne sommes jamais seuls. On parle de collégialité. Collégialité dans les nations, dans les pays où on se trouve. Aucun évêque n'est isolé. Nous travaillons tous ensemble mais autant nous devons être unis dans le pays, voir ensemble , prier ensemble et réaliser ensemble, autant il est bon que tout le corps épiscopal d'un pays se déplace vers les racines. Les grandes racines de l'Eglise que sont Pierre, Paul et les grands Apôtres. Tous ceux-là qui sont représentés aujourd'hui par le Pape. Et nous venons Ad limina Santi Petri. Ad Limina Santi Petri Apostolorum, c'est-à-dire nous venons vers la racine représentée par Pierre, Paul, les autres Apôtres. Alors nous allons comme en pèlerinage. C'est tous les cinq ans.
Les cinq ans qui ne sont pas toujours respectés. ( nrd :La dernière visite Ad limina de l'épiscopat ivoirien date d'Août 1999 ).
Oui, c'est beaucoup plus que cinq ans parce la fois dernière, surtout quand le Saint Père était malade ( ndr L'ancien Saint Père, Jean Paul II ) on n'a pas respecté les cinq ans. Mais c'est une très bonne chose de quitter tous le pays. Tout à coup le pays se vide d'évêques et on se retrouve ensemble, on peut surtout et on doit surtout prévoir la rencontre avec le Saint Père. Un moment très attendu.
Mais aussi un moment délicat, une sorte d'examen de passage devant le Pape.
Non, non! Il ne faut pas voir ça sur cet angle. Nous ne sommes pas des petits enfants qui vont à l'école. Nous ne sommes pas des petits enfants qui viennent dire qu'ils sont sages ou pas sages. Nous venons voir un frère, qui est le Pape, parce qu'il est évêque, il est l'évêque de Rome, c'est lui l'ordinaire de Rome. C'est un in premus inter pares, c'est dire qu'il est le premier parmi des gens qui sont ses égaux.
Chaque évêque vient tout de même soumettre au Pape le bilan des cinq années de gestion pastorale de son diocèse.
Oui, chacun écrit ce qu'on appelle un rapport quinquennal. Ses rapports ont été déjà envoyés à Rome, étudier par les dicastères compétents avec le concours des autres évêques. Tout cela est envoyé au Saint Père, pour qu'il en prenne connaissance et pour qu'il fasse aussi des réponses adéquates. Ce sont des échanges avec le Saint Père, nous ne venons pas un peu comme des enfants.
Non, il faut enlever cette mentalité, c'est un cliché. Nous ne venons pas en victime. Nous venons en chef d'église, en responsable, rendre compte de ce que nous sommes, mais aussi rendre compte de nos projets avec tous les différents dicastères ou départements parce qu'il y a plusieurs. Il y a certains dicastères que nous privilégions parce que chargé de nos pays de mission. Mais nous avons d'autres que nous irons voir. Justice et paix par exemple, ou le département de la communication sociale qui vous est cher, et auquel j'appartiens.
Nous contacterons ces différents dicastères, puis nous allons nous disperser. Mais chacun aura vu le pape seul à seul et ensemble. Nous n'oublions pas non plus le temps que nous allons consacrer à la prière. Parce que nous venons bien sûr pour voir le Pape, mais il y a aussi les grandes basiliques de rome. Saint Pierre de Rome, Saint Paul hors-les-murs, Sainte Marie Majeure, Saint Jean de Latran
Ces quatre grandes basiliques, nous ne manquerons pas de les visiter ensemble et y prier.
Nous portons à Rome, toutes les intentions de nos peuples. Aujourd'hui ce que tout le monde souhaite, c'est que le Seigneur vienne au secours. Nous dirons à Dieu et à ses Saint Apôtres que les ivoiriens soient protégés de deux grandes tentations. La première tentation est de dire : « Dieu nous a abandonné, c'est pour cela que tout ça nous arrive. Nous avons trop péché». Et ce n'est pas vrai. Il faut qu'ils reprennent espérance.
Deuxièmement : il y a un excès d'espérance pour certains qui disent « Dieu seul nous sauvera, les hommes n'ont pas réussi, les hommes politiques n'ont rien fait. Donc Dieu seul nous sauvera.» Alors en ce moment on fait comme les juifs, dont certains étaient assis au bord du lac et qui pleuraient. Non, Dieu ne nous a pas abandonné. Dieu nous sauvera, mais avec nous-mêmes, avec le travail de l'Afrique elle-même. Parce que ce sont les fils de l'Afrique qui ont été le malheur de l'Afrique.
Votre visite Ad limina intervient au moment où la Côte d'Ivoire en crise est divisée. Quel conseil précis attendez-vous du Saint Père?
Le Saint Père dira ce qu'il voudra. C'est à nous à lui dire aussi ce que nous voulons. C'est surtout à nous de dire à nos gens que le pays ne doit pas rester diviser tout le temps. Je crois que tout le monde est maintenant convaincu des pas à faire pour la réunification et la paix. Nous connaissons par exemple, nous qui avons vécu avant vous, que la France était divisée aussi Nord Sud pendant la guerre de 39, 45. Finalement ils se sont réunis. Il n'y a donc pas de raison que nous soyons toujours divisés.
Eminence, pour vous, quel est le rôle de l'Episcopat dans un pays en guerre?
D'abord beaucoup de prière, prier beaucoup pour que les gens soient raisonnables. Deuxièmement, prendre contact avec les gens et leur parler, leur parler lorsque l'occasion se présente, seul à seul ou en groupe. Leur dire que ce n'est pas normal ce qui se passe. On ne doit pas s'installer dans l'anormalité et dire, « partout c'est comme ça». Non la Côte d'Ivoire est un pays comme les autres qui doit pouvoir se développer.
Donc il ne faut pas rester à pratiquer le nombrilisme, à avoir le nez planquer sur notre nombril. Non! Nous ne sommes pas que dans nos sacristies. Seulement, nous parlons souvent dans le désert, parce que les gens ont leurs intérêts qu'ils poursuivent et très souvent ils ne nous écoutent pas du tout. Mais cela ne nous empêche pas de continuer à parler.
Qu'est ce que l'Episcopat peut faire encore?
Quelque fois aussi menacer. Jean Baptiste n'a pas seulement caressé les gens dans le sens du poil. Jean a dit, « attention, Dieu est l'Eternel bien sûr, mais Dieu est le redoutable.» Et chacun qui conduit une partie du troupeau humain doit rendre compte à ce redoutable qui Lui, n'oublie rien. IL a une comptabilité qui est juste. C'est un expert comptable, mais dans la justice.
Je crois que c'est notre rôle de temps en temps de sonner les cloches pour dire, « attention le monde ne s'arrête pas là où on est.» Et surtout lorsqu'on est investi du pouvoir public. Mais cette partie de notre rôle n'est pas toujours bien acceptée. Parce qu'on voudrait que l'évêque, l'archevêque, le cardinal dise toujours « écoutez les gars vous avez très bien fait, vous êtes des hommes extraordinaires ». Ce n'est pas vrai. On n'accomplirait notre rôle jusqu'au bout. Mais nous n'avons pas non plus la crosse toujours debout en train de frapper les gens. Non! Nous sommes aussi comme des pères. Et des pères qui aiment.
Le cardinal Bernard Agré honoré à l'occasion de son 80ème anniversaire
Mar 12, 2006
Une grande messe a mis fin dimanche aux festivités marquant le 80ème anniversaire de son Eminence Bernard Cardinal Agré, à la Paroisse St. Jean de Cocody. Le clergé et la communauté des soeurs "Notre Dame de l'Incarnation" ont rendu un hommage mérité à ce grand chef des catholiques de Côte d'Ivoire.
Notre Voie (Abidjan, 8 Mars 2006) Une procession des offrandes des soeurs de "Notre Dame de l'Incarnation" a symbolisé l'oeuvre missionnaire du Cardinal Agré, de Man à Abidjan, en passant par Yamoussoukro. En outre, l'évocation lyrique du parcours de l'archevêque d'Abidjan par l'abbé Abékan Norbert et la Soeur Maria Lucé n'a pas laissé les fidèles indifférents.
"Vous avez fait beaucoup de bien en vrai pionnier à l'image de Dieu", a déclaré l'abbé Abékan, curé de la paroisse "Notre Dame de la Tendresse" de la Riviera-Golf. L'abbé Abékan a souligné que le cardinal a contribué au développement des médias au sein de l'église et à la création de paroisses, etc.
La Soeur Maria Lucé, pour sa part, a qualifié le cardinal Agré d'espérance d'écoute et de bâtisseur.
Le cardinal Agré, à son tour, a livré les secrets de sa longévité. A savoir l'évacuation de la mauvaise humeur, l'amour pour l'ennemi. Aussi, a-t-il recommandé aux Ivoiriens de trouver les solutions les meilleures à la crise pour que la Côte d'Ivoire demeure une terre d'accueil.
Le cardinal Agré est né le 2 mars 1926 à Monga (Alépé). Il est le 13ème prêtre ivoirien (ordonné en 1953), le 3ème évêque ivoirien (1968), le 2ème cardinal (2001) et le 1er cardinal ivoirien à être électeur d'un Pape, notamment Benoît XVI.
80 ans du cardinal Agré : le clergé ivoirien reconnaissant
Mar 11, 2006
Né le 02 mars 1926, le cardinal Bernard Agré a eu ses 80 ans hier. Il se serait appelé Mandah, du nom de son père décédé en 1980, si le père Méreau, l'un des premiers missionnaires en terre ivoirienne, n'avait pas conseillé au vieux Mandah, la pratique traditionnelle du terroir qui n'a rien à avoir avec celle des Européens qui ont des noms de famille.
Fraternité Matin (Abidjan, 3 Mars 2006) Avec un brin de nostalgie, Mgr Agré a parlé de sa famille, de ses amis défunts, de ses aînés : le cardinal Bernard Yago et Mgr René Kouassi, le premier prêtre ivoirien, ainsi que de ses formateurs : les pères Boivin et Méreau. Il a également parlé de sa mission dans l'Eglise. C'était, hier, au centre culturel de la cathédrale Saint-Paul du Plateau au cours d'une cérémonie de présentation de voeux du clergé. Tous les prêtres en service dans l'archidiocèse d'Abidjan étaient présents. Une messe d'action de grâce est prévue le dimanche 5 mars à 10h à la paroisse Saint-Jean de Cocody à l'initiative des soeurs de l'Institut Notre Dame de l'incarnation.
Au cours de cette cérémonie pleine d'émotion, le père Abonga De Paul a au nom de l'union fraternelle du clergé ivoirien (UFRATCI), traduit la reconnaissance du clergé d'Abidjan à son père spirituel. Il lui a dit ce qu'il a été et ce qu'il est pour l'Eglise en Côte d'Ivoire. Ce qu'il a fait tant à Man, à Yamoussoukro qu'à Abidjan ". Le peuple ivoirien, les hommes politiques et les hommes de bonne volonté vous seront reconnaissants pour le travail noble et enrichissant que vous avez abattu ici chez nous et ailleurs, dans les autres pays du monde : la construction de paroisse, la formation du clergé diocésain ", a-t-il reconnu. Le cardinal n'a pas non plus lésiné sur les moyens d'offrir aux diocésains deux séminaires : le séminaire de propeudétique et le séminaire Paul VI.
Enseignement catholique: Les grévistes de la faim rejette le memorandum du Cardinal Agré
Feb 22, 2006
Finalement, les enseignants du primaire catholique du département d'Alépé, grévistes de la faim depuis jeudi dernier, à la cathédrale Saint-Paul du Plateau, ont été reçus hier matin à l'archevéché (cathédrale Saint-Paul) par le secrétaire du cardinal Agré.
Notre Voie (Abidjan, 15 Février 2006) La rencontre a accouché d'une souris. Les grévistes de la faim ont catégoriquement rejeté la proposition du Cardinal Agré qui souhaite que tous leurs problèmes soient consignés dans un mémorandum qu'ils lui soumettront pour appréciation. Ils ont fait savoir qu'ils partiront de la cathédrale avec en poche tous leurs arriérés de salaires. A défaut, ils poursuivront leur grève de la faim de manière illimitée jusqu'à ce que mort s'en suive. Le secrétaire du Cardinal Agré a pris acte de leurs exigences et leur a promis qu'il en informera le directeur diocésain, l'Abbé Valentin Djoman, et le directeur national de l'enseignement catholique, l'Abbé Kouadio.
Ces grévistes de la faim viennent de toutes les écoles primaires catholiques non autonomes du département d'Alépé. L'église catholique leur doit 8 à 13 mois d'arriérés de salaires.
“Rapprocher les peuples”
Feb 06, 2006
Les Evêques de l’Afrique francophone se réunissent à partir d’aujourd’hui, jusqu’au 5 février, à Abidjan.
(Fraternité Matin, 1 Fevrier 2006) Plusieurs évêques de l’Afrique de l’Ouest se retrouvent à partir d’aujourd’hui à Abidjan. Peut-on connaître l’objet de cette rencontre ?
Il y a une réunion régulière tous les trois ans. Nous étions à Bamako la fois dernière. Ce sont des pays d’Afrique francophones d’Afrique de l’Ouest à savoir la Mauritanie, le Sénégal, le Cap vert, la Guinée, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin et le Burkina Faso qui se réunissent cette fois-ci en Côte d’Ivoire, pour deux raisons. D’abord ce sont des églises sœurs, qui viennent visiter une église sœur qui est dans la tourmente. Ensuite, c’est la communion entre nous. Nous avons un siège à Angré, la Conférence Episcopale Régionale de l’Afrique de l’Ouest (CERAO) ; nous allons inaugurer le nouveau bâtiment. Nous avons un ordre du jour assez chargé.
Vous aviez commencé une série de rencontres avec les Evêques du Burkina Faso pour la réconciliation. A quel stade êtes-vous ?
En fait, ce n’est pas pour la réconciliation entre les deux pays. Nous ne sommes pas en guerre, nous ne sommes pas en difficultés. Nous voulons tout simplement nous connaître un peu plus, et nous informer mutuellement. C’est ce qui s’est passé. Nous avons eu déjà une première rencontre, puis une seconde et nous continuons pour que les deux peuples qui sont voisins puissent se connaître. Comme l’épiscopat allemand et l’épiscopat français qui se sont rencontrés. Nous n’avons jamais eu de guerre entre nous évêques, mais nous disons que ce qui se passe influe l’environnement socio-politique. Il vaut mieux qu’on en parle. Les résultats sont très bons parce que eux ils ont su ce qui se passe. Nous aussi nous avons su ce que les gens disent, et pensent, et ce que nous pouvons faire pour que les positions se rapprochent entre les Burkinabè et les Ivoiriens.
Célébration de la messe de la paix
Jan 16, 2006
Cardinal Bernard Agré (Archevêque d'Abi