Le cardinal Rodé invite les jésuites à accentuer leur fidélité au pape et à l'Eglise
Jan 13, 2008
Selon les normes établies par Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie, – normes approuvées en 1540 – , deux raisons peuvent justifier la convocation d’une Congrégation Générale : l’élection d’un nouveau Général ou des enjeux très importants pour l’ensemble de la Compagnie.
(sjweb.info) Le Père Général a déclaré dans sa lettre de convocation de la 35e Congrégation Générale (du 2 février 2006) qu’ « après avoir obtenu l’agrément de Sa Sainteté Benoît XVI et une réponse unanimement favorable des Assistants et des Provinciaux de toute la Compagnie » il convoquait la 35e Congrégation Générale « pour pourvoir au gouvernement suprême de la Compagnie ».
En 1983, le Père Peter Hans Kolvenbach fut élu quand le Père Pedro Arrupe, avec l’agrément du pape Jean Paul II, renonçait à sa charge en raison de sa maladie qui lui rendait impossible de gouverner la Compagnie. Aujourd’hui, la situation est différente : le Père Kolvenbach, l’âge avancé de 80 ans et bien 25 ans de généralat. Tout en consentant la renonciation du Père Kolvenbach, Benoît XVI a voulu maintenir la prescription des Constitutions, selon laquelle un Préposé Général est élu ad vitam. En même temps Sa Sainteté a voulu ouvrir la porte à une possible renonciation si l’âge ou d’autres circonstances bien décrites l’exigent. La 35e Congrégation, pour cette raison recevra la renonciation du Père Peter Hans Kolvenbach et procédera avec l’élection du nouveau Préposé Général. En même temps, la Congrégation délibérera de thèmes ayant une importance particulière pour la vie et l’activité apostolique de la Compagnie de Jésus dans le XXIe siècle.
Ouverture de la 35ème Congrégation Générale
Rome, 8 janvier 2008
Avec une cérémonie solennelle, soigneusement préparée, qui a duré deux heures, la 35ème Congrégation Générale a été inaugurée, dans l’Église du Gesù, Église Mère de la Compagnie.
Le Cardinal Franc Rodé, préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, a présidé la concélébration. Au presbytère, il y avaient également le Père Général, les Conseillers et le Secrétaire de la Compagnie. Les trois cardinaux jésuites, résidents à Rome, se trouvaient à droite de l’autel : les cardinaux Roberto Tucci, Thomas Spidlik et Urbano Navarrete. Dans l’Église étaient présents également les membres de la Congrégation et quelques religieux d’autres congrégations de spiritualité ignatienne.
Dans son Homélie, le cardinal a dédié quelques mots affectueux au Père Kolvenbach : Je désire, Révérend Père Kolvenbach, vous apporter, au nom de l’Église et en mon nom personnel, des vifs remerciements pour votre fidélité, votre sagesse, votre rectitude, votre exemple d’humilité et de pauvreté. La suite de l’homélie – qui a durée presque une demi heure – le cardinal l’a consacrée aux textes des Constitutions et des Exercices Spirituels de Saint Ignace qui parlent du charisme apostolique, l’obéissance au Saint Père, et le sentire cum ecclesia qui constituent la base de la spiritualité de la Compagnie. Le cardinal a exprimé sa tristesse et son inquiétude en constatant que « même chez plusieurs membres de Familles religieuses le « sentire cum Ecclesia », […] est en baisse.
Ensuite il s’est adressé directement aux jésuites : Ils sont nombreux les Instituts de vie consacrée qui, participant à la spiritualité ignacienne, regardent avec attention vos choix ; ils sont nombreux les futurs prêtres, dans vos universités et facultés […] ; elles sont nombreuses les personnes qui, dans ou hors de l’Église, fréquentent vos centres d’enseignement avec le désir de trouver une réponse aux défis que la science, la mondialisation […] posent à l’humanité, […] avec l’espérance de recevoir une formation qui les rendent capables de construire un monde de vérité et de liberté, de justice et de paix.
À la fin de la célébration, le cardinal s’est dirigé avec le Père Général vers l’autel de Saint Ignace, où est située la statue du Saint couverte de la peinture restaurée récemment. Andrea Pozzo avait conçu l’autel comme une scène théâtrale – comme il était d’usage à l’époque – composée en deux scènes : la peinture et la statue dévoilée uniquement en des occasions spéciales.
Devant la statue du Saint, le Père Général a allumé une lumière qui restera allumée tout au long de la Congrégation Générale – symbolisant la prière de toute la Compagnie dans le monde entier – et a récité la prière envoyée à toutes les Provinces le 4 janvier.
A trois heures, dans l’après-midi, les Assistances se sont réunies en groupes séparés pour préparer l’ouverture officielle qui était prévue pour le soir.
Les médias italiens suivent avec beaucoup d’intérêt le développement de la Congrégation. Des nouvelles semblables nous arrivent de toute l’Europe.
Voici donc les premiers pas de la Congrégation Générale suivie avec intérêt et en union de prière par de nombreuses personnes, dans et hors de la Compagnie.
ÉLECTIONS
L’ouverture officielle de la Congrégation a eu lieu, sous la présidence du Père Général, le 7 janvier à 16:30. Conformément à la Formule de la Congrégation Générale, les délégués décident par scrutin non secret et à la majorité, si la Congrégation doit être considérée comme complète et légitime. Après le scrutin positif, le Père Général est passé au point suivant : l’élection du Secrétaire et de son Assistant, pour être au service de la Congrégation pour tout ce qui concerne l’élection du Préposé Général :
1.) Le Père Luis Orlando Torres (Puerto Rico) a été élu comme secrétaire et le Père Ignacio Echarte (Loyola) comme son Assistant.
2.) Membres de la Commission chargée de juger si quelqu’un a brigué le Généralat. Conformément à la Formule, la Commission est composée des membres les plus anciens en religion des dix Assistances. Les Pères Augustin Karekezi (Afrique), Ramon Alaix (Amérique Latine Méridionale), Jorge Ambert (Amérique Latine Septentrionale), Jose Changanacherry (Asie Méridionale), Adolfo Nicolás (Asie Orientale et Océanie), Wendelin Köster (Europe Centrale), Elías Royón (Europe Méridionale), Peter-Hans Kolvenbach (Europe Occidentale), Adam Zak (Europe Orientale) et Vincent Cooke (États-Unis d’Amérique).
3.) Députés pour recueillir des informations et soumettre un rapport sur « les ombres et les lumières » dans la Compagnie (De statu Societatis) : E. Goussikindey (Afrique), A. Palacio (Amérique Latine Méridionale), J. Morales (Amérique Latine Septentrionale), M. Devadoss (Asie Méridionale), B. Nebres (Asie Orientale et Océanie), S. Dartmann (Europe Centrale), E. Royón (Europe Méridionale), M. Rotsaert (Europe Occidentale), A. Zak (Europe Orientale), B. Schaeffer (États-Unis d’Amérique).