Pédophilie : l'archevêque de Boston nous répond
Apr 16, 2008
Rome, le 16 avril 2008 - E.S.M. - Le cardinal O'Malley a modifié le mode de gouvernement du diocèse, en faillite après la déplorable gestion de la crise des prêtres pédophiles. Toutefois, il existe une tension entre le communautarisme des uns et le sens de la communion des autres dans une société américaine qui cultive l'individualisme.
Comment avez-vous cherché à résoudre la crise des prêtres pédophiles à Boston ?
Sous la pression des médias, il s'est agi de faire face à la crise en jouant mon rôle d'évêque. Ne rien nier de la vérité, surtout devant les victimes, tout en soutenant fermement les prêtres et les laïcs qui, dans leur quasi-totalité, étaient innocents. J'ai décidé de vendre le palais épiscopal (100 millions de dollars) au Boston College. Ainsi, les dédommagements ont été couverts sans peser sur les finances des paroisses et des écoles. Pour affronter le scandale des abus sexuels, avec tous les catholiques, nous nous sommes purifiés et recentrés sur l'essentiel.
Quel objectif cherchez-vous à atteindre désormais ?
Dans un diocèse de 2 millions de catholiques, avec cinq universités catholiques et 250 000 étudiants en résidence sur les campus, je me concentre sur la formation des laïcs, pour favoriser les vocations, en particulier au sacerdoce et au mariage, et trouver le sens de notre mission afin que chacun participe à la construction de « la civilisation de l'amour ». Pour cela, il a fallu remettre à flot les écoles et les hôpitaux catholiques dont les comptes étaient dans le rouge. Désormais, ils peuvent continuer leur mission sociale et éducative. Avec 1 400 prêtres, le diocèse de Boston est riche en personnes et en moyens que nous partageons amplement.
Quelles sont vos difficultés ?
Alors que nous vivons dans la prospérité et le matérialisme, subsiste un certain sens religieux. Toutefois, il existe une tension entre le communautarisme des uns et le sens de la communion des autres dans une société américaine qui cultive l'individualisme. Bien qu'il ne passe pas par Boston lors de sa visite prochaine, nous attendons beaucoup de Benoît XVI.
Le blog du cardinal O'Malley : www.cardinalseansblog.org Propos recueillis par Vincent Cabanac