« L’espérance restera toujours la plus forte. » (Benoît XVI. Homélie du 13 septembre à Paris.)
Sept 29, 2008
Cher amis, chers fidèles du diocèse de Paris,
Nous sommes dans la joie et l’action de grâce de la visite apostolique du Pape Benoît XVI !
Nous nous souviendrons longtemps de l’allégresse paisible qui régnait sur les quais de Seine, sur le parvis de Notre-Dame et sur l’esplanade des Invalides, ces journées resteront un moment exceptionnel de notre vie ecclésiale. De plus, pour nous, dans le diocèse de Paris, elles avaient été précédées de la consécration des nouveaux évêques auxiliaires, Renauld de Dinechin et Éric de Moulins-Beaufort et de l’inauguration du Collège des Bernardins.
Merci à tous ceux qui se sont mobilisés pour rendre ces évènements possibles ; merci à tous ceux qui y ont participé ; merci à tous ceux qui les ont préparés par la prière.
La visite du Pape renouvelle l’élan de notre Église vers la mission. Comme Benoit XVI l’a rappelé en plusieurs occasions, nous tous baptisés découvrons chaque jour plus clairement que nous sommes des envoyés en ce monde. Dans son message aux jeunes rassemblés devant Notre Dame il disait : « Je vous encourage à avoir les mots qu’il faut pour annoncer Dieu autour de vous, appuyant votre témoignage sur la force de l’Esprit demandé dans la prière. » Et le pape ajoutait, dans son discours aux évêques de France : « La société pluri-culturelle et pluri-religieuse dans laquelle nous vivons est une opportunité que nous donne le Seigneur de proclamer la Vérité et d’exercer l’Amour afin d’atteindre tout être humain sans distinction, même au delà de l’Eglise visible. » Car « aujourd’hui l’absence de Dieu est aussi tacitement hantée par la question qui le concerne » (discours aux Bernardins), aujourd’hui l’Évangile, s’il est parfois ignoré ou moqué, n’en est pas moins attendu !
Chers amis, l’Église ne peut se contenter de gérer au mieux la vie sacramentelle d’une population déjà convaincue. Nous avons à porter d’une façon toujours plus rayonnante la lumière du Christ, à témoigner plus librement de notre espérance, à vivre plus exactement de l’amour dont nous sommes aimés, à ouvrir largement notre trésor à ceux qui nous entourent en allant à la rencontre de nos contemporains.
A Paris nous voulons mettre en œuvre cet élan missionnaire à travers les Assises diocésaines pour la Mission qui vont se dérouler de novembre 2008 à avril 2009. A la suite des Journées Mondiales de la Jeunesse de 1997 et de « Paris-Toussaint-2004 », je vous avais invités en décembre 2005 à accentuer la vie missionnaire de nos communautés. Après les visites pastorales des trois années écoulées, nous voici en mesure de formuler des objectifs diocésains. J’invite donc chaque paroisse et chaque mouvement apostolique à prendre part à ces assises en y envoyant des délégués.
Je confie ce travail commun à votre prière et à l’intercession de la Vierge Marie et des saints de notre Diocèse, en particulier de sainte Geneviève et de saint Denys. Et je demande à Dieu, en reprenant les mots de Benoît XVI dans son homélie du 14 septembre à Lourdes, « qu’à la suite des grands évangélisateurs de votre pays, l’esprit missionnaire qui a animé tant d’hommes et de femmes de France au cours des siècles, soit votre fierté et votre engagement. »
Paris, le 17 septembre 2008
+ André cardinal VINGT-TROIS
Archevêque de Paris
« A-t-on libéré la liberté humaine ? », interroge le card. Vingt-Trois
Sept 29, 2008
A la suite du message de Benoît XVI aux évêques sur la « libération spirituelle »
ROME, Dimanche 14 septembre 2008 (ZENIT.org) - La « libération spirituelle », c'est la libération « de la liberté humaine », a expliqué le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, lors d'une conférence de presse à l'issue de la rencontre de Benoît XVI avec les évêques, cet après midi, à l'hémicycle Sainte-Bernadette, à Lourdes, lieu de l'assemblée des évêques de France, deux fois par an.
Le pape a en effet évoqué une « libération spirituelle », en employant, commentait le cardinal Vingt-Trois, la « parabole » de la libération territoriale de la France.
Citons le passage du message de Benoît XVI aux évêques : « L'année qui a précédé mon élection au Siège de Pierre, j'ai eu la joie de venir dans votre pays pour y présider les cérémonies commémoratives du soixantième anniversaire du débarquement en Normandie. Rarement comme alors, j'ai senti l'attachement des fils et des filles de France à la terre de leurs aïeux. La France célébrait alors sa libération temporelle, au terme d'une guerre cruelle qui avait fait de nombreuses victimes ».
Le pape évoquait le besoin d'une libération « des peurs et des péchés » : « Aujourd'hui, continuait-il, c'est surtout en vue d'une véritable libération spirituelle qu'il convient d'oeuvrer. L'homme a toujours besoin d'être libéré de ses peurs et de ses péchés. L'homme doit sans cesse apprendre ou réapprendre que Dieu n'est pas son ennemi, mais son Créateur plein de bonté. L'homme a besoin de savoir que sa vie a un sens et qu'il est attendu, au terme de son séjour sur la terre, pour partager à jamais la gloire du Christ dans les cieux. Votre mission est d'amener la portion du Peuple de Dieu confiée à vos soins à la reconnaissance de ce terme glorieux ».
Le pape, expliquait le cardinal, part de cette « expérience » et de sa perception qu'il a de « l'attachement des Français à leur liberté temporelle », pour dire : « Il faut que nous ayons une passion identique pour une liberté spirituelle ».
« Donc, la question n'est pas tellement de savoir si nos territoires sont occupés », ajoute le cardinal Vingt-Trois. « Il est permis de se demander, si, aujourd'hui, pour l'homme du XXIe siècle, qu'il soit Français, Allemand, Romain, Américain, ou autre, quelles sont les zones occupées dans sa personnalité, et pas seulement dans son territoire national ; quelles sont les parties de lui-même où il vit une aliénation, et de quelle aliénation il a besoin d'être libéré ».
« Vous savez aussi, mais peut-être qu'un certain nombre de vos lecteurs ne le savent pas, que dans la période historique des événements, le même phénomène a joué : pour beaucoup des hommes et des femmes engagés dans la résistance, ou dans les combats pour la libération, il était évident qu'il ne s'agissait pas seulement du territoire ». Ils voyaient « une opportunité de faire surgir un nouveau mode de vie sociale ».
« Je ne sais pas si leurs espoirs ont été déçus ou satisfaits, mais en tous cas ils avaient bien compris eux aussi que la question centrale n'était pas seulement de récupérer la liberté du territoire mais de développer la liberté des hommes qui vivent sur ce territoire », a-t-il ajouté.
Revenant au discours du pape aux évêques de France, le cardinal Vingt-Trois conclut : « le pape ne dit pas autre chose. La question n'est pas simplement de savoir si on a libéré le pays, mais si on a libéré la liberté humaine ».
Il Cardinale Vingt-Trois spiega la “laicità aperta” promossa dal Papa
Sept 21, 2008
Non è un “crimine” essere credente o vivere la solidarietà cristianaю
LOURDES, lunedì, 15 settembre 2008 (ZENIT.org).- La storia religiosa dell'Europa e della Francia giustifica il fatto che Benedetto XVI abbia promosso la “laicità aperta”, ha spiegato il Cardinale André Vingt-Trois, Arcivescovo di Parigi.
In un'intervista concessa a vari giornalisti, tra cui il corrispondente di ZENIT, domenica sera a Lourdes, il presidente della Conferenza Episcopale Francese è entrato nel dibattito sociale che ha luogo in questi giorni in Francia, in cui alcune voci politiche si sono opposte all'intervento del Presidente Nicolas Sarkozy – che ha chiesto una “laicità positiva” – affermando che la laicità non ha aggettivi.
Secondo il Cardinale Vingt-Trois, alla fine del XIX secolo e all'inizio del XX sia in Francia che in Europa, ad esempio in Polonia, è nato un movimento che aveva l'obiettivo di “combattere il cattolicesimo”.
Il Kulturkampf o battaglia culturale, conflitto che vide affrontarsi Otto von Bismarck e la Chiesa cattolica tra il 1871 e il 1880, come diceva lo stesso cancelliere dell'Impero tedesco “non era rivolto contro l'islam o contro l'ebraismo”, ha ricordato il porporato.
“E nel titolo della legge francese chiamata di 'separazione tra Chiesa e Stato', se tutti sapevano qual era lo Stato, la Chiesa dalla quale doveva separarsi era quella cattolica”, ha constatato.
“La questione della laicità del sistema politico e dello Stato è stata vissuta in modo polemico e in una prospettiva militante, ma lo Stato non esaurisce le espressioni della società”, ha osservato l'Arcivescovo della capitale francese.
Le “peripezie storiche” in riferimento alla storia del Paese a partire dalla Prima Guerra Mondiale, che ha fatto “considerare le cose da un altro punto di vista”, hanno portato “a progredire in una pratica pragmatica della laicità, smettendo di essere militante per portare piuttosto a una convivenza che possiamo chiamare pacifica”.
“Il passo compiuto dal Presidente Sarkozy” nella sua conferenza nella Basilica di San Giovanni in Laterano a Roma, il 20 dicembre 2007, e a Riad (Arabia Saudita) il 14 gennaio 2008 ha permesso di “presentare un'analisi del funzionamento sociale in cui l'appartenenza religiosa ha smesso di essere un tabù, per considerarsi come un contributo specifico, utile per la vita della società”.
“Dire che ciò rappresenta una 'laicità aperta' significa che non ci troviamo più in una situazione in cui si poteva collaborare con le attività collettive a condizione di non dire i motivi per i quali lo si faceva. Si poteva essere un buon cittadino 'pur essendo credente'. Oggi si può dire che non sarebbe impossibile essere 'un buon cittadino perché si è un buon credente'. Non è la stessa cosa”, ha affermato.
“Ciò significa che molti uomini e donne che si sono impegnati in attività collettive non confessionali, come i 'Restos du Cœur' (Ristoranti del Cuore, attività caritatevoli promosse da star della musica e del mondo dello spettacolo in Francia, ndt.), ad esempio, possono esprimere almeno una parte dei motivi per i quali lo fanno e di cui non ci si deve vergognare”.
Le attività cattoliche, compiute per motivi religiosi, secondo alcune visioni della laicità non potrebbero però manifestarsi.
“Non è una vergogna che un cristiano cerchi di mettere in pratica la solidarietà, non è un 'crimine' che deve essere punito dai tribunali”, ha affermato il Cardinale Vingt-Trois alludendo ai processi ai quali sono state sottoposte le congregazioni religiose all'inizio del XX secolo in Francia.
Come punto di riferimento, il porporato ha citato la lettera scritta da Giovanni Paolo II alla Conferenza Episcopale Francese per ricordare l'anniversario della legge che nel 1905 ha stabilito la separazione tra Stato e Chiesa.
Il defunto Pontefice, ha ricordato il Cardinale, invitava a “riflettere sulla storia religiosa in Francia durante il secolo scorso” e concludeva: “Che nessuno abbia paura del cammino religioso delle persone e dei gruppi sociali! Vissuto nel rispetto della sana laicità, esso non può che essere fonte di dinamismo e di promozione dell'uomo”.
Le cardinal Vingt-Trois accueille Benoît XVI dans l'hémicyclique Ste Bernadette
Sept 14, 2008
Lourdes, le 14 septembre 2008 - E.S.M. - Le cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris et Président de la conférence des évêques de France et l'évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Jacques Perrier ont accueilli cet après midi le pape Benoît XVI dans l'hémicyclique sainte Bernadette.
Discours du cardinal Vingt-Trois
Discours du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, à l'occasion de la rencontre du Pape Benoît XVI et des évêques et cardinaux français.
Très Saint Père,
C'est un événement mémorable qui nous réunit ce soir. Votre vénéré prédécesseur Jean-Paul II avait réuni la Conférence épiscopale lors de son premier voyage apostolique en France en 1980. Dans un programme déjà très chargé, nous vous sommes particulièrement reconnaissants d'avoir inscrit cette rencontre et nous espérons que ces deux événements, séparés par plus d'un quart de siècle, seront les prémices d'une tradition qui se perpétuera. Nous voici donc ce soir dans le cadre habituel de nos réunions, où nous venons deux fois par an pour des assemblées, certes laborieuses, mais aussi priantes et fraternelles. Et je puis dire que nous sommes toujours heureux de nous retrouver et de partager ensemble les joies et les soucis de notre ministère épiscopal.
Vous le savez, nous sommes confrontés à des défis considérables dans notre mission d'annoncer l'Évangile aux hommes de notre temps. La désagrégation des familles, les difficultés éducatives et la crise de la transmission des valeurs et des convictions, les atteintes à la dignité humaine tant dans le domaine socio-économique que dans les applications technologiques de la recherche scientifique ou dans le respect de la vie dès son commencement et jusqu'à sa fin, sont autant de fardeaux qui pèsent sur nos contemporains. Nous nous efforçons de faire entendre non seulement la voix de l'Église, mais aussi la voix de la raison humaine qui doit éclairer les choix moraux de chacun et de toute société. Nous voulons être de véritables témoins de l'espérance.
En cette année saint Paul, comment ne pas évoquer les tribulations de l'Apôtre ? « Pressés de toute part, nous ne sommes pas écrasés ; dans des impasses, mais nous arrivons à passer ; pourchassés, mais non rejoints ; terrassés, mais non achevés » (2 Cor. 4, 8-9), nous ne faiblissons pas. Avec nos collaborateurs dans le ministère, prêtres et diacres, nous désirons partager notre espérance : notre mission n'est pas notre œuvre, mais celle de l'Esprit de Dieu lui-même. Bousculée par les changements sociologiques de notre société, notre Église fait face, certes avec moins de moyens qu'autrefois, mais non pas moins de conviction ni de courage. Nous nous réjouissons de l'engagement de nombreux catholiques dans la mission et de leur coopération à l'œuvre apostolique. Nous souffrons de notre difficulté à soutenir et accompagner les vocations sacerdotales et religieuses, mais nous ne baissons pas les bras. Dans de nombreux diocèses, les évêques relancent inlassablement l'appel à une vie plus missionnaire. Ils renouvellent et développent de nouvelles approches pour l'appel au sacerdoce et la formation des prêtres.
Très Saint Père ,
Nous connaissons votre résolution de « fortifier vos frères ». Aussi nous somme heureux de ces quelques instants qui nous permettent de vous redire notre communion profonde et notre affection. Notre concélébration eucharistique de ce matin a été une manifestation sacramentelle très forte de notre unité dans la prière commune de l'Église. Elle a été aussi une image vivante de notre communion avec vous et de notre communion dans le même Seigneur.
Mgr Vingt-Trois accueille le pape Benoît XVI au collège des Bernardins
Sept 13, 2008
Paris, le 12 septembre 2008 - E.S.M. - Mgr Vingt-Trois a d'abord exprimé sa vive reconnaissance au pape Benoît XVI. "En effet, pour venir à Paris, vous avez généreusement accepté d’anticiper de vingt quatre heures votre pèlerinage à Lourdes à l’occasion du jubilé des cent cinquante ans des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette. Pour ouvrir notre rencontre, vous ne m’en voudrez pas d’évoquer ici le souvenir et la figure du regretté cardinal Jean-Marie LUSTIGER, mort il y a juste un an".
Très Saint-Père,
Avant tout, je veux vous dire notre vive reconnaissance. En effet, pour venir à Paris, vous avez généreusement accepté d’anticiper de vingt quatre heures votre pèlerinage à Lourdes à l’occasion du jubilé des cent cinquante ans des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette. Pour ouvrir notre rencontre, vous ne m’en voudrez pas d’évoquer ici le souvenir et la figure du regretté cardinal Jean-Marie LUSTIGER, mort il y a juste un an. Le projet du Collège des Bernardins est vraiment son oeuvre. Il y a pensé très longtemps. Il n’a rien ménagé pour en rendre la réalisation possible.
Avec les soutiens très importants de l’État, de la Ville de Paris et de la Région d’Île de France, la restauration historique de ce magnifique ensemble architectural a été réalisée et le Collège des Bernardins a pu être rendu à sa vocation première de haut lieu de la culture. Sans l’intuition du cardinal Lustiger, sans sa détermination et son implication, je ne crois pas que cette oeuvre aurait abouti. Mais si j’ai voulu vous inviter dans ce lieu magnifique et si je me réjouis que vous ayez accepté cette invitation, ce n’est évidemment pas seulement pour nous congratuler sur le patrimoine reçu de nos pères dans la foi. Le projet des Bernardins ne vise pas à reconstituer une oeuvre du Moyen-âge. Nous ne sommes pas une entreprise de sauvegarde du patrimoine historique, si brillant et si attachant soit-il. La question à laquelle nous sommes confrontés en ce XXI° siècle n’est pas celle de la duplication de l’université du XIII° siècle, ni du XIX° siècle d’ailleurs. Comment notre patrimoine philosophique et théologique, dont ce chef d’oeuvre architectural est un beau symbole, peut-il aider aujourd’hui l’humanité de notre temps à formuler les questions fondamentales auxquelles elle ne peut échapper et comment pouvons-nous contribuer à l’élaboration des réponses à ces questions dans un dialogue permanent avec nos contemporains ?
Permettez-moi d’interpréter votre présence dans ce magnifique lieu comme un signe qui nous est adressé sur la place et la fonction des religions chrétiennes dans le contexte particulier des sociétés européennes. L’histoire de la prise de conscience du continent, les expériences successives de communication entre les peuples de l’Europe, aussi bien que les expériences de division et de déchirement sont indissociables du développement de l’expérience et de la pensée chrétienne, comme aussi des heures sombres de la division entre l’Orient et l’Occident et de la division spécifiquement occidentale vécue au temps de la Réforme.
Depuis un demi-siècle, l’Europe cherche sa voie et se construit plus ou moins laborieusement. Mais à mesure qu’elle s’étend en accueillant de nouveaux membres, la confrontation des cultures se fait plus vive, l’interrogation sur les finalités plus urgente. Vers quel avenir va notre continent ? Sur quelles bases anthropologiques et éthiques se développe notre union ? Pour quel service de l’humanité ? Nous sommes convaincus que la Sagesse chrétienne peut apporter sa contribution à cette grande oeuvre.
Depuis que la traduction française de votre ouvrage La foi chrétienne, hier et aujourd’hui a été publiée, il y a tantôt quarante ans, beaucoup de chrétiens en France savent que ces sujets sont au coeur de votre réflexion. Nous sommes heureux de pouvoir en bénéficier.
Vous avez devant vous une assemblée qui réunit Madame la Ministre de la Culture, Monsieur le Maire de Paris et de nombreuses personnalités. Vous voyez une délégation importante des académies de l’Institut de France, dont vous êtes un membre éminent, et dont le Chancelier va vous adresser le salut de ses confrères. Vous avez aussi des représentants des communautés musulmanes de France que je remercie d’avoir accepté notre invitation et un parterre de personnalités engagées dans la réflexion sur notre société : universitaires, écrivains, artistes, communicateurs, etc…Tous ont répondu à mon invitation et je m’en félicite.
Comment aurions-nous pu rêver une meilleure manière et une manière plus prestigieuse d’inaugurer les activités du Collège des Bernardins ?
Mgr Vingt Trois accueille Benoît XVI aux Invalides
Sept 13, 2008
Paris, le 13 septembre 2008 - E.S.M. - La célébration eucharistique sur l'Esplanade des Invalides à Paris s'est ouverte par les mots d'accueil du Cardinal Vingt-Trois pour le pape Benoît XVI mais aussi pour toutes les communautés de France. Le cardinal s'est réjoui de la présence du saint-Père à Paris.
Très Saint Père,
« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Permettez-moi de vous saluer ce matin à l’aide de cette salutation biblique qui inscrit notre rassemblement dans sa dimension sacramentelle et spirituelle. C’est avec une immense joie et une profonde gratitude que nous vous accueillons aujourd’hui dans ce cadre grandiose, nous, habitants de Paris et de l’Ile de France, mais aussi représentants de nombreux diocèses français qui ont fait souvent une longue route pour participer ce matin à la célébration que vous présidez.
Toutes les générations sont ici représentées et vous retrouvez le groupe important des jeunes auxquels vous vous êtes adressé hier soir devant la cathédrale et qui, cette nuit, ont tracé dans la ville endormie un chemin de lumière, signe de l’espérance que représentent leur foi chrétienne et leur engagement dans la cité.
Comme d’autres pays d’Europe occidentale, la France, et particulièrement Paris et sa région, sont un véritable carrefour des peuples et des nationalités. Ici, les Églises chrétiennes des rites orientaux sont largement représentées : arméniens, ukrainiens, maronites, coptes, syriaques, chaldéens, et grecs-melchites, grecs catholiques roumains et russes, constituent en France des communautés vivantes. Mais ici aussi se rejoignent de nombreux immigrés des cinq continents : européens de différents pays, océaniens, américains, africains et asiatiques sont rassemblés dans plus de cinquante communautés nationales.
Certains sont immigrés depuis plusieurs générations et très enracinés dans notre société française, d’autres sont arrivés plus récemment. Beaucoup parmi eux ont du quitter leur pays, leur maison et leur famille, chassés par la guerre ou la répression politique ou tout simplement par la misère économique. Nos communautés chrétiennes sont heureuses de les accueillir et de les aider à trouver leur place parmi nous, comme ils ont leur place à la table eucharistique. Nous voulons aussi que notre pays contribue de manière significative et durable au développement de leurs pays d’origine et à leur assainissement politique, de façon qu’ils puissent retrouver leurs familles quand ils le souhaiteront.
Très Saint Père,
Nous nous réjouissons que notre profonde communion avec vous et, par vous, avec l’Église universelle, s’exprime et se fortifie dans la même profession de foi ; qu’elle s’alimente et se nourrisse à la table commune où le Seigneur nous donne la Parole et le Pain de Vie ; qu’elle s’approfondisse et se développe par les liens de la charité. Successeur de Pierre, vous présidez à la communion et à la charité et nous voulons manifester l’unité de notre Église en communiant avec vous dans une unique célébration comme nous avons « un seul Seigneur, une seule foi, un seul Dieu et Père. »
« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Mgr Vingt-Trois et le motu proprio du pape Benoît XVI
Sept 11, 2008
Le 11 septembre 2008 - E.S.M. - Dans le "talk" du Figaro (10 sep. 2008), Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris a livré quelques impressions, notamment sur la venue du Pape à Paris et sur le fichier Edvige. Puis le journaliste l'a interrogé sur la question du Motu proprio de Benoît XVI sur la forme extraordinaire du rite de la messe. Voici ce court échange, que nous commentons. (HERMAS)
Le Figaro - Très rapidement, on a eu beaucoup de questions d'internautes sur les questions liturgiques. Vous savez qu'en France c'est un sujet toujours sensible. Il y a deux questions très différentes : l'une sur l'autorisation renforcée par Benoît XVI de permettre la célébration de la messe suivant le missel ancien et certains internautes, c'est le cas de Luc, par exemple, qui reproche aux évêques de France de traîner les pieds pour appliquer le motu proprio ?
Mgr Vingt-Trois - Je ne crois pas. Je crois que le Motu Proprio tel que j'ai compris l'intention du pape, c'est une mesure en faveur de la communion de l'Église. C'est une dimension fondamentale du ministère de Benoît XVI tel qu'il l'exerce. Il se sent responsable de faire progresser l'unité entre les chrétiens. Faire progresser l'unité entre les chrétiens, ça veut déjà dire de la faire progresser entre les catholiques. Ce n'est pas par hasard s'il a signé le motu proprio sur la liturgie dans la même période où il signait la lettre aux catholiques chinois, c'est-à-dire qu'il y a dans notre Église, pour différentes raisons historiques que je ne vais pas détailler ici, des clivages qui se sont mis en place et le pape essaie d'éviter que ces clivages ne deviennent des abîmes infranchissables. Il prend des mesures pour aider à recomposer la communion et la développer.
La réponse de Mgr Vingt-Trois à la question posée se borne à ceci : "Je ne crois pas" [que les évêques de France traînent les pieds dans l'application du Motu proprio]. Force est cependant de constater que ce n'est pas l'impression des catholiques attachés à la forme extraordinaire, en de nombreux endroits.
Par ailleurs, il est réducteur de dire que les "clivages qui se sont mis en place" sont dus à de simples "raisons historiques". Le Pape lui-même a relevé que ce qui était en cause était bien la relation entre la loi de la prière et la loi de la foi, mainte fois compromise en maints endroits. Rappelons ici ses propres paroles :
« Beaucoup de personnes qui acceptaient clairement le caractère contraignant du Concile Vatican II, et qui étaient fidèles au Pape et aux Évêques, désiraient cependant retrouver également la forme de la sainte liturgie qui leur était chère ; cela s'est produit avant tout parce qu'en de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel ; au contraire, celui-ci finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité ; cette créativité a souvent porté à des déformations de la liturgie à la limite du supportable. Je parle d'expérience, parce que j'ai vécu moi aussi cette période, avec toutes ses attentes et ses confusions. Et j'ai constaté combien les déformations arbitraires de la liturgie ont profondément blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l'Église » (Lettre du 7 juillet 2007).
Enfin, s'il est exact que le Motu proprio du 7 juillet 2007 est presque concomitant à la lettre aux catholiques chinois (27 mai 2007), il l'est plus directement à une autre lettre, écrite celle-là aux Évêques de France à l'occasion du Motu proprio dont il est question. Dans cette lettre, le Pape leur a explicitement écrit, et publiquement, qu'il considérait que les membres de la hiérarchie avaient "leur part de culpabilité" dans les "clivages" évoqués par Mgr Vingt-Trois, en évoquant avec saint Paul - dans un passage sévère - leur "étroitesse de coeur". Voici ce texte, qu'il faut aussi rappeler :
« En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l'impression qu'aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l'Église n'ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l'unité ; on a l'impression que les omissions dans l'Église ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd'hui une obligation: faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l'unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau. Il me vient à l'esprit une phrase de la seconde Épître aux Corinthiens, où Saint Paul écrit : "Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens; notre coeur s'est grand ouvert. Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous ; c'est dans vos coeurs que vous êtes à l'étroit. Payez-nous donc de retour; (...) ouvrez tout grand votre coeur, vous aussi !" Paul le dit évidemment dans un autre contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous toucher, précisément sur ce thème. Ouvrons généreusement notre cœur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place. » (Lettre du 7 juillet 2007).
Le Figaro - Et sur la liturgie telle qu'elle est pratiquée depuis le concile, il a lui-même parlé de réforme de la réforme. Nous allons peut-être voir samedi comment il le conçoit. Une réforme de la réforme liturgique est-elle nécessaire à vos yeux ?
Mgr Vingt-Trois - Je crois que ce qui est surtout nécessaire c'est la réforme des cœurs, c'est-à-dire qu'on ne va pas à la messe comme on va au spectacle. On va à la messe pour participer au sacrifice du Christ et pour s'unir au sacrifice du Christ. Si je vais à la messe pour voir représenter ce que je pense, je ne crois pas que je sois dans les bonnes dispositions. J'essaie, quand je célèbre l'eucharistie, de me mettre dans une disposition d'accueil et de disponibilité. C'est ce que le pape fait et c'est ce qu'il va faire samedi, en célébrant avec nous, selon la liturgie unique de l'Église, comme il célébrera à Lourdes avec tous les évêques de France selon la liturgie de l'Église.
Force est encore de constater que cette réponse n'en est pas une. Que la réforme des coeurs soit nécessaire, nul ne le nie, et pour les deux côtés. Le Pape y a d'ailleurs invité en particulier les évêques français - on vient de le voir - pour accueillir ceux qui ont été marginalisés pendant trente ans hors de leurs paroisses, contre toute justice, et auxquels a été refusée l'application, notamment, du Motu Proprio de 1988, malgré la demande explicite du Pape Jean-Paul II d'en faire (déjà) une "application large et généreuse" [ICI]..
Que la sainte Eucharistie ne soit pas un spectacle, ce ne sont pas les personnes attachées à la forme extraordinaire du rite qui le nieront, et cette forme n'a jamais prêté à le croire. La question est : pourquoi la forme ordinaire a-t-elle pu être considérée comme telle par de nombreux prêtres ou fidèles ? "L'accueil et la disponibilité" n'ont ici rien à voir. Il s'agit, comme nos frères orientaux l'ont exprimé eux-mêmes, de la question du sens. Du sens du sacré, de l'adoration, du mystère, de la transcendance, de la liturgie et du chant, de la Présence réelle et physique du Christ, du Sacrifice rédempteur.
C'est cela qui est, et qui a toujours été au coeur des débats, au "spectacle", oui, de prêtres qui se montrent en ce domaine si souvent nonchalants aujourd'hui encore, dans leur tenue, leur "inventivité", leur comportement, leurs propos. Pourquoi la réforme liturgique s'est-elle prêtée à un tel déficit en la matière, et pourquoi de jeunes prêtres diocésains, qui n'ont pas connu les batailles de jadis, sont-ils aujourd'hui attirés par les richesses de la forme ordinaire du rite ? Ces questions ne sont pas vaines, ni abstraites, et Joseph Ratzinger les a posées, comme Cardinal de l'Église, et comme Pape. Qui a lu ses écrits ne peut l'ignorer ni faire mine de croire qu'il n'y aurait pas de difficulté en la matière qui ne doive se corriger que par une "réforme du coeur". Chacun appréciera enfin la finale du propos. Il serait amusant de savoir ce qu'elle aurait été si le Saint-Père avait décidé, à Lourdes, de célébrer les Saints Mystères selon la forme extraordinaire - laquelle, selon le Motu proprio de 2007, exprime, elle aussi, "la liturgie unique de l'Église"...
Benoît XVI à Paris, tous les détails
Sept 08, 2008
Paris, le 08 septembre 2008 - E.S.M. - Le cardinal Vingt-trois a présenté ce matin le programme complet de la visite du pape Benoit XVI en France au cours d'une conférence de presse.
Accueil du pape Benoît XVI à l'Élysée
Le 08 septembre 2008 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - La cérémonie de bienvenue se déroulera à partir de 12h25 à l'Elysée.
Le Saint Père sera accueilli par le Président Sarkozy dans la cour du palais présidentiel, où les honneurs lui seront rendus par un détachement de la Garde républicaine. Le Saint Père et le Président s'entretiendront ensuite en privé pendant dix ou quinze minutes après quoi aura lieu la présentation au Saint Père des proches du Président. Le Saint Père et le Président se rendront alors dans la salle de presse de l'Elysée, où les attendent le gouvernement et les corps constitués, devant lesquels le Président Sarkozy prononcera une allocution suivie d'une réponse du Pape.
Rencontre des personnalités religieuses juives à la Nonciature
En raison du Sabbat, le Pape saluera les responsables de la communauté juive en France juste avant son départ pour le collège des Bernardins.
Discours au monde de la culture au collège des Bernardins à partir de 17h30
La conférence que donnera le Saint-Père au collège des Bernardins s'inscrit dans un des axes pastoraux favoris du Pape : l'articulation entre la foi chrétienne, la raison et la culture. Cette réflexion qu'il poursuit depuis plusieurs dizaines d'années comme prêtre, évêque, théologien, écrivain ou universitaire prend un relief particulier en raison de sa mission de pasteur universel.
Pour dire les choses brièvement, deux questions sont posées :
- d'une part, comment la démarche du croyant chrétien a-t-elle une dimension exprimable en termes rationnels, recevables pour la raison humaine et,
- d'autre part, comment la sagesse venant de la loi juive et de l'Evangile peut-elle éclairer les décisions des hommes d'aujourd'hui, qu'ils soient croyants ou non, qu'ils soient chrétiens ou non ?
Le collège des Bernardins en bref
Le collège des Bernardins a été ouvert au public pour la première fois lors de journées portes ouvertes des 5, 6 et 7 septembre derniers et rouvrira définitivement à partir du 15 septembre. L'ensemble des activités culturelles débutera le 27 septembre par un festival de musique (le Festival des heures).
Edifice exceptionnel du XIIIe siècle situé en plein cœur de Paris, restauré par le diocèse de Paris, le collège des Bernardins porte un projet culturel ambitieux au service de l'homme et son avenir. Un lieu qui aborde ensemble, au même endroit et avec bienveillance, tout ce qui fait la personne humaine, dans son intégralité : recherche, hésitation, doute, culture, expression, dialogue, etc.
Les Invités
Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a invité au collège des Bernardins des personnes représentatives de la culture en France : membres de l'Institut de France, universitaires, chercheurs, écrivains, artistes, comédiens, réalisateurs, compositeurs, directeurs de théâtre, de musée, personnalités des médias, conservateurs, responsables de manifestations et associations culturelles, éditeurs ...
Le Pape aura rencontré dans l'après-midi (avant le début du Sabbat) des responsables de la communauté juive. C'est aux Bernardins qu'il rencontrera des responsables de l'islam en France. Il soulignera ainsi la place de ces communautés dans notre société pluri-culturelle.
Le choix des invités s'est fait de manière collégiale, chaque évêque de France a été consulté pour donner les contacts de personnalités - chrétiennes ou non -représentatives de la culture dans sa région. Plusieurs personnes ont travaillé pour élaborer des listes pour les personnes résidant en Île-de-France.
Déroulement de la rencontre au collège des Bernardins
Les invités arriveront progressivement environ une heure avant le Pape.
Les sapeurs-pompiers de l'Aumônerie militaire catholique feront une haie d'honneur pour l'entrée de Benoît XVI au collège des Bernardins. Ce geste est symbolique car le couvent était une caserne pendant 150 ans et, auparavant, les moines sonnaient le tocsin quand un incendie se déclarait.
La visite du Saint Père débutera par un mot d'accueil du cardinal André Vingt-Trois, suivi d'une salutation au Pape au nom des invités présents par le chancelier de l'Institut Gabriel de Broglie. Le Saint Père prendra ensuite la parole pour un long discours.
Ensuite, le Pape adressera plusieurs salutations particulières :
- Benoît XVI saluera des représentants de l'Islam en France (CFCM, Mosquée de Paris, Groupe d'Amitié Islamo chrétienne, etc.).
- Le Pape saluera également (entre autre) le Directeur de l'Unesco et Bruno Racine, Président de la BNF, qui lui présentera deux des sept manuscrits latins représentatifs de l'activité intellectuelle du collège des Bernardins du XIIIe au XVe siècle conservés à la BNF:
- Le premier est le corpus de la philosophie d'Aristote, suivi du traité De differentia spiritus etanimae de Costa Ben Luca, traduit de l'arabe par Jean d'Espagne. C'est un beau manuscrit parisien de la deuxième moitié du XIIIe siècle, appartenant à l'origine à l'abbaye cistercienne du diocèse d'Evreux, et qui a été apporté aux Bernardins par le moine Robert pour ses études.
- Le second est le Commentaire sur Boèce, de Gilbert de la Porrée. Ecrit à la fin du XIIe siècle, il provient de la bibliothèque du collège des Bernardins, dont il possède un magnifique et monumental ex-libris calligraphié. Il est passé ensuite à l'abbaye de Clairvaux.
Puis le pape se rendra en papamobile à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Trajet en papamobile sur les quais
Il sera possible de suivre en direct la rencontre et les interventions du collège des Bernardins sur écrans géants le long de l'itinéraire de la papamobile et autour de la cathédrale ou par retransmission radio et TV. Télévision KTO en direct
Vêpres, veillées à Notre-Dame de Paris et dans 10 paroisses, Chemin de lumière
Le vendredi 12 septembre 2008 à 19h15, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, le Saint Père présidera l'office des vêpres (prière du soir) puis s'adressera aux jeunes à sa sortie de la cathédrale vers 20h20. Dans la soirée, toutes les personnes qui se seront rassemblées sur les quais pourront participer à une veillée à Notre Dame de Paris et dans 10 paroisses parisiennes. Les groupes se retrouveront à partir de 23h30 pour un Chemin de Lumière qui les conduira jusqu'à l'esplanade des Invalides.
Vêpres en la cathédrale Notre-Dame
A 19 h 15, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le Saint Père célébrera les vêpres avec des prêtres, diacres, séminaristes, religieux, religieuses ou consacrés d'Ile-de-France (2 500 environ) et avec tous ceux qui s'uniront à cette prière autour de la cathédrale.
On compte en Ile de France (chiffres 2007 - détails p. 32) : 2 046 prêtres, 5 925 religieux et religieuses, 329 diacres permanents et 167 séminaristes. Seule une partie d'entre eux pourra donc participer à la célébration à l'intérieur de la Cathédrale. Chaque communauté sera représentée par une délégation.
L'accueil - les rites de la vénération d'un crucifix et de la bénédiction
Le Saint Père sera accueilli sur le parvis de la cathédrale par le recteur archiprêtre, Mgr Patrick Jacquin.
Il est prévu par le Cérémonial des évêques en cette circonstance le rite de vénération d'un crucifix par le Souverain Pontife, ainsi qu'une bénédiction avec de l'eau bénite. Elle sera présentée dans le baptistère de l'orfèvre Goudji qui avait été réalisé pour les JMJ de 1997, et que le Pape Jean-Paul II avait utilisé pour conférer le baptême lors de la soirée à Longchamp.
Le Pape bénira à l'intérieur de la cathédrale sous le grand orgue les évêques, prêtres, religieux, religieuses, diacres et leurs épouses, et les séminaristes rassemblés.
Sous le portail central, ce baptistère sera en quelque sorte le témoin des JMJ de Paris il y a 11 ans et le relais pour l'allocution que le Pape prononcera sur le parvis après les vêpres aux jeunes qui reviennent des JMJ de Sydney.
Sur le côté du portail, la statue d'argent de Notre-Dame de Paris aura été auparavant installée, elle sera portée en procession durant la soirée dans les rues de Paris jusqu'aux Invalides pour le « Chemin de lumière ».
Après avoir remonté la nef, le Saint Père ira prier quelques instants devant le Saint Sacrement dans une chapelle du déambulatoire, puis il vénérera la Couronne d'épines du Christ, que lui présentera le doyen du Chapitre, Mgr François Fleischmann, entouré de deux chevaliers du Saint Sépulcre.
Les reliques de la Passion présentées à Notre-Dame de Paris sont constituées par un morceau de la Croix conservée à Rome et ramené par Sainte Hélène, mère de l'empereur Constantin, un clou de la Passion et la Sainte Couronne d'épines. Parmi ces reliques, la Sainte Couronne, ramenée de Constantinople par saint Louis en 1239, est, sans doute, la plus précieuse et la plus vénérée. Son authenticité ne peut être scientifiquement attestée mais une chose est sûre : elle est porteuse de plus de seize siècles de prière fervente de la chrétienté, (voir historique p. 30).
La vénération de ces reliques présentées aux fidèles a lieu chaque premier vendredi du mois à 15h, chaque vendredi de carême à 15h et le Vendredi Saint de 10h à 17h.
Par cette pratique, les croyants s'unissent à la contemplation du Mystère de la mort et de la résurrection du Christ qui est à la source de la foi parce qu'il exprime l'amour sans limites du Christ envers les hommes et sa solidarité avec les souffrances du genre humain.
Après avoir salué les responsables des communautés protestantes et orthodoxes en France à la sacristie, commencera l'office des vêpres.
L'office des vêpres (du latin, vesper, le soir) est la grande prière du soir de l'Eglise (comme les laudes pour le matin) durant lequel, l'Eglise loue et rend grâce à Dieu pour la journée qui s'achève.
Les vêtements liturgiques
Le Pape sera revêtu d'une chape par-dessus son aube et de son étole. L'étole est une longue bande de tissu qui retombe de chaque côté des épaules jusqu'aux genoux, symbole du sacerdoce, porté dans la plupart des rites liturgiques où le prêtre, l'évêque exercent leur ministère. La chape est une sorte de grande cape de tissu à la couleur liturgique du jour, elle est portée en dehors de la messe, donc en particulier aux vêpres ou aux processions. L'aube (alba : « blanc ») est le vêtement des baptisés. Les ornements seront de couleur blanche.
Le blanc dans la symbolique chrétienne est la couleur de la lumière de la vie divine que les fidèles reçoivent dans le baptême. C'est la lumière du matin de Pâques, lorsque le Christ ressuscité s'arrache aux forces de la mort et est revêtu de gloire.
C'est aussi la couleur symbolique de la Vierge Marie, du sacerdoce, de l'Eucharistie et, bien-sûr, du Pontife romain qui est vêtu d'une soutane blanche depuis le XVIe siècle.
Le service liturgique et les chants
Le Saint Père sera accompagné de 4 diacres (ordonnés dimanche 7 septembre 2008 et qui sont appelés à devenir prêtres, à la différence des diacres permanents qui reçoivent cette mission spécifique de manière stable) qui seront parés de dalmatiques, vêtements liturgiques des diacres depuis le VIe siècle au moins. Deux diacres l'assisteront au trône près des deux cérémoniaires pontificaux, deux autres exerceront différentes fonctions : rite de l'encens, de la lumière (chant du « lucernaire » pendant le rite de l'allumage des cierges derrière l'autel), lecture.
La Maîtrise de la Cathédrale assurera les chants. Les deux orgues seront tenus par leurs titulaires respectifs. Conformément à la tradition de la cathédrale, l'office harmonisera heureusement le français (psaumes, lecture biblique, prières d'intercession) et le latin (hymne Ave Maris Stella, Magnificat, Pater, Te Deum) pour manifester la continuité et le développement liturgique.
Le service liturgique sera assuré par les grands clercs de la Cathédrale, sous la responsabilité des trois cérémoniaires pontificaux, avec à leur tête, Mgr Guido Marini, maître des célébrations liturgiques pontificales, ainsi que trois prêtres du diocèse de Paris désignés par le Cardinal Vingt-Trois.
Déroulé simplifié de l'office des vêpres :
Entrée du Saint-Père
Chant d'assemblée
Mot d'accueil du cardinal André Vingt-Trois
Réponse du Saint Père
Lucernaire (rite de la lumière : allumage des cierges)
Invitatoire
Hymne, en ce jour l'Ave Maris Stella, en l'honneur de la Vierge Marie,
1 -Psaume 121
2-Psaume 126
3 - Cantique des Ephésiens (Ep. 1)
Lecture de la Parole de Dieu (Gai 4, 4 - 5)
Homélie du Saint Père
Répons (court passage méditatif après la lecture brève chanté par la maîtrise)
Magnificat (Cantique de la Sainte Vierge - Luc I, 46-55- avec son antienne, que l'on dit
avant et après le cantique)
Intercessions (prière de demandes)
Prière du Notre-Père
Oraison (qui se rapporte à la messe du jour)
Bénédiction (par le Saint-Père)
Procession de sortie : Te Deum,(hymne de foi, de louange et de reconnaissance)
Message aux jeunes
Vers 20h20, à l'issue des vêpres à Notre-Dame de Paris, le Pape s'adressera aux jeunes en sortant de la cathédrale et ouvrira une veillée de prière qui se prolongera à Notre-Dame de Paris et dans plusieurs églises. Le message de Benoît XVI sera retransmis en direct sur les grands écrans installés le long du parcours emprunté par la papamobile. C'est là que les jeunes sont invités à recevoir ce message. Une délégation de plus de 10 000 jeunes a déjà été constituée sur le parvis de Notre-Dame pour les représenter.
La veillée à Notre-Dame de Paris et les veillées en paroisse
Aussitôt après le départ du Souverain Pontife (que l'on ne retrouvera que le lendemain matin), les jeunes présents assisteront sur le parvis à un concert et seront progressivement invités à rejoindre les différentes paroisses organisant des veillées. Les personnes ayant suivi la célébration des vêpres et le discours du Saint Père aux jeunes sur les écrans géants disposés autour de la cathédrale pourront rejoindre à leur tour le parvis de la cathédrale ou rejoindre les paroisses organisant des veillées.
De 21 h à 23h30, 10 églises proches de Notre-Dame ou des Invalides ouvriront leurs portes pour des veillées (chants, rencontres, prières) ouvertes à tous et animées par des jeunes. Différents thèmes ont été choisis selon les paroisses invitant à prier la Vierge Marie ou à invoquer l'Esprit Saint (thème des JMJ de Sydney). L'accès est libre.
Programme de la soirée dans les différents lieux :
Cathédrale Notre-Dame de Paris
« Allez à la Source de la Vie »
Entre 20 h 30 et 21 h 30 : Musique sur le parvis de Notre-Dame, par le chœur gospel
Family One, des orphelins apprentis d'Auteuil.
De 21 h 30 à 23 h 30 : Sur le parvis et à l'intérieur de la cathédrale, veillée de prière sur
le thème « Allons à la Source de la Vie » animée par des jeunes et par les frères de
Taizé (participation non confirmée), avec le témoignage de Jean Vanier. Pèlerinage
itinérant à l'intérieur de la cathédrale tout au long de la soirée, accompagné par des
paroles du Pape à Sydney, des chants, des méditations et des témoignages des JMJ.
Accès libre. Retransmission en direct sur grand écran à l'extérieur de la cathédrale.
Saint-Étienne-du-Mont
« Toi qui portes la Vie »
Animation avec les groupes de prière Abba et Even.
Accueil, restauration, adoration du Saint-Sacrement [L'Adoration Eucharistique est une attitude de prière de l'Église catholique au cours de laquelle le Saint-Sacrement - c'est-à-dire le Corps du Christ présent dans l'hostie consacrée - est exposé et adoré par les fidèles], sacrement de Réconciliation [appelé aussi sacrement de la pénitence ou confession, il permet au fidèle de se réconcilier avec Dieu et l'Eglise].
Saint-Gervais - Saint-Protais
Animation Fraternités monastiques de Jérusalem.
Vigiles mariales chantées, chapelet chanté et médité accompagné de textes bibliques et d'œuvres d'art sur la Vierge, sacrement de Réconciliation, chant de l'Hymne acathiste [chant en l'honneur de la Mère de Dieu].
Chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse
Animation groupe de prière À Jésus par Marie.
A partir de 21 h : louanges puis récitation du rosaire en lien avec les 7 dons du Saint-Esprit. A l'issue de l'exposition du Saint Sacrement, bénédiction et lancement de la procession vers Notre-Dame, à la lumière des cierges.
Saint-Nicolas-des-Champs
Animation proposée par la Communauté de l'Emmanuel. Louange, témoignage, adoration du Saint Sacrement.
Saint-Germain-des-Prés
« L'Espérance »
Animation groupe de prière de Taizé, Conférence Saint-Martin, Jeunes professionnels. Temps de recueillement, chants méditatifs, enseignements et réflexions sur le thème de l'Espérance avec des figures de saints et de bienheureux.
Saint-Séverin - Saint-Nicolas
« L'Appel »
Animation par les séminaristes de la Maison Saint-Séverin, chœur et petit orchestre de
jeunes.
Louange, adoration du Saint-Sacrement, témoignages sur la vocation au mariage, au
sacerdoce et à la vie consacrée. Buffet et rafraîchissements sous le cloître.
Saint-Sulpice
Veillée eucharistique et mariale. Organisée en commun par l'Association Pour l'Unité et la Paroisse Saint-Sulpice, cette "veillée eucharistique et mariale" est d'abord prévue comme un temps de prière et comme une préparation à l'eucharistie avec le Saint-Père du lendemain matin. Elle puisera son inspiration dans les paroles de Y Ave Verum : "Salut, vrai Corps du Christ, né de la Vierge Marie." Proclamation de l'évangile de l'Annonciation, adoration du Saint Sacrement. Méditations sur la Crèche, le Cénacle et la Pentecôte. Une chorale, des instrumentistes et le jeu de l'orgue soutiendront la prière. Procession du Saint-Sacrement à la lumière des cierges, autour de l'église puis chant des Compiles et le Tantum ergo pour conclure la veillée.
Saint François-Xavier
« Allons à la Source de la Vie »
Accueil de Notre-Dame de Chrétienté.
enseignement, chants.
Accueil, exposition du Saint Sacrement,
Communautés d'origine polonaise
« Nuits de Prière » avant de rejoindre les Invalides, avec les communautés polonaises de France ou d'Europe, dans les différents lieux de culte parisiens : Notre-Dame de l'Assomption, place Maurice Barrés - rue Saint-Honoré (1er) Sainte-Geneviève, 18 rue Claude-Lorrain (16e) La Miséricorde, crypte de Saint-Charles de Monceau, 20 rue Legendre (17 e) Notre-Dame de Fatima, chapelle Notre-Dame du Bas-Belleville, 29 rue de Belleville (19 e)
Le Chemin de Lumière
A l'issue des veillées dans les paroisses, les participants des différentes veillées organisées par les paroisses voisines de la cathédrale se retrouveront à 23h30 sur le parvis de Notre-Dame, pour une prière présidée par le cardinal André Vingt-Trois. A minuit, sur le parvis de la cathédrale, les pèlerins formeront un « Chemin de Lumière ». Il s'agira d'une procession derrière la statue de la Vierge Marie dite de Charles X. Les autres paroisses rejoindront en chemin la procession jusqu'à l'esplanade des Invalides.
La Vierge de Charles X
La statue de la Vierge, aussi utilisée pour la procession du Vœux de Louis XIII, est une
statue de la Vierge offerte par le roi Charles X le 15 août 1826. C'est une magnifique
pièce d'orfèvrerie en argent, creuse, œuvre de Jean-Baptiste Gaspard Odiot qui
appartenait à une célèbre famille d'orfèvres connue depuis le XVIIe siècle.
Il faut ajouter qu'en 1929, le joaillier Boucheron réalisa une couronne et un collier qui
parent la statue au moment de la procession de l'Assomption.
Cette Vierge est exposée toute l'année au Trésor de la Cathédrale de Paris.
Ce Chemin de Lumière partira de Notre-Dame à minuit pour arriver à l'esplanade des Invalides, par les quais de la rive gauche. Les fidèles porteront des lumignons (qui seront distribués au départ sur le parvis de Notre-Dame et dans les églises ouvertes pour des veillées de prière le long du Chemin de Lumière) marchant et chantant des chants à la Sainte Vierge. A l'arrivée de la procession aux Invalides, la statue de Notre Dame sera installée sur un reposoir au milieu de l'Esplanade. Il sera possible de poursuivre sa prière ou de prendre place sur les espaces déjà aménagés. Ceux qui le souhaitent pourront dormir sur place (attention aux consignes de sécurités : pas de tentes).
Visite à l'Institut de France
Le pape Benoît XVI a été invité par l'institut de France dont il fait partie comme membre étranger de l'Académie des Sciences morales et politiques depuis 1992. Il fut installé sous la coupole le 6 novembre de cette même année, et a siégé aux séances de son Académie en 1995 et 1997.
Benoît XVI, outre son discours d'installation, s'est déjà exprimé à plusieurs reprises devant l'Académie, notamment en 1995, alors qu'il était encore le cardinal Ratzinger, lors d'une conférence donnée sur la « Nouvelle alliance », et, comme pape, le 10 février 2007 à Rome, discours à l'occasion duquel il formulait le souhait que l'Institut « puisse toujours aider les hommes à construire une vie meilleure et à édifier une société où il est bon de vivre en frères ».
Le Saint-Père y sera à 9h le samedi 13 septembre afin d'y rencontrer ses confrères de l'Académie des sciences morales et politiques, ainsi que les membres des autres Académies composant l'Institut de France.
À son arrivée à l'Institut, le pape Benoît XVI sera salué par :
M. Gabriel de Broglie, chancelier de l'Institut,
Mme Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie française,
M. Jean Leclant, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres,
M. Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences,
M. Arnaud d'Hauterives, secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts,
M. Michel Albert, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques,
Et par M. Jean-François Jarrige, président de l'Institut.
Deux cents académiciens seront réunis sous la coupole pour accueillir le Pape.
Le chancelier Gabriel de Broglie lui adressera un bref message et lui remettra une médaille frappée pour cette occasion exceptionnelle.
Le pape Benoît XVI pourra s'adresser aux académiciens puis dévoilera la plaque commémorative de son passage.
Messe sur l'esplanade des Invalides
Environ 200 000 personnes sont attendues pour participer à la prière du matin puis à la
messe.
Aucune démarche particulière n'est nécessaire pour participer. L'accès à l'Esplanade
est libre.
Les accès par les transports en commun
Pour assurer une meilleure fluidité, les stations de métro Varenne, La Tour-Maubourg et Invalide seront fermées, il conviendra d'utiliser les stations les plus proches. Le service de Métro, de RER et de trains régionaux (Transilien) sera renforcé par des trains supplémentaires.
Aménagement de l'Esplanade
L'esplanade des Invalides va devenir un espace liturgique comparable à une église. La nef-esplanade se distribue pour les fidèles en carrés, lesquels forment des allées rayonnant vers l'autel. Le dôme des Invalides devient le dôme de cette église. Les trois fenêtres du corps central du bâti des Invalides seront visibles symbolisant la Sainte Trinité. Toute l'organisation des espaces de cette église est formée de plans et de droites pour rester en accord avec l'architecture militaire des Invalides.
Le podium, le mobilier liturgique, la décoration florale
Le podium, construit au centre du rond-point et élevé à 6 mètres au dessus du sol, pourra accueillir 940 célébrants (évêques, prêtres et diacres).
Les architectes, Jean-Marie Duthilleul et Benoît Ferré, ont eu une démarche minimaliste : « Avec ce grand geste qui s'élève du sol habillé de bois blond vers un dais de toile blanche, protégeant le Pape. L'architecture doit simplement s'effacer devant l'essentiel : accompagner les visages du clergé pour permettre à chacun de prier en union avec le Pape. La déclivité - sur une succession de gradins et de pentes douces -depuis le Pape vers les fidèles à travers le clergé permet la proximité, l'unité. » En effet, les prêtres seront assis sur les marches du podium et réaliseront le trait d'union entre les fidèles, sur l'Esplanade, et le Pape, sur le podium.
Sur le podium, les architectes ont été attentifs à l'équilibre des deux tables :
- celle de la parole, l'Ambon, lieu de la parole qui porte l'Evangéliaire
- l'autel, lieu de l'Eucharistie.
L'érable habille l'ambon & l'autel, gravé d'une phrase, « Allons à la Source de la Vie ».
Le trône papal est centré derrière l'autel sur une estrade comme l'étaient les prêtres au début de l'Eglise. Les vases sacrés utilisés par le Saint Père ainsi que la plupart des objets liturgiques proviennent de la cathédrale Notre-Dame. Ils sont régulièrement utilisés lors des cérémonies solennelles.
Un mobilier liturgique en bois d'érable, de sycomore et de palissandre a été créé pour l'occasion par des professeurs spécialisés et des élèves de première année de CAP-menuiserie de la Fondation d'Auteuil.
Une partie de la riche décoration florale du site (composée de 12 oliviers - symboles de paix -, de roses, de chrysanthèmes et d'hortensias) sera, elle aussi, confiée au savoir-faire des apprentis de la Fondation d'Auteuil qui ont mis tout leur cœur à préparer la venue du Saint-Père durant ces derniers mois.
La mobilisation de moyens à la hauteur de l'événement (chiffres clés)
Il aura fallu 350 tonnes d'échafaudages, 2 000 m2 de bois, 250 tonnes de sable pour aménager l'espace liturgique.
Afin de permettre aux participants de suivre les célébrations de la matinée dans de parfaites conditions, 14 écrans géants seront disposés sur l'Esplanade. Ainsi chaque carré de fidèles pourra voir le podium et au moins l'un des écrans géants.
La célébration de la messe rassemblera plus de 1 500 prêtres et 300 diacres permanents. 2 000 coupelles recevront les hosties.
Pour les ornements liturgiques portés par les célébrants - 75 chasubles et 1 800 étoles - environ 2 500 m de tissu auront été utilisés.
La prière du matin
Les fidèles qui se rendront sur l'esplanade des Invalides afin d'assister à la messe avec le Saint Père, recevront à leur arrivée sur les lieux un livret Magnificat contenant l'ensemble des textes liturgiques et des chants pour participer à cette prière du matin (Laudes) puis à la messe.
La prière, dont la structure est similaire à celle de la prière du soir (Vêpres), sera animée dès 8h par des religieuses du diocèse de Paris (Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre).
Célébration de l'eucharistie avec Benoît XVI - Une messe ouverte au plus grand nombre
Vers 9h30, le Pape arrivera en papamobile sur l'esplanade des Invalides. La messe, qui commencera à 10h, sera l'un des moments importants de sa visite apostolique en France.
Les participants
L'accès à la messe est libre. Les participants viendront pour la plupart d'Ile-de-France mais la visite du Pape a attiré des groupes venant de beaucoup plus loin :
- de Lille et de la région Nord, Pas de Calais, d'Amiens
- de Rennes - un train est affrété spécialement et 2 cars dont 1 car de jeunes qui viendront dès vendredi,
- d'Orléans - 6 cars (plus de 275 personnes), d'Angers et du Mans - au moins 4 cars de pèlerins, de Tours
- des jeunes de Strasbourg viendront par car,
mais aussi de Lyon (car organisé par la pastorale des jeunes), d'Allemagne, de Pologne...
En dehors de quelques rangs devant l'autel, il n'y aura pas d'espaces réservés ou barrières sur l'Esplanade. A leur arrivée, qu'elles arrivent individuellement ou en groupe, les personnes seront orientées et installées par l'un des 5 000 volontaires qui assurera l'accueil et la distribution du livret de la messe.
Les premiers rangs seront occupés par les groupes suivants :
La chorale
Un chœur de plus de 2 000 choristes issus des paroisses d'Ile-de-France, dirigés par François Polgar (qui a successivement été chef de chœur à l'Opéra de Paris et chef du Chœur de Radio France avec lequel il a remporté une Victoire de la musique classique), a été constitué pour accompagner la célébration de cette messe. Ces 2 000 choristes, paroissiens d'Ile de France, répètent depuis plusieurs semaines les chants qui seront entonnés pour la messe.
Les Personnes Handicapées accompagnées par l'OCH
L'ensemble de l'Esplanade est accessible aux personnes handicapées. Écrans géants et sonorisation sont pensés pour permettre la participation du plus grand nombre. Ce sont les paroisses, groupes et délégations qui assureront la prise en charge des personnes handicapées qui dépendent d'elles.
Cependant, l'OCH (Office Chrétien des personnes handicapées) assurera la prise en charge des personnes lourdement handicapées. Plus de 1 800 personnes (50% de personnes handicapées / 50% d'accompagnateurs) ont demandé à être regroupées dans un secteur de l'esplanade des Invalides (plus de 600 m2 pour pouvoir accueillir près de 2 000 personnes) réservés aux personnes handicapées.
Parmi ces 1 800 personnes, beaucoup font parties d'associations (Foi et Lumière, l'Arche, A Bras Ouverts...), d'institutions spécialisées, d'aumônerie d'hôpitaux, ou de la catéchèse spécialisée.
L'OCH a aidé ces personnes à organiser leur venue et reste joignable au 01 53 69 44 30. L'ABIIF (Association des Brancardiers et des Infirmier d'Ile de France - 40 personnes) sera présent autour de cet espace réservé aux personnes handicapées pour les accueillir et les aider à s'installer.
L'Association « Aux captifs la libération »
L'Archevêque de Paris a tenu à offrir une place privilégiée à l'association « Aux captifs la libération ». Une centaine de places sera réservée pour des personnes suivies par l'association et ceux qui les accompagnent : bénévoles et salariés de l'association, ainsi que des membres du « réseau prière », qui s'engagent à soutenir invisiblement l'association en priant à son intention une fois par semaine.
Cette initiative est donc l'occasion de manifester que le sort des plus démunis est au cœur même des préoccupations de l'Eglise et que les personnes en situation d'exclusion sont des paroissiens comme les autres. C'est dans cet esprit que chaque année à la fin juin, le cardinal André Vingt-Trois réunit les personnes de la rue qui le souhaitent pour une messe.
L'association « Aux Captifs la libération », régie par la loi 1901, agréée par les pouvoirs publics, a été créée en 1981 par le Père Patrick Giros. «Aux captifs la libération » a pour but ans de rencontrer, d'accompagner et de rendre l'espérance aux personnes en situation d'exclusion, particulièrement les personnes prostituées et sans domicile fixe.
Elle est implantée actuellement sur quatre secteurs parisiens (Paris Centre, Paris 10e, Paris 12 e et Paris 16 e). Son action s'articule concrètement autour de tournées-rue, de permanences d'accueil où s'effectuent un travail d'écoute approfondi, un suivi social et sanitaire, et des programmes de dynamisation.
L'association entend non seulement remédier à la précarité matérielle mais aussi à la détresse spirituelle, plus essentielle encore. C'est donc l'homme intégral, fait de chair et d'esprit, qui est l'objet de leur action. Il s'agit profondément, selon l'expression du fondateur, de « faire Eglise », c'est-à-dire d'œuvrer à l'intégration des personnes dans la communauté chrétienne, ce qui implique réflexion, formation et conférences sur la différence, la pauvreté etc.
Les enfants de chœur
Les servants de messe ont également reçu une invitation particulière pour cette messe.
Parce qu'ils contribuent au recueillement et à la beauté de la liturgie, les servants de messe jouent un rôle essentiel dans la vie de l'Église. Ce service est aussi l'occasion pour eux de mieux comprendre et de vivre plus profondément la célébration de l'eucharistie.
Organisés dans chaque paroisse par un responsable désigné par le curé, ils sont invités régulièrement à se retrouver tous ensemble pour un rassemblement diocésain. Chaque année, le Cardinal invite les servants à un rassemblement qui se déroule le dimanche de la Fête Dieu. En 2009, ce sera le 14 juin.
Pour la célébration avec le Saint Père ils seront au moins 600, revêtus d'une aube blanche et se tiendront à côté des prêtres, à proximité du podium ; ce sont les séminaristes qui assureront le service de l'autel.
Les personnalités politiques et sociales
Le Pape étant en visite officielle, des représentants de l'Etat et des membres du Corps diplomatique seront présents. De nombreux parlementaires et élus ont fait savoir qu'ils assisteraient, à titre personnel, à la messe. De même des responsables de la vie économique et sociale.
Les ornements liturgiques de cette célébration
Chasubles
Le Pape, les cardinaux et les évêques porteront une « chasuble »
Cet ornement est traditionnellement réservé à la célébration de la messe ; son origine est très ancienne : les tout premiers siècles de l'Eglise. Sa forme a varié dans le temps ; actuellement, on utilise surtout la forme dite gothique du Moyen Age, particulièrement ample.
Les ornements du Pape et de quelques cardinaux ont la même origine que ceux utilisés la veille aux vêpres, ils ont été confectionnés à Milan. S'y ajoutent les 75 chasubles des évêques concélébrants, 1 500 etoles sacerdotales, 300 etoles diaconales, réalisés pour l'occasion par l'entreprise Nigaro en Italie. Ces ornements modernes reprennent un motif de la chasuble du Pape et seront offerts en souvenir de cet événement aux concélébrants.
Pallium et Férule (Crosse)
Le Saint Père portera sur la chasuble le « pallium ».
Le pallium est une bande de laine blanche parsemée de six croix qui entoure les épaules, et dont les bouts pendent l'un devant, l'autre derrière. Primitivement, c'était un insigne réservé au pape, puis peu à peu, l'usage a été étendu aux archevêques métropolitains lorsqu'ils célèbrent dans leurs diocèses, comme ce sera le cas du cardinal Vingt-Trois. Il est alors porté en signe de communion entre le Successeur de Pierre, évêque de Rome et les archevêques.
Actuellement, celui des archevêques porte des croix noires ; celui du Pape est un peu plus long et plus large, il porte des croix rouges pour manifester la différence de juridiction. Le pallium est « imposé » aux archevêques nommés dans l'année par le Pape chaque 29 juin dans la basilique Saint-Pierre de Rome.
La laine du pallium provient d'agneaux que le Pape bénit chaque année encore en la fête de Sainte Agnès le 21 janvier. C'est le symbole du zèle apostolique car il rappelle la brebis égarée que le bon pasteur porte sur les épaules.
Le rite d'imposition du pallium a pris une importance toute particulière lors de la messe d'intronisation du pape Benoît XVI le 24 avril 2005.
L'autre insigne remarquable actuellement utilisé par le pape Benoît XVI c'est la crosse nommée « férule », qui a appartenu au Bienheureux pape Pie IX, et utilisée pour la première fois cette année lors de la célébration du Dimanche des Rameaux. Elle est typique de la tradition romaine, en forme de croix grecque et sans crucifix, et, paraît-il, plus légère et plus maniable que la crosse de l'orfèvre Lello Scorzelli, introduite par le pape Paul VI et également utilisée par les papes Jean-Paul Ier et Jean-Paul II.
La cérémonie
Les textes choisis
C'est la messe du jour qui a été choisie. Le calendrier nous proposait de faire mémoire de saint Jean Chrysostome, évêque de Constantinople, docteur de l'Eglise, mort en 407. « Chrysostome », cela signifie « bouche d'or », parce que saint Jean Chrysostome a sans cesse prêché avec zèle et éloquence la foi au Christ à tout son peuple. En se mettant sous la protection de ce saint pasteur, les catholiques demandent au pape Benoît XVI en visite pastorale à Paris qu'il les confirme à son tour dans leur foi de témoins du Christ ressuscité.
Comme tous les pasteurs non martyrs, saint Jean Chrysostome est fêté en blanc, d'où la couleur des ornements. La liturgie de cette messe correspond à celui de la messe solennelle décrite par le Cérémonial des évêques avec quelques adaptations propres au Saint Père.
Les célébrants
Le Souverain Pontife sera immédiatement assisté des cardinaux Vingt-Trois, archevêque de Paris, et Bertone, secrétaire d'Etat.
Les autres cardinaux et évêques concélébreront de leur place tout près de l'autel. Parmi eux:
- le cardinal Barbarin : archevêque de Lyon,
- le cardinal Ricard : archevêque de Bordeaux,
- le cardinal Tauran : président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux,
- le cardinal Poupard : président émérite du Conseil Pontifical pour la culture,
- le cardinal Etchegaray : président émérite du Conseil Pontifical « Justice et Paix » et du Conseil Pontifical « Cor Unum »,
- le cardinal Vanhoye : professeur émérite à l'Institut biblique pontifical,
- Monseigneur Baldelli : nonce apostolique (c'est-à-dire ambassadeur du Saint-Siège) en France,
Le service liturgique sera assuré par des séminaristes du diocèse de Paris, assistés par les grands clercs de la Cathédrale, sous la responsabilité des trois cérémoniaires pontificaux, avec à leur tête Mgr Guido Marini, maître des célébrations liturgiques pontificales, ainsi que trois prêtres du diocèse de Paris désignés par le cardinal Vingt-Trois.
Les quatre diacres qui serviront auront été ordonnés la semaine précédente.
Déroulé de la Messe
Un déroulé de la messe, document annexe, en précise les détails.
Après la Messe
Le Saint Père quittera l'esplanade des Invalides en voiture après la célébration. Puis, il déjeunera avec les évêques d'Île-de-France avant de s'envoler vers Lourdes où il poursuivra sa visite apostolique en France.
Pour mieux connaître l'action du Saint-Père avant sa venue en France, la Conférence des évêques de France a publié une série d'articles par thème ► Visite de Benoît XVI en France : J-4 !
Inauguration du Collège des Bernardins, discours du Cardinal Vingt-Trois
Sept 05, 2008
Paris, le 05 septembre 2008 - E.S.M. - "Le Collège des Bernardins a vocation à être un lieu de rencontre et de dialogues ouvert à tous ceux et à toutes celles qui seront intéressés par les propositions de travail ou les rencontres culturelles présentées ici, sans distinction d’opinions ou de religions, pourvu que soit respecté l’engagement d’entrer dans un véritable dialogue" a déclaré le cardinal André Vingt-Trois dans son discours d'inauguration.
A Paris, le Collège des Bernardins est ouvert à tous pendant trois jours pour des « journées portes-ouvertes ». Inauguré le 4 septembre, le bâtiment du XIIIème siècle, entièrement rénové, sera un lieu de « rencontre et de dialogue ».
Le 4 septembre, le collège des Bernardins ouvrait ses portes pour une inauguration officielle en présence du cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris, de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, de Bertrand Delanoë, maire de Paris et de Jean-Paul Huchon, président du Conseil Régional d'Ile-de-France, en présence de Hervé Baptiste, architecte en chef des Monuments Historiques et Jean-Michel Wilmotte qui ont réalisé ensemble la restauration et l'aménagement du site.
Dans son discours d'inauguration, Mgr André Vingt-Trois a salué la mémoire du cardinal Jean-Marie Lustiger, initiateur de cet ambitieux projet. Il a rappelé la conviction profonde à l'origine de ce lieu : « La sagesse chrétienne, développée à partir de la tradition juive et des écrits du Nouveau Testament, a quelque chose à apporter dans les débats de notre temps ».
Jean-Paul Huchon a souligné que le Collège des Bernardins était «un symbole de l'ouverture et de l'intelligence du cœur ». Bertrand Delanoë a salué un lieu « dédié à la paix entre les hommes » et un projet qui a « l'art de mettre en commun nos compétences, nos moyens, nos convictions et une certaine idée de la civilisation pour ce qui est plus grand que nous ». Enfin, parlant de la renaissance de ce lieu exceptionnel du XIIIème siècle, Christine Albanel a souligné que cet édifice gothique s'apprêtait « à entrer dans la vie des idées et de la culture du XXIème siècle».
Après 5 ans de travaux, la cérémonie aura ainsi réuni les grands acteurs d'une restauration exemplaire qui n'aurait pu avoir lieu sans l'association inédite des pouvoirs publics, du diocèse de Paris et d'un mécénat privé de grande ampleur. (eglise.catholique)
Discours du Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris.
Madame la Ministre,
Monsieur le Maire de Paris,
Monsieur le Président du Conseil Régional d’Ile de France,
Monsieur le Maire du 5° arrondissement,
Mesdames et Messieurs,
Ce n’est pas sans une réelle émotion que j’ouvre cette cérémonie d’inauguration du Collège des Bernardins rénové. Avant toute chose, vous me permettrez d’évoquer d’un mot la mémoire du cardinal Lustiger qui a été un animateur déterminé et persévérant de ce projet auquel il a pensé pendant des années et qu’il a eu la joie de voir prendre son essor avant de nous quitter il y a un an.
L’intuition qui a guidé ses recherches et son action dans la réalisation de ce projet s’inscrit dans le droit fil de son investissement pastoral : les hommes et les femmes du XXI° siècle sont confrontés à des défis considérables, qu’il s’agisse de la vie collective et sociale, -dans les domaines économique et politique-, ou qu’il s’agisse de l’avenir de la dignité de la personne humaine soumise à l’épreuve des contraintes ou des aspirations technologiques propres à notre temps. Mieux peut-être qu’à d’autres époques, nos contemporains mesurent que le combat pour la progression de l’humanité vers plus de dignité, de justice et de paix, suppose un investissement de tous ceux qui peuvent apporter leur contribution à cette entreprise.
Le christianisme représente un investissement de réflexion et de travail de près de deux milles ans. Ses théologiens comme ses philosophes ont apporté leur part à l’édification des repères culturels et éthiques sur lesquels s’appuie notre société. La conviction qui nous anime en nous lançant dans ce vaste projet est la suivante : la sagesse chrétienne, développée à partir de la tradition juive et des écrits du Nouveau Testament, a quelque chose à apporter dans les débats de notre temps. Elle n’est pas et ne se prétend pas détentrice de toutes les solutions, mais elle espère et elle prétend entrer en dialogue avec les autres traditions et y apporter une contribution spécifique au moins au même titre que d’autres traditions philosophiques et religieuses.
L’investissement voulu par le cardinal Lustiger et poursuivi depuis plus de vingt cinq ans dans la formation philosophique, scripturaire et théologique n’a pas produit seulement un outil indispensable à la formation de l’ensemble des catholiques de Paris, il constitue une ressource disponible pour contribuer aux grands débats dont notre société ne peut pas faire l’économie.
Le Collège des Bernardins a vocation à être un lieu de rencontre et de dialogues ouvert à tous ceux et à toutes celles qui seront intéressés par les propositions de travail ou les rencontres culturelles présentées ici, sans distinction d’opinions ou de religions, pourvu que soit respecté l’engagement d’entrer dans un véritable dialogue. Depuis quelques années déjà, le diocèse de Paris s’est engagé dans ce chemin de la rencontre et de la confrontation. Les cycles de formation Droit, Liberté et Foi, en partenariat avec le Barreau de Paris, en sont un bon exemple depuis 1995. La nouvelle formule des conférences de Carême de Notre-Dame en sont une autre réalisation.
Dès aujourd’hui, des partenariats avec des acteurs sociaux et économiques, les collaborations instituées avec la Sorbonne ou avec le National Memorial de Washington ; les programmes de séminaires communs comme l’attribution de bourses de recherches nous indiquent les directions dans lesquelles nous pouvons avancer. Nos départements de recherche, sous la responsabilité d’un binôme composé d’un universitaire et d’un professeur de notre faculté, attestent de notre souhait de collaborer à une réflexion commune sur le monde que nous voulons construire pour les générations à venir. Les projets d’exposition d’art contemporain et de manifestations artistiques de tous ordres seront une autre voie du dialogue par l’esthétique et le langage artistique. Enfin, les nombreux colloques et rencontres déjà programmés feront de ce lieu un véritable carrefour du dialogue sur les questions qui concernent l’avenir de l’homme.
Il va de soi qu’un lieu ouvert sur Paris est d’abord ouvert sur le quartier dans l’histoire duquel il s’inscrit. Les associations qui souhaiteront organiser ici des rencontres seront les bienvenues, dans les limites des disponibilités et de la charte du fonctionnement. C’est une occasion pour moi de remercier les riverains de la rue de Poissy qui ont du supporter bien des désagréments depuis trois ans.
Il me reste maintenant à exprimer ma vive reconnaissance à tous ceux qui ont rendu possible cette magnifique réalisation. D’abord, Monsieur Jean Tibéri qui était maire de Paris au moment du lancement du projet et qui a pu obtenir une forte adhésion du Conseil de Paris pour lancer l’opération. Ensuite, je dois remercier Monsieur Bertrand Delanoé, actuel maire de Paris qui a continué à apporter la collaboration financière de la Ville pour la restauration historique, avec le soutien de la Région Ile de France et du Ministère de la Culture dont les apports ont été considérables.
Les personnalités éminentes qui ont accepté de faire partie du Conseil d’Orientation et celles et ceux qui se sont dépensés sans compter leur temps ni leur peine pour présenter le projet et solliciter des soutiens comme du mécénat ont d’autant plus droit à notre reconnaissance que leurs interventions ont été plus discrètes.
J’ose à peine m’aventurer dans les remerciements aux réalisateurs tellement je suis anxieux des oublis que je pourrai faire. Il faut pourtant nommer :
- Monsieur Claude CAGOL, Président de Séfri Cime, tenace artisan depuis la première heure jusqu’à la livraison en sa qualité de Maître d’Ouvrage.
- Les Maîtres d’Œuvre, Monsieur Hervé Baptiste, architecte en chef des monuments historiques et Monsieur Jean-Michel Willmote, architecte, qui ont conjugué leur intelligence et leurs talents, puisant dans la sagesse cistercienne une inspiration à la fois respectueuse et novatrice.
- Toutes les entreprises, des tailleurs de pierre aux installateurs de réseaux wifi, qui, à force de se côtoyer dans des conditions techniques souvent acrobatiques, sont devenus de véritables Compagnons des Bernardins.
J’ai maintenant l’honneur de déclarer ouvert le Collège des Bernardins.
Célébration du 4è centenaire du Miracle de Faverney, Homélie du card. Vingt-Trois
May 26, 2008
Le 26 mai 2008 - E.S.M. - Célébration du 4è centenaire du Miracle de Faverney. "Les gens de Faverney qui voyaient l’ostensoir au-dessus des flammes, on comprend qu’ils se soient posé quelques questions," déclare le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris dans son homélie.
Samedi 24 et dimanche 25 mai, étaient attendus entre 8 000 et 10 000 pèlerins dans ce village de la Saône jolie où eut lieu le Miracle de 1608 avec l'ostensoir et ses hosties consacrées sauvés des flammes et suspendus en l'air durant 33 heures devant des milliers de témoins. Ils ont fêtés donc jour pour jour le 400ème anniversaire de cet important Miracle pour l'Eglise diocésaine, nationale et universelle ! Ces journées ont été le point d'orgue des différentes manifestations culturelles et spirituelles ayant déjà rassemblé plusieurs milliers de personnes de tous âges depuis plusieurs semaines. Elles ont constitué sans doute également l'évènement de l'année pour le diocèse de Besançon comme pour la Haute-Saône. Dix-sept évêques et une centaine de personnalités civiles étaient présents pour la messe officielle de dimanche à 10h30. Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris, a présidé cette eucharistie.
Homélie de la Fête du Saint Sacrement - Célébration du 4è centenaire du Miracle de Faverney (Diocèse de Besançon)
Célébration du 4è centenaire du Miracle de Faverney (Diocèse de Besançon) - Evangile selon saint Jean (chapître 6, versets 51 à 58)
Homélie du Cardinal André Vingt-Trois
Frères et Sœurs,
Croyez-vous vraiment que vous allez vivre éternellement ? Je sais bien que l’on a l’habitude d’écouter l’Évangile d’une oreille accommodatrice et de mettre quelques nuances dans ce que nous entendons, mais enfin, il l’a dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang vivra de ma vie, éternellement ». Les Juifs qui discutaient entre eux et qui se disaient : « Comment cet homme-là peut-il donner sa chair à manger ? », n’étaient pas de mauvais esprits ; ils n’étaient pas des hommes incrédules ; ils étaient peut-être tout simplement des gens qui réfléchissaient. Quand ils entendaient Jésus leur dire qu’il allait leur donner sa chair à manger, on comprend qu’ils se soient posé quelques questions. Les gens de Faverney qui voyaient l’ostensoir au-dessus des flammes, on comprend qu’ils se soient posé quelques questions. Les Juifs sortis d’Egypte qui voyaient s’ouvrir devant eux une longue traversée du désert sans manger et sans boire, on comprend qu’ils se soient posé quelques questions aussi. Alors, nous aussi nous pouvons nous poser des questions ! Ce que nous venons d’entendre, est-ce vraiment la Parole de Dieu ? Ou bien sont-ce seulement des morceaux choisis de textes édifiants que l’on pourrait trouver dans des livres d’images à destination des enfants ou des simples d’esprit ? Ce que nous constituons aujourd’hui, est-ce une assemblée d’Église ? Ou est-ce simplement le rassemblement fortuit de quelques milliers de personnes qui ne savaient pas trop quoi faire ce dimanche et qui ont été attirés curieusement par l’annonce qui avait été faite d’un miracle à Faverney ? Le pain que nous allons recevoir, est-ce vraiment le corps du Christ ou bien seulement une évocation mystérieuse et symbolique d’une forme de présence qui n’est pas vraiment une présence mais qui n’est pas non plus tout à fait une absence ?
Vous voyez que, pour les esprits curieux et ingénieux, il y a beaucoup de questions à se poser. Les habitants de Faverney et, à travers eux, nous tous qui sommes ici réunis aujourd’hui, nous avons quand même beaucoup de chance : le « coup » de l’ostensoir qui monte au-dessus des flammes, s’il s’était déroulé seulement devant quelques moines un peu endormis, on aurait pu dire ensuite que c’était une belle supercherie, mais comme il y a eu des milliers de témoins, qui n’étaient pas tous endormis, et dont certains même étaient à jeun, à moins d’être mal renseigné, on ne peut pas dire qu’il s’agit d’une supercherie. Trop de gens ont vu. Ce n’est pas une supercherie, c’est un prodige. Qu’on essaye de l’expliquer, c’est normal : nous sommes faits pour cela, nous avons une intelligence pour essayer de comprendre. On n’y arrive pas toujours et on n’y arrivera peut-être pas non plus ce coup-là, mais le signe ne nous est pas donné pour que l’on découvre de nouvelles lois de la physique ou de la philosophie. Il nous est donné pour que nous prenions position. Les Juifs dans le désert, Dieu ne leur a pas donné la recette de la manne, il leur a donné la manne. Il ne leur a pas demandé d’expliquer comment la manne était arrivée, il leur a demandé de la manger. Pour expliquer, il y a des générations depuis quelques millénaires, et sans doute pour les millénaires à venir, il y a des générations de savants, d’exégètes, d’intelligences brillantes qui cherchent et pourront trouver peut-être une explication. Quand on marche dans le désert du Sinaï, on rencontre parfois des gens qui vous expliquent que tel arbuste produit de temps en temps des fleurs qui, se reposant dans la rosée, donnent une espèce de pâte… Qu’est-ce que cela change ? Que ce soit un arbuste ou que ce soit autre chose ? Ce n’est pas pour cela que l’Ecriture nous l’a raconté.
Elle nous a raconté cet épisode pour nous faire comprendre d’où vient la vie de ce peuple qui ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. L’Ecriture nous rapporte à plusieurs reprises cet événement pour nous aider à comprendre que le Peuple sorti d’Egypte, en marche vers la Terre promise, ne devait pas compter sur les relais de poste ou les auberges mais devait compter sur la grâce de Dieu pour arriver au