Le cardinal Joos est parti sur la pointe des pieds
Nov 11, 2004
Emporté, mardi, par une vilaine grippe, Gustaaf Joos était cardinal depuis un an.
(lalibre.be, 02/11/2004) Le cardinal Gustaaf Joos n'aura pas profité longtemps de la pourpre cardinalice et de «son» église romaine de San Piero Damiani ai Monti di San Paolo. Elevé à cette haute prélature par Jean-Paul II, le 21 octobre 2003, au nom d'une longue amitié née à Rome au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le troisième cardinal belge avait fait la une de la presse internationale par des déclarations sur la démocratie et sur l'homosexualité. Jusque-là, il était quasi inconnu sauf pour les fans de... Helmut Lotti. C'est lui, en effet, qui avait béni le remariage du chanteur, n'ayant pas été étranger non plus, comme juge ecclésiastique, au fait qu'il ait pu reprendre femme en bonne et due forme catholique devant un autel. Mais cette décision n'avait pas fait scandale.
Par contre, celui que l'on identifiait parfois comme «le curé à la bonne cave» de Landskouter, charmant village rural est-flamand, n'avait pas fait dans la dentelle dans une interview à «P-Magazine», un hebdo flamand «pipole» surtout connu pour mettre à la une des jeunes femmes légèrement vêtues.
Avec l'ardeur du néophyte, le prélat octogénaire y avait dénoncé les dérives de la politique actuelle et vu une influence de la Loge dans l'art de gouverner en Belgique. Mais il avait surtout tenu des propos concernant les homosexuels. La hiérarchie de l'Eglise belge fut très gênée aux entournures car elle ne pouvait pas imposer le silence à un prélat dépendant directement du Pape. Et le seul commentaire fut donc que la Conférence épiscopale n'en ferait pas! Depuis lors, le cardinal-curé de Landskouter n'avait plus guère fait parler de lui. Il y a quelques jours, il était encore présent à une réception offerte par la nonciature apostolique de Bruxelles à l'occasion du 26e anniversaire du pontificat de Jean-Paul II. Ses funérailles auront lieu le vendredi 12 novembre à Gand.