(Correspondance européenne, 20-2-2004) Curé dans la paroisse de Lanskouter, dans les environs de Gand, le cardinal Joos a accordé une interview au "Panorama-Magazine" (21 janvier 2004).
Malgré la tornade d'indignation qui a fusé des milieux homosexuels et juifs, et de la gauche en général, le courageux octogénaire n'a pas retiré un mot de ses déclarations. "Je suis prêt à signer de mon propre sang, a-t-il dit, que de tous ceux qui se disent lesbiennes ou gays seulement 5 à 10% le sont vraiment.
Tout les autres sont simplement des pervers sexuels. N'hésitez pas à écrire cela. S'ils viennent protester devant ma porte, ça m'est égal. Je ne la leur ouvrirai pas".
Finalement, le Cardinal Joos n'a fait qu'exprimer, de façon directe, ce que l'Eglise enseigne. Mais les réductions ou exagérations des médias dénonciateurs ont empêché d'en apprécier la justesse et certaines nuances.
"Les vrais homosexuels, a-t-il ajouté, ne sont pas ceux qui se promènent en rue en costumes de couleur. Ce sont des gens qui ont un grave problème et doivent apprendre à vivre avec. Nous devons les aider, pas les condamner".
Le Cardinal est plus averti qu'on le croit. Il parle d'après sa longue expérience de prêtre et de juge ecclésiastique. "L'Eglise condamne l'homosexualité, a-t-il répété, pas les homosexuels".
Et ce jugement est corroboré par une enquête menée à Amsterdam l'année passée, montrant que la plus grande partie des "mariages" homosexuels ne tiennent pas au-delà d'un an et demi et que, durant cette période, les "conjoints" changent en moyenne neuf fois de partenaires. L'enquête ajoute que ces unions sont le lieu privilégié de transmission du virus du sida ("Katholiek Nieuwsblad", 30 janvier 2004).
Evidemment le cardinal s'en est donné à coeur-joie. Pour lui, Bill Clinton est le prototype des "maniaques sexuels, mis au pouvoir par le grand capital, les Juifs et l'industrie des armes".
Ces propos ont déjà déchaîné contre lui quelques associations radicales dont le "Centre pour l'Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme", organe subventionné par l'Etat belge, qui s'est proposé d'attaquer le cardinal en justice pour racisme et discrimination, son cas étant "aggravé par le fait que le cardinal a confirmé ses propos, sans excuse, et les a même répétés ailleurs dans les médias et devant les caméras".
Le Cardinal Joos s'est également exprimé sur la démocratie: "Je trouve curieux qu'un gamin de 18 ans ait autant à dire qu'un père de sept enfants. Le premier n'a aucune responsabilité, tandis que le deuxième éduque les citoyens de demain".
Le Cardinal n'a pas dit qu'un électeur de 18 ans "sait à peine lire", comme l'a ajouté Henri Trincq dans "Le Monde" (27 janvier 2004) pour faire plus vrai. Evidemment le Cardinal n'a pas une affection débordante pour les politiciens. "Allez, dit-il, ce suffrage universel, à quoi ça rime? Ce ne sont pas les plus intelligents, mais les plus sympathiques qui sont les patrons en politique.”
“Qu'ils soient des imbéciles ou des gens intelligents n'a aucune importance. Il s'ensuit qu'il y a beaucoup de débiles en politique ".
Aujourd'hui, pour avoir tenu des propos de bon sens, le Cardinal Joos se retrouve dans le banc des accusés. Vilipendé par la presse, il a en outre été publiquement lâché par ses confrères belges.
Les évêques de Belgique, en effet, se sont empressés de préciser : "Le cardinal Joos a donné son point de vue personnel. Il ne parle pas en notre nom." Et ils ont ajouté imprudemment : "Il dépend directement de Rome".