Ricardo María Cardinal Carlés Gordó Ricardo María Cardinal Carlés Gordó
Function:
Archbishop Emeritus of Barcelona, Spain
Title:
Cardinal Priest of S. Maria Consolatrice al Tiburtino
Birthdate:
Sept 24, 1926
Country:
Spain
Elevated:
Nov 26, 1994
More information:
www.catholic-hierarchy.org
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French L’émotion des journées du conclave
May 20, 2005
Le cardinal Ricard Maria Carles, électeur lors du récent conclave, a voulu partager - tout en respectant le serment du secret - les émotions et les expériences qu’il a vécu au cours du mois d’avril au Vatican.

ROME, Mardi 17 mai 2005 (ZENIT.org) - C’est lors d’une rencontre de l’Association E-Cristians, organisée jeudi 5 mai, que le cardinal Carles, archevêque émérite de Barcelone, a partagé son expérience du conclave et des congrégations générales des cardinaux, qui ont précédé le conclave.

« Lors des réunions qui ont précédé le conclave, a-t-il raconté, le matin, chaque cardinal pouvait intervenir 7 minutes. Ces occasions permettaient d’approfondir notre connaissance les uns des autres, et de retrouver certains cardinaux rencontrés à plusieurs reprises au cours de l’année lors des assemblées des différents dicastères ou autres bureaux auxquels appartiennent les cardinaux. Les cardinaux émérites, âgés, qui ne votent pas, étaient également présents. Au total, 180 personnes à peu près. Ces journées servaient à faire plus amplement connaissance », rapporte forumlibertas.com.

« Les discussions au cours de ces douze jours ont eu pour but d’offrir un panorama du monde et de l’Eglise », parce qu’étaient présentes « des personnes de toutes les races, pays, cultures, qui exposaient les problèmes et les aspects positifs de leur pays et de leur Eglise » a-t-il déclaré.

« Lors de ces journées nous ne voulions pas parler du profil du nouveau pape. Nous parlions de l’Eglise. Vivre cela a été une grâce de Dieu » a reconnu le cardinal Carles.

« Lors des douze premiers jours du pré-conclave, on a expliqué aux cardinaux quel été l’ordre d’entrée dans les réunions, la place assise attribuée, la porte utilisée, le nom de ces portes... Le cardinal Somalo, en tant que Camerlingue, se trouvait à gauche, le cardinal Ratzinger, en tant que Doyen du Collège, à droite... Amusé, le cardinal Ratzinger a dit : « C’est assez drôle, mais après vingt ans de vie ici, je n’apprends qu’aujourd’hui le nom de la porte par laquelle nous devons entrer », a raconté le cardinal Carles.

« Au cours de ces journées nous ne faisions qu’une seule pause de 10 minutes et nous n’avions que de l’eau à boire » a-t-il ajouté.

L’archevêque émérite de Barcelone reconnaît qu’il n’aurait jamais pensé « vivre l’expérience d’un conclave ». « Nous, les 115 cardinaux, étions conscients du fait que nous devions choisir, avec l’aide de l’Esprit Saint, celui qui aurait gouverné les 1.100 millions de catholiques ».

« Après l’arrivée des électeurs dans la Chapelle Sixtine, a poursuivi le cardinal, le serment est un moment très émouvant. Et pas seulement le premier, au moment d’entrer en conclave, celui que l’on a pu voir à la télévision. Chaque matin et chaque après-midi, avec le bulletin en main, lorsque l’on montait à l’autel et que l’on voyait le Christ du Jugement universel, entouré des fresques de la Chapelle Sixtine... nous prononcions la formule : « ‘je prends le Christ Seigneur à témoin, lequel me jugera, que je donne mon vote à celui que je considère le plus apte à être élu’. Quand vous vous trouvez là, il n’existe ni lobbies, ni groupes de pression, ni sympathies, rien de tout cela ! ».

« Quand 115 personnes de races et de cultures différentes se mettent d’accord lors du quatrième scrutin, c’est que l’Esprit Saint agit. On ne vote pas par sympathie ou proximité de culture ; c’est l’Esprit qui parlait ».

Pour le cardinal, c’est à 17.30 « exactement » le 19 avril que les deux tiers des votes nécessaires pour l’élection valide du pape ont été atteints. Des applaudissements ont retenti. Mais le comptage n’était pas encore terminé et les scrutateurs ont demandé le silence jusqu’à la fin du dépouillement.

« Lorsqu’un candidat obtient les deux tiers des votes, le Doyen du Collège cardinalice lui demande s’il accepte la charge - a expliqué le cardinal Carles -. Dans ce cas, toutefois, le Doyen était le cardinal Ratzinger ; ainsi la question fut posée par le Vice-Doyen, le cardinal Sodano, Secrétaire d’Etat. Et le cardinal Ratzinger a répondu en latin : « Malgré mon indignité, par obéissance j’accepte ». Après avoir annoncé son nom, le pape a expliqué en latin les raisons de son choix : « L’admiration qu’il portait à Benoît XV, qu’il considérait comme un maître ».

Après avoir accepté, le nouveau pape s’est retiré dans le salon des larmes jouxtant la chapelle Sixtine pour revêtir l’habit blanc : « De retour dans la chapelle Sixtine, tous les cardinaux ont embrassé le pape. A ce moment-là j’ai vu le cardinal Meisner qui pleurait comme un enfant, profondément ému. On voyait que c’était son ami. »

« Lorsque le moment est arrivé d’annoncer à l’Eglise et au monde qui était le nouveau pape, raconte toujours le cardinal Carles, le cardinal protodiacre, le card. Medina, chilien, d’aspect austère mais doté d’un caractère bon enfant, nous a expliqué qu’il avait sciemment observé un moment d’attente après avoir prononcé l’Habemus Papam’ et avait répété exprès à deux reprises le terme ‘eminentissimo’... c’était exactement ce qu’il fallait faire ».

« De retour à la résidence sainte Marthe (où les électeurs logeaient pendant le conclave) après l’élection, le Saint-Père saluait tout le monde, et les sœurs et les femmes de service lui baisaient la main, tandis que lui les embrassait sur le visage. Voilà celui que l’on appelle « le grand inquisiteur ! » a conclu le cardinal Carles.
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