Lettres: Un cardinal qui a soutenu Québec
Sept 08, 2007
Luciano Dorotea, Ancien représentant du Québec à Rome, Montréal, septembre 2007.
Le cardinal canadien Édouard Gagnon est décédé à la résidence des prêtres de Saint-Sulpice à Montréal, dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 août dernier, à l'âge de 89 ans. Ayant été en poste à Rome comme représentant du gouvernement du Québec pendant six ans (1985 et 1986 et 1989 à 1993), j'ai eu le privilège de bien connaître le cardinal Gagnon. Le cardinal s'est vu confier d'importantes fonctions au Vatican et a été un proche conseiller des défunts papes Paul VI et Jean-Paul II. Il a, entre autres, assumé pendant plusieurs années la présidence du Conseil pontifical pour la famille et, jusqu'à son départ de Rome, en 2000, il présidait le Comité pontifical pour les Congrès eucharistiques internationaux.
Au cours des 22 dernières années, lors de nos rencontres à Rome et au Québec, nous avons eu l'occasion de discuter de divers projets, dont celui du Congrès eucharistique de Québec en 2008. Connaissant la grande modestie du cardinal Gagnon, il m'apparaît important, au lendemain de son décès, de lui rendre publiquement hommage pour son intervention stratégique, auprès du défunt pape Jean-Paul II, dans le choix de Québec comme ville hôtesse. Dans une lettre manuscrite que le cardinal m'adressait le 22 novembre 2004, il écrivait ceci: «Comme président du Comité pontifical pour les Congrès eucharistiques internationaux, je savais que le choix du lieu où faire ceux-ci était habituellement motivé par la coïncidence avec le rappel qu'on voulait souligner d'un événement important pour la vie de l'Église. Le Congrès de Séville par exemple soulignait le fait que c'est de là que partirent Christophe Colomb et les premiers apôtres de l'Amérique latine 500 ans plus tôt.»
«Je savais que le pape accepterait la proposition que je présenterais de la part du Comité pontifical, sachant le rôle de l'Église de Québec et de Mgr de Laval dans le développement de l'Église de toute l'Amérique du Nord. De fait, il accepta ma suggestion immédiatement et avec enthousiasme. Quand j'ai laissé Rome [en 2000], il était acquis que le Congrès de 2008 serait à Québec. Mais il fallait, suivant les procédures ordinaires, qu'une demande officielle soit faite par l'archevêque, puis par la Conférence épiscopale.»