Bernardin Cardinal Gantin † Bernardin Cardinal Gantin †
Function:
Prefect Emeritus of Bishops, Roman Curia
Title:
Cardinal Bishop of Suburbicarian See of Palestrina
Birthdate:
May 08, 1922
Country:
Benin
Elevated:
Jun 27, 1977
More information:
www.catholic-hierarchy.org
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French En souvenir du cardinal Gantin
May 22, 2008
Le 22 mai 2008 - E.S.M. - C’est au service de l’Église universelle qu’il a révélé son envergure humaine et chrétienne. C’est ce pays des missionnaires, symbole à mes yeux d’une part de cette universalité, de l'Église, qui redonne son corps à sa terre natale qu’il aime tant. Il pourra désormais la féconder des dons reçus de partout.

Le départ d'une figure de proue de l'Église d'Afrique : en souvenir du cardinal Gantin

Beaucoup de personnes peuvent réclamer le droit de parler de la grande figure africaine de l'Église, qui vient de nous quitter, le Cardinal Gantin. Il faut le leur concéder dès lors que ce qu’ils veulent restituer, comme devoir de mémoire, n’est pas seulement de l’ordre du fait divers. Le personnage a donné à tant de monde.

La mort du Cardinal Gantin, premier Africain de la Curie romaine, tourne la première page de l’universalisation de la plus grande instance de régulation de la vie de l’Église Catholique. Il s’est dérobé systématiquement à toute biographie, en affirmant que ce qui se fait à un certain niveau de responsabilité est rarement l’œuvre d’une seule personne. C'était sa manière de fuir les hagiographies aux accents excessifs. Et pourtant, il méritait admiration et respect pour ce qu'il a été pour l'Église universelle. Les théologiens du Bénin ont seulement réussi à offrir des « Mélanges » à son honneur, pour le bien de l’Église qu’il a si dignement servie. Plusieurs de ses amis de la Curie, dont le Cardinal Ratzinger, devenu Benoît XVI, ont contribué à cette œuvre. Ce n’était pas de trop. Les missionnaires ont toujours été fiers d’avoir donné à l’Église Universelle un fruit aussi riche de qualités humaines, de finesse intellectuelle et de générosité de cœur que fut le premier Noir de la Curie romaine. Il le leur a si souvent bien rendu que certains se demandaient s’ils ne trahissaient pas quelque peu leurs combats de libération culturelle et politique. C’est mal connaître l’homme. Il distinguait toujours dans sa stratégie pastorale du devoir l’essentiel et le secondaire.

Pour lui, l’essentiel est l’amour et le respect de la personne humaine. Il assumait ce devoir avec discrétion, en donnant une densité humaine exceptionnelle aux gestes symboliques qui parlent d’eux-mêmes. Le cardinal Gantin apparaissait un peu comme le phœnix au milieu de ses collègues : il écoutait et était influent dans les milieux qui comptaient au Vatican. On a cherché à le classer. Ce jeu a ses limites et convient mal aux hommes de cœur.

Avec le départ du Cardinal Gantin, la dernière des grandes figures de l’épiscopat ouest-africain, toutes admirées dans leurs pays et respectées à l’extérieur, s’éteint. Il voulait et tenait à passer ses vieux jours et à mourir chez lui au Bénin. Ce désir était presqu’une obsession. Il n’avait pas compté avec la volonté de Dieu. Les grands hommes n’appartiennent pas à un coin mais à l’humanité dont ils ont servi la cause.

Qu’on me permette de faire une lecture spirituelle de sa fin. C’est le petit Bénin, terre de pauvreté matérielle, qui l’a donné à l’Église universelle où il a investi le meilleur de son cœur. Sa vie s’est éteinte en France, terre de vielles chrétientés, comme il n’aurait pas voulu, mais comme Dieu a voulu. En France, il a séduit les pèlerins du Congrès eucharistique à Lourdes, comme légats du pape Jean-Paul II, empêché par la fameuse tentative d’assassinat.

Si l’on s’en tient à ce qui peut s’écrire à une telle circonstance, disons qu’il a vécu ses moments de passion avec les affaires Lefebvre et Gaillot. On ne l'a pas jugé sur son devoir accompli mais sur la couleur de sa peau et ses origines. Ce n’est pas le fait du hasard que le cardinal Gantin meurt en France. Il renouait dans la mort avec le meilleur de lui-même et cette terre où il compte de solides amitiés. Il voulait "mourir local", cela ne convenait pas à sa vie. C’est au service de l’Église universelle qu’il a révélé son envergure humaine et chrétienne. C’est ce pays des missionnaires, symbole à mes yeux d’une part de cette universalité, de l'Église, qui redonne son corps à sa terre natale qu’il aime tant. Il pourra désormais la féconder des dons reçus de partout.

(Alphonse QUENUM, Recteur de l'Ucao, Université Catholique de l'Afrique occidentale)

Source : Eucharistie Sacrement de la Miséricorde
URL: http://www.cardinalrating.com/cardinal_136__article_7040.htm
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