En âge de laisser sa place de Secrétaire d’Etat du Vatican
Mar 19, 2009
Selon plusieurs sources, les évêques de divers pays, ont demandé au saint Père de bien vouloir accepter la démission pour limite d’âge déposée par le Cardinal Bertone, actuel Secrétaire d’Etat du Vatican. Cette information est d’ailleurs reprise par "La Stampa", quotidien italien
Depuis le mois de décembre le Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat de la Cité du Vatican ( Premier Ministre ) a dépassé la limite d’âge pour un évêque de rester en poste (75 ans). Suite à cela des évêques d’Allemagne, d’Autriche, d’Hongrie et de Suisse ont demandé au Saint-Père, Benoît XVI, d’accepter la démission pour limite d’âge, que l’éminence le cardinal Bertone a d’ailleurs présenté.
Pour de nombreux observateurs du Vatican, comme pour le journaliste Tosatti, spécialiste de la vie dans la Cité du Vatican et écrivant pour "La Stampa", les critiques dont fait l’objet dernièrement le pape, sont surtout liée à la présence du Cardinal Bertone, comme le collaborateur le plus présent, et le plus proche du descendant de Saint Pierre.
La manière de gouverner l’Église Catholique et le Vatican, est totalement différente entre le pape actuel, Benoît XVI, et son prédécesseur Jean-Paul II. En effet, alors que le pape polonais recevait des dizaines de personnes par jour, le pape actuel est beaucoup plus "solitaire".
La personnalité du Secrétaire d’Etat est très importante, tout comme celle du porte parole du Vatican ; ainsi, la décharge par le pape Benoît XVI de Joaquin Navarro-Valls a causé du tort évidemment au Vatican, à sa prise de parole, sa politique et sa communication. Il doit être regretté, lui qi continuellement était en relation avec le pape, et qui avait été à une école formidable avec Jean Paul II.
En effet, le Saint-Père Benoît XVI est en manque de contact avec ses collaborateurs. Dans "La Stampa", le journaliste Tosatti d’ailleurs impute à ce manque de dialogue, entre le pape et les autres membres de l’administration du Vatican, les récents dérapages résidants dans le manque de communication du Saint-Siège et de préciser que là où Jean Paul II rencontrait des évêques et autres personnalités continuellement, et que tous entraient, et sortaient sans cesse de ses appartements, les couloirs de ceux de Benoît XVI tombent dans un silence monastique à 17h00. Seul le secrétaire du pape, l’abbé Georg Gaenswein est là. Monseigneur Bertone, est le seul qui semble parfois rencontrer le pape…
Donc, le Pape consulte peu. Et même les plus prestigieux cardinaux n’arrivent pas à le rencontrer. Les derniers propos du cardinal Re dans l’affaire de la petite fille de 9 ans au Brésil ont été interprété par de nombreuses presses comme ceux "de la position officielle dans ce dossier" du Vatican. Or, Monseigneur Giovanni Battista Re, n’a été reçu par Benoît XVI qu’une fois au mois de février, tout comme en janvier, et en décembre… Les deux hommes se sont-ils parlés en mars ? Monseigneur Re, comme les autres évêques et cardinaux de la Curie, qui du temps de Jean Paul II étaient en continuel contact avec le saint-Père sont désormais délaissés, peut-on dire, dans leurs chancelleries. Le préfet aux affaires des ordres religieux et des Prêtres le Cardinal Claudio Hummes a rencontré Benoît XVI, chez le pape donc, en deux ans : 2 fois ! Les autres cardinaux, depuis l’élection du pape, ont du le rencontrer chez lui, une, au plus deux fois…
Ce manque de "communication" au sein même du coeur de l’Église, contraste véritablement avec ce qui se faisait à l’époque de Karol Wojtyla ( Jean Paul II ), et Marco Tosatti de nous remémorer que lorsque le pape polonais de retour de son pèlerinage en Pologne en 1983, alors que la Pologne sous le joug communiste était présidée par le général Wojciech Jaruzelski, il est tombé sous la "Une" du quotidien du Vatican "L’Osservatore Romano" où dans un article sous le titre "Hommage au Sacrifice" l’auteur, alors remplaçant du rédacteur en chef du quotidien le père Virgilio Levi écrivait que l’Eglise a sacrifié le chef de Solidarnośc pour le bien de la "Real Politik" et des contacts avec les dirigeants de la Pologne alors communiste.
Il a suffit de quelques heures à Jean Paul II pour virer le rédacteur Levi. Et Tosatti de comparer : "Aujourd’hui, en revanche, l’Église vit dans le Royaume d’un pape très doux, si doux, qu’il écrit une lettre aux évêques du monde entier, pour demander pardon pour le mauvais travail accomplit par ses collaborateurs". Des collaborateurs, qui du temps de Jean Paul II seraient désormais dans quelques paroisses éloignées de la Place Saint Pierre.