Fin du voyage du cardinal Bertone à Cuba, pour le 10è anniversaire de la visite de Jean-Paul II
Feb 27, 2008
Hier soir, le Cardinal Secrétaire d'Etat est rentré d'un voyage d'une semaine à Cuba, où il a commémoré le dixième anniversaire de la visite de Jean-Paul II. Pour l'occasion, le Pape Benoît XVI a adressé un message à l'épiscopat cubain.
(eucharistiemisericor.free.fr, 27.2.08) Lundi dernier, le Cardinal Tarcisio Bertone a rencontré M. Felipe Pérez Roque, le Ministre des affaires étrangères puis a tenu une conférence de presse. Le Cardinal a notamment déclaré: "Je crois que le nouveau Président, le Gouvernement et l'Eglise catholique font leur possible pour interpréter les aspirations du peuple cubain, pour y répondre au mieux malgré les difficultés dérivant principalement de l'embargo économique" auquel le pays est soumis depuis 45 ans. Il a repris les paroles de Jean-Paul II qui qualifia cette mesure "d'inacceptable, désastreux pour la population et éthiquement discutable", qui ne saurait aider Cuba "à acquérir dignité et indépendance" car il s'agit "d'une violation de l'indépendance de ce peuple".
A la question d'un journaliste, le Cardinal Bertone a précisé ne pas avoir demandé aux autorités une amnistie mais des gestes positifs, des libérations de prisonniers". L'Eglise, a-t-il ajouté, considère positivement la libération de prisonniers d'opinion. Le Secrétaire d'Etat a par ailleurs révélé avoir demandé au Gouvernement des Etats-Unis de faciliter de regroupement familial des fugitifs cubains sur leur territoire, soulignant qu'il s'agirait d'un important geste humanitaire. La rencontre du Secrétaire d'Etat avec M.Raúl Castro, le nouveau chef de l'état, a conclu hier son long séjour cubain.
LE CARDINAL BERTONE SOUHAITE UN RAPPROCHEMENT ENTRE LE MONDE ET CUBA
J'ai formulé un désir tout particulier du Saint-Siège : promouvoir encore plus le rapprochement du monde à Cuba, de même que la multiplication des convergences sur d'importantes questions internationales", a dit hier le Secrétaire d'État du Vatican, Tarcisio Bertone, dans un message, se référant à sa rencontre avec le nouveau président Raul Castro, qui s'est déroulée à huis clos dans la plus grande discrétion. Selon l'agence cubaine "Ain", le cardinal Bertone et M Castro "ont échangé leurs opinions sur des questions d'ordre multilatéral et international". Dans son message, qu'il a lu à l'aéroport de La Havane avant de repartir pour Rome, le Secrétaire d'État a signalé qu'il avait souhaité au président "de grands succès dans sa mission au service du pays", avant d'ajouter : "Dans le plus grand respect de la souveraineté du pays et de ses citoyens, j'ai exprimé au président Raul Castro la préoccupation de l'Église au sujet des prisonniers et de leurs familles". "Il semble que l'on puisse ouvrir des portes – avait-il révélé au Service d'Informations religieuses (Sir) avant de rencontrer le président cubain – parce que Raul connaît bien les difficultés de son peuple, ses manques, ses aspirations". Selon le Sir, le cardinal aurait également fait allusion à la possibilité de développer la liberté de presse : "Les autorités m'ont promis de plus grandes ouvertures sur la presse écrite et sur la radio et, dans certains cas exceptionnels, sur la télévision aussi", a écrit le Sir.
AMERIQUE/CUBA - Les évêques demandent à la nouvelle Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire de sauvegarder toujours le bien commun du pays et la paix
La Havane - Les évêques de Cuba, réunis en Assemblée Ordinaire - “au terme de laquelle ils ont reçu le cardinal Tarcisio Bertone, SDB, Secrétaire d’Etat de Sa Sainteté le pape Benoît XVI, envoyé dans notre pays pour présider les célébrations commémoratives de la visite du pape Jean-Paul II à Cuba, il y a dix ans” - ont émis une Note en raison du passage des pouvoirs de Castro à son frère, survenu avec la nouvelle Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire.
Au cours de la réunion des évêques le message avec lequel le président Fidel Castrro Ruz a renoncé à la charge de Président du Conseil d’Etat a été rendu public. Quelques jours après a été installée la nouvelle Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, élue le 20 janvier dernier. “Les deux événements revêtent un caractère d’exception, parce qu’ils convergent vers la configuration d’un nouveau Conseil d’Etat qui prévoit un nouveau président” affirment les évêques.
Déjà suite à la suspension temporaire de Fidel Castro depuis sa charge comme Président et la nomination, voulue par lui, d’une équipe qui guide le pays lors de la période de sa maladie, les évêques de Cuba demandèrent aux fidèles catholiques “de prier pour les moments difficiles que traverse notre patrie. Dans notre prière nous implorons de Dieu notre Seigneur la permanence du bien dans note nation”.
“Aujourd’hui nous voulons rendre grâce à Dieu parce que cette paix a permis également que les autorités du pays les plus élevées invitent les travailleurs, les étudiants et le peuple en général à débattre sur les problèmes les plus urgents qui tenaillent notre pays. L’appel demandait de répondre avec clarté et audace” lit-on dans le message des évêques. “Ce débat avait créé de nombreuses attentes dans le pays pour une amélioration des conditions de vie”, avaient affirmé les évêques dans leur message de Noël.
Maintenant la Conférence épiscopale élève également sa prière au Seigneur et à la Vierge de la Charité, Patronne de Cuba, “afin que cette Assemblée renouvelée qui vient de s’installer, le Conseil d’Etat et son nouveau Président aient la lumière du Ciel pour porter en avant avec décision ces mesures qui sachent être progressives, mais qui peuvent commencer à satisfaire à partir de maintenant les angoisses et les inquiétudes exprimées par les cubains”.
Les évêques concluent en renouvelant leurs “voeux de confiance et avec espérance chrétienne en présentant ces désirs au nouveau président Raúl Castro Ruz, au Conseil d’Etat et à l’Assemblée du Pouvoir Populaire, afin qu’ils assurent le bien commun du peuple cubain”. Ils demandent finalement au Seigneur “le don de la paix” pour la nation.