Mgr Christian Tumi passe le témoin à Mgr Samuel Kléda
Jan 31, 2010
Muté par décision du pape Benoît XVIe. Mgr Samuel Kléda, ancien évêque de Batouri, est à Douala depuis 2 ans environ (12 février 2008). Il a remplacé Christian cardinal Tumi dont la démission du gouvernement pastoral a enfin été acceptée par le souverain Pontife. Rome avait en effet mis entre parenthèses la demande à lui adressée par le prélat de Douala d’aller à la retraite, conformément à la loi canonique qui veut que tout évêque à 75 ans doit prendre sa retraite. Mais il aura fallu quatre années supplémentaires pour que Rome accepte de libérer MgrTumi. Ce dernier n’a donc commencé à jouir de sa retraite-chose peu courante-qu’à 79 ans sonnés dont une vingtaine de bons et loyaux services à l’archidiocèse de Douala. Cela lui aura d’ailleurs vallu une fière chandelle de la part de la communauté catholique. Des adieux émouvants au cours des soirées entières faites de décibels. Comme celle organisée jeudi dernier 7 janvier 2010 en la cathédrale de Douala par la très célèbre et non moins élististe schola Saint Grégoire d’expression latine. La Saint Grégoire, tout de blanc vêtue en cette soirée exceptionnelle, sous la houlette de Gervais et Cyril, maîtres de chśur, a égaillé la nombreuse assistance de gens venus partager ces moments de louange et de joie avec le cardinal qui avait à ses côtés Amboise Amougou, président de la schola.
Le ton de la cérémonie marquant la prise de possession de l’archidiocèse de Douala par son nouvel évêque était ainsi donné. Il dévoilait en prélude la solennité de l’événement qui devait arriver le 9 janvier. C’est en fait la société camerounaise dans toute ses composantes qui s’était donnée rendez-vous samedi sur le parvis de la cathédrale Saints Pierre et Paul de Douala : L’épiscopat au grand complet (une trentaine d’évèques dont un certain Martin Kuissi, ex évêque du diocèse de Nkongsamba qu’on n’avait pas revu depuis des lustres dans le milieu, arrivé tout pénaud sur la place de la cathédrale alors que la messe, depuis plus d’une demi-heure, battait son plein. Une centaine de prêtres, sinon plus, achevait le décor de ces « hommes de dieu ». Le gouvernement était remarquablement représenté : Martin Bélinga Eboutou (directeur du cabinet civil) en lieu et place du chef de l’Etat, avait à ses côtés Laurent Esso (SG de la Pr), Issa Tchiroma(ministre en charge de la Communication), Grégoire Owona (chargé des relations avec les Assemblées) et autre Dakolé Daissala, ancien ministre des P&T.
Dans la tradition de l’église catholique
La cérémonie proprement dite s’est déroulée dans la stricte tradition de l’église catholique romaine, ainsi d’ailleurs que le relèvera si bien le cardinal Tumi dans son homélie : « Mgr Samuel Kléda a pris ses fonctions il y a deux ans de ceci, mais la tradition dans l’église catholique veut que l’évêque soit officiellement présenté à la communauté qu’il intègre et aussi à l’Etat. Dans son mot, l’évêque émérite de Douala a tenu à souligner, entre autre, qu’il a, durant tout le temps passé à la tête de l’archidiocèse de Douala, eu un soutien inconditionnel de la communauté, laquelle aura été un véritable levain dans la réalisation de toutes les bonnes śuvres dont peut désormais se targuer à juste titre l’église particulière qui est à Douala. Ajoutant comme pour s’en féliciter que « je suis sûr que mon successeur, Mgr Samuel Kléda aura le même appui d’une communauté chrétienne mature» ainsi qu’il n’a de cesse de le clamer, « je suis fier de la maturité de votre foi ». Mais le cardinal a aussi, sous forme de mise en garde dit, s’adressant singulièrement aux prêtres et surtout à ceux d’entre eux à la tête des paroisses : « Vous m’avez quelque fois trompé en cachant parfois 5 frs, mais soyez sûrs que vous ne le pourrez avec mon successeur, Mgr Samuel Kléda ». Une façon ou une autre d’attirer l’attention de ceux qui seraient tenté, comme qui dirait, par une gestion peu catholique, et aussi sans doute de vanter une fois de plus les qualités présumés de bon gestionnaire de celui qui le succède. Avec Samuel Kléda donc, « 5 frs ne cherche pas son frère » comme on dit au quartier. On pense bien que l’épilogue du cardinal a suscité une salve d’applaudissements de la foule des fidèles.