Christian Wiyghan Cardinal Tumi Christian Wiyghan Cardinal Tumi
Function:
Archbishop of Douala, Cameroon
Title:
Cardinal Priest of Ss Martiri dell'Uganda a Poggio Ameno
Birthdate:
Oct 15, 1930
Country:
Cameroon
Elevated:
Jun 28, 1988
More information:
www.catholic-hierarchy.org
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French Cardinal Tumi plaide pour « le dialogue au Cameroun»
Mar 09, 2008
Après les récentes émeutes qui ont causé mort d’hommes au Cameroun,le cardinal Christian Tumi de Douala monte au créneau pour demander le dialogue et la paix.

[Douala - Cameroun] - 08-03-2008 (Rfi) Après les récentes émeutes qui ont causé mort d’hommes au Cameroun, la Communauté des évêques de Yaoundé monte au créneau pour demander le dialogue et la paix tous azimuts dans ce pays d’Afrique centrale. C’est ce qui ressort de l’interview qu’a accordée à RFI le prélat catholique Christian Tumi de Douala.

Avez-vous l’idée du nombre des morts à la suite des événements de la semaine dernière ?
Non, pas exactement. Mais la presse parle d’au moins une centaine de morts. Nous autres, sommes entrain de faire l’enquête par la Commission Justice et paix pour connaître exactement combien des morts.

Est-ce que les militaires ont tiré à balles réelles ?
Oui. Il y a les cas où on a des balles.

Il y a des cas où on a retrouvé des balles sur les corps des victimes ?
Exact. On n’a pas expliqué un seul cas où c’étaient les jeunes qui ont tué.

Donc, ce sont les militaires qui ont tué ?
Ce sont les militaires. Mais, il semble qu’ils sont entrés même dans quelques maisons, comme par exemple, à Bamenda : ils n’ont pas seulement menacé les gens mais ont commencé à commettre des atrocités, les vols, les viols…

Et à Douala ?
Et à Douala, d’ailleurs c’était terrible. L’avion a tiré à bout portant, il y a même des cas.

A quel endroit ?
Par exemple à Bonaberi, dans un quartier qu’on appelle ici Vilange, il y a eu des morts tués par des militaires.

Et sur le port de Ruri ?
Sur le port de Ruri, les gens étaient paniqués. Je sais qu’il y a eu les gens de Bonaberi qui marchaient vers la province c’est-à-dire chez le gouverneur. Ils étaient délogés par un hélicoptère. Et en paniquant, il y a eu quelques gens qui se sont jetés dans le Ruri et il y a eu des morts. Imaginez-vous, deux à trois mille jeunes qui traversent un pont, puis sont paniqués.

Alors les ONG dénoncent un état de terreur où l’armée n’hésite plus à tirer à balles réelles et sans sommation, sur les citoyens ?
Sûrement, il y a une grande tension ici à Douala. Actuellement, nous avons constaté cela. Vous savez bien, pour nous les catholiques, c’est la session des carêmes. Donc il y avait de moins en moins des gens qui venaient pour la prière très tôt le matin que nous organisons à cinq heures et demie. A cause des événements, très peu des gens venaient encore à la cathédrale pour cette prière du chemin de la croix.

Les gens n’osent plus sortir de chez eux ?
Non, ils ont peur. Il y a raison parce qu’il y a eu des gens qui ont été tués par des balles perdues. Il semblerait (il n’y a pas de preuves) qu’il y a beaucoup d’enfants qui sont en prison, je n’ai pas encore vérifié.

Les autorités reconnaissent avoir arrêté plus des mille cinq cent personnes ?
Oui. Souvent, quand l’autorité dit cela, nous avons la tendance de multiplier le chiffre par deux au moins.
Vous pensez qu’en fait, il y a plus de deux voire trois mille personnes arrêtées ?
Moi je crois, oui je crois.

A l’origine de cette répression violente, il y a des manifestations qui ont éclaté, il y a deux semaines. Quelles sont les causes de ces manifestations ?
Mais les causes sont multiples : elles sont d’abord, la hausse des prix de carburant, les gens se sont révoltés. Mais il y a en d’autres, les besoins de base, de la nourriture. Les gens n’arrivent plus à se nourrir comme il le faut, la pauvreté, beaucoup d’universitaires qui chôment, il y a beaucoup de causes.

Donc, c’était des manifestations contre la vie cher?
Oui. Principalement c’est cela, la vie très cher. Il semblerait maintenant qu’en Afrique, Douala est la ville la plus cher.

Est-ce qu’il y avait des causes politiques également ?
Non, je ne peux pas dire directement qu’il y avait des causes politiques. Non, je ne crois pas. Mais les manifestants ont commencé à glisser, dans leurs exigences, une cause politique c’est-à-dire la révision de la Constitution : beaucoup de gens sont contre la révision de la Constitution. Mais pour le reste, non, je ne vois pas parce que ce n’était que des jeunes. Je n’ai pas vu des leaders politiques dans la rue avec des jeunes.

Les gens sont contre la révision de la Constitution qui permettrait à Paul Biya de se représenter en 2011 ?
Beaucoup de gens. Il y en a qui sont pour mais beaucoup en sont contre.

Dans un discours, la semaine dernière, le président a, implicitement, accusé l’Opposition d’avoir manipulé les manifestations dans le but de le renverser ?
Peut-être, il a ses raisons. Mais moi, je n’ai vu aucun membre, aucun leader de l’Opposition dans la rue. Il faut qu’on étudie objectivement l’affaire pour savoir quelle était la cause. S’il y a des causes profondes, les prix des produits de première nécessité sont inabordables pour beaucoup de Camerounais. Il y a, à Douala, les cas où les gens ne mangent plus à leur faim, l’enfant ne mange plus à sa faim ; il y a les cas où un parent ne peut plus envoyer un enfant à l’école primaire. Et c’est pourquoi la communauté des évêques du Cameroun a attiré l’attention sur la paix bien sûr et le dialogue à tous les niveaux.

Retranscrite par Bienvenu Ipan Mokuba (Stagiaire)  du Journal Le Potentiel

Source: RFI
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