"Nous luttons contre la corruption depuis 30 ans"
Apr 21, 2007
Cardinal Christian Tumi, auteur de " Les deux régimes politiques d'Ahmadou Ahidjo, de Paul Biya et Christian Tumi, prêtre (Eclairage) ".
Cameroon Tribune (Yaoundé, 19 Avril 2007) Quels sont vos cibles et message à travers votre livre ?
J'ai voulu atteindre toutes les Camerounaises et tous les Camerounais. Et le message, tel qu'il est contenu dans le livre, concerne l'expérience que j'ai vécue avec les deux régimes politiques que notre pays a connus. C'est également une histoire destinée à la jeunesse de demain. Je pense que dans chaque chapitre, il y a un message. Globalement, il faudrait qu'on sache que chaque fois que l'administration m'a adressé des paroles inacceptables, j'ai veillé à ce que ma réponse soit pastorale.
A quoi peuvent s'attendre ceux qui n'ont pas encore lu l'ouvrage ?
C'est difficile de le résumer en deux minutes. Mais, encore une fois, ils découvriront dans le livre l'expérience que j'ai vécue en tant que prêtre à Bamenda, et ils apprendront que nous avons commencé à lutter contre la corruption dans ce pays il y a trente ans. Je peux vous dire qu'en 1977, la corruption existait bel et bien.
Par quels canaux l'avez-vous combattue ?
Il y a eu un groupe d'intellectuels, un groupe oecuménique qui s'est formé et qui se réunissait. Et au cours de nos rencontres, nous faisions une lecture socio-politique des événements de notre pays à la lumière de l'Evangile. Et les évêques de Buea et de Bamenda venaient de sortir une lettre adressée aux fidèles contre la corruption. Nous avons ensuite organisé une rencontre à l'Hôtel de Ville de Bamenda, ce qui n'a pas plu aux autorités. On nous a convoqués Tout ceci s'est produit en 1977.
Vous parlez de deux régimes dans votre ouvrage. Pouvez-vous les comparer ?
Je ne vois pas trop de différence, à dire vrai. Mais je dois avouer que sous le régime de M. Paul Biya, il y a beaucoup plus de liberté d'expression, de liberté de la presse. C'est vrai, c'est évident. C'est la seule différence que je vois entre les deux régimes.
Que pensez-vous que votre ouvrage apportera de plus sur la scène du débat national ?
Mon ouvrage apportera d'abord de l'information historique. J'ai un collègue évêque qui m'a dit, après l'avoir lu, qu'il ignorait que de telles choses s'étaient passées dans notre pays. Croyez-moi, les Camerounais vont découvrir beaucoup de choses dans ce livre.
Vous pensez avoir fait oeuvre d'historien ?
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Tout à fait.
A la lumière de ce passé que vous révélez, comment envisagez-vous l'avenir ?
Vous me donnez là l'occasion de vous dire que j'aimerais écrire encore un petit livre qui s'intitulerait " Le Cameroun nouveau et les nouveaux Camerounais ". Je m'engagerai à y démontrer qu'un pays ne peut pas avancer sans une conversion de chacun de ces citoyens. J'entends une conversion spirituelle. Sans une certaine spiritualité, les choses ne peuvent pas bien aller. Il faut que Dieu soit au centre. Et c'est aux Hommes de le mettre au centre.