Christian Wiyghan Cardinal Tumi Christian Wiyghan Cardinal Tumi
Function:
Archbishop of Douala, Cameroon
Title:
Cardinal Priest of Ss Martiri dell'Uganda a Poggio Ameno
Birthdate:
Oct 15, 1930
Country:
Cameroon
Elevated:
Jun 28, 1988
More information:
www.catholic-hierarchy.org
Send a text about this cardinal »
View all articles about this cardinal »
French Prêtre du verbe comme arme de combat
Apr 13, 2007
L'archevêque de Douala vient de se livrer sur ses relations avec le pouvoir politique au Cameroun.

'Mutations'YAOUNDE - 13 AVRIL 2007 Au reporter de Mutations qui lui demandait au mois de décembre 2005 à quoi il compte s'occuper une fois à la retraite, le cardinal Tumi a eu cette réponse, "j'ai beaucoup à dire. Plus que je ne l'ai fait jusqu'ici. Cette période en principe, de repos, je vais la consacrer à l'écriture". Entre temps, le Vatican lui a demandé, au cours du même mois de décembre 2006, de poursuivre sa charge épiscopale à la tête de l'archidiocèse de Douala. Est-ce la raison pour laquelle le cardinal Christian Wiyghansaï Shaaghan Tumi, a décidé courant 2006, d'écrire ce qu'il considère, un rire narquois, comme le premier tome de ses mémoires intitulé "Les deux régimes politiques d'Ahmadou Ahidjo, de Paul Biya et Christian Tumi, prêtre"? Il se refuse de donner une réponse à cette interrogation. Toujours est-il que ses témoignages dans cet ouvrage sont riches de révélation à travers des tranches de vie dont il ne conclut pas volontairement les récits. Un observateur averti présent à la séance de présentation de l'ouvrage aux médias, le 10 avril dernier a eu ce commentaire : "Ce livre ne va pas plaire au pouvoir". Ceci justifie-t-il la présence des agents des services de renseignements dans le salon de Mgr Tumi au cours de cette cérémonie? Difficile de répondre à cette autre interrogation.

Pour autant dans les milieux du pouvoir à Douala, on parle du livre du cardinal Tumi dont toutes les prises de parole publique depuis au moins 1979 (comme il le confirme dans son ouvrage) font problème et inquiètent les pouvoirs successifs de Ahidjo et Biya. Le présent ouvrage, (en attendant la note de lecture de Mutations) était attendu. Un peu plus que ses homélies de Noël et Pâques ou les lettres pastorales pour lesquelles il a souvent été repris par divers membres du gouvernement (Koungou Edima, alors Minat, Jacques Fame Ndongo du temps où il officiait au Mincom pour ne citer que ceux-là) ou pour lesquelles il est passé plusieurs fois en "conseil de discipline" provincial devant le gouverneur et tous ses collaborateurs civils et militaires. Pour Christian Cardinal Tumi, l'extrait des Ecritures sur "le verbe s'est fait chair", ne saurait être un vain mot. La parole est sa seule arme de combat contre l'injustice et l'oppression. C'est le seul outil efficace de la propagation de la foi, de l'évangile et des principes de Dieu sur l'épanouissement de l'homme.

C'est pour cette raison qu'alors qu'il est encore prêtre (ordonné le 17 avril 1966 à Soppo -Buéa dans la province du Sud-Ouest) et que depuis 1973, les évêques de Buéa et Bamenda l'ont nommé comme recteur du grand séminaire St Thomas d'Aquin de Bambili, il fonde avec quelques amis le Christian Study Group. Ce groupe oecuménique mis sur pied à l'initiative de l'ordinaire de Bamenda Mgr Paul Verdzekov se propose d'organiser des conférences publiques dans cette ville pour susciter le débat sur des questions importantes comme la corruption déjà effective dans le pays en ces années du dur régime du président Ahmadou Ahidjo. Nommé évêque de Yagoua dans le Nord Cameroun le 06 décembre 1979, au lendemain d'un incident pour lequel il a risqué une arrestation, il abandonne ses enseignements de logique formelle et de métaphysique pour son installation dans sa cathèdre le 09 mars 1980. Entre temps, Christian Tumi est ordonné évêque à la basilique St Pierre de Rome par le pape Jean-Paul II le 06 janvier 1980 sous la devise des paroles du psalmiste: "Seigneur, je viens faire ta volonté" (Ps 39, 8-9).

Pressions

Au nord Cameroun où l'islam prospère, Mgr Tumi doit faire face à la situation de nombreux chrétiens nommés à des postes de responsabilité dans l'administration publique camerounaise ou dans les instances politiques du parti au pouvoir, l'Union nationale camerounaise (Unc). Pour conserver ces postes, ils ont dû changer de religion, parfois pour des raisons indépendantes de leur volonté. C'est le cas de l'actuel président de l'Assemblée nationale, baptisé Maurice et qui est devenu Djibril depuis 1972.

Les pressions des dignitaires musulmans sur les communautés chrétiennes vont amener le nouvel évêque, après huit mois de charge épiscopale, à rendre publique sa première lettre épiscopale. Dans cette adresse, il dénonce la violation de la Constitution qui prône la liberté de culte. Blâmé par le préfet du coin qui lui répond que la Constitution ne concerne que les populations du Sud Cameroun, il doit essuyer les menaces d'Ousmane Mey, alors tout puissant gouverneur du Grand Nord. La même appréhension par rapport au respect des droits humains le conduira devant Maïdadi Sadou, lui aussi gouverneur du Nord au lendemain de son avènement, le 17 mars 1984 comme archevêque de Garoua.

A l'époque, devant le gouverneur entouré de tous ses collaborateurs civils et militaires, le fils de Thomas Tumi (paix à son âme) et Catherine La'ka (aujourd'hui âgé de 107 ans) refuse de présenter des excuses au gouvernement malgré la menace renouvelée d'une arrestation. Au sortir de ce qu'il appelle "tribunal militaire", il est baptisé "l'évêque rebelle". Né le 15 octobre 1930 à Kikaïkelaki (Banso) dans la région de Kumbo au Nord-ouest du Cameroun, Christian Tumi est inscrit à l'école catholique de Kumbo. Parvenu au terme du cycle primaire, il entre au petit séminaire Jos au Nigeria. Il a alors pour camarades entre autres, Lawrence Fonka Shang, l'ancien président de l'Assemblée nationale. Successivement en formation aux grands séminaires de Enugu et Ibadan où il est ordonné diacre en 1965.

Revenu au Cameroun pour son ordination, son śuvre pastorale a fait de lui le premier cardinal camerounais le 28 juin 1988. Rentré vêtu de sa pourpre cardinalice de Rome le 06 juillet 1988 devant une foule en liesse, le Pélican présidentiel qui le transporte atterrit à Douala vers 04h du matin (accueil par le gouverneur Luc Loé) avant l'audience à lui accordé par le chef de l'Etat le même jour à 11h. Mais aussi débute dès lors, les "je t'aime, moi non plus" entre le prélat et l'autorité en place. Ses prises de parole "empoisonnée" (lettres pastorales, interview et homélies) font face des accusations de coup d'Etat, de challenger du président de la République dans les rangs du Sdf etc. On le voit derrière toutes les lettres des évêques du Cameroun. Lui, n'a cessé de clamer qu'il est un prêtre épris de justice et de paix. Mais aussi un citoyen qui souffre pour l'indigence de ses compatriotes.
38 READERS ONLINE
INDEX
RSS Feed
back to the first page
printer-friendly
CARDINALS
in alphabetical order
by country
Roman Curia
under 80
over 80
deceased
ARTICLES
last postings
most read articles
all articles
CONTACT
send us relevant texts
SEARCH