La démission du cardinal Tumi rejetée
Jan 07, 2006
Le Saint Siège le maintient à la tête de l’archidiocèse de Douala. Les supputations allaient bon train depuis quelques semaines. Selon différentes sources, la lettre de démission de l’archevêque de Douala n’aurait pas été reçue par le Vatican.
(Quotidien Mutations 27/12/2005) Yaoundé – Cameroun - Dimanche dernier, 25 décembre 2005, Mgr Tumi âgé de 75 ans depuis le 15 octobre 2005, a rendu public le texte par lequel le pape Benoît XVI le maintient à la tête de l’archidiocèse de Douala pour une durée indéterminée.
Selon le droit canon, cette décision de Rome, ne donne aucune possibilité au cardinal Tumi de renvoyer une autre lettre de démission au saint Siège. Dès la création d’un cardinal, le prélat concerné prépare sa lette de démission qu’il dépose au Vatican. Dès ses 75 ans, il l’envoie à nouveau et pour l’ultime fois. Ceci veut dire qu’il exercera son ministère comme archevêque de Douala jusqu’à la désignation, selon le bon vouloir du vicaire du Christ, d’un autre berger pour l’Eglise de Douala.
La décision du pape Benoît XVI n’est pas vraiment une surprise. Car, en date du 30 novembre dernier, L’Effort camerounais, le journal catholique (dont le cardinal Christian Tumi est codirecteur de la publication avec la Conférence épiscopale nationale du Cameroun -Cenc-), sous la plume de son rédacteur en chef, le père Antoine de Padoue Chonang, publiait sous la forme d’une interrogation, un communiqué de presse : "Le cardinal Christian Tumi : Partira? Partira pas? Dans ledit article, le père Chonang confirme que, "frappé par la limite d’âge, le cardinal Christian Tumi, archevêque de Douala, a récemment déposé sa démission auprès du saint Siège, selon les règles du droit canonique en la matière(…) En dépit des rumeurs, nous ne saurions, sans faillir gravement aux règles de l’art, aux exigences du professionnalisme, à la déontologie du métier, à l’éthique et à la jurisprudence de l’Eglise, nous prononcer là-dessus pour le moment. Tout dépend du saint Père qui a toute la latitude d’accepter ou de refuser sa démission. En principe, il devrait être fixé ces jours-ci. Dès que les documents s’y afférant seront en notre possession, nous nous ferons le plaisir de vous en informer".
Autre indication, au cours de la même période, Mgr Francis Arinze, de nationalité nigériane, qui lui aussi a atteint ses 75 ans, a reçu la réponse à sa lettre de démission. La correspondance du pape Benoît XVI le nomme d’ailleurs à la tête de l’une des congrégations les plus importantes de l’Eglise catholique romaine. Dans les milieux de l’Eglise catholique à Douala, on apprend que la décision de maintenir Mgr Tumi à la tête de l’archidiocèse de Douala répond au souci du Pape de garder, autour de lui, tout le sacré collège qui l’a élu. Un argument vite battu en brèche par une frange d’ouvriers apostoliques à Douala. Ils estiment en réalité que, quand bien même la démission aurait été acceptée, l’archevêque démissionnaire reste membre du Sacré collège. Pour cette tendance, conscient des rivalités et querelles de succession qui ont généralement cours au sein de l’Eglise catholique au Cameroun, le Pape Benoît XVI a pris la décision de "laisser le temps au temps". Toujours est-il que du côté de la cathédrale saint Pierre et Paul de Douala où Mutations a déposé une demande d’interview depuis le début de ce mois de décembre, le silence est d’or. Le père Jean-Pierre Mukang Mukenshayi, chancelier de l’archidiocèse de Douala qui déroule le calendrier de Mgr Tumi à chacune des sollicitations, renvoie tout le monde au mois de février. Christian Cardinal Tumi sera alors rentré de Rome.