Le Traité constitutionel "constitue en lui-même un progrès"
May 31, 2005
Après que plusieurs organisations catholiques ont publié des réflexions ou pris des positions sur le Traité constitutionnel, c'est le Cardinal Tauran, ancien Secrétaire pour les Relations avec les Etats, qui a donné dans un interview au "Figaro" son sentiment face au Traité constitutionnel.
(inxl6.org, 25/05/2005) Le Cardinal français Jean-Louis Tauran, qui fut pendant 13 ans le Secrétaire pour les Relations avec les Etats du Saint Siège, a exprimé dans une interview accordé au quotidien Le Figaro sa position sur le Traité constitutionnel, dont l'approbation sera soumise au peuple français par referendum le 29 mai 2005.
Rappelant tout d'abord son regret sur "l'omission" de la référence à l'héritage chrétien, le Cardinal Tauran estime pourtant positif le dialogue qui a aboutit à la référence aux "héritages religieux" qui "se réfère implicitement au christianisme". Selon lui, "on doit se réjouir que pour la première fois l'héritage religieux et les Églises apparaissent dans le droit européen". Le Cardinal Tauran mentionne en particulier "le respect du statut des Églises dans les droits nationaux, la reconnaissance de la contribution spécifique des Églises, l'institutionnalisation du dialogue ouvert, régulier et transparent entre l'Union européenne et les Églises".
Le texte proposé "présente des lumières et des ombres" selon Mgr Tauran : d'une part "la dignité humaine et d'autres valeurs comme la liberté et l'égalité, qui trouvent d'ailleurs leur fondement dans le christianisme, y sont explicitement reconnus comme le socle sur lequel repose l'Union" ; d'autre part, "certains articles relatifs à la vie, aux droits de la famille, à la discrimination mériteraient sans doute une autre formulation", le Cardinal estime que malgré ses lacunes, le traité "constitue en lui-même un progrès" et "devrait contribuer à faire naître un sentiment de citoyenneté européenne".
Interrogé sur la possibilité d'un rejet du traité par les Français, le Cardinal Tauran estime que dans un tel cas "l'Europe politique resterait un projet. Seule l'Europe de l'euro fonctionnerait". Rappelant également que Benoît XVI est "un Européen convaincu", le Cardinal souligne l'action du nouveau Pontife pour "rappeler aux Européens leur histoire mais plus encore leurs responsabilités".
Evoquant enfin la candidature de la Turquie à l'adhésion, Mgr Tauran se montre plus réservé, rappelant que "la Commission européenne a signalé des carences sérieuses" de ce pays dans le domaine du "respect effectif des droits humains fondamentaux ainsi que le respect et la protection des minorités".