Jean-Louis Pierre Cardinal Tauran Jean-Louis Pierre Cardinal Tauran
Function:
Archivist of Vatican Secret Archives, Roman Curia
Title:
Cardinal Deacon of St. Apollinaris alle Terme Neroniane-Alessandrine
Birthdate:
Apr 05, 1943
Country:
France
Elevated:
Oct 21, 2003
More information:
www.catholic-hierarchy.org
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German Kardinal Taurans Aufgabe
Aug 16, 2008
Wenn Jean-Louis Kardinal Tauran Reden oder Vorträge hält, dann wartet der vatikanische Spitzendiplomat immer wieder mit geschliffenen Formulierungen auf. Seit fast einem Jahr ist der 65-jährige Franzose aus Bordeaux Präsident des Päpstlichen Rates für interreligiösen Dialog, der bei seiner Gründung 1964 noch „Sekretariat für die Nichtglaubenden“ hieß.

(Rheinischer Merkur, 14.08.2008) 13 Jahre war Tauran päpstlicher „Außenminister“, danach stand er an der Spitze des Vatikanischen Geheimarchivs und der Apostolischen Bibliothek.

Interreligiöser Dialog – eine Gnade oder eine Gefahr? Beides sei der Fall, sagte der Kardinal kürzlich im norditalienischen Brescia bei einer Veranstaltung über die multikulturelle Gesellschaft von heute. Dialog sei eine Gnade, weil Gläubige sich so zusammen daran erinnern könnten, dass der Mensch nicht vom Brot allein lebe. Die Gefahr bestehe in Identitätskrisen, wenn nämlich bei einem der Dialogpartner diese Heilsbotschaft im täglichen Leben nicht umgesetzt werde. Interreligiöser Dialog sei also auch „ein ständiger Appell zur persönlichen Einkehr“. Viel könnten Christen von orientalischen Religionen aus deren Praxis der Meditation und Askese lernen: „Umgekehrt können Buddhisten und Muslime von uns lernen, wie sich aus Religion konkrete Folgen für das Leben in der Gesellschaft ableiten lassen.“ Heute hätten gerade in europäischen Ländern dank der vielen Zuwanderer schon Kita-Kinder Gelegenheit zum Abgucken. Interreligiöser Dialog sei ein Zeichen von Reife, betonte Kardinal Tauran und zitierte in dem Zusammenhang Passagen aus der Regensburger Vorlesung Benedikts XVI., dass es gegen die Natur sei, Glaube mit Gewalt aufzwingen zu wollen. Tauran greift jene Rede vom September 2006 generell gern auf: „Der Papst hat klargestellt, was er sagen wollte, und die Missverständnisse sind inzwischen überwunden.“ Gerade die dynamische Entwicklung des katholisch-muslimischen Dialogs scheint ihm recht zu geben. Vom 4. bis 6. November erfährt dieser einen ersten Höhepunkt. 24 katholische und 24 muslimische Religionsvertreter treffen sich in Rom zum Dialog, der mit einer Papstaudienz enden wird.

Die Islamvertreter gehören zu den 138 Gelehrten, die im Oktober vergangenen Jahres einen Brief an Benedikt XVI. und andere christliche Religionsführer mit der Aufforderung zum Dialog gesandt hatten. Sie wollten damit nicht zuletzt das durch die Terrorakte vom 11. September 2001 verzerrte Bild ihrer Religion wieder zurechtrücken. Auf Initiative von König Abdullah von Saudi-Arabien – er war im November zur Papstaudienz in Rom – kam es in diesem Juli in Madrid schon zu einem bedeutenden Treffen der Religionen, bei dem die Juden nun einbezogen waren. „Eine mutige Initiative“, sagt Kardinal Tauran, der selbst daran teilgenommen hat.
French À La Mecque, un roi donne des leçons de paix
Jul 17, 2008
Rome, le 17 juillet 2008 -E.S.M.-A Madrid, le roi d'Arabie Saoudite dialogue avec des chrétiens et des juifs. C'est le cardinal Tauran qui représente le pape Benoît XVI. Un document important.

Une enquête menée auprès des pèlerins qui se sont rendus dans les lieux saints musulmans montre qu'ils rentrent chez eux avec un sentiment de plus grande tolérance. Au même moment, à Madrid, le roi d'Arabie Saoudite dialogue avec des chrétiens et des juifs. C'est le cardinal Tauran qui représente le pape Benoît XVI. Un document important

par Sandro Magister

Benoît XVI était lui aussi invité. Et il s’y serait rendu très volontiers. Mais il ne pouvait assurément pas renoncer aux Journées Mondiales de la Jeunesse, inscrites depuis longtemps dans son agenda.

Ainsi, à la place du pape, qui est en Australie, c’est le cardinal Jean-Louis Tauran, président du conseil pour le dialogue interreligieux, qui s’est rendu à Madrid.

Du 16 au 18 juillet, à Madrid, se tient une conférence sur le dialogue entre les trois religions – l’islam, le judaïsme et le christianisme – sous l’impulsion du roi Abdallah Bin Abdulaziz al-Saoud, souverain d’Arabie Saoudite et gardien des lieux musulmans les plus sacrés, les mosquées de La Mecque et de Médine.

Le roi Abdallah avait évoqué cette rencontre entre les trois religions au terme de la conférence internationale islamique qui a eu lieu à La Mecque du 4 au 6 juin derniers. A Madrid, c’est lui qui a ouvert les travaux de cette rencontre qui va s’achever avec les interventions d’Abdullah Ibn Abdul Mohsin al-Turki, secrétaire général de la Ligue musulmane mondiale, et du cardinal Tauran.

Avant son départ, Tauran a déclaré à “L’Osservatore Romano“ que la conférence a pour objectif d’offrir au monde une image des trois religions comme des religions de paix, “au service de l’homme et non contre l’homme“. Cela vaut en particulier pour l’islam, généralement associé à la violence et au terrorisme, notamment par la faute de beaucoup de ses adeptes. “En effet, alors que le roi d’Arabie Saoudite accomplit cet acte de courage avec sagesse, il peut arriver – a ajouté le cardinal – qu’un tout autre discours soit tenu dans certaines mosquées“.

Il y a une Mecque pour le cardinal Tauran aussi

Voici comment, dans l’interview qu’il a accordée le 16 juillet à “L’Osservatore Romano“, le cardinal Jean-Louis Tauran, qui représente le pape à la conférence de Madrid, a commenté l’initiative du roi d’Arabie Saoudite pour promouvoir le dialogue entre islam, judaïsme et christianisme:

"Je pense que sa rencontre avec Benoît XVI au Vatican a renforcé sa détermination. J’ai pu constater à de nombreuses reprises qu’il a été profondément touché par l’humanité de notre pape. A cela, il faut ajouter qu’il est conscient que certaines franges extrémistes du monde musulman, en fait une petite partie, ont cependant assombri la véritable image de l’islam. Il souhaite ardemment redonner son vrai visage à l’islam, différent de celui que montrent certains extrémismes. Bref, il souhaite récupérer toute la pureté de sa foi. Il veut surtout montrer qu’elle peut faire du bien à l’humanité si elle se met à dialoguer avec les autres croyances“.

Au cours de cette interview, Tauran a surtout donné une grande importance au document publié le 6 juin 2008 à La Mecque au terme de la conférence internationale islamique pour le dialogue convoquée par le roi saoudien et organisée par la Ligue musulmane mondiale. Le roi Abdallah y avait annoncé la rencontre de Madrid:

"Je l’ai lu et étudié avec beaucoup d’intérêt car il s’agit d’un document important. Je dirais que l’image la plus significative qui en ressort est celle d’un islam désireux de se présenter devant l’opinion publique mondiale avec un visage différent de celui marqué par le terrorisme extrémiste. Un islam prêt à rencontrer les autres religions, en renonçant à critiquer l’autre pour enfin arriver à une connaissance réciproque plus approfondie, fondée sur des valeurs essentielles communes. Il y a ensuite la volonté commune de reconduire l’homme à la connaissance de Dieu, de coopérer pour la sauvegarde de l’environnement, dont la destruction systématique par la main de l’homme est reconnue par tous comme un péché grave. Enfin, il faut ajouter à tout cela la volonté de défendre les valeurs éthiques de la vie, celles qui concernent avant tout la vie de l’homme, et la famille“.

Avec l’interview du cardinal Tauran, “L’Osservatore Romano“ a publié – avant tous les autres médias occidentaux – une traduction de l’arabe à l’italien du document de La Mecque du 6 juin 2008. (Da La Mecca a Madrid)

Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.
Liens : Le card. Tauran sur la rencontre de Madrid pour le dialogue interreligieux

Source : Eucharistie Sacrement de la Miséricorde
English In Mecca, a King Is Giving Lessons in Peace
Jul 17, 2008
A survey among pilgrims to the Muslim holy sites shows that they return home with sentiments of greater tolerance. Meanwhile, in Madrid, the Saudi king dialogues with Christians and Jews. Cardinal Tauran is there to represent the pope. An important document

Chiesa by Sandro Magister

ROMA, July 17, 2008 – Benedict XVI was also invited to participate. And he would have been very glad to go. But of course, he could not cancel his appearance at World Youth Day, which had been on his schedule for some time.

So in the pope's place – while he is in Australia – Cardinal Jean-Louis Tauran, president of the pontifical council for interreligious dialogue, has gone to Madrid.

In Madrid, from July 16-18, a conference is taking place on dialogue among religions – Islam, Judaism, and Christianity – with the decisive initiative of King Abdullah bin Abdul Aziz Al Saud, the sovereign of Saudi Arabia and the custodian of the most sacred Muslim sites, the mosques of Mecca and Medina.

King Abdullah had called for this encounter among the three religions at the end of the international Islamic conference held in Mecca last June 4-6. In Madrid, he was the one who opened the working sessions, which will be concluded with addresses by Abdullah bin Abdul Mohsin Al Turki, secretary general of the Muslim World League, and Cardinal Tauran.

Before his departure, Tauran told "L'Osservatore Romano" that the objective of the conference is to offer the world an image of the three religions as religions of peace, "at the service of man, and not against man". This is especially true for Islam, which is generally associated with violence and terrorism, partly through the fault of many who practice it. "It can in fact happen," the cardinal added, "that as we witness this act of courage carried out with wisdom by the king of Saudi Arabia, in some mosques the talk may be of an entirely different kind."

* * *

In the fact, the prevalent image of Islam in the world is that it is a bearer of violence. A survey in 2007 by the Pew Forum discovered that 45 percent of American citizens see Islam as the most threatening religion. Two years earlier, it was 36 percent.

Another widespread idea is that Muslims are more inclined to violence the more they observe the precepts of their religion. The pilgrimage to Mecca – the Hajj in Arabic, one of the central practices of Islam – is seen by many as a school of intolerance for those who participate in it.

But is this really true? As for the pilgrimage to Mecca, the answer is no. This is proven by a survey – one of the first conducted in this field according to scientific criteria – carried out by three scholars of Harvard University in America, on a sample of pilgrims from Pakistan.

Pakistan has the second largest Muslim population in the world, after Indonesia. And it is also the country most torn by violence. Entire provinces are out of control, infested with Taliban and warlords. Violent attacks mark the news broadcasts of the big cities. A political leader like Benazir Bhutto can be killed in the midst of a crowd, in spite of heavy security measures. Those who are accused of offending the Islamic religion risk being sentenced to death. Osama bin Laden is probably hiding in the mountains between Pakistan and Afghanistan.

But the Muslims who every year go as pilgrims from Pakistan to Mecca do not for this reason return more inclined to violence and more hostile toward the West and Christianity. The opposite happens. The pilgrimage instead increases sentiments of peace and tolerance, not only toward those of the same faith, but also toward non-Muslims.

About 2 million Muslims make the pilgrimage to Mecca each year, from the eighth day until the twelfth day of the last month of the Islamic lunar calendar. Their number is fixed in advance, and set in proportion to the populations of the various countries. In Pakistan, one must participate in a public lottery in order to be allowed to make the voyage. Those whose numbers are chosen will go to Mecca, the others will not.

The three scholars at Harvard – David Clingingsmith, Asim Ijaz Khwaja, and Michael Kremer – conducted the study on a twofold sample of Pakistani citizens: 800 who made the pilgrimage, and 800 who remained at home.

The survey reveals that the pilgrims are more devout when they return from Mecca. They pray more, they go to the mosque more often, they observe fasting more faithfully. They also tend to abandon the use of amulets and the practice of customs that are not genuinely Islamic.

Men's attitudes toward women also improve. On the pilgrimage, they find themselves side by side in equal numbers, carrying out the same rituals. And this has increased the number of those in favor of more education for girls, and their admission to professional life.

A positive impact is also shown from the encounter with Muslims from other countries with other ways of interpreting and living Islam, Shiite and Sunni. At their return from Mecca, many maintain that it is possible to live in harmony with everyone. And this sentiment is also extended to non-Muslims. Pilgrims to Mecca are clearly more willing than those who remain at home to consider the believers of other religions as worthy of equal respect.

On recourse to violence and hostility toward the West, pilgrims to Mecca are more inclined to peace than those who remain at home. When asked whether the goals for which Osama bin Laden is fighting are correct, the pilgrims answer no twice as often as the others. And when asked whether the methods used by Osama bin Laden are correct, the 'no's of the pilgrims are almost one third as numerous.

But it must be said that these responses are much less comforting if they are put in terms of absolute numbers. Even among the "peaceful" pilgrims to Mecca, the number of those who disapprove of Osama bin Laden is much lower than for those who approve of him. Only 21 percent distance themselves from his terrorist methods, and only 13 percent reject his goals.

For the non-pilgrims, the numbers of those who distance themselves from Osama bin Laden are even lower: 16 and 7 percent respectively.

All of the others, meaning the large majority, are on the side of Islam's prince of terror.

This is just one more reason to invoke – as the Muslim scholar Khaled Fouad Allam did in a conference at Villa Cagnola di Gazzada, as "L'Osservatore Romano" reported on July 7 – the advent of that "Islam of the enlightened which can be reached only through interreligious dialogue."

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The complete text of the survey conducted by David Clingingsmith, Asim Ijaz Khwaja, and Michael Kremer of Harvard University, on the effects of the pilgrimage to Mecca, published in April of 2008:

> Estimating the Impact of the Hajj: Religion and Tolerance in Islam's Global Gathering

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But there is also a Mecca for Cardinal Tauran

In an interview granted to "L'Osservatore Romano" on July 16, Cardinal Jean-Louis Tauran, the pope's representative in Madrid, commented on the initiative of the king of Saudi Arabia in promoting dialogue between Islam, Judaism, and Christianity:

"I believe that he was strongly encouraged by his encounter at the Vatican with Benedict XVI. I saw many signs that he was profoundly impressed by the humanity of our pontiff. To this must be added his awareness that some extremist fringes of the Islamic world, a small part in truth, have in any case obscured the true image of Islam, and he feels a profound desire to restore to Islam its true face, which is not the one shown by certain forms of extremism. He wants, in short, to recover all the purity of his faith. Above all, he wants to demonstrate how much good it can do for humanity if it opens itself to dialogue with other faiths".

But above all, in the same interview, Tauran attributed great importance to the document published in Mecca on June 6, 2008, at the end of the international Islamic conference for dialogue convened by the Saudi king and organized by the Muslim World League, the conference at which King Abdullah announced the encounter in Madrid:

"I read and considered it with great interest, because it is an important document. I would say that the most significant image that emerges from it is that of an Islam that wants to present itself to world public opinion with a face different from the one marked by extremist terrorism. An Islam open to encounter with other religions, through which, with the abandoning of the critical stance toward the other, one can finally reach even deeper mutual understanding, founded on substantially common values. There is also the shared desire to reopen man to the knowledge of God, to work together to protect the environment, the systematic destruction of which by man is recognized by all as a grave sin. To this must be added the desire to defend the ethical values of life, those concerning human life first of all, and the family."

Next to the interview with Cardinal Tauran, "L'Osservatore Romano" published – for the first time in the Western media – a translation from Arabic to Italian of the Mecca document dated June 6, 2008. You can find it on this page of www.chiesa:

> C'è un Islam aperto al dialogo con le altre fedi. Da La Mecca a Madrid
German Kardinal Tauran: Neue Atmosphäre im interreligiösen Dialog
Jul 16, 2008
Kongress zur Förderung des interreligiösen Dialogs in Madrid (16. – 18. Juli).

ROM, 16. Juli 2008 (ZENIT.org).- Am heutigen Mittwoch hat in Madrid der internationale Kongress begonnen, der auf Initiative des Königs von Saudi-Arabien Abdallah zur Stärkung des interreligiösen Dialogs einberufen wurde. Der Kongress findet am kommenden Freitag, den 18. Juli, seinen Abschluss.

Ziel der internationalen Begegnung ist es, das Bild eines toleranteren Islam zu liefern, der für alle Religionen offen ist. Gleichzeitig soll einer breiteren Öffentlichkeit der Appell von Mekka (6. Juni 2008) bekannt gemacht werden. Außerdem geht es um eine Präzisierung des Beitrags der Religionen für den Weltfrieden und das Zusammenleben der Menschen. Gemeinsam geteilte ethische Werte sollen der Welt und vor allem der Erziehung der Jugend zur Verfügung gestellt werden. Insgesamt beabsichtigt der Kongress, der Menschheit zu einer Rückkehr zu Gott zu verhelfen.

Als Vertreter des Heiligen Stuhls nimmt der Präsident des Päpstlichen Rates für den Interreligiösen Dialog, Kardinal Jean-Louis Tauran, teil. In einem Gespräch mit der vatikanischen Zeitung „L’Osservatore Romano“ (16.7.2008) bezeichnete der Kardinal die Tagung als „mutige Initiative“ des saudiarabischen Königs.

Der Heilige Stuhl begrüße den Kongress, der die drei großen monotheistischen Religion um einen Tisch versammelt sieht, als eine dem Wunsch Papst Benedikts XVI. entsprechende Initiative, die dieser mehrmals gewünscht hätte.

Für Kardinal Tauran sind die letzten Ereignisse im Bereich des interreligiösen Dialogs mit dem Islam ein sichtbarer Beweis für eine neue Atmosphäre im interreligiösen Dialog. Tauran brachte den Wunsch zum Ausdruck, dass die Madrider Konferenz konkret für die Überzeugung Zeugnis ablege, dass die authentisch praktizierten Religionen zu Brüderlichkeit und Harmonie der Menschheitsfamilie beitragen. „Die Religionen führen keine Kriege“, so der Kardinal. Daher sei es Pflicht der religiösen Hirten und Führer, das Gewissen ihrer Anhänger zu bilden, damit diese wahrhaft Gläubige seien, „Überbringer des Friedens und der Brüderlichkeit“.

Eine der Früchte der abrahamitischen Religionen besteht für Kardinal Tauran im Gebet, das in einer säkularisierten Welt für die transzendente Dimension des Menschen Zeugnis ablege. Weitere Früchte seien die Bekräftigung der Sakralität des menschlichen Lebens und die Notwendigkeit der rechten Erziehung der Jugend. Auf diese Ziele hin müsse zusammengearbeitet werden.

Für Tauran ist die Tatsache, dass es der Hüter der heiligsten Orte des Islam ist, der die Konferenz organisierte, ein Zeichen dafür, dass es sich um einen Aufruf universaler Art handelt.

Den „Appell von Mekka“ aus dem Juni 2008 bezeichnete der Präsident des Päpstlichen Rates für den Interreligiösen Dialog als ein bedeutendes Dokument. Aus ihm gehe das Bild eines Islam hervor, der sich der Weltöffentlichkeit mit einem anderen Gesicht präsentieren wolle als dem, das vom extremistischen Terrorismus gezeichnet werde. Es sei ein Islam zu erkennen, der für die Begegnung mit anderen Religionen offen und zu einer gegenseitigen Kenntnis bereit sei, die auf im Wesentlichen gemeinsamen Werten beruhe. Des Weiteren sei der gemeinsame Wille festzuhalten, den Menschen neu für Gott zu öffnen, für den Schutz der Umwelt zusammenzuarbeiten, deren Zerstörung als schwere Sünde anerkannt sei. Dazu komme die Verteidigung der ethischen Werte des Lebens und der Familie.

Zum pseudoreligiös inspirierten Terrorismus wiederholte Kardinal Tauran die Ansicht Papst Benedikts XVI. und bezeichnete ihn als „kriminelle Tätigkeit“, die umso schlimmer sei, wenn sie unter dem Deckmantel der Religion vollzogen werde und damit die reine Wahrheit Gottes auf das Maß der eigenen Blindheit und moralischen Perversion herabdrücke.

Kardinal Tauran brachte zudem die Ansicht zum Ausdruck, dass der König von Saudi-Arabien gerade auch durch seine Begegnung mit Papst Benedikt XVI. zu diesen neuen Schritten veranlasst worden sei. Der König sei tief beeindruckt gewesen von der Menschlichkeit des Papstes. Gleichzeitig sei sich nach Meinung Taurans der König bewusst, dass einige extremistische Fraktionen innerhalb der islamischen Welt das Bild des Islam verfinstert hätten. Deshalb wolle Abdallah dem Islam sein wahres Antlitz zurückerstatten.

Der Dialog über den Menschen begünstigt nach Worten von Kardinal Tauran auch den theologischen Dialog, dessen „Schwelle“ auf diese Weise erreicht werden könne. Dabei sei dann zu sehen, was möglich sei und was nicht. Jedenfalls handle es sich bei dem Treffen in Madrid um einen Schritt hin zu einer neuen Haltung, die vor allem ein gegenseitiges Anhören begünstige. Der Andere solle nicht als Rivale, sondern als Bruder gesehen werden.

„Der interreligiöse Dialog setzt die eigene Identität voraus“, bekräftigte Kardinal Tauran zum Schluss. „Er muss dann aber zu einer gegenseitigen Bereicherung gelangen. Wenn man nicht zu konkreten Gesten kommt, nützt sogar der Dialog nichts.“
French Le card. Tauran sur la rencontre de Madrid pour le dialogue interreligieux
Jul 15, 2008
Rome, le 15 juillet 2008 - E.S.M. - Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, qui représentera Benoît XVI à la Conférence qui débute demain à Madrid sur initiative du roi saoudite Abdallah bin Abdulaziz Al Saud.

"Aujourd'hui la religion fait peur. Nombreux sont ceux qui considèrent que les guerres et les violences sont provoquées par les religions. Les religions ne favorisent pas les guerres, mais fomentent les guerres. Ce sont les adeptes des religions qui font les guerres. Je souhaite que cette conférence de Madrid fasse comprendre aux gens que les religions sont au service de l’homme et non contre l’homme".

La Conférence pour le dialogue interreligieux qui aura lieu du 16 au 18 juillet à Madrid sur initiative du roi saoudite Abdallah bin Abdulaziz Al Sauddi, représente “un grand acte de courage” a déclaré au quotidien du Saint Siège, l’Osservatore Romano, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, qui représentera Benoît XVI personnellement invité à Madrid.

Décidée au terme de la Conférence internationale islamique qui s’est tenue à La Mecque en juin dernier, l’initiative représente “un évènement très important car celui qui l’a promu n’est pas seulement le chef d’un état islamique, le roi saoudite Abdallah, mais davantage le gardien des deux mosquées saintes, à savoir les lieux sacrés les plus significatifs pour l’Islam”, a précisé Tauran.

“Je m’y rends avec un esprit ouvert – a ajouté le cardinal – car je sens que ces derniers temps le climat a changé. Il y a davantage d’ouverture, plus de respect, plus de désir de connaître l’autre même si, évidemment, les contacts ont eu lieu jusqu’ici seulement au niveau des grandes personnalités du monde islamique”.

Le Saint Siège participera à la rencontre de Madrid, à laquelle interviendront des représentants des religions musulmane, chrétienne et hébraïque, d’ “une grande importance" a souligné le cardinal, ajoutant l’espoir que l’on puisse finalement parvenir "tout de suite à quelque chose de concret”. De la part du Vatican, a encore dit Tauran, il y a “tout le désir de saisir les signes concrets qui pourront ressortir de cette rencontre afin de restituer à toutes les religions le rôle qui leur revient dans la construction d’un monde pacifié, attentif à la conservation de la création, dédié à la formation de nouvelles générations, dans le respect total de tous et de chacun”.

Source : Eucharistie Sacrement de la Miséricorde
English Vatican cardinal says world obsessed by Islam
Jun 11, 2008
The world is obsessed by Islam, according to the Vatican's point man for relations with other religions.

VATICAN CITY, June 11 (Reuters) - Cardinal Jean-Louis Tauran also said he did not want an impression to grow that there are different classes of religion.

Tauran's department, the Pontifical Council for Inter-Religious Dialogue, oversees relations with all non-Christian religions except Judaism and is preparing new guidelines for Catholic dialogue with them.

The new guidelines will not have special emphasis on Islam, Tauran said in an interview with the religious website terrasanta.net which specialises in Holy Land affairs.

"No, it has to have regard for all religions. What was interesting about our discussions was that we did not concentrate on Islam because in a way we are being held hostage by Islam a little bit," he said.

"Islam is very important but there are also other great Asiatic religious traditions. Islam is one religion," he said.

"Yes, the people are obsessed by Islam."

Tauran said he would be travelling to India soon and there he wanted to "give this message that all religions are equal".

"Sometimes there are priorities because of particular situations, but we mustn't get the impression there are first-class religions and second-class religions".

In March, the Vatican and Muslim leaders agreed to establish a permanent official dialogue, known as "The Catholic-Muslim Forum", to improve often difficult relations and heal wounds still open from a controversial papal speech in 2006.

Catholic-Muslim relations nosedived after Pope Benedict delivered a lecture in Regensburg, Germany, that was taken by Muslims to imply Islam was violent and irrational.

CHURCH IN SAUDI ARABIA?

Muslims around the world protested and the pope sought to make amends when he visited Turkey's Blue Mosque and prayed towards Mecca with its Imam.

Tauran declined to discuss what he knew of reports of talks between the Vatican and Saudi Arabia aimed at eventually opening a Church there. In March, official Saudi media said King Abdullah, who held an unprecedented meeting with Pope Benedict last year, planned to launch an effort at dialogue between Islam, Christianity and Judaism to help end inter-religious tension.

There are 1.2 million Christians in Saudia Arabia, nearly a million of them Catholics. Most are migrant workers and are not allowed to practice their faith in public or wear signs of their faith.

Tauran said he believed talk of building a church in Saudi Arabia was "premature". He expected a gradual evolution that would start by Christians being allowed to hold services in hotels or embassies.

Tauran described the falling Christian population in the Holy Land because of instability and conflict as "a disaster because the place where Christ lived, died and rose again could become a museum, and this is precisely what we don't want".
Italian Messaggio del cardinale Tauran per la festa del Vesakh: cristiani e buddisti uniti per “un mondo pulito, sicuro ed armonioso”
May 01, 2008
Tradizionale messaggio di auguri del cardinale Jean-Louis Tauran, presidente del Pontificio Consiglio per il dialogo interreligioso alla comunità buddista, in occasione della Festa del Vesakh.

(Radio Vaticana, 29/04/2008) “Grati amministratori della Terra”, in questo spirito cristiani e buddisti devono prendersi cura del pianeta. E’ l’invito del cardinale Jean-Louis Tauran rivolto ai “cari amici buddisti”, che nella festa del Vesakh, la loro più importante ricorrenza, commemorano la nascita, l’illuminazione e la morte di Buddha, che la tradizione religiosa vuole sia avvenuta con l’entrata nel Nirvana durante la luna piena di maggio. Con gioia il porporato ricorda “le positive relazioni di cui godono, da molti anni, cattolici e buddisti”, fiducioso che si possa “rafforzare ed approfondire” la “reciproca comprensione” “per costruire un mondo migliore” “per l’intera famiglia umana”.

L’esperienza insegna - sottolinea il presidente del Pontificio Consiglio per il Dialogo interreligioso - che il dialogo permette “di avvicinarsi sempre più coraggiosamente agli altri”, per “affrontare le sfide e le difficoltà che possono sorgere”. Tra queste sfide, è certamente la tutela dell’ambiente, “l’ambiente che Dio creatore ci ha dato perché lo abitassimo con creatività e responsabilità” per il “bene di tutti”, come sottolineava Benedetto XVI nella Giornata mondiale della pace 2008, Anno che le Nazioni Unite hanno proclamato del “Pianeta Terra”.

Riferisce nel suo Messaggio il cardinale Tauran che “molti Governi, ONG, compagnie multi-nazionali, ed istituti di ricerca superiore”, “riconoscendo le implicazioni etiche” dello sviluppo economico e sociale, stanno "investendo risorse finanziarie e condividendo conoscenze” su biodiversità, cambiamenti climatici, conservazione dell’ambiente. E così, “anche i leaders religiosi stanno offrendo al dibattito pubblico il loro contributo”, per evitare che “gli sforzi” intrapresi non siano “compromessi dalla cupidigia del singolo o intralciati dagli interessi di particolari gruppi”. Pure, “non possiamo noi cristiani e buddisti, a livello pratico, fare di più?”, si chiede il porporato, citando “il riciclaggio, il risparmio energetico, la prevenzione della distruzione indiscriminata di piante e animali e la protezione delle vie d’acqua”. Infine, il Messaggio si conclude col richiamo “ad essere insieme essere portatori di speranza per un mondo pulito, sicuro ed armonioso”.
French Le cardinal Jean-Louis Tauran satisfait de la première rencontre avec les musulmans
Mar 19, 2008
Cité du Vatican, le 19 mars 2008  - E.S.M. - Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, se dit satisfait de la première rencontre qui a eu lieu à Rome, les 4 et 5 mars 2008, avec une délégation des signataires de la désormais célèbre lettre ouverte "A common word", signée à l’origine par 138 sages musulmans. Mais cette nouvelle phase du dialogue avec les musulmans est justement due au discours de Ratisbonne du pape Benoît XVI.

Interview du cardinal Jean-Louis Tauran

"Un dialogue sans tabou. Y compris à propos de la liberté religieuse"

"Un dialogue a véritablement eu lieu, dans un climat de franchise, de grande cordialité, d’écoute bienveillante, qui laisse présager de bons résultats pour l’avenir...".

Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, se dit satisfait de la première rencontre qui a eu lieu à Rome, les 4 et 5 mars 2008, avec une délégation des signataires de la désormais célèbre Lettre ouverte "A common word", signée à l’origine par 138 sages musulmans.

Q. – Eminence, dans le langage diplomatique, que vous connaissez bien, lorsque l’on affirme que le dialogue a été "franc", cela veut dire qu’il s’est agi d’une confrontation vraie, dialectique...

R. – Il y a dialogue quand on ne pense pas de la même façon, n’est-ce pas ? Quoi qu’il en soit, le ton est toujours resté courtois et cordial.

Q. – Au cours de cette première rencontre, le projet a été lancé de créer un Forum catholico-musulman. Quels seront les critères pour désigner les participants?

R. – Pour ce qui nous concerne, nous choisirons des personnalités ecclésiastiques et académiques ayant une connaissance directe – et acquise sur le terrain – de l’islam et des musulmans.

Q. – Dans quelle mesure les interlocuteurs que vous avez rencontrés ces derniers jours sont-ils représentatifs du monde musulman?

R. – Ce sont des personnalités qualifiées et très représentatives des signataires de la lettre "A common word", qui représentent eux-mêmes une part importante, sinon exhaustive, de l’intelligentsia musulmane.

Q. – La création de ce Forum catholico-musulman remplace-t-elle les autres formes de dialogue avec d’autres structures organisées du monde musulman et actives depuis longtemps?

R. – Je ne souhaite pas donner l’impression que le dialogue islamo-chrétien ait commencé avec la lettre des 138, ni qu’il se résume à cela. C’est après le Concile Vatican II qu’a été entrepris ce dialogue institutionnalisé, qui s’articule aussi autour de rencontres régulières avec d’autres entités islamiques. Il y a deux semaines, par exemple, je me suis rendu en Egypte, à l’université al-Azhar, l’institution islamique sunnite la plus réputée. Fin mars, nous recevrons ici, à Rome, la World Islamic Call Society de Libye. En avril, toujours à Rome, une rencontre aura lieu avec des représentants iraniens. En mai, enfin, nous nous rendrons à Amman pour une rencontre avec le Royal Institute for Inter-Faith Studies.

Q. – On vous a reproché d’avoir affirmé qu’un dialogue théologique entre chrétiens et musulmans était impossible. Ces critiques vous ont-elles fait changer d’avis?

R. – Je voudrais souligner que le premier des deux sujets débattus lors du premier séminaire "Amour de Dieu, amour du prochain" du Forum catholico-musulman, qui aura lieu en novembre à Rome, sera consacré justement aux "Fondements théologiques et spirituels" de cet amour. Rien n’est donc exclu.

Q. – Avez-vous constaté chez vos interlocuteurs musulmans une intention sérieuse de débattre sur des sujets concernant la liberté religieuse, y compris la liberté de changer de religion?

R. – Là aussi je souligne que le deuxième sujet de la prochaine rencontre de novembre sera "La dignité de l’homme et le respect réciproque". Et il me semble évident que la liberté religieuse, y compris la liberté de changer de religion, fait partie de la dignité de l’homme. Cependant, même si les sensibilités sur ce point diffèrent encore, il me paraît important qu’aucun sujet ne reste tabou dans un dialogue ouvert et respectueux de l’autre. Et que nous espérons fructueux et porteur de résultats concrets.

Q. – Comment interprétez-vous la très prochaine inauguration d’une église – la première – au Qatar?

R. – C’est un très beau signe. Un geste de respect de la part de l’émir de cet état du Golfe, qui a déjà fait preuve de sa bonne volonté envers les chrétiens et en particulier les catholiques, notamment en nouant des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Un exemple à suivre pour les pays qui ne permettent pas encore aux chrétiens – et à d’autres croyants – de disposer d’un lieu de culte. Même s’ils sont des centaines de milliers.

Q. – Vous pensez à l’Arabie Saoudite?

R. – "Intelligenti pauca". Les droits de l’homme, dans leur totalité, sont pour tous, partout.

Q. – Récemment, en Hollande, un film qui compare le Coran au “Mein Kampf“ de Hitler a beaucoup fait parler de lui. Qu’en pensez-vous?

R. – Je n’ai pas vu le film. Mais si cette comparaison a été faite, je trouve qu’elle est d’une grande vulgarité. Pouvoir juger de manière rationnelle, objective et critique certains aspects d’une religion ou certaines déclarations de représentants de cette religion, est bien entendu une chose admissible. Offenser et railler la sensibilité religieuse d’un peuple par des accusations générales ou concernant les aspects les plus sacrés d’une religion est en revanche inadmissible. Nous avons aussi insisté sur ce point dans le communiqué final diffusé suite à la rencontre à al-Azhar. Il rapporte une phrase que le pape a adressée au nouvel ambassadeur du Maroc en 2006: “Afin de favoriser la paix et la compréhension entre les peuples et entre les êtres humains, il est nécessaire que leurs religions et leurs symboles soient respectés, et que les croyants ne fassent pas l’objet de provocations portant atteinte à leur engagement et à leurs sentiments religieux“.

Q. – Lors de la conférence de presse qui a suivi les rencontres des 4 et 5 mars, l’un des participants musulmans a critiqué de nouveau le discours du pape à Ratisbonne.

R. – Mais cette nouvelle phase du dialogue avec les musulmans est justement due au discours de Ratisbonne ! Les musulmans n’ont pas tous accueilli de manière négative le discours du pape à Ratisbonne. Le rapport entre foi et raison fera bientôt l’objet d’un approfondissement avec certains partenaires musulmans de notre dicastère. Par ailleurs, Benoît XVI a très bien expliqué quelle était la bonne interprétation de ce discours. Pendant la rencontre d’al-Azhar, pour donner un exemple, personne n’y a fait la moindre allusion.

Q. – Quel effet peut avoir cette nouvelle phase du dialogue islamo-chrétien pour les communautés chrétiennes du Moyen-Orient?

R. – Le problème est de savoir si ce nouveau climat de dialogue passera du niveau théorico-intellectuel au niveau pratique, c’est-à-dire s’il aura des retombées sur le plan social et politique. J’espère qu’il s’agira d’un engagement commun.

Q. – Il semblerait qu’un intellectuel musulman écrira bientôt dans “L’Osservatore Romano“. Qu’en pensez-vous?

R. – Je crois avoir compris que l’hypothèse pourrait devenir réalité dans quelques mois. Cela ferait honneur à “L’Osservatore Romano“ et à l'auteur qui accepterait de faire apparaître sa signature dans le quotidien du Saint-Siège. Ce serait aussi un encouragement, une invitation à la réciprocité, de telle sorte que des auteurs chrétiens puissent aussi écrire pour des publications islamiques.

Q. – A propos du principe de réciprocité, en avez-vous discuté avec les représentants des 138?

R. – Bien sûr. Nous en avons aussi parlé au cours de la rencontre à al-Azhar, en Egypte. Nous avons indiqué que, jusqu’à présent, ce principe, en dépit de certaines phrases du Coran qui justifieraient son application, n’est pas toujours respecté dans les faits. Espérons que tout ira bien à l’avenir.

Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.

Des signaux positifs à l’égard du pape Benoît XVI et de l’Église catholique
French Les croyants, « prophètes » de l’espérance, par le cardinal Tauran
Mar 01, 2008
Pas de « fatalité » de l’histoire.

ROME, Vendredi 29 février 2008 (ZENIT.org) - « Les croyants sont les ‘prophètes' de l'espérance ! Ils ne croient pas en la fatalité de l'histoire », affirme le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, à l'occasion de la rencontre avec les autorités musulmanes de Al-Azar, au Caire, le 27 février. Voici le texte intégral de son intervention.

LES CROYANTS DANS LA SOCIETE D'AUJOURD'HUI

Le Caire, 27 février 2008

Centre Saint Joseph - Salle du Nil

Chers amis,

Il m'est particulièrement agréable de me trouver parmi vous ce soir, au cœur de la capitale de votre grand pays, carrefour de civilisations et de religions, où, depuis des siècles, chacun apprend chaque jour à vivre ensemble sous le regard de Dieu !

Depuis le mois de juin dernier, le pape Benoît XVI m'a confié la responsabilité du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, à la tête duquel m'ont précédé d'illustres prélats soucieux de la rencontre des cœurs et du respect des convictions de chacun. L'un d'entre eux n'est autre que le Représentant du pape en Egypte, le Nonce Apostolique, Mgr Michael Fitzgerald, que je salue cordialement. Je m'efforcerai, durant les années à venir, de faire fructifier le mieux possible l'héritage que j'ai reçu d'eux !

Je suis heureux que mon premier voyage officiel en dehors de Rome ait lieu au Caire où les chrétiens sont présents depuis les premiers temps du christianisme à côté de leurs compatriotes de religion musulmane. Les uns et les autres - les uns AVEC les autres - ils sont appelés à tisser, jour après jour, la magnifique tapisserie de la rencontre et du dialogue !

Et si je suis ici, ces jours-ci, c'est justement pour continuer et renforcer ce climat de bonne entente interreligieuse. Chaque année, se réunit en effet, une fois au Caire et une fois à Rome, le « Comité mixte pour le Dialogue ». C'est ainsi que nous avons bénéficié, ces jours derniers, d'échanges profitables avec le « Comité Permanent d'al-Azhar pour le Dialogue avec les Religions monothéistes » constitué dans ce but.

Ce soir, je voudrais partager avec vous quelques convictions sur la signification de la présence des croyants dans la société. Nous n'avons pas à douter ni de notre identité, ni de notre place dans la société où nous vivons et dont nous sommes citoyens à part entière. Là où se trouvent des croyants, sous quelque latitude que ce soit, là se trouve pour eux le meilleur endroit pour vivre: c'est là que Dieu les a plantés pour qu'ils portent du fruit ! Croyants et société. Dialogue entre croyants. Voilà des thèmes d'actualité !

C'est un fait: la Religion intéresse ! Je suis toujours agréablement surpris de constater le grand nombre de magazines et de livres traitant de sujets religieux offerts par les kiosques des aéroports. Il y a seulement dix ans, il n'en était pas ainsi, du moins en Europe. Certes Dieu n'avait pas disparu. Mais il n'était pas convenable de montrer que l'on croyait en Lui. Etre croyant relevait de la sphère privée.

LE RETOUR DU RELIGIEUX

Pourquoi les choses ont-elles changé?

= Parce que notre monde est devenu de plus en plus précaire à cause de vieux et de nouveaux conflits armés qui affectent tant de peuples et il faut bien trouver des raisons d'espérer.

= Parce que le matérialisme et la course à l'argent posent le problème du sens de la vie et de la mort. Avoir toujours plus, oui, mais dans quel but ?

= Parce que les progrès des sciences et de la technique posent de plus en plus une question grave: va-t-on pouvoir maîtriser leurs innovations ?

= Parce que, dans beaucoup de pays où tous les comportements sont permis, de plus en plus de jeunes sont à la recherche de repères moraux.

= Parce que certains croyants dévoyés ont utilisé leur religion pour justifier des actions terroristes: la religion ainsi comprise fait peur !

= Ou tout simplement, parce que la personne humaine possède par nature une dimension religieuse. Nous connaissons les paroles inspirées d'Augustin d'Hippone qui louait Dieu parce que, écrivait-il, « tu nous as créés pour toi, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en toi » (S. Augustin, Les Confessions, chap. 1).

La permanence du sentiment religieux dans l'histoire de l'humanité est un fait. Arnold Toynbee l'a bien démontré: la religion n'est pas un moment particulier de l'histoire; elle est une des composantes de la nature humaine, une dimension constitutive de son être. Depuis que l'homme est sur terre, il n'a cessé d'interroger le ciel.

Les impressionnants vestiges de la vallée du Nil en témoignent éloquemment ! Il n'y a pas de civilisation sans religion !

L'INTERRELIGIEUX

Mais, une autre « nouveauté » est à signaler: c'est la réalité universelle de l'« inter-religieux ». A de rares exceptions près, toutes les sociétés accueillent des croyants de toutes convictions.

Pratiquement toutes les sociétés sont devenues pluri-religieuses. Ce qui me fait dire que nous sommes tous « condamnés» au dialogue !

Où que nous vivons, nous sommes toujours des croyants parmi d'autres croyants !

Depuis le Concile Vatican II (1962-1965), les papes qui se sont succédés ont encouragé le dialogue entre le christianisme et les autres religions, invitant au respect des convictions mutuelles et au respect de ce que Dieu ne cesse de réaliser dans le cœur de chacun. Cela, non pas pour dire: « toutes les religions se valent ». Non ! Mais pour dire : « tous les chercheurs de Dieu ont la même dignité ». En outre, parce que les êtres humains ont été créés libres de chercher Dieu et d'adhérer à lui, ils doivent être libres de faire ou ne de pas faire le choix de Dieu.

Ainsi les croyants sont passés petit à petit de la rencontre au dialogue:
le dialogue de la vie qui consiste à partager nos joies et nos peines avec les adeptes d'autres religions; le dialogue des œuvres qui nous fait collaborer au bien-être des uns et des autres, surtout de ceux qui vivent la pauvreté ou la maladie; le dialogue des échanges théologiques qui permet de mieux comprendre nos héritages religieux; le dialogue des spiritualités qui met à la disposition des uns et des autres la richesse de leur vie de prière ou de contemplation.

Vous en conviendrez avec moi, je me demande si nous avons pris la mesure de la fécondité de tous ces efforts ? Nous avons devant nous un vaste chantier. Mais, je crois que les Chefs religieux chrétiens et ceux des autres religions ont compris que le dialogue interreligieux (auquel nous sommes « condamnés » comme je disais tout à l'heure), consiste à se regarder, à s'écouter, à se connaître pour pouvoir échanger sur des questions sur lesquelles nous avons des avis différents, dans le but d'apprendre un peu plus des uns et des autres.

Le préfixe « dia » signifie « à travers »; ce qui veut dire que le dialogue est une parole qui se laisse traverser par une autre !

Il est clair que des croyants qui pratiquent ce genre de relations ne peuvent pas passer inaperçus dans la société, quels que soient les systèmes politique ou culturel qui l'orientent. D'autant plus que tous les croyants vivent leur foi et la pratiquent en communauté : on parle de « communautés de croyants » ou de « confessions ».

LES CROYANTS DANS LA SOCIETE

J'en viens donc aux rapports entre les croyants et la société.

Ils sont inévitables. Parce que l'homme est un « animal religieux », il est toujours à la fois citoyen et croyant. Ce qui entraîne la société et ses responsables à s'entendre avec eux sans se confondre, et à se fréquenter sans s'opposer. Les citoyens qui adhèrent à une religion sont la majorité. Il y a donc un fait religieux qui s'impose: par le nombre des croyants, par la durée de leurs traditions, par la visibilité de leurs institutions et de leurs rites. Les responsables des sociétés doivent en prendre acte et veiller à ce que la liberté de conscience et de culte ne nuise pas à la liberté des autres croyants et des non-croyants et ne perturbe pas l'ordre et la santé publiques.

Mais, plus positivement, les responsables des sociétés peuvent bénéficier du patrimoine moral des religions et de l'engagement de leurs adeptes, en vue du bien commun. Toutes les religions, bien que par des moyens divers, ont en commun l'ambition de collaborer avec tous ceux qui s'efforcent:

- d'assurer le respect effectif de la personne humaine et de ses droits;

- de développer le sens de la fraternité et de l'entraide ;

- de s'inspirer du « savoir-faire » des communautés de croyants qui rassemblent, au moins chaque semaine, des millions d'adeptes de toute condition sociale et formation intellectuelle, tout en respectant les différences et en vivant une authentique communion spirituelle;

- d'aider les hommes et les femmes de ce temps à ne pas être esclaves de la consommation et du seul profit.

Pensant à vous, chers Amis, qui êtes appelés à pratiquer le dialogue interreligieux chaque jour, je voudrais indiquer certains domaines où, chrétiens et musulmans ensemble, peuvent contribuer efficacement au bien commun de la société égyptienne.

* D'abord, par le témoignage de leur vie de prière, individuelle et communautaire, chrétiens et musulmans rappellent que « l'homme ne vit pas seulement de pain ». Dans le monde d'aujourd'hui, il est primordial de rappeler - et de montrer- la nécessité d'une vie intérieure.

* Ensuite, des chrétiens et des musulmans fidèles à leurs engagements peuvent faire mieux comprendre que la liberté de religion est beaucoup plus que d'avoir une église ou une mosquée à leur disposition (cela est évident), mais que c'est aussi avoir la possibilité de participer au dialogue public par la culture (écoles, universités) ainsi que par l'engagement politique et social (où les croyants doivent être exemplaires).

* ensemble, comme ils l'ont fait à l'occasion de réunions internationales récentes, ils ne doivent jamais hésiter à défendre la sacralité de la vie humaine ainsi que la dignité de la famille.

* Ils n'hésiteront pas non plus à unir leurs efforts dans la lutte contre l'analphabétisme et les maladies.

* Ils ont en commun la grande responsabilité de pourvoir à la formation morale de la jeunesse.

* Enfin, ils ne peuvent se soustraire à l'impérieux devoir d'être des artisans de paix, de développer une pédagogie de la paix qui s'enseigne en famille, à l'église, à la mosquée, à l'école, à l'université. Les religions ne font pas la guerre: ce sont les hommes qui la font! Quand des hommes et des femmes tuent au nom de leur religion, ils ne montrent pas leur force, mais leur faiblesse. A court d'arguments, il ne leur reste que leurs poings!

Ils ne rendent certainement pas gloire à Dieu. Je ne connais pas de condamnation plus forte de cette perversion du sentiment religieux que celle prononcée par le pape Benoît XVI, au début de l'année 2006, quand, condamnant le terrorisme, il affirmait: «aucune circonstance ne peut justifier cette activité criminelle qui couvre d'infamie celui qui l'accomplit et qui est d'autant plus blâmable qu'elle se pare du bouclier d'une religion, rabaissant ainsi au niveau de son aveuglement et de sa perversion morale la pure vérité de Dieu » (Discours au Corps diplomatique, 9 janvier 2006).

Dans la Lettre ouverte que 138 personnalités musulmanes ont adressée aux Chefs religieux chrétiens, il est souligné opportunément que chrétiens et musulmans représentent 55% de la population mondiale et que, par conséquent, ensemble, s'ils sont fidèles à leur religion, ils peuvent faire beaucoup de bien. Il me semble, en effet, que les croyants à l'écoute des attentes de leurs contemporains peuvent faire beaucoup pour la stabilité et la paix dans les sociétés dont ils sont membres.

Pour conclure, je dirai que les croyants - chrétiens et musulmans - sont porteurs d'un double message:

1) Dieu seul est digne d'adoration: toutes les idoles fabriquées par les hommes (richesse, pouvoir, apparences, hédonisme) constituent une menace pour la dignité de la personne, créature de Dieu ;

2) Sous le regard de Dieu, tous les hommes sont de la même race, de la même famille humaine, tous appelés à la liberté et à la rencontre avec Dieu.

Dans le fond, les croyants sont les ‘prophètes' de l'espérance ! Ils ne croient pas en la fatalité de l'histoire. Ils sont conscients que, dotés par Dieu d'une intelligence et d'un cœur, ils peuvent, avec l'aide de Dieu, changer la trajectoire des événements du monde pour les orienter selon le projet du créateur: faire de l'humanité une véritable famille ! Chacun de nous est appelé à être artisan de ce projet ! Pour nous chrétiens, en tous cas, n'oublions jamais l'exhortation de Paul, dans sa Lettre aux Romains: « Recherchez donc ce qui contribue à la paix, et ce qui nous associe les uns aux autres, en vue de la même construction » (14, 19). C'est une belle feuille de route !

Jean-Louis Card. Tauran

Président
French Déclaration finale de la réunion du Comité permanent de Al-Azhar pour le dialogue interreligieux
Feb 29, 2008
Hier après-midi a été diffusée la déclaration finale de la réunion annuelle du Comité permanent de Al-Azhar pour le dialogue entre les religions monothéistes et du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, tenue sous la présidence commune du Cheik Abd al- Fattah Alaam et du Cardinal Jean-Louis Tauran (Le Caire 25-26 février):

(eucharistiemisericor.free.fr, 29.02.08) "Les nobles valeurs de la paix, de la vérité, de la justice et de la collaboration au développement, du bon usage des ressources au bénéfice de toute l'humanité doivent guider nos comportements - lit -on dans ce communiqué - , alors que les barrières et les différences diminuent alors que croissent violence, extrémisme et terrorisme, avec le mépris pour les religions, leurs valeurs et tout ce qui est considéré comme sacré".

Etant données la place de l'Université Al-Azhar dans le monde musulman et la mission du Conseil pontifical dans l'Eglise catholique, les deux représentants reconnaissent "l'importance de la connaissance réciproque et celle d'une recherche de ce que partagent les religions en vue de meilleures relations et d'une meilleure coopération". La réunion du Caire a abordé la question de la foi et de l'amour du prochain comme fondement du dialogue interreligieux, ce qui a permis de souligner les principes communs et les valeurs, morales et spirituelles, partagées. La question de la liberté d'expression ne justifie pas qu'on puisse justifier l'offense faite aux sentiments religieux, qui crée des tensions et détruit les liens fraternels.

Ainsi le Comité condamne-t-il "avec vigueur la nouvelle publication de dessins blasphématoires et la croissance des agressions contre l'Islam et son Prophète, et contre la religion plus largement. Ses membres ont manifesté leur satisfaction de l'accord trouvé, qui constitue un encouragement à poursuivre activement le dialogue. Toutes les religions respectent la dignité de la personne, quelles que soient l'origine, la religion ou les convictions. Elles condamnent toute atteinte à l'intégrité individuelle, contre la propriété et l'honneur".

Le Comité affirme également que "les responsables musulmans et chrétiens, les intellectuels et les éducateurs, doivent faire tout leur possible pour diffuser partout les valeurs religieuses, à tout niveau, dans tout milieu de la société". Il rappelle aux médias que "la liberté d'expression ne peut être prétexte à l'offense de tout ce qui est considéré comme sacré, et qu'au contraire elle doit permettre de combattre l'extrémisme, favoriser la bonne entente et le respect indépendamment de la religion".

La prochaine réunion du Comité a été fixée aux 24 et 25 février 2009 à Rome.
English Rencontre du Comité pour le dialogue entre le Vatican et Al Azhar, dialogue sous le signe du respect
Feb 28, 2008
Le respect de la personne humaine et des symboles religieux et la compréhension du fait que la liberté d'expression ne justifie pas les offenses à la religion : il s'agit de la conclusion contenue dans le communiqué conjoint émis à l'issue de la 10ème rencontre du Comité pour le dialogue entre le Vatican et Al Azhar - institution théologique de référence pour le monde islamique sunnite - qui s'est achevée hier au Caire, en Égypte.

(eucharistiemisericor.free.fr, 28.2.08) Dans ce document, signé par le cardinal Jean-Louis Tauran et le Cheikh Abdel Fattah Mohamed Alaam, tous deux à la tête des délégations, on réaffirme le principe du "respect de la personne humaine sans distinction de race, de religion ou de croyance" et on encourage la "consolidation du respect envers les symboles religieux et les livres saints".

Tout ce que les croyants respectent "mérite le respect de la part d'autrui", selon les hauts représentants religieux qui invitent par ailleurs "les penseurs et les intellectuels ainsi que les hommes de religion à éduquer les sociétés à ce genre de moralité". Le communiqué, qui se réfère également à la récente publication desdites "caricatures de Mahomet", ajoute : "La liberté d'expression ne justifie pas l'attaque et les offenses aux symboles religieux.

Notre Conseil pontifical est engagé au sein de ce processus d'échange entre musulmans et chrétiens dans l'effort commun de combattre la haine et la peur", a souligné le cardinal Tauran lors de son intervention. La prochaine rencontre du Comité, créé en 1998, se tiendra à Rome, les 24 et 25 février 2009.
Italian "Il dialogo interreligioso è come un pellegrinaggio"
Feb 14, 2008
Intervista al Capo del Dicastero per le relazioni con le altre religioni.

ROMA, lunedì, 11 febbraio 2008 (ZENIT.org).- "Il dialogo interreligioso è come un pellegrinaggio ed una rimessa in questione", afferma il Cardinale Jean-Louis Tauran, Presidente del Pontificio Consiglio per il Dialogo Interreligioso, in questa intervista a ZENIT.

Il Cardinale accenna anche all'annunciata visita in Vaticano di una rappresentanza delle 138 personalità musulmane (ora divenute 241), che hanno inviato una lettera aperta a Benedetto XVI, alla quale il Papa ha risposto invitandoli a Roma per un incontro.

Il 2008 verrà ricordato, nel quadro del dialogo interreligioso, come l’anno europeo del dialogo interculturale. Ci può fornire maggiori dettagli riguardo a tale iniziativa e all’impegno della Chiesa in proposito?

Cardinal Tauran: Siamo solo alla fine di gennaio e non siamo ancora in grado di valutare la portata dell’iniziativa, ma ciò che conta e che del resto hanno sottolineato i responsabili europei, è il fatto che oltre un terzo dei francesi è quotidianamente in contatto con persone che appartengono ad una razza diversa, ad una religione diversa, ad una cultura diversa e sono quindi costretti, se posso usare questa espressione, a dialogare per conoscersi e vivere assieme.

Penso, quindi, che sia necessario compiere molti sforzi per fare passi avanti in questo dialogo e personalmente, ciò che ho intenzione di proporre, è che si possa creare un’iniziativa comune fra il Pontificio Consiglio per la Cultura ed il Pontificio Consiglio per il Dialogo Interreligioso, al fine di studiare come aiutare i nostri contemporanei a progredire nella conoscenza reciproca, che è frutto del rispetto per l’altro, ma anche del rispetto delle identità degli uni e degli altri.

Riguardo al dialogo interreligioso, quali sono, nella sua veste di Presidente di questo Dicastero vaticano, le sue attese e le sue speranze per questo nuovo anno?

Cardinal Tauran: Per quanto mi riguarda, occupo questa carica dal mese di settembre, e mi considero ancora nel periodo di noviziato! Quindi per me quest’anno sarà un periodo di scoperte. Ciò che mi sembra molto interessante è innanzitutto la constatazione che questo dialogo interreligioso non è una novità. Dal Concilio in poi, sono state realizzate molte cose ed è stata fatta molta strada. Ad esempio, una cosa che ho scoperto e che mi sembra meravigliosa è il dialogo interreligioso fra monasteri, fra contemplativi. Ad esempio, monaci e monache di clausura cattolici che si incontrano con monaci e monache di clausura buddisti, o addirittura con rappresentanti del sufismo. E’ un avvenimento che mi sembra importante; è ciò che chiamo “dialogo delle spiritualità”. Si parla del dialogo della vita, del dialogo teologico, ma il dialogo delle spiritualità è il dialogo fra persone per le quali la preghiera è la ragione di vita, che fanno professione monastica di vita radicale, sia nel mondo cristiano, sia nella tradizione asiatica o nell’islam. Ed io credo che sia necessario approfondire questo dialogo fra le spiritualità. E’ proprio nel momento in cui prega, che l’uomo è veramente grande. Cerchiamo quindi d’incontrarlo proprio quando è al massimo della sua dignità.

Sembra che il dialogo con i musulmani si sia ravvivato con la venuta programmata dei rappresentanti musulmani in Vaticano, allo scopo di preparare un ulteriore e più ampio incontro. Tuttavia vi sono delle divergenze riguardo agli argomenti da trattare. Quali sono, a suo avviso, Eminenza, le priorità ed i punti più fecondi di discussione?

Cardinal Tauran: Chiaramente non posso prevedere le intenzioni dei musulmani quando verranno qui a discutere con noi, ma ritengo che potremo condividere delle convinzioni comuni: ad esempio, l’adorazione del Dio unico, la sacralità della vita umana, la dignità della famiglia, le preoccupazioni per l’educazione dei giovani. Ed in seguito, naturalmente, bisognerà discutere di altri problemi, come ad esempio, l’interpretazione dei diritti dell’uomo, come definiti dalle convenzioni internazionali, o il principio della reciprocità, che è molto importante nel contesto della libertà religiosa. Credo che questi siano problemi di cui potremo parlare.

Eminenza, ha svolto la gran parte del suo ministero al servizio della diplomazia vaticana. In che modo le è utile oggi questa esperienza?

Cardinal Tauran: Questa esperienza mi è utile nella misura in cui è basata sul dialogo, sull’ascolto dell’altro, sul saper cogliere le sfumature ed in seguito esporre il proprio punto di vista in assoluta verità. Poiché, contrariamente a ciò che si pensa, la diplomazia non è assolutamente una menzogna o un’ambiguità. Al contrario, è la verità, detta in modo che il negoziato vada a buon fine senza che vi sia dietro una seconda intenzione. Ma io credo che sia necessario distinguere fra il dialogo interreligioso e il dialogo diplomatico, poiché il dialogo interreligioso non è solo una conversazione fra amici, non è solo il desiderio di far piacere all’altro. Non è nemmeno un negoziato, è risolvere un problema, trovare una soluzione e basta. Il dialogo interreligioso è come un pellegrinaggio ed una rimessa in questione. Un pellegrinaggio nel senso che siamo invitati ad uscire da noi stessi per andare incontro all’altro, fare un pezzo di strada con lui per conoscerlo meglio ed in seguito è un rischio, poiché quando chiedo all’altro: “Chi è il tuo Dio, come vivi tu la tua fede?”, beh, mi espongo al fatto che la persona che ho davanti a me mi ponga la stessa domanda. E quindi sono anche costretto a rispondere. E’ quindi allo stesso tempo un pellegrinaggio e un rischio.

Questo tipo di dialogo interreligioso è molto vicino alla politica o alle scelte di alcuni Stati. E’ possibile restare a livello religioso senza essere strumentalizzati da questi Stati, quali essi siano?

Cardinal Tauran: La strumentalizzazione è sempre possibile. Ma io credo che sia necessario evitare sia la separazione del religioso dalla politica in modo ermetico, sia la loro confusione. Io credo che sia necessario insistere sul concetto di distinzione. Senza dubbio è possibile separare le Chiese dallo Stato, ma non si può separare le Chiese dalla società; ciò è impossibile e lo sappiamo per esperienza. Quindi è importante che vi sia una distinzione ed una collaborazione, poiché, in fondo, il governo ed un responsabile religioso si occupano della stessa persona, che è allo stesso tempo un cittadino ed un fedele. Quindi, fatalmente vi è una cooperazione ed una distinzione delle competenze, ma cooperazione per il bene comune e per il bene di questa persona.

Eminenza, lei ha trascorso la maggior parte del suo ministero fuori dalla Francia. Cosa pensa oggi di questa Chiesa?

Cardinal Tauran: Senza dubbio la Chiesa in Francia ha avuto una crisi, ed è banale dirlo. Ma ritengo che ora vi siano dei segnali di ripresa. In particolare, sono sempre colpito quando visitiamo i seminari, quando vediamo i giovani sacerdoti .Vi è certamente, a mio avviso, una nuova generazione che si preoccupa molto di trasmettere un’esperienza spirituale. Credo che nella Francia di oggi, ed è importante, si vedono dei cristiani che pregano, dei cristiani che celebrano e dei cristiani agli avamposti della carità, che esercitano quello che io definisco il potere del cuore. In una società che in fondo è molto dura, a volte spietata, noi possediamo questo potere del cuore e ciò significa seminare la misericordia e testimoniare l’amore di Dio per noi, che passa attraverso l’amore fraterno. Poiché in fondo, il modo migliore per dimostrare che Dio è Padre, è vivere da fratelli.

Se mi consente, avrei un’ultima domanda. Ritorno al dialogo con i musulmani: non vi è il rischio di svolgere semplicemente un dialogo simpatico, ma che lascia da parte i problemi e le divisioni?

Cardinal Tauran: E’ senza dubbio un rischio, ma io credo che tutto l’interesse di questa riunione che avremo con i rappresentanti dei 138 leader musulmani, che ora sono diventati 241, è creare una struttura di dialogo, come un canale che rimarrà sempre aperto e dove ci si potrà ritrovare. E’ ciò che vorrei proporre, in modo che questo dialogo sia appunto un’opportunità continua, strutturata, per evitare una certa superficialità. Precisando bene che non diciamo: “tutte le religioni si equivalgono”. Noi diciamo: “tutti coloro che cercano Dio hanno la stessa dignità”. Questo è il dialogo interreligioso, non è assolutamente un sincretismo. Ciò significa: “tutti coloro che sono alla ricerca di Dio hanno la stessa dignità, quindi devono godere della stessa libertà, dello stesso rispetto”.
Spanish «El diálogo interreligioso es como una peregrinación»
Feb 12, 2008
Entrevista con el presidente del Consejo pontificio.

CIUDAD DEL VATICANO, lunes, 11 febrero 2008 (ZENIT.org).- «El diálogo interreligioso es como una peregrinación», afirma en esta entrevista concedida a Zenit el cardenal Jean-Louis Tauran, presidente del Consejo Pontificio para el Diálogo Interreligioso.

El purpurado francés, de 64 años, habla de la visita de representantes de 138 musulmanes (que en realidad son ya 241), autores de una carta dirigida a Benedicto XVI, en cuya respuesta el Papa les propuso un encuentro en Roma.

El cardenal Tauran fue durante muchos años «ministro» de Asuntos Exteriores de Juan Pablo II como secretario vaticano para las relaciones con los Estados.

--El año 2008 se caracterizará, en el marco del diálogo interreligioso, por ser el año europeo del diálogo intercultural. ¿Podría comentar esta iniciativa y el compromiso de la Iglesia en el acontecimiento?

--Cardenal Tauran: Ha pasado un mes y todavía no hemos percibido la amplitud de la iniciativa, pero lo importante, lo que han subrayado los responsables europeos, es que más de una tercera parte de los franceses están cotidianamente en contacto con personas que pertenecen a otra raza, a otra religión y a otra cultura, y están por tanto «condenados», por así decir, a dialogar para conocerse y vivir juntos.

Por tanto, creo que hay muchos esfuerzos que realizar para progresar en este diálogo y personalmente lo que voy a proponer es que se dé quizá una iniciativa común entre el Consejo Pontificio para la Cultura y el Consejo Pontificio para el Diálogo Interreligioso para ver cómo podemos ayudar a nuestros contemporáneos a progresar en este conocimiento mutuo que es una cuestión de respeto del otro, así como de respeto de las identidades de unos y otros.

--Por lo que se refiere al diálogo interreligioso, como presidente del Consejo Pontificio, ¿cuáles son sus expectativas y esperanzas para este año?

--Cardenal Tauran: Estoy en este cargo desde el mes de septiembre, me considero todavía en un período de noviciado. Por tanto, para mí este año va a ser un año de descubrimiento. Lo que me parece muy interesante, ante todo, es que el diálogo interreligioso no es algo nuevo. Desde el Concilio se ha hecho mucho, se ha recorrido mucho camino.

Por ejemplo, algo que he descubierto y que me parece magnífico es el diálogo interreligioso entre monasterios, entre contemplativos. Monjes y monjas católicos se encuentran con monjes y monjas budistas, por ejemplo, o incluso con representantes del sufismo. Esto es algo que me parece importante, es lo que llamo el «diálogo de las espiritualidades».

Se habla de diálogo de vida, de diálogo teológico, pero el diálogo de las espiritualidades es el diálogo entre personas para quienes la oración es su razón de vida, que hacen profesión monástica de vida radical, ya sea en el mundo cristiano, ya sea en la tradición asiática o en el islam. Creo que hace falta profundizar en este diálogo entre las espiritualidades. De hecho, cuando el hombre reza es más grande. Por tanto, tratemos de salir a su encuentro cuando se encuentra en la cumbre de su dignidad.

--El diálogo con los musulmanes parece avanzar con la venida de emisarios musulmanes al Vaticano para preparar ulteriormente un encuentro de mayores dimensiones. Pero siguen dándose divergencias sobre los argumentos que hay que afrontar. ¿Cuáles son, desde su punto de vista, las prioridades y los puntos más fecundos en discusión?

--Cardenal Tauran: Está claro que no puedo saber con antelación lo que traerán en su mente nuestros amigos musulmanes cuando vengan aquí para dialogar con nosotros, pero creo que podremos compartir convicciones comunes: por ejemplo, la adoración del único Dios, el carácter sagrado de la vida humana, la dignidad de la familia, la preocupación por la educación y la juventud. Obviamente habrá que discutir sobre otros problemas, por ejemplo, la interpretación de los derechos del hombre tal y como los definen las convenciones internacionales, o el principio de reciprocidad que es muy importante en el contexto de la libertad religiosa. Creo que son problemas de los que podremos hablar.

--Buena parte de su ministerio lo ha desarrollado al servicio de la diplomacia vaticana. ¿Cómo le ayuda hoy esa experiencia?

--Cardenal Tauran: Me es de ayuda en la medida en que la diplomacia se basa en el diálogo, en la escucha del otro: saber escuchar, saber percibir los detalles, y a continuación exponer su punto de vista en toda su verdad. Contrariamente a lo que se piensa, la diplomacia no es ni mucho menos mentira o ambigüedad. Por el contrario, es buscar la verdad de manera que la negociación pueda lograrse sin que detrás se den segundas intenciones.

Ahora bien, creo que hay que distinguir entre diálogo interreligioso y diálogo diplomático, pues el diálogo interreligioso no es sólo una conversación entre amigos, querer agradar al otro. No es tampoco una negociación, pues una negociación significa resolver un problema, encontrar una solución, y ya está. El diálogo interreligioso es como una peregrinación y un replanteamiento personal. Una peregrinación en el sentido de que nos invita a salir de nosotros mismos para ir al encuentro del otro, hacer un tramo del camino con él para conocerle mejor, y además es un riesgo, pues cuando le pregunto al otro «¿quién es tu Dios?, ¿cómo vives la fe?», me expongo a que la persona que tengo ante mí me plantee la misma pregunta. Y por tanto, yo también estoy obligado a responderle. Se trata, por tanto, al mismo tiempo de una peregrinación y de un riesgo.

--Este diálogo interreligioso está muy cerca de la política o de las posiciones de algunos estados. ¿Es posible quedarse a nivel religioso sin ser manipulado por estos últimos, independientemente de quienes sean?

--Cardenal Tauran: Siempre es posible la manipulación. Pero creo que hay que tener cuidado tanto de separar herméticamente lo religioso de lo político como de confundir las dos áreas. Creo que hay que reflexionar sobre el concepto de separación. Se pueden separar las Iglesias del Estado, sin duda, pero no se pueden separar las Iglesias de la sociedad, es imposible, lo experimentamos. Por tanto, lo importante es que haya separación y colaboración pues, en el fondo, el gobierno y un responsable religioso se ocupan de la misma persona, que es a la vez ciudadano y creyente. Por tanto, se da necesariamente una cooperación, distinción de competencias, pero cooperación por el bien común y por el bien de esta persona.

--Usted ha pasado prácticamente todo su ministerio fuera de Francia, su país natal. ¿Cómo ve a la Iglesia en la Francia hoy?

--Cardenal Tauran: No cabe duda de que la Iglesia en Francia ha experimentado una crisis, decirlo es algo banal. Pero creo que ahora hay signos de renacimiento. En particular, cuando visito los seminarios, siempre me impresiona el ver a los jóvenes sacerdotes. Creo que hay una nueva generación mucho más preocupada por transmitir una experiencia espiritual. Creo que en la Francia de hoy lo importante es ver cristianos que recen, cristianos que celebren, cristianos que estén en las fronteras de la caridad, que ejerzan lo que yo llamo el «poder del corazón». En una sociedad que en el fondo es muy dura, en ocasiones despiadada, tenemos este «poder del corazón», es decir, sembrar misericordia, testimoniar el amor de Dios por nosotros que pasa a través el amor fraterno. Pues, en el fondo, la mejor manera de mostrar que Dios es Padre es vivir como hermanos.

--Una última pregunta. Vuelvo a tocar la cuestión del diálogo con los musulmanes: ¿no cree que el riesgo está en promover un diálogo simpático, pero que deja a un lado los problemas y las divisiones?

--Cardenal Tauran: Sin duda es un riesgo, pero creo que el interés de esta reunión que vamos a tener con los representantes de los 138 [líderes musulmanes, ndt.], que de hecho ahora son 241, consiste en crear una estructura de diálogo, una especie de canal que siempre estará abierto y en el que podamos encontrarnos. Es lo que quisiera proponer, de manera que este diálogo sea algo continuo, estructurado, para evitar una cierta superficialidad. Dejando muy claro que con esto no estamos diciendo: «todas las religiones son iguales». Nosotros decimos: «todos los buscadores de Dios tienen la misma dignidad». Eso es el diálogo interreligioso, no es ni mucho menos sincretismo. Es decir, «todas las personas que están en búsqueda de Dios tienen la misma dignidad, por tanto, deben disfrutar de la misma libertad, del mismo respeto».
Spanish Descristianización de Europa no es irreversible
Feb 12, 2008
La descristianización de Europa es un proceso acelerado y dramático, pero no irreversible, señaló el fin de semana el Cardenal Jean-Louis Tauran, Presidente del Pontificio Consejo para el Diálogo Interreligioso, durante una conferencia pronunciada en el Centro cultural Saint-Louis de France en Roma.

VATICANO, 11 Feb. 08 / 03:41 pm (ACI).- Dirigiéndose a los participantes del Congreso sobre "El Futuro del Cristianismo en Occidente", el Cardenal Tauran comenzó su reflexión recordando los libros recientemente publicados por diversos intelectuales europeos que apuntan las deficiencias de la Iglesia y del cristianismo que, desde un punto de vista histórico, parecen convertir en inevitable la total descristianización de Occidente.

Sin embargo, "a la Iglesia la han sepultado muchas veces", dijo el Purpurado, al recordar el ejemplo de Frederick Nietzsche, que declaraba "el fin del tiempo de las religiones", hasta "los totalitarismos del siglo pasado que afirmaron lo mismo".

También "existen sociólogos y algunos pensadores que se complacen en describir el cristianismo del mañana sin juventud, dividido, minado por el repliegue de su identidad, que sucumbe a los golpes del ariete de las nuevas religiones acomodadas o a nuevas y antiguas formas de incredulidad y de ateísmo".

El Cardenal Tauran reconoció la realidad de los signos preocupantes en Occidente: "muy pocos jóvenes occidentales tienen un contacto regular con las iglesias, un gran número de niños crece sin jamás haber abierto la Biblia, sin conocer los ritos cristianos, sin saber que se puede rezar a Dios..."

"Sin embargo- agregó- el fenómeno religioso está lejos de desaparecer. Y los cristianos no han renunciado a su tarea", porque "este cristianismo aparentemente moribundo muestra una sorprendente vitalidad y reserva aún muchas sorpresas", agregó.

El Cardenal Tauran puso como ejemplo de la capacidad de la Iglesia de renovarse, lo acontecido "aquella tarde de octubre de 1978 en la que el Arzobispo de Cracovia, en el corazón de Europa central ‘marxistizada’ era llamado a la Cátedra de Pedro".

Recordó luego al famoso autor norteamericano Harvey Cox, que en 1968 presentaba en el mismo lugar de su conferencia en Roma, la edición en francés de su libro "La Ciudad Secular", en la que anunciaba "la liberación del hombre moderno de todos los arcaísmos religiosos". Sin embargo, sería el mismo Cox que, años más tarde, "reconocería que un mundo sin preocupaciones espirituales es irreal", agregó el Cardenal.

"El cristianismo tiene siempre mucho que decir. Nuestra palabra es esperada incluso aún cuando no es tomada como punto de referencia. Nuestro testimonio sigue interpelando", dijo Tauran.

El Purpurado explicó luego que los dramáticos cambios del mundo de hoy está obligando a "creyentes y no creyentes, optimistas y pesimistas a plantearse preguntas esenciales sobre lo que nos depara el futuro".

"La precariedad del mundo, la violencia de nuestras sociedades, el Islam, hoy segunda religión de occidente", han llevado a "muchos católicos a realizar esfuerzos para recuperar su identidad", señaló el Cardenal francés.

Además, destacó que "la preocupación por la oración y la formación teológica, los esfuerzos realizados en vistas a una catequesis más incisiva, un sentido de la Iglesia más afinado, son todos elementos que nos llevan a pensar que se está redescubriendo la necesidad de una cierta interioridad", señalo el Cardenal.

"¿Cómo debemos mirar nuestro futuro?", Pregunta el Cardenal; y responde: "Con serenidad porque es nuestro futuro. Cierto, somos una minoría, pero una minoría operante y los valores cristianos sustentan a muchas de la ‘convicciones’ laicas: desde la dignidad de la persona humana, hasta la libertad, la solidaridad, el respeto por la naturaleza. Todos estos son valores que tienen su raíz en la base cristiana".

Además "el cristianismo –prosiguió- es también creativo: nuevas comunidades, escuelas de fe, iniciativas de todo tipo para servir al prójimo. Y no debemos olvidar que la Iglesia católica es la única institución capaz de convocar y reunir a tantos jóvenes".

"¿Qué hacer? Convertirnos cada vez más en una Iglesia que ora, que celebra y que sirve"; dijo el Cardenal; y agregó que en un mundo multireligioso, sería paradójico que los cristianos, "que tenemos como antepasados en la fe a Agustín, Benito, Domingo, Teresa de Ávila, Francisco de Sales no fuéramos capaces de entrar en un diálogo de amor con un Dios personal".

El Cardenal Tauran concluyó diciendo: "el cristianismo tiene un buen futuro en Occidente y más allá, porque sabrá, como en el pasado, ‘superar a los bárbaros’, encontrar el camino de la renovación en la fe a la tradición, como siempre ha hecho. Lo hará como fermento. A nosotros sólo se nos pide ser cristianos coherentes, persuadidos de que nuestro tiempo es el mejor, porque Dios nos ha plantado en este momento de la historia para que demos fruto.

"¡La modernidad no debe asustarnos! Nosotros pertenecemos a este mundo, en cuanto cristianos, y queremos ser reconocidos como tales", dijo finalmente.
Italian Le religioni sono “portatrici di senso”
Jan 18, 2008
Le religioni sono “portatrici di senso” e per questo i credenti non devono aver paura di “unire gli sforzi” per diffondere il messaggio che propongono, ha affermato il Cardinale Jean-Louis Tauran, presidente del Pontificio Consiglio per il Dialogo interreligioso.

CITTA' DEL VATICANO, martedì, 8 gennaio 2008 (ZENIT.org).- Ripercorrendo l'anno che si è appena concluso in un'intervista concessa a “L'Osservatore Romano”, il Cardinal Tauran ha ricordato in particolare due eventi: la lettera aperta scritta da 138 leader musulmani al Papa e alle altre guide delle Chiese cristiane (cfr. ZENIT, 11 ottobre 2007) e l'incontro interreligioso di Napoli, organizzato dalla Comunità di Sant'Egidio dal 21 al 23 ottobre.

La lettera dei leader islamici ha dato occasione al porporato di affermare che se “per una parte dei musulmani il dialogo interreligioso non è una realtà né una priorità”, “è altrettanto vero che forse assistiamo a una interessante evoluzione”.

I 138 firmatari della lettera, ha ricordato, rappresentano 43 Nazioni. “Vi troviamo teologi, giuristi e intellettuali in maggioranza sunniti, ma ci sono anche alcuni sciiti”.

Il testo è destinato a tutti i responsabili delle Chiese cristiane e “definisce in maniera originale il monoteismo comune a ebrei, cristiani e musulmani, con un tema principale: la comune fede nel Dio vivente, uno e unico, nel quadro del doppio comandamento dell'amore di Dio e del prossimo, caro alla tradizione giudeo-cristiana”.

“Tutto questo rappresenta un'apertura considerevole e il dialogo islamo-cristiano viene rinvigorito da questi sforzi intesi a trovare valori comuni ai tre monoteismi”, ha constatato il Cardinale.

Quanto al rapporto tra il dialogo interreligioso e l'evangelizzazione, il Cardinal Tauran ha spiegato che i due elementi “mettono in gioco il misterioso piano di Dio e la libertà dell'uomo”.

Da una parte, ha osservato, c'è il dovere dei cristiani di proporre al mondo il Vangelo di Cristo, dall'altra parte c'è la libertà dell'uomo di accoglierlo o meno.

“Per noi – commenta – si tratta di condividere un tesoro, la nostra fede, con gli altri, rispettando l'altro, la sua libertà, le sue convinzioni” ed “evitando al contempo ogni sincretismo”.

“Non diciamo 'tutte le religioni sono più o meno la stessa cosa' – ha precisato –. Diciamo, invece, 'tutti i ricercatori di Dio hanno la stessa dignità e la stessa libertà'. Il dialogo interreligioso non può riposare sull'ambiguità. Le parti in causa devono avere le idee chiare sulla propria identità religiosa e sul contenuto della propria fede”.

In un mondo in cui la pace è minacciata “perché le società e i loro responsabili si lasciano condizionare dall'egoismo e dalla sete di dominio”, per il porporato le religioni, o meglio i credenti, “possono invertire la tendenza, perché sono consapevoli che l'umanità è una famiglia che Dio vuole radunata nell'amore, che la loro lingua è la preghiera e che il loro programma è la fraternità”.

Per favorire il dialogo interreligioso, ha osservato il Cardinale, i capi religiosi devono in primo luogo “avere cura di provvedere alla formazione religiosa dei propri correligionari”, di modo che ognuno sia “consapevole del contenuto della propria religione e di ciò che la differenzia da quella dell'altro”.

E' poi “indispensabile” la volontà di conoscere l'altro, “di capirlo, di avere una certa conoscenza della sua storia personale e comunitaria nonché del contenuto della sua religione”.

“Infine, non bisogna avere paura di unire gli sforzi degli uni e degli altri per testimoniare ai nostri contemporanei che l'uomo non vive solamente di pane, ma ha anche bisogno di ragioni per vivere”.

“Le religioni sono portatrici di senso”, ha dichiarato il Cardinale, aggiungendo che “se i musulmani e i cristiani non vivono in pace tra di loro, il mondo non può essere in pace”.

La lettera dei leader musulmani, ha ricordato, “afferma che ogni vera religione riposa sull'unicità di Dio, la necessità di adorarlo nonché sulla necessità di amare tutti gli esseri umani e quindi di praticare la giustizia”.

In questo contesto “possiamo parlarci e lavorare per sradicare le ingiustizie, le malattie, per salvaguardare il patrimonio ecologico del pianeta. Possiamo discutere sui problemi che ci dividono”.

Secondo il Cardinal Tauran, “potrebbero essere associati a tale riflessione anche i fratelli ebrei”.

In questo modo, ha concluso richiamando le parole pronunciate da Benedetto XVI il 21 dicembre nel suo discorso alla Curia Romana in occasione del Natale, “la famiglia d'Abramo potrebbe contribuire all''effettivo rispetto della dignità di ogni persona umana per l'edificazione di una società più giusta e solidale'”.
German Die Religionen sind „Sinnträger“: Kardinal Tauran über christlich-muslimische Zusammenarbeit
Jan 13, 2008
Interview im „Osservatore Romano“.

ROM, 9. Januar 2008 (ZENIT.org).- Die Religionen sind „Sinnträger“, sagt Kardinal Jean-Louis Tauran, Präsident des Päpstlichen Rates für den Interreligiösen Dialog. Aus diesem Grund dürfen sich die Gläubigen nicht davor fürchten, mit vereinten Kräften zu arbeiten.

In einem Gespräch mit der Vatikanzeitung „Osservatore Romano“ betonte Kardinal Tauran insbesondere zwei Ereignisse des zu Ende gegangen alten Jahres: den offenen Brief von 138 muslimischen Gelehrten und Religionsführern an den Papst und die übrigen Hirten der christlichen Kirchen sowie das interreligiöse Treffen in Neapel vom 21. bis zum 23. Oktober 2007.

Der Brief der muslimischen Gelehrten habe Gelegenheit geboten, eine „interessante Evolution“ im interreligiösen Dialog festzustellen, auch wenn für die Muslime der Dialog „weder eine Wirklichkeit noch eine Priorität“ darstellt.

Der Inhalt des Briefes, der an alle Verantwortlichen der christlichen Kirchen gerichtet ist, „definiert auf originelle Weise den den Juden, Christen und Muslimen gemeinsamen Monotheismus unter einem Hauptthema: dem gemeinsamen Glauben an den lebendigen Gott im Rahmen des zweifachen Gebotes der Gottes- und Nächstenliebe“ (vgl. hierzu Antwortschreiben Benedikts XVI.).

All dies bedeute „eine beachtliche Öffnung, und der islamisch-christliche Dialo